Des milliers d’étudiants ont manifesté le 23 avril dans les rues de Bruxelles. Les étudiants pro–testaient contre les limitations au libre accès à l’enseignement et plus particulièrement contre les droits d’inscription complémentaires dans les Hautes Ecoles et contre tout numerus clausus, notamment en médecine et en dentisterie. Cette mesure a été im–posée sous la pression des pra–ticiens déjà établis qui craignent la concurrence des nouveaux venus. Mais le numerus clausus, outre qu’il constitue une atteinte au libre accès aux études, ne corres–pond absolument pas aux besoins de la société. Une étude récente réalisée à la demande des doyens de facultés de médecine prévoit d’ailleurs une pénurie de médecins pour la fin de la décennie. Certes, les motivations des étudiants n’étaient pas non plus dénuées de considérations corporatistes: les étudiants réagissent d’abord par rapport aux problèmes qui les touchent directement sans néces–sairement voir le lien avec la pro–blématique de l’enseignement en général. Mais cela ne diminue en rien l’importance du mouvement, car les larges mobilisations étu–diantes des années précédentes avaient également commencé ainsi avant de se radicaliser en exigeant le refinancement de l’enseignement et en posant la question des rapports entre l’enseignement et la société. On a pu d’ailleurs apercevoir ici et là dans la manifestation du 23 avril des slogans en faveur du refinancement de l’ensei–gnement qui permettent d’espérer un élargissement et une radicalisation de ce nouveau mouvement étudiant en gestation.
Thierry Pierret