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Rubrique nécrologique
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Jean Dumontier, l'un des
architectes du métro de Montréal, s'est éteint
![]() L'un des architectes qui ont contribué à façonner l'identité unique du métro de Montréal, Jean Dumontier, est décédé d'un cancer jeudi, à l'âge de 83 ans. M. Dumontier a notamment dessiné les plans des stations de métro de Longueuil, rebaptisée Longueuil-Université-de-Sherbrooke en 2002, et de l'île Sainte-Hélène, rebaptisée Jean-Drapeau en 2000. Plus encore, il est le premier architecte du métro à avoir réalisé lui-même les œuvres d’art de ses stations. Il a également supervisé les prolongements du réseau dans les années 70 et 80 à titre de directeur de l'architecture au Bureau de Transport Métropolitain. C'est au cours de ce mandat qu'il a favorisé l’intégration d’œuvres d’art dans toutes les stations ainsi que la diversité des architectes qui participaient à la construction du réseau. Au cours de sa carrière, Jean Dumontier a toujours veillé à ce que le réseau intègre des œuvres d'art et à ce que chaque station soit construite par différents architectes. « Pour lui, c'était beaucoup plus que de déplacer les gens du point A au point B, explique l'un de ses deux fils, Paul-Éric Dumontier. Il voulait que les gens soient dans un environnement agréable, [notamment] au niveau des matériaux, qui pouvaient être la lumière, l'espace, le granite. » Il voulait que les gens lèvent la tête et regardent l'espace dans lequel ils sont. Sortir de la monotonie. C'est pour ça, aussi, qu'il n'y a pas une station qui est pareille. Paul-Éric Dumontier, fils de l'architecte Jean Dumontier La vision de M. Dumontier a non seulement contribué au rayonnement local du métro, mais également à l'échelle internationale. De nombreuses délégations provenant d'un peu partout sur la planète se sont déplacées au fil des années pour s'inspirer de l'expertise québécoise. Jean Dumontier s'est lui aussi déplacé, de Séoul à New York, pour conseiller les équipes chargées de construire, prolonger ou moderniser leur propre réseau. À la Société de Transports de Montréal (STM), on salue d'ailleurs le legs de l'architecte. « L'héritage de Jean Dumontier, et des gens de l'époque qui ont construit le métro, est extrêmement important », explique Benoît Clairoux, conseiller en affaires publiques à la STM, en entrevue au Téléjournal Midi. « C'est l'un des premiers métros dans le monde où on intégrait l'art dans les stations, et aussi on apportait la lumière naturelle dans la plupart des stations, on utilisait des matériaux différents d'une station à l'autre. [...] À l'époque, c'était vraiment nouveau. » Des œuvres de béton Travaillant à même le béton, M. Dumontier a créé des bas-reliefs sur les murs des deux stations qu'il a conçues. À la station Jean-Drapeau, il a réalisé quatre murales peintes directement sur les reliefs en béton. Les œuvres représentent un personnage de la mythologie grecque, le géant Atlas, qui fut condamné à porter la voûte céleste pour l'éternité. « La symbolique, c'est qu'au-dessus de la station, c'était Terre des hommes, parce que c'était Expo 67. Donc, c'est l'Atlante qui supporte la Terre des hommes sur ses épaules, explique son fils. C'est sûr que Sainte-Hélène, c'est symbolique. C'est fort pour nous. » Du côté de la station de Longueuil, l'architecte a décoré les murs de plusieurs segments de lignes asymétriques, toujours à même le béton. Né en 1935, Jean Dumontier avait été embauché à la Ville de Montréal dès la fin de ses études en architecture, au début des années 1960. Il s'est rapidement joint à l'équipe qui développait alors le métro. « Il est sorti de l'école et quelques années après, il s'est retrouvé chargé de réaliser une station de métro quand même importante », résume son fils Paul-Éric, commentant l'évolution fulgurante de la carrière de son père. « Il est de cette génération de jeunes qui a bâti le Québec moderne. » ___________________________ Radio-Canada, 30 décembre 2018 |
