Le 22 janvier à Bruxelles, à l'initiative de Militant, se tenait une pre-mière rencon-tre nationale pour examiner la faisabilité d'une Alliance de Gauche, à gauche du PS, du SP, d'Ecolo et d'Agalev. Le même jour à Anvers, la défunte revue de gauche Nieuw Links organi-sait une journée de rencontre sur le thème «Matériaux pour une gestion locale progres-sis-te». Les deux rencontres reconnaissent la nécessité d'une unité à gauche pour mettre fin à la gestion néoli-bé-rale ou tout au moins pour la freiner. La question clé est évidem-ment: comment y arriver? Avec ou sans la social-démocra-tie et les verts?
A l'appel de Militant, une quarantaine de représentants d'organi-sations de gauche (Militant, PC, POS, JGS, KP, Leef) et des indépen-dants se sont retrouvés le 22 janvier à la VUB, avec à l'ordre du jour notre proposition pour une alliance de gauche, à gauche du PS, du SP, d'Ecolo et d'Agalev. Le PTB avait téléphoné pour savoir où et à quelle heure se tenait la réunion, mais le jour même il n'a pas montré le bout du nez. Nous savons qu'il fau-dra insis-ter pour convain-cre les hésitants. Le MRS n'a pas en-core pris posi-tion, mais quel-ques-uns de ses mili-tants sont cepen-dant venus écouter au cours de l'après-midi. Dans son introduction, Éric Byl a mis l'accent sur la néces-sité d'une alliance de gauche, pas seule-ment pour couper l'herbe sous les pieds du Vlaams Blok, mais aussi pour lutter contre la politique néoli-bérale du gouverne-ment et des pouvoirs communaux. Pour cela, le mouvement ouvrier doit recouvrer son indé-pendance po-litique. Aujour-d'hui, cela veut dire se tenir à l'écart de la so-cial-démocratie et des verts. Le projet de texte d'appel ne comporte pas, à ce stade, de revendica-tions car un program-me est en premier lieu une ana-lyse de la situation existante et une orientation correc-te. La pla-te-forme de revendica-tions con-crètes ne vient qu'ensuite cou-ronner le tout. Le Parti communiste a décla-ré qu'il souhaitait des listes uni-taires à gauche des verts et du PS/SP à Bruxelles où il a mis l'accent sur le bilan positif de la parti-cipa-tion de Militant aux listes ouvertes du PC lors des élections de juin 1999. En Wallo-nie, le PC oeuvre de-puis un certain temps locale-ment à la consti-tu-tion des listes et la confi-guration dépend sou-vent des spécifi-cités loca-les. Il reste cependant ouvert à la dis-cussion pour une alliance de gauche pour autant que l'on puisse fédérer les initia-tives locales. En Flandre, le KP (qui forme une organisation indépendante du PC ) espère placer quelques candi-dats sur les listes d'Aga-lev et du SP. Le POS marque son intérêt pour une alliance à gauche, et même une recomposition à gauche, mais il ne pense pas qu'il faille lier cela au calendrier des élections communales. Un représentant du POS a insisté sur le fait qu'il fallait tenir comp-te de "la situation spécifique dans quelques grandes villes en Flandre". En clair, cela signifierait re-noncer à une alliance à gauche du SP et d'Agalev et placer un ou deux candidats sur la liste d'Agalev, du SP, voire d'un car-tel SP/Aga-lev, comme le POS l'a fait déjà lors des élections régio- nales de juin 1999 à Bruxelles. Une question res- te: que va faire le POS pour les élec-tions en Flan- dre, à Bruxelles et en Wallonie? La majorité des indépendants pré- sents était gagnée à l'idée qu'il y a un vide à gauche des verts et du SP/PS à combler par une initiative unitaire. C'était aussi le point de vue du représen- tant de la JGS de Louvain. Militant a proposé la mise sur pied d'un comité de coordination afin de tester cette proposition d'alliance de gauche. D'ici la mi-mars, nous voulons rassembler un millier de signatures de per- sonnes prêtes à soutenir active- ment une telle al- liance si elle voit le jour. Toutefois, nous ne pensons pas qu'une recomposi- tion politi-que à gauche soit à l'or- dre du jour à court terme. Il faudra d'abord une pé- riode de collabo- ration en com- mun, notamment lors des élections communales, pour que l'on puisse tester.
Le 22 janvier l'ex-revue Nieuw Links avait rassemblé 120 personnes pour une rencontre sur le thème "Matériaux pour une gestion locale progres-sis-te". A la tribune: une brochette de professeurs et de politi-ciens du SP et d'Agalev. Dans la salle: des membres du SP, d'Agalev, du PTB, du BSV (Mouvement pour le Renouveau social - An-vers), du KP, du POS, du Vonk/Unité socia-liste et de diverses autres organisations. Dès l'introduction de Lode Hancké, ancien parle-mentaire SP et co-initiateur de la jour-née,il était clair que les débats pouvaient aller dans tous les sens. Une telle initiative se déroulant à An-vers, on aurait été en droit de demander un bilan de la gestion com- munale de la ville où tous les par-tis sont dans la majorité - à l'exception du Vlaams Blok et de Na- dine Peeters (POS élue en tant que BSV sur la liste Agalev) - et où le Vlaams Blok risque de progresser à nouveau. Aucun bilan n'a été fait et la représentante d'Agalev s'est même per- mise de vanter la poli- tique de gestion des dé- chets ménagers à Anvers (où le système du sac payant péna- lise les revenus mo- destes). Le fait que le pré- sident du SP, Patrick Janssens, ait conclu les débats montre que la journée était avant tout une manoeuvre de la direc-tion du SP pour tenter de couvrir son flanc gauche avant les élections. La présence dans la salle de tous ceux-ci qui se consi-dèrent - à tort ou à raison - "à gauche", montre cependant que la peur du Vlaams Blok est pro-fonde, surtout à Anvers. Quel front for-mer aux prochaines élections? Miser sur une liste unitaire SP-AGA! (SP + Agalev) est une tentative stérile pour stopper le Blok. Car on ne peut persuader les électeurs potentiels du Blok de voter pour des partis qui incar-nent le pouvoir en place et sa gestion antisociale. C'est donc là où le Blok menace le plus qu'une alliance de gauche, indépendante du pouvoir local et dotée d'un programme radical, est la plus urgente. Seul Kris Merckx (PTB) a évoqué le coeur du problème à Anvers: la contra- diction entre la gauche et la droite masquée par les partis eux- mêmes. Il a notam- ment fait référence à la motion adoptée à l'una-nimité par le con- seil communal d'An- vers - y compris par Nadine Peeters! - contre l'implanta- tion d'un centre d'accueil pour réfu- giés à Ekeren.