Lac de l'Achigan

Le lac de L'Achigan et son environnement physique

Les informations proviennent de M. Ren� Beauchamp qui nous a fait cadeau d'un texte �crit le 20 octobre 1999. Nous reproduisons ici le croquis du lac qu'il avait joint � son texte.

Des plages et des falaises

Le lac de l'Achigan fait 6,5 km de longueur, 35 km de diam�tre et plus de 26 m�tres de profondeur � certains endroits. Certaines parties du littoral pr�sentent de belles plages sablonneuses alors que d'autres sont plut�t rocheuses et escarp�es. Une falaise (14) d'environ 24 m�tres s'�l�ve pr�s de la baie des Ward et dans le voisinage de la pointe aux Pins, se dresse le cap � Baptiste (15), appel� aujourd'hui la pointe � Mathers, sur lequel se trouve encore la fondation en b�ton qui rappelle le r�ve grandiose des Mathers dans les ann�es 1970. Aux pieds du cap, le trou de la f�e, fa�onn� par les vagues, est d'une profondeur affolante.

Des cours d'eau

Le bassin des eaux qui alimentent le lac de l'Achigan s'�tend sur 37 kilom�tres carr�s. Plus d'une quinzaine de ruisseaux se d�versent dans le lac dont voici les plus importants. Un peu avant la plage municipale, pr�s du Club des Ranger, un ruisseau (1) irrigue les terrains bois�s menant � une mine de mica non exploit�e, pr�s du chemin allant vers Saint-Calixte. La rivi�re L'Achigan, nomm�e autrefois rivi�re Pahby (2), se dirige vers le nord-est, vers Sainte-Marguerite et Saint-Calixte. En allant vers le village, le ruisseau (3) sur le terrain du camp Bruch�si alimente le lac des Sables et les terres bois�es menant au lac Adair. En passant chez Jean-Paul Labelle, un ruisseau (4), plus important au printemps et apr�s de fortes pluies, se rend jusqu'au lac Renoir, sur le chemin Mont-Rolland. Le ruisseau (5) qui passe sur le terrain de l'Auberge des C�dres traverse le village de Saint-Hippolyte pour se jeter dans le lac Morency. Le lac Molson alimente un ruisseau (6) qui coule vers le lac de l'Achigan. Un autre ruisseau (7), visible surtout au printemps et apr�s l'orage, part d'un petit lac dans la baie des Hale pour se d�verser dans le lac de l'Achigan.

Et des �les

Le lac de l'Achigan comptait autrefois sept �les. L'une d'entre elles a disparu lorsqu'elle fut reli�e au rivage pour permettre la construction de logements au domaine Namur. En face de l'ancien camp Eaton, se trouve l'�le de Mercier (8) sur laquelle un m�decin avait fait construire une maison qui portait le nom de Loyola en l'honneur d'un coll�ge de Montr�al. Le pauvre docteur s'est noy� en se rendant chez lui en chaloupe. Plus loin, l'�le Joubert ou l'�le Ronde (9) o� se trouve la maison de la chanteuse Mich�le Richard. Tout � c�t�, une �le plus petite, l'�le Mayer (10) qui abrite un chalet. Pr�s de la baie Kilkenny, on trouve l'�le Me Maurice (11), l'�le � Courtois (12) et une autre petite �le (13). Sur chacune de ces trois �les se dresse une maison solitaire. Quelqu'un se souvient du nom de l'�le no 13 ?


C'est mon lac

Les grands-parents de Rita Gingras Blanchard, n�e en 1924, et de son cousin, Ren� Beauchamp, n� en 1922, ont quitt� leur ferme de la mont�e Masson pour s'installer au lac de l'Achigan, sur le plateau pr�s de la plage municipale. Marie-Louise Robert et Damase Beauchamp poss�dent de nombreuses terres � bois qui partent du lac et vont jusque dans la montagne. Ils mettent au monde 22 enfants dont 17 survivront aux rigueurs de l'existence. Plusieurs de leurs enfants s'�tablissent au lac de l'Achigan et vivent �galement de l'agriculture. Ils m�nent une vie simple mais rude. L'hiver, ils b�chent du bois de chauffage et de construction et coupent des blocs de glace pour les glaci�res ; l'�t�, ils s'occupent des animaux, vendent les produits de la ferme aux voisins et op�rent des maisons de pension pour accommoder les touristes.

