Appel de Militant

 

Pourquoi faut-il une Alliance de Gauche?

 

Au cours de laa deuxième quinzaine de décembre, Militant a lancé un appel pour la formation d'une alliance de gauche. Eric Byl en explique les raisons.

 

Nous expliquons ci-dessous comment nous sommes arrivés à cette conclusion et ce que l'on faire avec une telle alliance. En même temps, nous publions ci-contre la liste de tous ceux que nous invitons à prendre par à la discussion autour de cette proposition. Dans les mois qui suivent, nous informerons nos lecteurs de la suite de cette initiative.

Il est évident qu'une telle initiative dépend des réactions que nous allons obtenir. Nous lançons donc cet appel chaleureux en demandant aussi à nos lecteurs de nous faire connaître leur opinion à ce sujet. Dans la mesure du possible nous allons publier les réponses.

 

La chute du Mur de la Berlin et l'embourgeoisement des vieux partis ouvriers

Les années 90 portent à tout point de vue la marque de la chute spectaculaire des régimes staliniens à la fin des années 80. Cela a marqué la fin d'un monde bipolaire où deux systèmes fondamentalement opposées dirigeaient le monde. Depuis lors, nous sommes dans une période d'instabilité croissante sur les plans économique, politique, social et militaire.

La victoire du capitalisme a aussi ouvert la voie au processus de mondialisation et a l'application des concepts néo-liberaux partout dans le monde. Le résultat le plus visible est le fossé croissant entre riches et pauvres à l'échelle mondiale, y compris au sein des pays capitalistes avancées.

La chute du stalinisme a en même temps enlevé le dernier obstacle dans la processus d'embourgeoisement des vieux partis ouvriers. Les programmes de ces partis ont été expurgés des dernières idées socialistes, les courants de gauche au sein de ces partis ont soit disparu, soit été muselés, soit encore exclus.

Dès lors les dirigeants se sont préparés à appliquer loyalement la politique néo-libérale avec le soutien des dirigeants syndicaux qui ont tout fait pour isoler ou étouffer les luttes. Cela conduit à une vague de privatisations, au démantèlement de la réglementation du travail, à la destruction de la sécurité sociale, à la flexibilité et à la dérégularisation.

Le fait que la social-démocratie ait déjà pendant 25 années loyalement - à l'égard de la bourgeoisie - appliqué la politique d'austérité a mené à la situation actuelle, où plusieurs générations de travailleurs et de jeunes haïssent ces partis. Contrairement aux années 60, 70 et la première partie des années 80, les travailleurs et les jeunes ne se dirigent plus vers ces partis prétendument ouvriers pour arracher une amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Au contraire: pendant presque chaque lutte la social-démocratie et les anciens partis staliniens - dans les pays où ces derniers avaient conquis une influence de masse ???? - ont été au côté des patrons contre les travailleurs.

 

Nouveaux partis des travailleurs, petits partis de masse et alliances de gauche

Ces développements nous ont convaincus que Militant se trouvait désormais devant une double tâche. D'une part répondre à la nécessité objective de mettre sur pied un nouveau parti des travailleurs, qui reflètera, il est vrai la confusion du mouvement, mais sera un instrument de lutte et de débat. En autre mots: la défense des idées socialistes en général. D'autre part continuer la construction de notre organisation marxiste révolutionnaire et la défense de notre vision spécifiquement marxiste du socialisme.

 

Entre la constatation qu'il faut une nouveau parti des travailleurs, une question tactique, et la formation d'un tel parti il y a cependant des objections pratiques. Dans la plupart des cas cette revendication reste propagandiste parce que les forces nécessaires ne sont ou pas encore mûres ou ne sont pas encore prêtes à se hasarder dans cette aventure. C'est pour cela qu'il y a un vide à gauche qui offre des opportunités à des formations de gauche ou qui peut même être recupéré démagogiquement par l'extrème-droite.

En Espagne et en Italie le processus de formation de nouveaux partis des travailleurs est le plus avancé avec la fondation de Izquierda Unida (IU en Espagne) et du Parti de la Rifundazione Communista (PRC en Italie). Ces deux partis ont montré les possibilités immenses pour les partis à gauche de la social-démocratie et des Verts. Ils ont surtout contribués à la résistance des travailleurs et des jeunes.

Tous deux ont cependant montré les limites des formations de ce type. Sans une programme anticapitaliste et révolutionnaire, ils vont feront naufrage tôt ou tard. Lors des dernières élections IU a obtenu un score de 6,5% contre 11,6% en 1995. L'existence même du parti est menacée. En Italie le PRC - avec 100.000 membres, un quotidien, une trentaine de parlementaires en des centaines d'élus locaux - est devant le choix fondamental de dénoncer son soutien, de l'extérieur, au gouvernement.

