Rubrique nécrologique

Hommage lu par sa fille Geneviève
lors des funérailles de Céline

En ce jour, où tous réunis, nous venons célébrer ton dernier envol, permets-moi chère Céline, chère Maman précieuse, de te rendre honneur à partir de ces quelques mots beaucoup trop faibles pour ta grandeur d’âme.

Laisse-moi te dire que ton départ fulgurant de cette vie terrestre me brise le cœur autant qu’il m’apaise et me soulage, la seule consolation que j’ai est la fin de tes souffrances, de cette lutte intense qui nous faisait sentir si faibles et combien impuissants devant toi. Comment annonce-t-on à sa mère que, malgré tout le combat qu’elle mène chaque jour, elle est condamnée alors que dans ses yeux il y a une étincelle d’espoir si grand qui s’accroche à la vie ?

Depuis trois et interminables longs mois, la maladie s’est acharnée sur ton être fragile et beaucoup trop grand. On t’a fait un jour la promesse cruelle que de vaincre ce cancer et de croire en l’expertise de grands spécialistes allaient fort bien te sauver la vie. Or, le 6 décembre, tu partais tout droit vers un séjour devant apporter guérison, mais plus jamais tu n’as pu ressortir de ce couloir sombre et interminable. Tu as dû te résigner à cette chambre d’hôpital qui était devenue ton quotidien. Jamais nous n’aurions cru que d’aller te voir à la maison était déjà histoire du passé. Par contre, ton amour pour la vie, et pour tes proches, ton courage, nous rendaient tous confiants que tu vaincrais la maladie. Même lorsque les médecins te condamnaient, nous avons cru, ne serait-ce que furtivement, secrètement, que là encore tu gagnerais la bataille.

Mais l’hirondelle a replié ses ailes, tourné la tête et embrassé un nouvel horizon que nous ne pouvons voir d’où nous sommes. Même au-delà de cette détresse, nous n’oublierons jamais comment l’éclipse de ton sourire animait ton visage radieux. La maladie n’aura jamais réussi à te décourager, pas plus qu’à affecter ta bonne humeur et ta motivation à gagner ce combat. Tu as été forte jusqu'au bout et la femme que l’on croyait fragile, s’est révélée une grande combattante dont la force inébranlable nous a surpassés. Tu es une leçon pour nous tous. Ceux qui ont pris soin de toi ont reconnu ta valeur et d’ailleurs tu faisais tendresse à quiconque qui te côtoyait.

C’est un morceau beaucoup trop grand qui nous quitte aujourd’hui. Pour tes parents, c’est leur fille aînée qu’ils ont protégée toute leur vie, pour d’autres c’est une sœur ou belle-sœur aimable, pour certains une amie fidèle. Pour notre père, c’est une épouse douce et merveilleuse. Enfin, pour nous ses deux enfants, c’est une partie de nos fondements mêmes qui s’envolent. Tu as été une mère exceptionnelle, courageuse de nous avoir élevés même avec ta santé fragile. Les épreuves de la maladie m’ont aidée à me doter d’une ouverture d’esprit et d’une compréhension que, jadis, je n’aurais jamais eue sans toi. Tu m’as aidée à devenir une meilleure personne.

Mais avant tout, ce que je sais c’est que tu nous as gâtées, bercées et adorées. Ta présence remplie d’amour était tout ce qui comptait au point où on oubliait les intempéries de la maladie. Tu aurais espéré une meilleure santé, j’en conviens; nous savions que tu te sentais parfois seule et incomprise dans cette prison physique. Mais ton amour, ta simplicité, ta facilité à reconnaître et à capter les moments de bonheur par gorgées comme des petites bouffées d’air pur, ta douceur incommensurable, tes petites plaisanteries coquines ont fait de toi un être unique que l’on aimait embrasser, choyer, prendre dans ses bras et protéger.

Tu nous manqueras désespérément, et malgré ton jeune âge et tout ce que tu représentes pour nous tous, nous nous devons maintenant d’accepter que tu nous quittes, même si prématurément. Merci de m’avoir donné le privilège de t’accompagner jusqu’à ton tout dernier souffle de vie. Quel moment d’angoisse, de tristesse et d’amour à la fois.

J’espère bientôt me souvenir de tous ces instants magiques avec toi sans m’effondrer. Que la douleur et le deuil laissent place au souvenir de cette merveilleuse femme et mère que tu fus pour nous. Tu reposes maintenant devant nous, livrée à l’inconnu, au grand mystère. Pour ces prochains instants, laisse-toi aimer, laisse-nous célébrer cette journée en ton souvenir. Oui ! Un Souvenir qui restera à jamais ancré en nous telle l’aurore dans sa beauté sans égal.

Bon voyage, Maman.



BRAULT MALLET, Céline
1951 - 2008


À Ste-Martine, le 25 février 2008, à l'âge de 56 ans, est décédée Mme Céline Brault, épouse de M. Michel Mallet.

Elle laisse dans le deuil ses filles Geneviève (Jean-Philippe Laguë) et Karine (Jean-François Lussier), ses parents M. et Mme Jean-Marie Brault, ses frères et soeurs, beaux-frères, belles-soeurs, neveux, nièces, ainsi qu'autres parents et amis.

La famille recevra les condoléances le samedi 1er mars 2008 à compter de 9h à l'église de Ste-Martine suivi des funérailles à 10h. Des dons à la Société canadienne du cancer seraient appréciés en sa mémoire.

Direction :
J.M. LOISELLE
STE-MARTINE

Paru le 2008/02/27 dans La Presse      FDYE6628