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  Mathurin I DUBÉ

 Catherine CAMPION


naissance cir 1631 de la Chapelle-Thémer, Fontenay-le-Comte, Fr.,
décès 28 déc 1695 à Rivière-Ouelle, âge : 76 ans, sépulture 30,

 

Père :  Jean DUBÉ
Mère : Renée SUZANNE

 

Pionnier en Nouvelle-France.
 

naissance cir 1654 de St-Nicaise, Rouen, Normandie, Fr.,
décès avt 1704 à Rivière-Ouelle,

 

Père :  Pierre CAMPION
Mère : Marguerite HÉNAULT


Pionnière en Nouvelle-France.
Marié(e) 3 sep 1670 à Ste-Famille I.O., contrat de mariage 24 aoû ct Becquet,

8 enfants :

1.1. Mathurin II DUBÉ, naissance 27 jan 1672 à Ste-Famille I.O., baptême 2 fév. (1) Marié(e) 13 mai 1691 à Rivière-Ouelle, Anne MIVILLE, naissance 27 mar 1673 à Lauzon, (fille de François MIVILLE=LESUISSE et Marie LANGLOIS) baptême 4 avr à Québec, décès 11 mar 1717 à La Pocatière. 13 enfants.
(2) Marié(e) 23 jul 1724 ct Janneau, Catherine DUNN, naissance de Boston MA, (fille de Nicolas DONE ou DUNN et Isabelle RABAT).

1.2. Madeleine DUBÉ, naissance 17 sep 1673 à Ste-Famille I.O., baptême 22. (1) Marié(e) 5 avr 1690 à Rivière-Ouelle, Charles BOUCHARD, naissance 14 fév 1667 à Château-Richer, (fils de Michel BOUCHARD et Marie TROTIN) décès 26 avr 1690 à Rivière-Ouelle, noyé, âge : 23 ans, sépulture 30. Sans postérité.
(2) Marié(e) 13 mai 1691 à Rivière-Ouelle, Jean MIVILLE=DESCHÊNES, naissance 5 sep 1672 à Québec, (fils de Jacques MIVILLE=DESCHÊNES et Catherine (de) BAILLON) baptême 6, décès 30 déc 1711 à Rivière-Ouelle, âge : 39 ans, sépulture 31. 11 enfants.
(3) Marié(e) 24 aoû 1716 ct Janneau (Rivière-Ouelle), Grégoire OUELLET, naissance 7 oct 1672 à Ste-Famille I.O., (fils de René OUELLET et Anne RIVET) décès avt 1720 à La Pocatière. Sans postérité.

1.3. Louis DUBÉ, naissance 19 mai 1676 à Ste-Famille I.O., baptême 28, décès 28 fév 1747 à Rivière-Ouelle, âge : 70 ans, sépulture 1 mar.
(1) Marié(e) 28 jan 1697 à Rivière-Ouelle, Angélique BOUCHER, naissance 27 oct 1676 à Ste-Famille I.O., (fille de Pierre I BOUCHER=PITOCHE et Marie-Anne ST-DENIS) baptême 28, décès 2 mar 1717 à Rivière-Ouelle, âge : 40 ans. 12 enfants.
(2) Marié(e) 9 jan 1719 à Rivière-Ouelle, Marguerite LEBEL, naissance 6 mar 1699 à Rivière-Ouelle, (fille de Jean LEBEL et Anne SOUCY) baptême 8. 9 enfants.

1.4. Pierre DUBÉ, naissance 8 déc 1678 à Ste-Famille I.O., baptême 18. Marié(e) 7 jan 1704 à Rivière-Ouelle, contrat de mariage 30 déc 1703 seing privé, déposé ct Janneau, Thérèse BOUCHER, naissance 9 jan 1683 à Château-Richer, (fille de Pierre I BOUCHER=PITOCHE et Marie-Anne ST-DENIS) baptême 10. 9 enfants.

1.5. Charles DUBÉ, naissance 24 oct 1680 à St-Jean I.O., décès apr 1681.

1.6. Laurent DUBÉ, naissance 18 avr 1683 à St-Jean I.O., baptême 20. Marié(e) 7 jan 1706 à Rivière-Ouelle, Geneviève BOUCHER, naissance 12 sep 1685 à Château-Richer, (fille de Pierre I BOUCHER=PITOCHE et Marie-Anne ST-DENIS). 11 enfants.