Ren� Beauchamp se rappelle fort bien les ann�es 1930 � 1935. Dans un texte �crit en octobre 1999, explique que, dans ce temps-l�, plusieurs Anglais s'�taient �tablis autour du lac. Il situe les propri�t�s des Nelson, Pelton, Peterson, Green et des demoiselles Norris; des Paul, Mitchel, Wilson et Adams; des Hale, Shaw, Preston, et Thomas; des Smith, des Jeshap et d'autres encore. Il ajoute : il y avait beaucoup d'autres maisons habit�es par des Canadiens fran�ais. J'ai parl� des Anglais car ce furent les premiers gens de l'ext�rieur se construire une maison sur les bords du lac de l'Achigan.

Nous connaissions ceux qui vivaient pr�s de chez-nous, � qui nous vendions le lait, la cr�me, les �ufs, la glace et le bois. L'�t�, mon p�re, Thomas Beauchamp, travaillait pour eux : il r�parait les maisons, faisait du terrassement, des murs de pierres; l'hiver, il enlevait la neige sur les toits, faisait bien d'autres choses aussi. C'�tait une partie de notre gagne-pain en plus de la ferme et de la coupe du bois durant l'hiver.

On op�re des maisons de pension

L'autre partie de leurs revenus provenait des touristes et des vacanciers qui habitaient les maisons de pension ou maisons de chambres tenues par leurs familles. Rita Gingras Blanchard raconte : Quand les touristes venaient � la p�che, ils voulaient parfois rester � coucher. On leur donnait alors la chambre des gar�ons qui, eux, s'installaient dans le bas-c�t�. Les petits gars ramassaient les vers, allaient sur le lac avec les touristes, des notables de Saint-J�r�me, puis des Anglais, et ramaient pour eux. Les femmes faisaient les repas et les servaient. Mon p�re, Georges Gingras, faisait le taxi et allait chercher les touristes et les reconduire au train � Shawbridge.

Les touristes qui fr�quentaient le lac de l'Achigan pouvaient donc compter sur plusieurs pensions pour passer la nuit ou rester quelques jours, notamment Le Bay View (famille Damase Beauchamp); Le Yellow House (famille Joseph Beauchamp); Le Pine Cottage (famille Georges Gingras); La Villa des C�dres (les Bernier); la pension des Green, des Smith, des Quinn, Le Parkdale Lodge, etc.

On g�re �galement des camps de vacances

De nombreuses colonies de vacances existaient au lac de l'Achigan dans les ann�es 1930 � 1940. Outre l'Institut Bruch�si, on trouvait le Club Ranger et le camp de la Salvation Army, d'abord un camp de gar�ons puis un camp familial ; le camp pour gar�ons Werdale et le camp Notre-Dame-de-Gr�ce, camp scout pr�s de la coul�e du lac Masson. La maison principale de l'Institut Bruch�si appartenait � Bell T�l�phone et servait de maison de vacances pour les dirigeants de la compagnie et leurs employ�s. Le camp Eaton, un camp pour filles, permettait aux employ�es de ce magasin de passer une semaine de vacances log�es, nourries, pour un prix modeste comprenant le transport aller et retour. Le camp Fresh-Air h�bergeait des personnes �g�es et des familles juives durant la p�riode estivale.

Jean-Paul Lallemand avait achet� plusieurs terrains sur le bord du lac pour en faire un restaurant de renom qui allait devenir l'Auberge des c�dres. M. Beauchamp raconte que sur l'emplacement, il y avait plusieurs chalets qui appartenaient au cur� Michaud et Arthur Gohier, maire de la paroisse pendant de nombreuses ann�es. M. Lallemand d�cida de les donner � leurs anciens propri�taires plut�t que de les d�molir, mais � la condition de les d�m�nager avant le printemps. C'est ainsi que l'on vit, cet hiver-l�, se promener sur le lac des chalets entiers tir�s par des chevaux.

La vill�giature de chalet

L'Histoire des Laurentides nous apprend que l'industrie touristique, surtout la vill�giature en saison estivale, conna�t de bonnes ann�es dans les Basses-Laurentides entre 1920 et 1945, gr�ce surtout aux maisons de pension, construites sur les bords des lacs Achigan et des 14-�les. N'offrant pas les m�mes possibilit�s que les municipalit�s des Pays d'en Haut pour la pratique du ski alpin, Saint-Hippolyte ne pourra profiter au m�me degr� des retomb�es �conomiques produites par ce sport entre 1930 et 1950. Le lac de l'Achigan, par exemple, deviendra une station touristique d'hiver secondaire et devra se rabattre sur la vill�giature d'�t� pour assurer la viabilit� de son industrie touristique (Laurin : 590).

