Hymne sanglant

�clat d��tincelles violettes dans la l�all�e sombre,
La lune scintille au-dessus de sa t�te, sa muse, son amante.
Il marche sans regarder en-arri�re, plus rapide que son ombre,
Habit de velours, chemise de soie flamboyante.

Il se rappelle son enfance, les loups qui hurlent, qui l�entourent,
Son pass�, il n�a que faire, il pr�f�re la libert�.

Un air de jazz se fait entendre au tournant, sur le boulevard d�capit�,
M�lancolie perdue, rumeur d�une ville an�antie.
Pourtant son amour pour elle est toujours d�mesur�
M�me s�il manque les cris, les rosiers parfum�s, le vent fleurant la vie.

Il se rappelle ses erreurs de jeunesse, son arrogance juv�nile,
Son pass�, il n�a que faire, il pr�f�re la libert�.

Il avance dans son manteau � basques, dandy indomptable,
Une t�che d��l�gance, dans un d�cor mortuaire;
Une rose perdue, flottant sur le marais macabre,
Il s�en fiche, il n�est qu�un monstre, un double centenaire.

Il se rappelle ses amours oubli�es, ses paroles en l�air,
Son pass� il n�a que faire, il pr�f�re la libert�.

Tout a �t� d�truit, m�me son appartement,
Ses beaux meubles, ses souvenirs, tout s�est envol�,
Mais lui est toujours l�, �ternel, immuable au temps,
Spectateur invisible de l�humanit� g�ch�e.

Il se rappelle le ciel, mais surtout l�enfer,
Qui l�a maintenant rejoint sur terre.

Il voit des gens pleurer, se r�fugier dans les bosquets
Flots de pens�es incoh�rentes, flottant dans l�air putride,
Mais pour lui, m�me dans cette atmosph�re infecte,
Le sang est toujours aussi limpide.

Il se rappelle la Nouvelle-Orl�ans et sa gloire d�antan,
Il est patient, il sait que tout reviendra.

�Rebecca Hamilton 2006.
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