1.7. Marie-Anne DUBÉ, naissance 22 oct 1691 à Rivière-Ouelle, baptême 23.

1.8. Jean-Bernard DUBÉ, naissance 5 jan 1694 à Rivière-Ouelle, baptême 8.


Mathurin DUBÉ

Serviteur de Mgr de Laval

Mathurin Dubé, le pionnier des familles canadiennes portant ce nom, serait arrivé en Nouvelle-France vers 1660, peut-être même en 1659, en même temps que Mgr de Laval, pour lequel il aurait travaillé pendant plusieurs années. Même si l'ancêtre n'est pas mentionné aux recensements de 1666 et de 1667, il est certain qu'il vivait déjà dans la région de Québec. Le 22 juin 1667, un acte du notaire Paul Vachon révèle que l'évêque de Petrée concède à son serviteur une terre de trois arpents de front, sur moitié de la largeur de l'île d'Orléans, dans les limites actuelles de la paroisse Saint-Jean, face à la rive sud du Saint-Laurent. Ses voisins sont alors Pierre Michaud et Jacques Jahan.

Trois ans plus tard, Mathurin se déclare prêt à prendre épouse. Le temps est propice puisque le roi vient de déléguer au pays neuf l'un des plus forts contingents de ses "filles", sous la direction d'Anne Gasnier et d'Elisabeth Estienne. Mathurin a besoin d'une femme forte et il trouve en Marie Campion, une adolescente de seize ans, toutes les qualités requises pour élever une famille dans les conditions pénibles de cette époque, alors qu'il fallait beaucoup de courage pour ériger un foyer et parvenir à vivre avec les seuls matériaux bruts qui sont dans la nature.

« Les filles du roi, comme leurs devancières, écrit Silvio Dumas, ont été des courageuses. On a pu écrire d'elles qu'elles sont venues au Canada pour tenter de se bâtir un avenir meilleur que celui qu'elles auraient réussi en France, mais cela n'enlève rien à leur geste courageux. L'émigration vers les colonies lointaines était mal vue dans la mère patrie à cette époque. Ne savait-on pas par les Relations des Jésuites que le Canada était un pays au rude climat, fermé à toutes les communications pendant six mois de l'année et soumis au péril iroquois ? Émigrer dans ce pays neuf, qu'on décrivait en certain milieu comme à un lieu d'horreur était peut-être une aventure à tenter pour des hommes, non pas des femmes. Celles qui y sont venues pendant la période de l'essor quittaient un pays où il faisait bon vivre et qui était par surcroît le mieux organisé de l'Europe; elles le quittaient pour aller vers une colonie lointaine sans espoir de revoir leur terre natale. Aussi ne peut-on pas nier qu'elles possédaient une forte dose de courage. »

Pionnier de l'île d'Orléans

Donc, le 28 août 1670, Mathurin Dubé, ayant découvert la perle rare, a recours aux services d'un expert en contrats de mariage, le tabellion Romain Becquet. Ce dernier révèle que le pionnier demeure à l'île d'Orléans et qu'il est le fils de défunts Jean Dubé et Renée Suzanne, ses père et mère, de «la Chapelle de May, proche la ville de Fontenay, évesché de Luçon». Pour sa part, Marie Campion est la fille de Pierre et de défunte Marguerite Esnau (Hénaut), ses père et mère, de la ville de Saint-Malo, en Bretagne (Ille-et-Vilaine). Les futurs époux acceptent de vivre en communauté de biens suivant la coutume de Paris. Marie sera dotée de la somme de 200 livres tournois de douaire prefix et Mathurin reconnaît qu'elle apporte au futur ménage une somme égale à la sienne et dont la moitié appartiendra à la communauté, plus une somme de 50 livres que Sa Majesté lui a donnée en considération de son mariage. Comme d'habitude, plusieurs témoins assistent à la conclusion de ce genre d'accord. Il y a là Anne Gasnier, veuve de Jean Bourdon, ancien seigneur de Saint-Jean et de Saint-François et ancien procureur général du Conseil souverain ; Louis Rouer de Villeray, premier conseiller au même tribunal; Elisabeth Estienne, Jean-Baptiste Gosset et Claude Morin. Tous signent avec le notaire, à l'exception des futurs époux.

La cérémonie nuptiale a lieu six jours plus tard, dans la paroisse de résidence de Mathurin Dubé, à la Sainte-Famille de l'île d'Orléans. Une copie des registres de cette paroisse indique toutefois que les parents de la mariée sont de Saint-Nicaise de Rouen. Pourquoi cette différence d'origine avec celle indiquée sur son contrat de mariage? Marie était-elle née à Saint-Malo ? Ses parents étaient-ils par la suite déménagés à Rouen ? Ce serait là une explication plausible.

Les six premiers enfants de Mathurin et de Marie naîtront à l'île d'Orléans: quatre seront baptisés à la Sainte-Famille et les deux autres à Saint-Jean. C'est dans cette dernière paroisse que la famille est recensée en 1681 Le maître de la maison est dit âgé de 50 ans et sa femme de 27 ans; cinq enfants sont nés: Mathurin, Madeleine, Louis, Pierre et Charles. L'ancêtre n'y exploite encore que trois arpents de terre et n'y garde qu'une vache; ses voisins immédiats sont Jean Moirier (Amaury) et René Asseline (Ancelin) .

