Nécrologie et hommage

JUIN - Un vibrant hommage à la famille Valiquette

Le Conseil de L’Annonciation des Chevaliers de Colomb présente la famille du mois de juin, celle de Marguerite et Émile Valiquette de Labelle.

Claude de Grandpré (collaboration)
Gens d'ici - Publié le 21 juin 2009 à 14:39

Marguerite et Émile habitent une coquette maison blanche sur la rue Bélisle à Labelle, qu’ils ont construite peu après la naissance de leur première fille Lynne; c’est là qu’ils ont élevé leurs sept enfants. À l’intérieur, quelques toiles de Marguerite dénotent son talent pour la peinture; à l’extérieur les arbres, le beau terrain paysagé, le potager et l’allée de framboisiers trahissent le goût d’Émile pour le travail du sol, lui qui est le président fondateur de la Société d’horticulture de Labelle. Émile est un fils de cultivateur, et il a hérité de son père Donat l’amour du métier de la terre, vers lequel ses dispositions naturelles le destinaient. Mais ce désir, qu’il a toujours porté au cœur, a été contrecarré par de terribles drames; avec beaucoup d’humilité et de courage, Émile a voulu partager son expérience en écrivant ses mémoires, transposés par sa fille Jasmine dans un très beau livre intitulé «Mon père et moi».

Émile

Émile est né en 1927 sur la terre paternelle de la Montée Gélinas (aujourd’hui, le Chemin Gustave-Brisson), au Lac Labelle. Fils de Donat Valiquette et de Fernande Brisson, il est le 4e enfant et le 1er garçon d’une famille de 10 enfants. Sa jeunesse a été vécue à l’époque d’avant l’électricité et l’automobile, alors que les familles nombreuses subvenaient par elles-mêmes à presque tous leurs besoins. Comme le dit Émile, son père était un vrai cultivateur de l’époque, un bon cultivateur, avec des champs productifs et des animaux bien nourris; le cadre d’une enfance heureuse pour Émile, qui apprenait en ayant son père comme modèle, jusqu’à ce que la maladie mentale commence à atteindre sa mère, amenant la tristesse, l’incompréhension et les tensions au sein de la famille. À l’époque, l’ignorance et la pudeur laissèrent la jeune famille Valiquette démunie et vulnérable, ballottée par l’aller-retour de la mère entre l’hôpital psychiatrique et la maison, dans une situation qui allait en se dégradant. Après l’épreuve, ce fut le drame: à bout de ressources et de force, minée par le découragement, le père d’Émile, son héros, mit fin à ses jours; sa mère fut de façon définitive internée à St-Jean de Dieu. C’était en mars 1945, Émile n’avait que 16 ans et le choc fut terrible, car, en plus du désarroi devant la mort brutale, son jeune âge le priva de ce à quoi le destinaient son rêve et la tradition: prendre la relève de son père. Émile quitta la ferme.

Fabienne...

En 1948, il rencontre Fabienne Desjardins, la fille d’un cultivateur de L’Annonciation, qu’il commence à fréquenter. Il trouve dans sa famille la chaleur et l’affection qui lui manquaient, et reçoit avec enthousiasme du père de sa fiancée l’offre de devenir partenaire à 50% de sa ferme. Mais un second drame met fin abruptement au vieux rêve qui semblait reprendre vie. Le 3 février 1950, l’automobile dans laquelle Émile prenait place avec Fabienne et deux amis s’engouffre dans une crevasse sous la surface glacée du lac Labelle, qui était à ce moment la seule voie carrossable pour traverser de l’autre côté du lac. Malgré ses efforts, Émile ne parvint qu’à ramener Fabienne sans vie à la surface; il est le seul survivant des quatre passagers. Cet accident reste encore dans la mémoire collective comme un des pires qui aient marqué la région.

À la suite de ces drames, Émile se replie sur lui-même, devient sensible et émotif, et se sent rongé par la culpabilité à cause de son impuissance à empêcher la fatalité. Ce sera le début d’une longue période d’idées sombres.

Marguerite

C’est dans ces dispositions que sa route croise celle de Marguerite Séguin en 1950. Marguerite est une petite fille de La Minerve, institutrice dans une école de rang; elle est issue d’une famille de 13 enfants, fille de Joseph Séguin et Alexina Campeau. Ils se marient à l’église de La Minerve le 26 juillet 1952. Sept enfants viendront au monde de 1953 à 1963: Lynne, Paul, Josée, Angèle, Jasmine, Clément et Benoît. Les premières années de la jeune famille ne sont pas faciles: travail à la manufacture, précarité d’emploi, éloignement physique à Montréal, et surtout ce mal à l’âme constant. Seuls l’amour des époux et la patience de Marguerite permettent de surmonter les obstacles.

Grâce à une démarche initiée par Marguerite, Émile entreprend une psychothérapie dans une clinique de Montréal, au cours de laquelle il parvient à extérioriser la peine et la douleur refoulées depuis si longtemps; ce fut pour lui une véritable libération. En 1961, Émile sollicite un emploi au nouvel hôpital de L’Annonciation et trouve un emploi d’infirmier; il suit des cours pour mieux comprendre le comportement des patients, et devient éducateur spécialisé.

