8H10 : arret � Tiergarten. Sur le quai, on a une vue imprenable sur la ligne de d�part. D�ailleurs des journalistes sont d�j� l�. S�quence �motion, la premi�re d�une longue s�rie.
Arriv�s sur les abords de la course, on observe les autres concurrents, un peu comme des spectateurs. Certains se massent ou s�enduisent d�huile, d�autres trotinent, font quelques ettiremments, d�autres encore essayent d�attraper des moustiques... et nous, on observe...

Puis je d�cide de r�aliser quelques mouvements d�echauffement. Nous passons donc la barri�re, sans aucun controle et sans aucun probl�me. Maintenant, on est dans la course. Devant nous, la ligne de d�part, la Sieges�ule et...42,195 km. L�atmosph�re est particuli�re. Nous nous sentons plus impliqu�s. Autour de nous passent ces sportifs, ces mangeurs de kilom�tres, ces � victimes volontaires �. Nous sommes de plus en plus nombreux. Quelques jeunes, beaucoup de personnes ag�es, des femmes aussi, des ambitieux, des coureurs du dimanche, 31.500 coureurs, 85 nationalit�s et une passion commune : celle de se faire plaisir en courant, en souffrant.
8H30 : nous sommes toujours aussi ravi de nous etre lev�s tot pour pouvoir appr�cier et participer � cette ambiance. Le ciel est couvert, la pluie est menacante, il fait un peu frais, mais la musique nous encourage � bouger nos muscles pour nous �chauffer et nous rechauffer. C�est incroyable et magnifique de voir ces centaines, ces milliers de personnes bouger et sauter en meme temps. Mieux qu�une rave en plein air. On se met alors � danser sur les derniers hits du moment.
C�est une vraie ambiance de fete. Plusieurs rotations du bassin et quelques photos souvenirs ponctuent les 30 derni�res minutes avant le d�part. Nous quittons nos affaires et C�cile, par la meme occasion, qui va sur le parcours pour nous prendre en photo. Peu avant le d�part une immense banderole est port�e � bout de bras par les milliers de coureurs ; une belle image pour les 5 h�licopt�res dans le ciel.
De notre cot� nous observons quelques d�guisements : la statue de la libert�, Dark Vador (Star War) et aussi un coureur qui fume une cigarette ! peut-etre �tait-ce sa derni�re volont� ?...
9H07 : Nous passons la ligne de d�part. Le rythme s�acc�l�re alors et nous avons plus d�espace. En effet les puces �lectroniques qui permettent de calculer le temps des coureurs se d�clenchent sur la ligne de d�part. Il s�agit donc d�acc�l�rer pour ne pas perdre quelques secondes. Nous, on n�a pas de puces �lectroniques.
On essaie de garder un rythme raisonnable pour ne pas risquer un incident, pour ne pas se perdre et d�courager Chrystelle en l�essoufflant.
La foule est immense, les espaces limit�s. Sur le cot�, des hommes s�arretent d�j� pour faire pipi. D�j�, nous voyons le kilom�tre 1. Plus que 41...
Puis la Sieges�ule, magnifique rond-point � ou a lieu la love-parade en juillet � le peloton se s�pare en deux offrant ainsi une superbe image aux photographes.
Nous apercevons C�cile sur le trottoir de gauche (comme pr�vu). Nous avons r�ussi � nous voir dans cette foule. C�est fou. Tellement fou que C�cile a du mal � prendre la photo. Encore un probl�me de cheville...
Au bout de cette longue ligne droite nous observons la porte de Brandenburg, Chrystelle parle un peu moins. Fatigu�e ou concentr�e ? Nous entendons alors les applaudissements des spectateurs aux abords de la porte. Elle est encore habill�e de sa bache protectrice des travaux, mais elle reste tr�s belle.Nous crions de joie, sifflons, applaudissons. Nous devenons aussi spectateurs de ce moment. C�est magnifique. Le premier marathon dans Berlin r�unifi�, en 1990, a du etre tr�s �mouvant.
8H55 : la pression monte. Les coureurs se rapprochent, se touchent. Nous sommes tr�s serr�s. Nous ne pouvons plus bouger. Nous craignons d�etre s�par�s, de nous perdre. Des vetements volent au-dessus de nos tete, quelques pulls et autres protections contre le froid que les coureurs enl�vent. Nous h�sitons � en r�cup�rer.
9H00 : le d�part est donn�. Enfin... surement, nous n�avons rien entendu et nous sommes toujours immobiles. Quelques minutes passent et nous commencons � bouger, � marcher puis � trottiner.
Quelques dizaines de m�tres plus loin, Chrystelle s�arrete un peu �ssouffl�e mais tr�s heureuse d�avoir particip� � ce moment unique. Nicolas et moi continuons � notre rythme. Nicolas esp�re bien courir 10 km.
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