Ailleurs en Europe des partis que nous décrivions comme de «petits partis de masse» ont partiellement rempli le vide à gauche. C'est certainement le cas pour le SP au Pays-Bas - avec 25.000 membres et plus de 100 conseillers communaux, du PDS en Allemagne et de quelques partis communistes Grecs. Ces partis sont aussi mis sous une pression pour céder au réformisme. Surtout le PDS, mais aussi le SP néerlandais, glissent de plus en plus vers la droite. En Irlande le Socialist Party (l'organisation soeur de Militant en Irlande) et en Écosse le SSP (mis sur pied à l'initiative de notre organisation soeur en Écosse) sont sur la voie de remplir partiellement le vide à gauche.

Dans un nombre de pays ce ne sont pas des partis, mais des alliances à gauche de la social-démocratie et des verts qui ont été capables d'occuper partiellement cet espace. C'est le cas pour la liste européenne de LO/LCR en France (5 élus européens), our le Bloc de Gauche au Portugal (2 parlementaires), pour la Liste Unitaire au Danemark et pour l'Alliance Rouge/Verte en Norvège. En Autriche, en Flandre, dans quelques régions de l'Allemagne, en France et en Suisse l'extrèmedroite a pu profiter de l'absence d'une alternative à gauche pour conquérir une base électorale.

 

Une Alliance de Gauche en Belgique

En Belgique il y a eu déjà des tentatives d'alliance de gauche. La seule proposition viable a été Gauches Unies qui a malheureusement couru à sa perte par des discussions sans fin, sa tiédeur et une absence de volonté de passer à l'action. Militant n'a pas pu s'engager dans Gauches Unies car nous étions à l'époque absents en Wallonie. A Anvers, le BSV nous a semblé dès le début une appendice peu principiel d'Agalev. Disons que c'étaient de bons exercices pour l'avenir.

La seul initiative unitaire efficiente - et pas seulement électorale - a été la liste européenne Debout autour de Roberto D'Orazio et de la lutte des travailleurs de Clabecq. Militant s'est lancé avec ardeur dans cette campagne. La liste a obtenu 2% en Wallonie, avec des pointes de 4% à La Louvière, Charleroi, Châtelet et Frameries. Et ce bien que le Parti communiste ait déosé une liste aux élections européennes qui a obtenu 1,1%. Lors d'élections communales une combinaison de ces deux résultats donnerait quelques élus. Le maigre résultat du PTB aux élections du parlementu fédéral et de la région wallonne (à peu près 0,5%) comparé aux résultats de Debout montre la fore d'attraction d'une liste unifiée et plus large.

Cece n'est pas une critique en soi du PTB. Lors des élections il n'y a pas que les voix qui comptent, mais aussi les forces que l'on peut attirer à soi dans le cadre de la campagne électorale.

Quelques élus pourraient cependant croîtrer la force de frappe de la gauche dans les luttes sociales, en augmenter la portée et nous rendre capables de toucher un public plus large.

Ces résultats datent cependant d'avant la formation du gouvernement arc-en-ciel. Beaucoup d'électeurs ont choisi en dernière instance pour les verts en votant «utile». Depuis leur entrée au gouvernement la robe des verts est déjà solidement souillée.

Cela ne signifie pas que ces partis vont être balayés lors du prochain scrutin. Au contraire, Militant pense qu'ils peuvent même encore gagner des voix sur leur droite. A gauche on pense qu'il y a un espace croissant pour une initiative plus large de gauche.

En Flandre, il y a dans quelques endroits des conseillers communaux à gauche du SP et d'Agalev. C'est le cas à Zelzate, à Herzele et à Anvers. En ce moment on ne construit pas assez sur ce potentiel. Nous pensons qu'on faire plus en groupant ces cas individuels dans une alliance. Nous pensons aussi qu'une alliance de gauche en Flandre a plus de possibilités que sila petite gauche va aux élections en ordre disersé.

Notre proposition d'Alliance de Gauche ne signifie pas du tout une nouveau parti des travailleurs. C'est même presque exclu que cette alliance devienne un tel parti. L'alliance n'est que le reflet de ce qui est nécessaire en ce moment pour faire avancer la lutte et pour donner à la gauche un visage.

Militant n'est pas prêt à se dissoudre dans une unité de gauche plus large. Nous pensons au contraire que chacun doit avoir le droit de défendre ses propres propositions de toutes les manières démocratiques possibles. Nier le droit dévoir ses propres publications, ses prores banderoles, ses propres pancartes, etc. est une méthode qui a son place à droite, mais pas à gauche.

Pourtant nous pensons qu'une alliance commune de toute la gauche peut signifier un pas en avant énorme pour les travailleurs et les jeunes dans leur lutte pour une vie meilleure dans une meilleure société.

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