contrat de mariage 24 aoû ct Becquet, 8 enfants :
Mathurin DUBÉServiteur de Mgr de Laval Mathurin Dubé, le pionnier des familles canadiennes portant ce nom, serait arrivé en Nouvelle-France vers 1660, peut-être même en 1659, en même temps que Mgr de Laval, pour lequel il aurait travaillé pendant plusieurs années. Même si l'ancêtre n'est pas mentionné aux recensements de 1666 et de 1667, il est certain qu'il vivait déjà dans la région de Québec. Le 22 juin 1667, un acte du notaire Paul Vachon révèle que l'évêque de Petrée concède à son serviteur une terre de trois arpents de front, sur moitié de la largeur de l'île d'Orléans, dans les limites actuelles de la paroisse Saint-Jean, face à la rive sud du Saint-Laurent. Ses voisins sont alors Pierre Michaud et Jacques Jahan. Trois ans plus tard, Mathurin se déclare prêt à prendre épouse. Le temps est propice puisque le roi vient de déléguer au pays neuf l'un des plus forts contingents de ses "filles", sous la direction d'Anne Gasnier et d'Elisabeth Estienne. Mathurin a besoin d'une femme forte et il trouve en Marie Campion, une adolescente de seize ans, toutes les qualités requises pour élever une famille dans les conditions pénibles de cette époque, alors qu'il fallait beaucoup de courage pour ériger un foyer et parvenir à vivre avec les seuls matériaux bruts qui sont dans la nature. « Les filles du roi, comme leurs devancières,
écrit Silvio Dumas, ont été des courageuses. On
a pu écrire d'elles qu'elles sont venues au Canada pour tenter de
se bâtir un avenir meilleur que celui qu'elles auraient réussi
en France, mais cela n'enlève rien à leur geste courageux.
L'émigration vers les colonies lointaines était mal vue dans
la mère patrie à cette époque. Ne savait-on pas par
les Relations des Jésuites que le Canada était un pays au
rude climat, fermé à toutes les communications pendant six
mois de l'année et soumis au péril iroquois ? Émigrer
dans ce pays neuf, qu'on décrivait en certain milieu comme à
un lieu d'horreur était peut-être une aventure à tenter
pour des hommes, non pas des femmes. Celles qui y sont venues pendant la
période de l'essor quittaient un pays où il faisait bon vivre
et qui était par surcroît le mieux organisé de l'Europe;
elles le quittaient pour aller vers une colonie lointaine sans espoir de
revoir leur terre natale. Aussi ne peut-on pas nier qu'elles possédaient
une forte dose de courage. » Pionnier de l'île d'Orléans Donc, le 28 août 1670, Mathurin Dubé, ayant découvert la perle rare, a recours aux services d'un expert en contrats de mariage, le tabellion Romain Becquet. Ce dernier révèle que le pionnier demeure à l'île d'Orléans et qu'il est le fils de défunts Jean Dubé et Renée Suzanne, ses père et mère, de «la Chapelle de May, proche la ville de Fontenay, évesché de Luçon». Pour sa part, Marie Campion est la fille de Pierre et de défunte Marguerite Esnau (Hénaut), ses père et mère, de la ville de Saint-Malo, en Bretagne (Ille-et-Vilaine). Les futurs époux acceptent de vivre en communauté de biens suivant la coutume de Paris. Marie sera dotée de la somme de 200 livres tournois de douaire prefix et Mathurin reconnaît qu'elle apporte au futur ménage une somme égale à la sienne et dont la moitié appartiendra à la communauté, plus une somme de 50 livres que Sa Majesté lui a donnée en considération de son mariage. Comme d'habitude, plusieurs témoins assistent à la conclusion de ce genre d'accord. Il y a là Anne Gasnier, veuve de Jean Bourdon, ancien seigneur de Saint-Jean et de Saint-François et ancien procureur général du Conseil souverain ; Louis Rouer de Villeray, premier conseiller au même tribunal; Elisabeth Estienne, Jean-Baptiste Gosset et Claude Morin. Tous signent avec le notaire, à l'exception des futurs époux. La cérémonie nuptiale a lieu six jours plus tard, dans la paroisse de résidence de Mathurin Dubé, à la Sainte-Famille de l'île d'Orléans. Une copie des registres de cette paroisse indique toutefois que les parents de la mariée sont de Saint-Nicaise de Rouen. Pourquoi cette différence d'origine avec celle indiquée sur son contrat de mariage? Marie était-elle née à Saint-Malo ? Ses parents étaient-ils par la suite déménagés à Rouen ? Ce serait là une explication plausible. Les six premiers enfants de Mathurin et de Marie naîtront à l'île d'Orléans: quatre seront baptisés à la Sainte-Famille et les deux autres à