Le gardien des belles histoires de Claude-Henri Grignon


Le petit-neveu de Claude-Henri Grignon montre un exemplaire de la premi�re �dition du roman Un homme et son p�ch�, provenant de la biblioth�que de l'auteur lui-m�me.

L'avenir de S�raphin, Donalda et autres c�l�bres personnages des Belles Histoires des Pays-d'en-Haut repose d�sormais entre les mains de Pierre Grignon, petit-neveu de l'auteur, qui partage avec son grand-oncle et le c�l�bre avare du t�l�roman le statut d'ancien maire de Sainte-Ad�le.

C'est lui, en effet, qui d�tient les droits d'auteur sur toute l'�uvre de Claude-Henri Grignon, depuis le d�c�s, en avril dernier, de la ni�ce et fille adoptive de l'�crivain, Claire.

Ce changement de garde contribuera sans doute � mieux faire conna�tre l'auteur des Belles Histoires, puisque Pierre Grignon, un professeur de litt�rature retrait�, se consacre � temps plein � cette t�che, tandis que sa tante Claire, pour des motifs difficiles � comprendre, conservait jalousement tout ce qui concernait son p�re adoptif.

�Pour elle, personne n'avait le droit de toucher � Claude-Henri Grignon!�, lance le nouveau gardien de l'�uvre du journaliste et pamphl�taire d�c�d� en 1976 � l'�ge de 82 ans.

Plus que S�raphin

Le roman Un homme et son p�ch�, publi� en 1935, ainsi que toutes les adaptations qui en ont suivi � la radio, sur sc�ne et � la t�l�vision, ont bien s�r fait la renomm�e de Claude-Henri Grignon. Mais la popularit� de cette saga, qui a marqu� la culture populaire et contribu� � faire conna�tre les Laurentides, aura en m�me temps occult� le reste de sa production litt�raire.

Celle-ci comprend entre autres une biographie inspir�e de l'exploit a�ronautique de Lindbergh, une s�rie de contes publi�s dans Le Bulletin des Agriculteurs et, surtout, des articles enflamm�s dans plusieurs journaux militants du milieu du 20e si�cle (L'Avenir du Nord, La Minerve, Le Canada, etc.), sous le pseudonyme de Valdombre.

Dans ces �pamphlets�, l'�crivain de Sainte-Ad�le, v�ritable journaliste de combat, se r�v�le un observateur tr�s critique de la soci�t� de l'�poque. �C'�tait un homme de droite�, rappelle Pierre Grignon, avouant qu'il ne partageait g�n�ralement pas les points de vue de son grand-oncle, qui �tait en outre son parrain. �On a eu nos affrontements, admet-il, mais je le respectais.�

D'ailleurs, en d�pit de l'image aust�re que beaucoup retiennent de l'�crivain, Pierre Grignon s'en souvient au contraire comme d'un bon vivant, d'une extr�me g�n�rosit�. �Mais c'est s�r qu'il �tait tr�s rigoureux et travaillait �norm�ment.�

Regain de popularit�

Le regain de popularit� des Belles Histoires des Pays-d'en-Haut, qui a notamment men� � la r�surrection du jeu-questionnaire Tous pour un ces deux derniers dimanches � Radio-Canada, monopolise une bonne partie du temps de Pierre Grignon. Il donne des conf�rences et des entrevues sur l��uvre et son auteur, en plus de voir � la gestion des droits d'auteur.

Avant de mourir, Claude-Henri Grignon avait c�d� ceux-ci � Radio-Canada pour 25 ans. Mais, depuis 2000, c'est sa succession (Claire et, maintenant, Pierre Grignon) qui a la main haute sur tout le contenu de la s�rie t�l�vis�e, dont il ne reste que 74 des quelque 300 �pisodes.
Dans ce contexte, Pierre Grignon se montre agac� par l'utilisation humoristique que fait l'animateur radiophonique Paul Arcand d'extraits du t�l�roman, comme la c�l�bre tirade de S�raphin sur la femme qui doit ob�issance � son mari...

Sans pour autant envisager de poursuite judiciaire, le petit-neveu de Claude-Henri souhaiterait bien discuter de cet �emprunt� avec l'animateur. �Mais il refuse de communiquer avec moi�, d�plore-t-il.

Des projets

Il reste que Pierre Grignon a bien d'autres pr�occupations, notamment la publication de la derni�re �uvre (in�dite) de son a�eul, dont il a retrac� l'original dans les cartons de sa tante Claire : un ouvrage consacr� � son ami, le c�l�bre journaliste et pamphl�taire Olivar Asselin.
D'autres projets, de plus grande envergure, mijotent aussi dans la t�te du gardien des belles histoires. Mais comme il n'est pas �m�m�re� comme le p�re Ovide, on n'en saura pas plus pour l'instant!

Par Henri Pr�vost, L'�cho du Nord, St-J�r�me, 19 janvier 2007