Lundi 13 mars, Cour du Travail de Gand, procès relatif au licenciement illégal de Raf Verbeke, délégué FGTB chez Carnoy. Les plaidoiries sur le fond vont commencer devant une assistance nombreuse (travailleurs de Carnoy, délégués d’autres entreprises, sympathisants,...). Le licenciement arbitraire de Raf ne pouvait être cassé, principalement en raison de la trahison de la bureaucratie syndicale qui a refusé d’étendre le mouvement alors que les travailleurs de Carnoy étaient en grève depuis plusieurs semaines. Ce licenciement, qui a permis au patron d’affaiblir la délégation syndicale combative, a été suivi par le licenciement de plus de 41 ouvriers et de 6 employés, dont 6 travailleurs protégés. Conformément à ce que prévoit la loi, l’avocat de Raf Verbeke a réclamé une indemnité (3 millions dans le cas de Raf). L’avocat de Carnoy n’a pas contesté ce montant. Notons au passage que le bureau d’avocats qui défend Carnoy est dirigé par un professeur de Droit social (Université de Gand) social-démocrate. Ce n’est pas un cas isolé. Il a été prouvé dans le procès d’un autre délégué licencié (Eddy Pagnon) que les intérêts du patron ont été défendus par un avocat qui a été déjà candidat SP aux élections. Après les plaidoiries, la question de comment combattre les licenciements illégaux a été traitée lors d’une réunion tenue dans les locaux de la CGSP. Le responsable régional de la FGTB est venu exposer les mesures préconisées par les dirigeants de la FGTB. La première mesure envisagée est de modifier la loi actuelle par la voie parlementaire. A cet effet, il pense que le patronat pourrait également poser ses exigences sur une proposition de modification de la loi et par conséquent les chances de modification de la loi dans l’intérêt des travailleurs sont quasi nulles. Pourquoi ces responsables ont-ils proposé en août, lors de la manif de soutien à Raf Verbeke, qu’il fallait une solution législative? Quand les ouvriers de Carnoy ont proposé le lancement d’une grève régionale de 24 heures pour acculer le patronat, la proposition a été très vite torpillée par la direction syndicale. La question centrale, qui se pose est la suivante: quel type de syndicat voulons-nous? Le syndicat doit exister afin de défendre les intérêts des travailleurs dans leur combat continu contre le capital. Sa raison d’être ne consiste pas à exclure les meilleurs de ses militants, qui défendent le plus les droits de la classe ouvrière. Face à cette situation, quoi de plus normal que le syndicat lutte avec tous les moyens possibles contre les licenciements illégaux de ses déléguées et impose son véritable par la mobilisation? La force du mouvement ouvrier, c’est son caractère de masse. Si on veut commencer le vrai combat, la lutte de masse est le seul moyen adéquat. Si on veut soutenir en plus la lutte sur le plan politique, il faut une alternative politique à gauche.
Wim Cardoen
-------------------
Prononcé du jugement: 10/4 à 15h