Saint-Jean. C'est dans cette dernière paroisse que la famille est recensée en 1681 Le maître de la maison est dit âgé de 50 ans et sa femme de 27 ans; cinq enfants sont nés: Mathurin, Madeleine, Louis, Pierre et Charles. L'ancêtre n'y exploite encore que trois arpents de terre et n'y garde qu'une vache; ses voisins immédiats sont Jean Moirier (Amaury) et René Asseline (Ancelin) . Un peu plus tard. Mathurin accepte deux baux à ferme dont les contrats sont paraphés chez le notaire Gilles Rageot: le 20 octobre 1684, de la part d'Eléonore de Grandmaison, veuve de Jacques Cailhaut de la Tesserie, ancien conseiller au Conseil Souverain; et le 26 septembre 1686, de la part de François-Magdelaine Ruette d'Auteuil et de Monceaux, lui aussi conseiller et de surcroît procureur général au même conseil. C'est donc dire que Mathurin a été le fermier de ces deux importants personnages, après avoir été vraisemblablement celui de Mgr de Laval; c'est aussi ce qui expliquerait qu'il n'a guère eu le loisir d'agrandir la partie exploitable de sa propre terre. Fermier du seigneur d'Auteuil Le contrat du 26 septembre sonne le départ de Mathurin et de sa famille. Le 10 octobre, il vend sa terre de Saint-Jean à Julien Dumont dit Lafleur. A cette date, il aurait déjà traversé le fleuve pour aller exploiter le domaine du seigneur d'Auteuil à la Grande-Anse, dans la seigneurie de la Pocatière. Fier de son bail de sept ans, Dubé emmenait les siens dans le manoir seigneurial du lieu, où il pourrait utiliser fournil, grange, étable de même que toutes les terres labourables et les prairies qui s'y trouvaient. Il aura comme voisins Guillaume Lizot au nord-est, et M. de Saint-Denis au sud-ouest. Le bail précise que le locataire a la charge de cultiver la terre, d'en ensemencer la moitié et d'y élever autant de vaches qu'il pourra. Mathurin Dubé était donc le fermier du seigneur d'Auteuil
lorsque LeRouge arpenta cette seigneurie en 1692. Dans son procès-verbal,
ce dernier écrivait : « J'ai mesuré toutes
les terres de ladite seigneurie, tant celle du domaine que les habitations
concédées et celles non concédées, savoir:
premièrement le domaine qui commence à une borne que j'ai
plantée qui sépare la susdite seigneurie de celle de M. de
Saint-Denis, et depuis ladite borne j'ai mesuré 14 arpents jusqu'à
la rivière où est bâti le moulin, et depuis ladite
rivière jusqu'à l'habitation de Guillaume Lizot il y a 9
arpents 9 perches et au bout d'iceux j'ai tiré une ligne du nord-ouest
au sud-est jusqu'au coteau, ladite ligne faisant séparation du domaine
de ladite seigneurie de M. d'Auteuil de l'habitation de Guillaume Lizot,
et sur ladite ligne j'ai planté deux bornes de pierre sous lesquelles
sont enterrés des morceaux de brique. » Mathurin Dubé a fait baptiser ses deux derniers enfants à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, mais ceux-ci semblent être décédés en bas âge. Cependant, cinq de ses six premiers rejetons feront souche. Mathurin Dubé, écrit Léon Roy, avait à peine terminé son bail avec les seigneurs de la Pocatière lorsqu'il mourut, âgé d'environ 64 ans. Il fut inhumé à la Rivière-Ouelle, le 30 décembre 1695. Marie Campion, son épouse, décéda avant le 30 décembre 1703. Leurs fils Mathurin, Laurent et Pierre s'établirent dans le premier rang de la seigneurie des Aulnaies, mais ce dernier abandonna apparemment à son frère Laurent, avant 1714, sa terre (no 13 des Aulnaies). En 1723, Pierre Dubé avait une terre dans la seigneurie de Lauzon, et en 1728, il demeurait dans la région de Montréal, tandis que son frère Louis était fixé dans les limites de la paroisse Notre-Dame-de-Liesse (de la Rivière-Ouelle). Leur unique soeur, Madeleine, vécut à la Pocatière jusqu'à la mort de Jean Miville (1672-1711), son mari. Familles nombreuses Même si l'ancêtre Mathurin Dubé n'a eu qu'une famille
moyenne à cette époque, huit enfants ne constituaient pas
une famille nombreuse, les quatre fils qui ont pris épouse ont,
sur ce plan, fait mieux que leur père. Louis, le second fils, a
été le champion avec une vingtaine de rejetons. En 1719,
à l'âge de 42 ans, il épousait en secondes noces Marguerite
Lebel, qui avait l'âge de son fils aîné, soit 19 ans.
Il commença, pour ainsi dire, à élever une deuxième
famille. _________________________ Recherche sur Internet par Paul Meilleur, de
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