Financement de l'école 

 

Diviser pour régner

Fin novembre, les politiciens se sont livrés à leur jeu favori: utiliser la question communautaire pour préparer de nouvelles coupes budgétaires dans l'enseignement. La loi de financement de l'enseignement de 1989 prévoyait une répartition entre les communautés sur base d'un partage des recettes TVA selon le nombre d'élèves. Il était prévu de revoir la répartition 10 ans plus tard. Dehaene a laissé le problème au frigo pour son successeur. L'accord gouvernemental prévoyait de donner 2,41 milliards en plus à l'enseignement de la Communauté française. Le carrousel communautaire a donc été relancé autour du financement de l'enseignement.

Comme le nombre d'élèves a proportionnellement diminué en Flandre, certains politiciens flamands voulaient que l'on tienne compte du nombre d'enfants et non du nombre d'élèves inscrits (24.000 enfants du Nord sont inscrits dans des écoles francophones, contre 7.000 élèves du Sud inscrits dans des écoles flamandes). Après maintes discussions, le gouvernement est arrivé à une proposition de compromis boiteux comme il y en a souvent dans notre pays.

Tout ce jeu politicien sert à dresser les flamands contre les francophones et vice-versa et à détourner l'attention des vrais problèmes. Ce ne sont pourtant pas les élèves flamands qui sont responsables des mesures d'austérité d'Onkelinx-Grafé, ni les élèves francophones pour les mesures d'austérité de Van den Bossche! Diviser pour régner! Voilà la devise des politiciens: tenter d'opposer les élèves de l'enseignement officiel à ceux du libre, les francophones aux flamands, une école face à une autre avec le système de financement par enveloppe. Entrer dans ce jeu politicien signifie ouvrir la porte à de nouvelles mesures d'austérité dans toutes les écoles du pays.

Il faut partir d'un autre point de vue: tout élève (francophone, flamand ou germanophone, de l'enseignement officiel ou du libre) a droit de recevoir un enseignement de qualité car c'est souvent son avenir qui est en jeu. Les besoins de l'enseignement sont aujourd'hui plus importants que dans le passé: par exemple tout élève doit pouvoir, en sortant de l'école, utiliser un ordinateur ou internet. C'est pourquoi le financement de l'enseignement doit être lié à la richesse globale de la société (le produit intérieur brut). Avant l'enseignement globalement recevait 7% du PIB, il ne reçoit plus aujourd'hui que 5,5%. Plusieurs syndicats de l'enseignement réclament dès lors aujourd'hui le retour aux 7%.

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