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- IV -
Louis-François COURTEMANCHE
Il y a eu bien sur des
exploits d'hommes forts chez les Courtemanche parmi l'un des fils de
Jacques Courtemanche et Marie-Anne Migeon dit Lagauchetière, soit
Louis-François Courtemanche (4ième génération) et ses descendants.
Chacun d'eux était doué d'une force herculéenne et était respecté dans
son milieu. Jean Côté dans sa biographie sur Jos Montferrand
(1802-1864) a même cru bon en glisser un mot sur leur renommée dans son
oeuvre. Époux de Marie-Marguerite Durocher et Charlotte Bouvier.
Louis-François était doué d'une force prodigieuse et était respecté
dans son milieu; il a été, durant le cours de sa longue existence, le
héros de plusieurs exploits dont s'enorgueilliraient, avec raison,
nombre d'hercules d'aujourd'hui.
Il avait trente-neuf ans,
lorsque se construisit l'église de Saint-Antoine-sur-Richelieu, et
quand fut posée ce qu'on appelle l'aiguille du clocher, le conducteur
des travaux s'aperçut que les ouvriers l'avaient mal placée. Il entra
alors en colère et se mit à jurer contre eux, disant avec un peu
d'exagération sans doute, qu'il fallait au moins dix hommes pour
corriger cela. Louis-François Courtemanche, alors marguillier en chef ,
et déjà père de neuf enfants le pria de se calmer et l'assura qu'il
allait arranger cela sur l'heure. Il monta seul dans le clocher et
remit la pièce de bois à sa place. Mais l'effort musculaire qu'il avait
déployé avait été si grand, qu'aussitôt descendu, il se trouva faible
et perdit connaissance. Lorsqu'il fut revenu à lui, sentant une douleur
à l'épaule droite, il ouvrit sa chemise et l'on remarqua que la peau
était coupée et ensanglantée.
Aussi, il paraît qu'il avait du
nerf le père Louis-François. Son fils Jean-Baptiste racontait qu'un
jour, son père Louis-François voulait aller au bois chercher des soles
ou si vous préférez, des troncs d'arbres pour en faire des solives. Il
requit les services d'un dénommé Lagimonière qui passait pour l'un des
hommes les plus forts dans la paroisse de Saint-Antoine. Comme il y
avait, cette année-là, bien épais de neige, et qu'il était impossible
de pénétrer dans la forêt avec les chevaux, ils prirent le parti de
sortir les soles sur leurs épaules. Le père Courtemanche dit à son
compagnon :
« Tiens toi, t'es pas bien fort, prends le petit bout et moi je vais prendre l'autre ».
Piqué
au vif dans son orgueil, Lagimodière se força tellement, qu'il mourut
huit jours plus tard, des suites de surmenage qu'il s'était imposé.
Une
autre fois qu'il était allé avec son fils Jean-Baptiste chercher une
charge de bois en hiver, il leur arriva au retour de verser, ce que le
vieux appelait encanter.
« Arrête, dit-il, on va essayer à ne pas décharger ».
Il
prit alors la voiture par le bout des bâtons et la remit sur le chemin.
Cet extraordinaire compatriote mourut en 1826, à l'âge de 86 ans.
Voici
ce que nous livre l'abbé Israël Courtemanche : « Ayant vécu avec mon
grand-père Jean-Baptiste Courtemanche (1774-1866), qui lui-même a vécu
avec son grand-père Jacques Courtemanche, de
Saint-Antoine-sur-Richelieu (1695-1781), j'ai dans la tête une foule de
souvenirs de famille, puisque j'ai connu 5 générations, deux avant moi
et deux qui me suivent. J'ai cru devoir confier ces souvenirs au
papier, pour les passer à ma nombreuse famille, qui les transmettra à
mes neveux et arrières-petits-neveux. C'est l'héritage le plus durable
que je puisse leur léguer. » Puis, parlant de son
arrière-grand-père il dit : « Cette bataille se livra le 20 avril 1760,
et dès le lendemain fut commencé le siège de Québec auquel assista
Louis-François Courtemanche, alors âgé de 18 ans, et il y eut un de ses
frères tué au feu de Québec, son nom était Joseph. Mais les Canadiens
ne recevant pas les secours qu'ils attendaient de France, le 15 de
mai, se trouvant enveloppés par la flotte anglaise et
manquant de vivres, ils furent obligés, pour ne pas mourir de
faim, de tuer leurs chevaux et d'en manger la chair. Ce que fit
Louis-François comme ses frères et les autres. N'ayant de vivres que
pour quinze jours, Lévis dut donc poser les armes et la capitulation
fut signée le 8 septembre 1760. Lorsque le père Louis-François, parvenu
à l'âge de 80 ans, racontait cela à ses enfants dont
Jean-Baptiste-Marie, le sang bouillonnait encore dans ses veines et il
tremblait de colère au souvenir de trahison de notre Mère-Patrie; car
il appelait cela une trahison, la cession du Canada à l'Angleterre par
la France qui aurait pu nous défendre contre l'envahissement de
l'Anglais.
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Recherche et textes par Richard Coutemanche, de Montréal
Mise à jour le 15 avril 2008 par Paul
Meilleur, de Ste-Adèle
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