De chalets d'�t� en r�sidences permanentes

En 1945, le prolongement de la grande route jusqu'� Sainte-Ad�le provoque le d�placement du centre des activit�s, et des changements dans la nature du tourisme pratiqu�. L'automobile, qui avait contribu� un temps � �tendre la pratique de la vill�giature dans les Basses-Laurentides, va maintenant contribuer � sa chute en raison du d�veloppement d'un r�seau routier de plus en plus efficace. En effet, par la fr�quence et la souplesse des d�placements qu'elle permet, l'automobile entra�ne la disparition du romantique �p'tit train du Nord� (Laurin 589). Elle rend d�sormais possible le d�placement quotidien entre campagne et ville, entre lieu de r�sidence et lieu de travail ; par cons�quent, s'acc�l�re au cours des ann�es d'apr�s-guerre le processus de transformation des chalets d'�t� en habitations permanentes (Laurin : 574). � l'image de plusieurs petites municipalit�s du nord de Montr�al, Saint-Hippolyte est rejointe par le ph�nom�ne d'urbanisation et troque sa fonction touristique contre une fonction r�sidentielle qui relance son d�veloppement (Laurin : 595).

Les citadins qui viennent s'installer au lac de l'Achigan ach�tent leur terrain des gens de la place. Les familles, dont les revenus proviennent des produits de la ferme et des maisons de pension, �prouvent de plus en plus de difficult� � joindre les deux bouts. L'�lectrification et l'obligation de pasteuriser le lait avaient boulevers� le cours de leur vie. La demande pour la glace et pour le bois avait baiss� et la vente du lait non pasteuris� devenait difficile. Pour arriver, les familles se mettent � vendre des parcelles de leurs terres aux nouveaux venus. D'abord, le long du lac, � 100 $ le 50 000 pieds carr�s, puis vers l'int�rieur des terres.

Autres types de d�veloppement

On tenta en vain, depuis le d�but du XXe si�cle, d'implanter d'autres types de d�veloppement au lac de l'Achigan. En 1905, Joseph Brousseau, greffier de la Cour de Terrebonne et Alfred Benjamin Crochet, agronome de Saint-Hippolyte, forment le projet de construire et d'exploiter un tramway �lectrique entre Shawbridge et le lac de l'Achigan. Le projet n'eut pas de lendemain. Dans les ann�es 1940, on propose d'ouvrir une mine de mica derri�re le cap � Baptiste, mais le minerai n'est pas assez concentr� pour en faire une exploitation rentable. Dix ans plus tard, les fr�res Molson projettent de construire un barrage �lectrique au lac qui porte leur nom. Le projet est annul� � cause de l'instabilit� du terrain.

Mais les exp�riences de d�veloppement reli� au tourisme remportent du succ�s. L'affluence des touristes am�ne ainsi Jacques Dagenais � d�velopper la montagne pour en faire une station de ski, le c�l�bre Mont Tyrol. En 1955, il construit trois pentes � c�bles pour le ski alpin, un T-Bar en 1966, un autre en 1972, et une rampe acrobatique en 1978. Mais il fermera le Mont Tyrol en 1981.

De nos jours

Les restaurants, les petits d�panneurs, les salles de danse, les h�tels, le bureau de poste, tous ces commerces, fr�quent�s jadis par les familles de Ren� Beauchamp et de Rita Gingras Blanchard, ont depuis longtemps disparu. Mais des entreprises d'importance continuent d'op�rer un commerce au lac de l'Achigan. Il s'agit des Excavations Serge Gingras, Martin Saint-Louis, de la Quincaillerie Jean-Paul Labelle, Les Entreprises d'�lectricit� de Saint-Hippolyte, de l'Auberge des C�dres et du March� du lac.

Le lac de l'Achigan a donc perdu au cours des ans une fonction touristique importante pour devenir une zone r�sidentielle tout aussi importante. Mais ce type de d�veloppement a engendr� de multiples probl�mes auxquels s'est confront�e L'Association des propri�taires du lac de l'Achigan (APLA). Celle-ci revendiquera, pendant des ann�es, l'adoption d'un plan d'urbanisme pour contr�ler le mode de d�veloppement autour du lac. L'historique qui suit fait �tat des luttes men�es par cette association pour la protection du lac et de son environnement, et pour la d�fense des int�r�ts de ses membres.

L'Association des propri�taires du lac de L'Achigan

La Ligue des propri�taires du lac de l'Achigan est cr��e en ao�t 1964. Elle se donne deux objectifs : am�liorer la qualit� des eaux du lac et former un groupe de pression pour d�fendre ses int�r�ts au sein du Conseil municipal de Saint-Hippolyte. La Ligue changera de nom en juillet 1980 pour devenir l'Association des propri�taires du lac de l'Achigan (APLA).