Réapprendre à vivre

Quelques années plus tard, en 1970, le couple suit une fin de semaine «Mariage Encounter», qui, aux dires d’Émile, le rapproche beaucoup de sa femme et de ses enfants et lui permet de vivre avec son bagage de souvenirs sans être malheureux dans le quotidien.

De son côté, Marguerite travaillait de nuit au Centre d’Accueil de Labelle. C’est alors qu’ils ont l’idée de faire de leur propre maison un Foyer d’accueil; en 1972, Émile construit une allonge à la maison familiale, et, pendant 19 ans, Marguerite prendra en charge sept femmes en manque d’autonomie. Sept enfants, sept pensionnaires; c’est une période dont Marguerite parle avec beaucoup de tendresse.

Ajoutons qu’Émile occupa le poste de marguillier durant la période tumultueuse de la construction du centre communautaire, et qu’il fut conseiller municipal durant un mandat.

Respirent la Joie

Aujourd’hui, Marguerite et Émile respirent la joie de vivre, entourés de leurs enfants et de leurs 9 petits-enfants. Émile et Marguerite sont des gens de foi, qui ont réussi à faire fleurir l’amour sur une terre aride. Au fil de ses mémoires, on voit Émile s’abandonner à la Sainte Vierge dans le «Je vous salue Marie» dans les pires moments de désespoir ou dans les lettres touchantes écrites il y a peu de temps à son père et à sa mère.

En remettant à Marguerite et Émile Valiquette le titre de «Famille du mois de juin 2009», le Conseil de L’Annonciation des Chevaliers de Colomb veut les remercier d’avoir eu le courage de témoigner de leur parcours et de nous donner l’exemple que l’ouverture et l’abandon dans la confiance et l’amour peuvent redonner le goût à la vie, même dans le désespoir.

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L'Information du Nord, Vallée de la Rouge, lundi 22 juin 2009


Émile Valiquette
mai 18, 1927 - octobre 29, 2014

De Labelle, le 29 octobre 2014, à l'âge de 87 ans, est décédé M. Émile Valiquette, époux de Mme Marguerite Séguin.

Outre son épouse, il laisse dans le deuil ses enfants Lynne (Clovis), Paul (Rachel), Josée (Douglas), Angèle (Normand), Jasmine (Gilles), Clément et Benoît (Nicole), ses petits-enfants Steve (Zélie), Michelle (Sébastien), Raphaëlle (Philippe), Daniel, David (Karliane), Camay (Karl), Mauly, Emie et Alice, ses arrière-petits-enfants Eloé et Aube, sa sœur Madeleine, ses frères Camille (Céline) et Claude (Pauline), son beau-frère Georges (Anita), ainsi que plusieurs autres parents et amis.

Il sera exposé¸le jeudi 6 novembre de 19 à 22 heures et le vendredi 7 novembre dès 9 heures suivi des funérailles à 11 heures en l'église de L'Annonciation.

Des dons pour les soins palliatifs de l'hôpital de L'Annonciation seraient appréciés.

Marguerite Séguin
1 décembre , 1928 – 3 novembre , 2018

De Labelle, le 3 novembre 2018, à l'âge de 89 ans et 11 mois, est décédée Mme Marguerite Séguin, épouse de feu M. Émile Valiquette.

Paisiblement, elle nous a quitté en laissant dans le deuil ses enfants: Lynne (Clovis), Paul (Rachel), Josée (Douglas), Angèle, Jasmine (Damien), Clément et Benoît (Nicole); ses petits-enfants: Steve (Zélie), Michelle, Raphaëlle (Philippe), Daniel, David, Camay (Karl), Mauly (Kevin), Emie et Alice (Philippe); ses arrière-petits-enfants: Eloé, Aube, Gisèle, Carmen et Lily-Rose; ses beaux-frères Camille et Claude (Pauline), ses belles-sœurs Anita et Gilberte, ainsi que plusieurs neveux et nièces, parents et amis.

Dernière vivante de sa famille, en plus de retrouver son époux Émile, Marguerite rejoint ses parents: Alexina Campeau et Joseph Séguin ainsi que ses frères et sœurs: Germaine, Rolland, Gabriel, Gracia, Dollard, Marie-Laure, Marie-Anne, Georges, André, Gaston, Philippe et Hélène.

Marguerite aimait prier. Saint-Antoine-de-Padoue, St-Joseph, le Frère André et plusieurs autres Saints, les implorant dans son quotidien avec beaucoup de confiance. Informations pour les funérailles :

Elle sera exposée dans la Chapelle du Centre Communautaire de Labelle au 29 rue du Couvent à Labelle, J0T 1H0 le mercredi le 14 novembre 2018 de 19h00 à 22h00 et le jeudi le15 novembre dès 10h. La célébration suivra dès 15h30.

Des dons pour les soins palliatifs du Centre de services de Rivière-Rouge seraient appréciés.