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Mort de l'un des
architectes du métro de Montréal
Il a conçu les stations de métro de Longueuil et de l'île Sainte-Hélène, puis a supervisé la conception de celles construites dans les années 70 et 80, où il a intégré l'art. L'architecte Jean Dumontier, qui était « de cette génération qui a bâti le Québec moderne », souligne l'un de ses fils, s'est éteint la semaine dernière. Jean Dumontier laisse « un héritage immense pour la qualité de vie des usagers du transport en commun », estime son fils, Paul-Éric Dumontier. Décédé jeudi à 83 ans des suites d'un cancer, l'architecte a eu une grande influence sur la conception du métro de Montréal. « Il voulait humaniser les stations de métro qui accueillent les gens », explique son fils, avec qui La Presse s'est entretenue, hier, évoquant notamment une volonté de faire entrer la lumière naturelle dans les stations. « Pour lui, [le métro], ce n'était pas juste déplacer des gens du point A au point B. » Né en 1935, Jean Dumontier a été embauché à la Ville de Montréal dès la fin de ses études en architecture, au début des années 60. « Il s'est joint rapidement à l'équipe qui développait le métro », raconte Paul-Éric Dumontier, puis s'est vu confier la conception de la station Île-Sainte-Hélène, rebaptisée Jean-Drapeau en 2000, et de la station Longueuil, rebaptisée Longueuil - Université-de-Sherbrooke en 2002, ce qui était « un beau défi pour un jeune architecte ». Jean Dumontier est ensuite devenu directeur de l'architecture au Bureau de transport métropolitain (BTM) et a à ce titre supervisé les prolongements du réseau des années 70 et 80. Intégrer l'art dans les stations Si l'art a eu dès le départ une place dans le métro de Montréal, Jean Dumontier « a été le premier architecte du métro à réaliser lui-même les oeuvres d'art de ses stations », a rappelé la Société de transport de Montréal (STM) dans une déclaration écrite transmise à La Presse. Disant accueillir « avec beaucoup de tristesse le départ d'un grand bâtisseur du métro de Montréal », la STM a souligné le « rôle important » que Jean Dumontier avait joué à titre de directeur de l'architecture du BTM. « Il a favorisé l'intégration d’œuvres d'art dans toutes les stations, une caractéristique qui distingue encore aujourd'hui le métro de Montréal des autres réseaux dans le monde », a écrit la Société de transport de Montréal dans une déclaration. À la station Jean-Drapeau, les quatre murales conçues par Jean Dumontier qui se trouvent sur les quais « rappellent le thème de l'Exposition universelle de 1967, Terre des Hommes », explique le site internet de la STM, qui précise que la station a été pensée « en fonction de l'efficacité et la rapidité de déplacement » de manière qu'elle puisse accueillir « 60 000 personnes à l'heure durant l'Expo ». Quant à la station Longueuil-Université-de-Sherbrooke, Jean Dumontier a travaillé « à même le béton [pour] étayer les murs des quais de deux bas-reliefs formés de segments de lignes asymétriques ». Toujours passionné Jean Dumontier a apporté sa contribution au métro de Montréal jusque dans les dernières années de sa vie, même affaibli par la maladie. « [La STM] avait réembauché papa comme conseiller » pour l'aider à doter ses vieilles stations d'ascenseurs tout en respectant leur architecture, rapporte fièrement Paul-Éric Dumontier. Joint par La Presse, l'architecte principal de la STM, Luc Turcot, souligne la « passion de conserver, de préserver le réseau » du métro qui animait Jean Dumontier. « Il s'en souciait encore » et s'intéressait beaucoup au prolongement de la ligne bleue, pour laquelle il souhaitait le respect de la tradition voulant que chaque station du réseau montréalais soit confiée à un architecte différent, dit Luc Turcot. « C'est une grosse page pour nous, dit-il. Il va nous manquer beaucoup. » Mais Jean Dumontier a aussi laissé sa marque dans les Laurentides, où il a grandi et où il a conçu divers bâtiments, « parallèlement » à son emploi à la Ville de Montréal, se souvient Paul-Éric Dumontier. « Il travaillait à Montréal la semaine, et la fin de semaine, on partait dans le nord et il travaillait là », raconte-t-il. Paul-Éric Dumontier dit éprouver encore aujourd'hui beaucoup de fierté quand il circule dans ce qu'il appelait, enfant, « le métro de papa ». Jean Dumontier laisse dans le deuil sa femme, ses deux fils et ses quatre petits-enfants. ________________________________ Jean-Thomas Léveillé Ma Presse, publié le 30 décembre 2018 |
