Bus wallons

Pas de mouchards aux TEC!

Pour le Père Noël, décembre est le mois des cadeaux. Pour la direction des TEC, c'est celui des provocations. Et pour les travailleurs, c'est celui de l'action solidaire.

La direction des TEC-Hainaut (qui couvre la province sauf la zone de Charleroi) a sorti un nouveau gadget. Elle veut instaurer le "management de proximité". But de l'opération: confier à des chauffeurs expérimentés la gestion au quotidien d'une équipe de 10 personnes afin de "favoriser la communication, l'écoute de la base et le relais de ses souhaits vers la hiérarchie".

La CGSP ne croit pas à ces bonnes intentions. Pour elle, "il y a déjà pléthore de chefs de toutes sortes dans les TEC". Elle estime que la direction cherche à nommer de "petits caporaux" pour surveiller leurs collègues (et au passage court-circuiter le syndicat comme représentant des travailleurs). D'autant plus que le système s'accompagne d'une véritable "prime à la délation": les contrats d'activité périodiquement négociables, qui assurent une augmentation salariale de 2% à des brigadiers appliquant le management et remplissant les objectifs de productivité fixés par la direction.

En réponse, après des actions locales dans le Hainaut, la CGSP wallonne a appelé à une grève dans toute la Wallonie le 6 décembre. Le syndicat craint en effet que si cette mesure était appliquée dans le Hainaut, ce ne serait qu'un premier pas avant sa généralisation à l'ensemble des cinq TEC. Le "management de proximité" est en effet la traduction d'une étude commandée à un consultant privé, ISFOR, qui a coûté 12 millions, une vrai fortune si elle ne devait s'appliquer qu'à un petit TEC régional.

Cette mesure cadre en plus très bien avec toutes les autres mesures que la direction (PS) de la Société régionale wallonne de Transport (SRWT), qui chapeaute les cinq TEC, a essayé de faire passer ces dernières années pour accroître la productivité et diviser les travailleurs (temps partiel, accroissement de la flexibilité, multiplication des statuts, sanctions contre l'absentéisme, pénalisation des grèves spontanées, astreintes contre les piquets de grève,...).

La grève a été massivement suivie, preuve que le rejet de ce système de mouchardage est général parmi les conducteurs et les ouvriers des TEC. A la réunion de conciliation du 13/12, la direction a lâché la prime de fin d'année de 10.000F. Mais rien de définitif n'est acquis ni sur le "management de proximité" au Hainaut, ni sur les mesures contre "l'absentéisme" à Liège/Verviers, ni sur l'application (particulièrement lente) des mesures destinées à augmenter la sécurité des chauffeurs et des passagers dans les bus.

Les actions pourraient bien repartir dès le début de l'année si la direction ne met pas à la poubelle ses projets de flicage du personnel.

Jean Peltier

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