Le lac de l'Achigan en danger dans les ann�es soixante

�Jusqu'en 1965, la municipalit� de Saint-Hippolyte �tait le lieu de rendez-vous estival de vacanciers dont le nombre oscillait entre 15 000 et 18 000, parfois m�me 20 000, au cours des fins de semaine; en hiver, de 5 000 � 6 000 touristes venaient y s�journer pour, entre autres activit�s, y pratiquer le ski. Une vill�giature aussi intensive avait depuis plusieurs ann�es pollu� ses lacs et d�grad� le milieu physique en g�n�ral �. Le lac de l'Achigan, le plus grand et le plus connu du territoire, ne faisait certes pas exception. Des plaintes avaient d�j� �t� formul�es concernant des installations septiques d�ficientes, les r�gates et la p�che sur la glace, qui augmentaient les risques de contamination des eaux du lac.

Des luttes et des victoires

D�s sa cr�ation en 1964, l'APLA exige la v�rification des installations septiques, le contr�le de la circulation des bateaux et de la conduite dangereuse sur le lac, mais rien ne bouge du c�t� municipal. Vers 1964-1965, l'association tente de cr�er un mouvement visant � s�parer le lac de l'Achigan du reste de la municipalit�, mais le projet ne se concr�tise pas. Tout au long de son histoire, l'APLA fera moult pressions pour faire avancer des dossiers importants au niveau de la protection du lac et de la d�fense des int�r�ts de ses membres. Elle sera souvent � l'avant-garde pour les diff�rentes r�glementations.

Les pr�occupations actuelles

Le mandat actuel de l'association consiste :

Am�liorer la qualit� de l'eau et l'�cologie du lac en g�n�ral. L'analyse de l'eau, le contr�le des installations septiques, des anciennes autant que des nouvelles, la prolif�ration des algues marines constituent des dossiers importants. L'APLA souhaiterait la cr�ation d'un Comit� municipal sur l'eau.

Accro�tre son membership aupr�s des riverains et des non-riverains. Un travail de sensibilisation est � faire pour que cette association soit reconnue comme celle de tous les propri�taires au lac de l'Achigan. L'APLA regroupe actuellement pr�s de 400 membres. Il y a environ 1 000 propri�taires au lac de l'Achigan.

Maintenir les efforts de repr�sentation et de d�fense des int�r�ts des membres aupr�s de la Municipalit�.

Dates importantes qui ont marqu� l'histoire de cette association des plus actives

1965-1975 � Revendications pour contr�ler le mode de d�veloppement autour du lac, les installations septiques et l'utilisation des embarcations motoris�es.

1976 � Adoption d'un premier r�glement d'urbanisme par la Municipalit� : les commerces existants conservent leurs droits acquis mais ne peuvent se d�velopper davantage ; il ne peut plus y avoir de construction d'h�tels ou de restaurants.

1977-1981 � Poursuite des revendications pour la mise en application de la r�glementation.

1981-1991 � L'APLA participe au programme des lacs de la FAPEL, distribue plus de 35 000 plants pour r�g�n�rer les rives, et propose un r�glement concernant le d�boisement des berges,

1982 � Pression pour r�glementer les embarcations motoris�es, l'acc�s � la plage municipale pour les bateaux, et pour r�server la plage municipale aux seuls r�sidents de Saint-Hippolyte. Vive opposition de la part de la Chambre de commerce et manifestation contre l'APLA

1982 � Adoption d'un r�glement sur la vitesse des bateaux, la force des moteurs et la taille des embarcations.

1982 � La Municipalit� contr�le l'acc�s au lac.

1983 � Pr�sentation d'un m�moire lorsque la MRC d�pose son plan d'am�nagement. La municipalit� de Saint-Hippolyte �tant consid�r�e comme une r�gion touristique de la MRC, l'APLA voulait s'assurer que ce plan ne toucherait pas le lac de l'Achigan en ce qui concerne le d�veloppement des camps Bruch�si et Weredale, les deux seules zones vertes non encore d�velopp�es et consid�r�es comme les poumons du lac de l'Achigan.

1984 � Pour des raisons �cologiques, l'APLA s'oppose � l'ouverture du lac pour la p�che sur la glace.

1985 � Le minist�re provincial de la Chasse et de la P�che r�glemente la p�che sur la glace sur les lacs du Qu�bec.

1985 � La Municipalit� propose de modifier le r�glement de zonage afin de permettre le d�veloppement touristique et domiciliaire au camp Bruch�si. Forte opposition de l'APLA.

1985 � Remaniement au sein du Conseil municipal. La communication devient plus facile, mais l'APIA reste vigilante.