Un peu plus tard. Mathurin accepte deux baux à ferme dont les contrats sont paraphés chez le notaire Gilles Rageot: le 20 octobre 1684, de la part d'Eléonore de Grandmaison, veuve de Jacques Cailhaut de la Tesserie, ancien conseiller au Conseil Souverain; et le 26 septembre 1686, de la part de François-Magdelaine Ruette d'Auteuil et de Monceaux, lui aussi conseiller et de surcroît procureur général au même conseil. C'est donc dire que Mathurin a été le fermier de ces deux importants personnages, après avoir été vraisemblablement celui de Mgr de Laval; c'est aussi ce qui expliquerait qu'il n'a guère eu le loisir d'agrandir la partie exploitable de sa propre terre.

Fermier du seigneur d'Auteuil

Le contrat du 26 septembre sonne le départ de Mathurin et de sa famille. Le 10 octobre, il vend sa terre de Saint-Jean à Julien Dumont dit Lafleur. A cette date, il aurait déjà traversé le fleuve pour aller exploiter le domaine du seigneur d'Auteuil à la Grande-Anse, dans la seigneurie de la Pocatière. Fier de son bail de sept ans, Dubé emmenait les siens dans le manoir seigneurial du lieu, où il pourrait utiliser fournil, grange, étable de même que toutes les terres labourables et les prairies qui s'y trouvaient. Il aura comme voisins Guillaume Lizot au nord-est, et M. de Saint-Denis au sud-ouest. Le bail précise que le locataire a la charge de cultiver la terre, d'en ensemencer la moitié et d'y élever autant de vaches qu'il pourra.

Mathurin Dubé était donc le fermier du seigneur d'Auteuil lorsque LeRouge arpenta cette seigneurie en 1692. Dans son procès-verbal, ce dernier écrivait :

« J'ai mesuré toutes les terres de ladite seigneurie, tant celle du domaine que les habitations concédées et celles non concédées, savoir: premièrement le domaine qui commence à une borne que j'ai plantée qui sépare la susdite seigneurie de celle de M. de Saint-Denis, et depuis ladite borne j'ai mesuré 14 arpents jusqu'à la rivière où est bâti le moulin, et depuis ladite rivière jusqu'à l'habitation de Guillaume Lizot il y a 9 arpents 9 perches et au bout d'iceux j'ai tiré une ligne du nord-ouest au sud-est jusqu'au coteau, ladite ligne faisant séparation du domaine de ladite seigneurie de M. d'Auteuil de l'habitation de Guillaume Lizot, et sur ladite ligne j'ai planté deux bornes de pierre sous lesquelles sont enterrés des morceaux de brique. »

Mathurin Dubé a fait baptiser ses deux derniers enfants à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, mais ceux-ci semblent être décédés en bas âge. Cependant, cinq de ses six premiers rejetons feront souche. Mathurin Dubé, écrit Léon Roy, avait à peine terminé son bail avec les seigneurs de la Pocatière lorsqu'il mourut, âgé d'environ 64 ans. Il fut inhumé à la Rivière-Ouelle, le 30 décembre 1695. Marie Campion, son épouse, décéda avant le 30 décembre 1703. Leurs fils Mathurin, Laurent et Pierre s'établirent dans le premier rang de la seigneurie des Aulnaies, mais ce dernier abandonna apparemment à son frère Laurent, avant 1714, sa terre (no 13 des Aulnaies). En 1723, Pierre Dubé avait une terre dans la seigneurie de Lauzon, et en 1728, il demeurait dans la région de Montréal, tandis que son frère Louis était fixé dans les limites de la paroisse Notre-Dame-de-Liesse (de la Rivière-Ouelle). Leur unique soeur, Madeleine, vécut à la Pocatière jusqu'à la mort de Jean Miville (1672-1711), son mari.

Familles nombreuses

Même si l'ancêtre Mathurin Dubé n'a eu qu'une famille moyenne à cette époque, huit enfants ne constituaient pas une famille nombreuse, les quatre fils qui ont pris épouse ont, sur ce plan, fait mieux que leur père. Louis, le second fils, a été le champion avec une vingtaine de rejetons. En 1719, à l'âge de 42 ans, il épousait en secondes noces Marguerite Lebel, qui avait l'âge de son fils aîné, soit 19 ans. Il commença, pour ainsi dire, à élever une deuxième famille.

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par Gérard Lebel, C.Ss.R., Nos Ancêtres, volume 4, Sainte-Anne-de-Beaupré.



Recherche sur Internet par Paul Meilleur, de Ste-Adèle
 
Mise à jour le 8 juin 2009 par Paul Meilleur, de Ste-Adèle

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