Les élections sociales auront finalement lieu en mai, un an plus tard que prévu. Ceux qui s’étaient imaginés que les directions syndicales profiteraient de ces élections pour diffuser des points de vue clairs se sont trompés. Entre la FGTB et la CSC, cherchez la différence! Heureusement que la CGSLB (syndicat libéral) se prononce pour la participation aux bénéfices des employés et prend ainsi un profil clairement pro patronal. La CGSLB espère sans doute gagner les voix des cadres et des cadres moyens et ainsi renforcer sa position vis-à-vis de la CSC et de la FGTB. Le matériel de propagande des grands syndicats ne dit pas un mot sur la politique gouvernementale. En restant muet sur les thèmes poli–tiques on transforme les élections sociales en test de popularité. Il se passe pourtant pas mal de choses. La réforme du statut des agents des services publics, la privatisation imminente de La Poste et de la SNCB, la diminution des impôts, les millions que le gouvernement donne en cadeau aux employeurs sous forme de diminution des charges sociales. Il n’y a presqu’aucune position claire sur la croissance du travail intérimaire, sur le travail à temps partiel, sur les contrats à durée déterminée et sur la pression sur les salaires. Et ne par–lons même pas d’un front pour la défense des candidats et des délé–gués syndicaux. Il est positif que la FGTB accorde beaucoup d’attention à la situation des femmes. Rappelons toutefois que les directions syndicales n’ont pas eu cette préoccupation quand on a impo–sé le travail de nuit pour les femmes. Sous prétexte d’égalité, le groupe qui occupe déjà les emplois les moins rémunérées se voit contraint à encore plus de flexibilité. Les femmes ga–gnent en moyenne 12% de moins que leurs collègues masculins. L’intro–duction du travail de nuit pour les femmes n’a fait qu’étendre cette inégalité. Nous devons interpeller le sommet de la FGTB sur cette cam–pagne. Ne s’agit-il pas ici d’une stratégie purement électoraliste? Ou bien a-t-elle vraiment l’intention de lancer après les élections sociales une campagne offensive pour les droits égaux? Les candidats, féminins et masculins, peuvent utiliser les élections sociales pour exiger une telle campagne. Les candidats aux élections so–ciales sont donc confrontés à un défi colossal. Ces élections sociales doivent plus que jamais avoir un contenu politique. Bien sûr, le travail syndical est d’abord la défense quotidienne des intérêts des travail–leurs. Mais quand un gouvernement poursuit le démantèlement social et que les directions syndicales se soumettent, on ne peut plus se limiter à rester au niveau de l’entreprise. Les délégués combatifs auront une chance s’ils défendent dans la campagne électorale des positions claires sur la flexibilité et sur la dérégulation, s’ils s’opposent à ce gouvernement et s’ils réussissent à donner un contenu concret à la démocratie syndicale au niveau de leur entreprise. Nous sommes prêts à partager notre expérience syndicale avec les candidats aux élections sociales. Militant organise des réunions avec des militants syndicaux. Lors de ces réunions vous pourrez échanger vos expériences avec d’autres candidats, élaborer des plan de travail ou encore tout simplement expliquer votre situation syndicale. Si vous êtes intéressés, appelez-nous: 09/232.13.94.
Karl Debbaut