Contre Haider:
Widerstand!
Début février, la composition du nouveau gouvernement autrichien a été rendue publique. Pour la première fois depuis 1986, la coali-tion gouvernementale entre la démocratie chrétienne (ÖVP) et la social-démocratie (SPÖ) n’a pas été reconduite: elle a fait place à une coalition entre l’ÖVP et le FPÖ (extrême droite) dirigée par Jörg Haider. Cela a provoqué une mobilisation de masse de la jeunesse
et des travailleurs en Autriche. Également en Belgique, où la croissance du Vlaams Blok inquiète. Beaucoup se demandent comment en est-on arrivé là et comment sortir de cette situation. Au cours des dernières semaines, on a pu voir toute une série d’exemples de ce qu’il ne faut pas faire.
Ainsi, les partis tradi-tionnels — le libéral Louis Michel en tête — ont proposé de montrer du doigt toute la population autrichienne en appelant à un boycott de l’Autriche.
En même temps, notre gou-vernement arc en ciel se propose de détricoter le statut des agents des services publics et à supprimer plus de 10.000 emplois à La Poste. Qui risque de capitaliser électoralement l’indignation que provoqueront ces nouvelles mesures antisociales? Le Vlaams Blok évidemment, car il se présente comme le seul parti opposé à la politique actuellement menée.
Le Vlaams Blok se proclame "différent" des autres partis traditionnels et prétend, avec démagogie, se préoccuper du sort des "pe-tites gens". Dans ces conditions, le moindre plan d’austérité se transforme en machine à fabriquer des voix pour le Vlaams Blok.
L’extrême droite n’a évidemment aucun remède aux problèmes sociaux. On voit que le nouveau gouvernement autrichien, avec le FPÖ, veut appliquer un plan de privatisation accéléré (ex: chemin de fer, poste). Et il y là quelques ressemblances surprenantes avec le programme du gouvernement arc en ciel en Belgique.
Il faut évidemment réagir fermement contre la participation du FPÖ au gouvernement et contre la croissance du Vlaams Blok. Mais on ne peut le faire en faisant confiance à ceux qui en Belgique mènent la même politique qu’en Autriche. Nous luttons contre le chômage, la pauvreté et les problèmes sociaux, pour un monde meilleur, pour une société où les besoins de la majorité de la population ont une place centrale. C’est la seule façon de forcer l’extrême droite à retourner dans le caniveau d’où elle n’aurait jamais dû sortir.
Nous publions cette édition spéciale de Militant afin d’aborder plus en profondeur les questions soulevées par la participation gouvernementale du parti de Haider en Autriche. Il nous semble indispensable de comparer avec un certain nombre d’éléments en Belgique.