Vers 1986 � l'APLA demande � la Municipalit� d'analyser l'eau du lac � chaque ann�e, ce qui permettra d'identifier des zones probl�matiques au niveau des installations septiques.

1986 � Dossier fort controverse de la Pointe � Savaria, face au camp Bruch�si : la Municipalit� consulte l'APLA � propos de la construction de 16 unit�s de condos sur le terrain de l'ancienne marina qui op�rait une �cole de micro-vol (hydravions) et un poste � essence. L'APLA s'oppose � ce d�veloppement r�sidentiel mais doit accepter un compromis : le promoteur conserve un droit acquis sur trois maisons.

1989 � L'Auberge des C�dres demande � la Municipalit� d'�tendre son usage et d'augmenter le nombre de chambres. L'APLA est consult�e l'ann�e suivante mais refuse que l'on fasse exception au r�glement d'urbanisme.

1990 � Domaine Achigan, dossier chaud pendant plus de 10 ans. Club priv� dans les ann�es 1970, le Domaine est vendu en 1978 et devient une marina et un club de planche � voile avec bar, terrasse, acc�s � la plage publique, utilisation de la motomarine. La plage publique devient la baie des horreurs un v�ritable cancer. Le bruit est excessif et les accidents nombreux.
Pour r�gler le probl�me, le promoteur propose la construction de condos. Les gens du voisinage, qui se rappellent encore la Pointe � Savaria, finissent par accepter cette id�e devant l'immobilisme du Conseil municipal. C'�tait la premi�re fois en 25 ans que les gens acceptaient que le r�glement de zonage soit chang�. Le Conseil municipal propose de modifier le zonage pour permettre la construction de condos malgr� l'opposition de l'APLA.

1994 � L'APLA organise la premi�re patrouille sur le lac, initiative qui sera assum�e l'aim�e suivante par la Municipalit�.

Vers 1997 � Deuxi�me r�glement municipal pour limiter la vitesse des bateaux et des motomarines sur les 75 premiers m�tres des berges. Selon les membres du Conseil d'administration de l'APLA, �le lac de l'Achigan a bien chang� depuis les cinq derni�res ann�es, et notre qualit� de vie s'est am�lior�e, hiver comme �t� �.

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par Denise Marcoux et Andr� Marcoux, Le Sentier, f�vrier 2000

  1. Sources d'information : Ren� Beauchamp, Rita Gingras Blanchard, Jeanine Gingras Contant, Jean-Paul Labelle, Roland de Maisonneuve et l'APLA (Francine Jolycoeur, Fran�ois Vinet, Pierre Th�riault, Yoland Coutu).

  2. Serge Laurin, Histoire des Laurentides, Institut qu�b�cois de recherche sur la culture,
    Qu�bec, 1989, 892 pages.

  3. Fran�ois-Luc Valiquette, � Les premiers pas d'une nouvelle paroisse �, Le Sentier, mars 1994.

  4. Denise Marcoux, � La famille Dagenais, des gens bien r�els, bien vivants �, Le Sentier, novembre 1999.

La lutte contre la tuberculose

La lutte � la tuberculose monopolise une grande partie des �nergies dans la r�gion des Laurentides pendant les ann�es qui suivent la Premi�re Guerre mondiale. La maladie faisait des ravages dans les quartiers populaires de Montr�al, surtout chez les enfants. Les services de sant� proposaient alors de sortir les enfants contamin�s de leur milieu familial et de les envoyer � la campagne o� le soleil, le grand air et la vie paysanne auraient t�t fait de leur redonner la sant�.

C'est pourquoi d�s 1929, 22 enfants sortis des milieux contamin�s de Montr�al vivent dans des familles de cultivateurs � Saint-Hippolyte, fr�quentent l'�cole du rang et sont en voie de gu�rison. Pendant l'�t� 1928, l'Institut Bruch�si avait ouvert le camp David, sur les bords du lac de l'Achigan, pour recevoir des enfants tuberculeux (Laurin : 773). Le camp David fut nomm� ainsi en l'honneur de Louis-Athanase David (1882-1953), avocat et journaliste, d�put� lib�ral provincial de Terrebonne et secr�taire de la Province de 1916 � 1936. L'institut Bruch�si �tait d�j� actif � Oka en 1926 et. au lac �cho l'ann�e suivante. En 1929, il recevait au lac de l'Achigan 300 gar�ons et 300 filles sur une p�riode de huit semaines. � partir de 1960, la tuberculose r�gresse au Qu�bec, et l'institut Bruch�si change de vocation : il recevra d�sormais de jeunes vacanciers provenant des milieux d�favoris�s (Le Sentier, juillet 1994).