Montréal le 25 mars 1888 Très chère belle-sœur, Voilà déjà plusieurs années qui se sont écoulées sans que je vous ai écrit. Cela n'empêcha pas que je ne vous oubliais pas. Le temps en s'écoulant si rapidement ne cesse pas de faire quelque victime. La mort en moissonne toujours quelques-uns. Notre famille a subi la perte de notre pauvre frère Thomas. Nous avons appris sa maladie et ensuite sa mort il a fallut se résigner à ce coup fatal en attendant notre tour. Vous désirez avoir le portrait de ma famille. Je vous dirais que j'avais envoyé le mien et celui de ma femme et de mes enfants par le Révérend Monsieur Delorme Missionnaire. Il est inutile de vous les envoyer de nouveau. Il me reste à vous demander les vôtres ainsi que celui de ce pauvre défunt Thomas. Ce sera un précieux souvenir pour moi et ma famille. Vous adresserez __________ ceci Pierre Moisan No 66 rue Dufresne Montréal. J'espère que vous ne me refuserez pas ce souvenir. Ma famille est assez bien et moi pour mon âge, je suis pas trop cassé mais cependant pas jeune de force car je n'ai que 2 ans de moins que Thomas mais cela coûte toujours de quitter la lumière du jour. Je ne l'oublie pas dans mes pensées. Enfin, je voudrais terminer en vous saluant ainsi que votre famille pour moi. Je suis _________ pour la vie votre beau-frère. Ma femme et mes enfants les plus rapprochés se joignent à moi pour vous saluer. Votre beau-frère pour la vie.