Le Camp WEREDALE

Le Camp Weredale, situ� sur les rives du lac de l�Achigan, � Saint-Hippolyte, existe depuis 1934. La Fondation Weredale en assure maintenant la gestion, sous la direction g�n�rale de M. Howard Martin. En 2007-2008, le Camp Weredale a accueilli plus de 200 enfants et adolescents issus des programmes r�sidentiels et des familles d�accueil des Centres Batshaw. Le camp offre un programme d�activit�s des plus attrayants : camping, randonn�es en for�t, projets artistiques, excursions en canot ou kayak, voile, p�che et comp�titions sportives.

Les Origines

Un orphelinat protestant pour gar�ons, le Boys�Home of Montreal, connu plus tard sous le nom de Weredale House, fut fond� en 1870 par Charles Alexander, immigrant �cossais arriv� au Canada en 1840. Propri�taire d�une confiserie � Montr�al, conseiller municipal et d�put� lib�ral, Charles Alexander est � l�origine de plusieurs �uvres philanthropiques. Bien que le Boys� Home ait eu un programme pour d�linquants, il a surtout accueilli des orphelins d�expression anglaise, �g�s de 9 � 18 ans. En 1930, le Boys�Home d�m�nage dans de nouveaux locaux, au Weredale House, � Wetsmount.

Le Camp Weredale

En 1934, la direction de Weredale House re�oit du Club Rotary de Westmount 260 acres de terre au lac de l�Achigan, � Saint-Hippolyte. Elle fait construire le Camp Weredale qui servira jusqu�en 1975 de maison d��t� aux gar�ons et au personnel du Weredale House. De 1979 � 1982, le Camp Weredale est lou� au YMCA qui l�utilise pour ses divers programmes.

Le camp r�pond ensuite aux besoins sp�ciaux des gar�ons et filles du Centre d�accueil Horizons de la jeunesse. � partir de 1990, le Camp Weredale ouvre �galement durant l�hiver et offre, pour la premi�re fois, des programmes d�aide aux familles d�accueil et aux enfants plac�s en famille d�accueil. Aujourd�hui, le camp Weredale offre un programme d��t� sp�cialis� � un grand nombre d�enfants provenant des Centres de la jeunesse et de la famille Batshaw et de la communaut�.

Les Centres Batshaw

Les Centres Batshaw interviennent aupr�s d�enfants et de familles aux prises avec des probl�mes de violence, de mauvais traitements, de n�gligence, ainsi qu�aupr�s des jeunes ayant des probl�mes graves de comportement. Les services sont offerts dans le milieu familial, les familles d�accueil, les foyers adoptifs ou les ressources r�sidentielles de r�adaptation, en vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse ou de la Loi sur le syst�me de justice p�nale pour les adolescents. Les Centres Batshaw donnent des services � l�ensemble de la communaut� d�expression anglaise et � la communaut� juive de l��le de Montr�al. Ils offrent �galement des services r�sidentiels aux jeunes anglophones de toutes les r�gions du Qu�bec.

Qui est Manny Batshaw ?

Manuel (Manny) Batshaw, n� � Montr�al en 1915, de parents russes arriv�s au Canada en 1903, est une figure l�gendaire dans le milieu du service social et un membre actif de nombreux organismes communautaires, dont les Services communautaires juifs de Montr�al, de 1968 � 1980. En 1992, suite aux modifications � la Loi sur les services de sant� et les services sociaux, on a d�sign� en son honneur le regroupement des services sociaux de langue anglaise de Montr�al sous l�appellation Centres de la jeunesse et de la famille Batshaw.

C�est ainsi que le Centre de protection de l�enfance et de la jeunesse Ville-Marie, les Centres de jeunesse Shawbridge (le Boys�Farm and School, � Pr�vost), le Centre d�accueil Horizons de la jeunesse et le Centre de jeunesse Mont Saint-Patrick devinrent les Centres de la jeunesse et de la famille Batshaw.

Le � Rapport Batshaw �

En 1975, une crise dans une institution pour enfants de langue fran�aise provoqu�e par de mauvais traitements bouleversa le Qu�bec. Le gouvernement donna alors � Manuel Batshaw le mandat d�enqu�ter sur ce cas et d�examiner la fa�on dont sont trait�s les enfants et les jeunes dans 73 autres centres d�accueil du Qu�bec. Un rapport en 11 volumes, le Rapport Batshaw, fut remis moins d�un an plus tard. Il entra�na non seulement des am�liorations consid�rables dans plusieurs institutions, mais aussi l�adoption d�une nouvelle loi pour la protection des enfants au Qu�bec.

La fille de Ren� Beauchamp, Monique, a travaill� trois ans comme �ducatrice au Weredale House et plusieurs ann�es comme monitrice au Camp Weredale. Elle se souvient tr�s bien des changements qui sont intervenus dans les institutions comme le Weredale House et le Camp Weredale apr�s le Rapport Batshaw.

Ren� Beauchamp a consacr� sa vie au Camp Weredale

Ren� Beauchamp, 86 ans, avait douze ans lorsque son p�re, Thomas, participe � la construction du Camp Weredale, sous la direction d�Isa�e Brosseau. Ils ont d� d�abord tracer un chemin pour se rendre sur le site et transporter les mat�riaux par le lac. Ils ont construit deux maisons pour le personnel administratif, une salle � manger avec cuisine et douze cabines, dont chacune portait le nom d�une tribu indienne et pouvait loger douze enfants. Les jeunes qui devenaient des moniteurs couchaient dans une autre cabine. Le responsable du camp se nommait Neelan. Ses deux enfants vivaient avec lui. La deuxi�me maison �tait occup�e par une dame Craig et M. McAdam. La plupart des enfants restaient tout l��t�. La nourriture �tait achet�e Montr�al, le lait, au Boys� Farm and School, � Shawbride. Monsieur Shaw l�apportait � son restaurant, au lac de l�Achigan.

Un r�le important au Camp Weredale

Ren� Beauchamp a travaill� toute sa vie au Camp Weredale. C��tait une figure importante pour les jeunes qui ont s�journ� au camp et qui parlent encore de lui avec beaucoup d�affection. J�ai d�abord aid� mon p�re � construire le camp. Puis, mon r�le �tait d�allumer le po�le � bois pour que le � cook � ait de l�eau chaude en se levant. J��pluchais les l�gumes. Avec mon p�re, on coupait du bois � l�automne, on enlevait les quais; l�hiver, on �tait la neige sur les toits, on faisait la glace, on charriait le bois. Au printemps, on cordait le bois, on ouvrait les maisons, on enlevait les volets et on r�parait les vitres. Apr�s son mariage en 1951, Ren� a continu� � faire l�entretien et les r�parations au Camp Weredale jusqu�� sa retraite en 1988. Il participe � la r�union annuelle des anciens du camp qui se tiendra, cette ann�e, le 22 juillet.

Pierre Picard continue le travail

Pierre Picard, 61 ans, a pris la rel�ve de M. Beauchamp et assure l�entretien du camp, qui comprend 38 b�timents, depuis une dizaine d�ann�es. Il conna�t le Camp Weredale depuis son enfance. � huit-neuf ans, j�aidais mon p�re qui faisait l�entretien de la plomberie. J�allais l� o� il ne pouvait aller. Tout comme Ren� Beauchamp, Pierre a un lien tr�s fort avec le camp et les enfants qui y s�journent : je ne changerais de place pour rien au monde, affirme-t-il.

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Par Denise Marcoux, Le Sentier, juin 2009