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| Né à Rigaud en 1935, Jean Dumontier vit sa jeunesse à
Labelle, dans les Laurentides. À la fin de ses études en architecture,
au début des années 1960, il est embauché par la Ville de Montréal. Au
sein du Bureau du métro, il collabore à divers projets avant de dessiner
deux stations de la ligne jaune, Île-Sainte-Hélène (Jean-Drapeau) et
Longueuil (Longueuil–Université-de-Sherbrooke). Favorable à
l’intégration de l’art à l’architecture, il est le premier architecte à
concevoir lui-même les œuvres d’art dans ses stations. En plus de son travail au Bureau du métro, Jean Dumontier poursuit sa pratique privée, essentiellement dans les Laurentides. Parmi les bâtiments qu’il dessine, mentionnons la tour de contrôle et les paddocks du circuit Mont-Tremblant, qui accueille le Grand Prix du Canada de Formule 1 en 1968 et en 1970, ainsi que la chapelle du Centre communautaire de Labelle. Lors de la création du Bureau de transport métropolitain (BTM), en 1970, Jean Dumontier est nommé directeur de l’architecture des prolongements du métro. Il occupe ce poste jusqu’à sa retraite en 1992, rassemblant autour de lui une équipe de jeunes architectes talentueux: Jean-Louis Beaulieu, Yves Bernard, Henri Brillon, Patrice Gauthier, Yves Roy et Gilbert Sauvé, pour ne nommer que ceux-là. Tous les matériaux appelés à figurer dans le métro atterrissent sur le bureau de Dumontier, qui leur fait subir le test du marteau… et du chalumeau! Dans une entrevue pour le magazine Sélection du Reader's Digest, en 1979, Jean Dumontier explique la démarche architecturale et artistique du métro de Montréal, qui met de l’avant les matériaux de qualité, les grands volumes ainsi que l’apport de la lumière naturelle. «Depuis le début, nous avons voulu créer un environnement qui soit vivant, où même sous la terre nous ayons, autant que possible, une impression d'espace et de lumière. Le métro, c'est d'abord et avant tout une machine mais une machine pour les humains, alors nous l'humanisons.» La démarche du BTM en matière d’architecture soulève l’intérêt de nombreuses villes souhaitant se doter elles aussi d’un réseau de métro. Plusieurs délégations de l’étranger effectuent une visite du métro de Montréal et certaines vont même jusqu’à solliciter l’aide du BTM, qui met bientôt sur pied sa filiale BTM International (BTMI). En contrepartie, Jean Dumontier et ses collègues visitent d’autres réseaux de métro en construction à travers le monde, toujours à la recherche des meilleures pratiques. Après sa retraite du BTM, Jean Dumontier conserve un vif intérêt pour le métro, y offrant même des visites guidées à l’occasion. En 2018, il fait partie des membres fondateurs du Comité architecture du métro de Montréal, qui a pour mandat d’émettre des recommandations à la direction de la STM lorsque vient le temps d’intervenir sur l’architecture de certaines stations. Il y prodigue ses judicieux conseils jusqu’à son décès, qui survient le 27 décembre. À son assemblée publique du 6 février 2019, le conseil d’administration de la STM officialise le changement du nom du Comité architecture du métro de Montréal, qui devient le Comité Jean-Dumontier. Par cette nouvelle dénomination, la STM souhaite reconnaître la contribution exceptionnelle de ce grand bâtisseur du métro de Montréal. |
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