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MIRABEL 100 M $ DE TROP ?
Pour compenser la perte de 2 000 emplois causée par le transfert des vols internationaux à Dorval, Québec a
accordé à Mirabel le plus généreux programme d'aide qu'il ait jamais consenti. Je hic, c'est que la région n'en avait
pas besoin.
La région de Mirabel attire les dollars comme un aimant. Depuis deux ans, 15 entreprises ont annoncé des projets
d'investissement de plus de 780 millions de dollars. Une véritable manne, pour une municipalité constituée à 80 % de
terres agricoles et profondément marquée par le passé tumultueux de son aéroport. Et la raison de cet intérêt soudain
: la Zone de commerce international, un territoire de 2 300 acres aussi grand que l'aéroport de Dorval, situé à
l'extrémité ouest du site aéroportuaire.
Le gouvernement du Québec a créé cette zone en 1999 pour compenser la perte de 2 000 emplois causée par le
transfert des vols internationaux à Dorval. Bernard Landry, alors ministre des Finances, avait annoncé cette mesure
dans son discours du budget, à la suite des recommandations de la Commission Tardif sur l'avenir de Mirabel chargée de
trouver des solutions pour sauver la région. Le but de la Zone : attirer des entreprises à vocation internationale sur
le site de l'aéroport, pour éviter que celui-ci ne se transforme en éléphant blanc. Ses moyens : des congés fiscaux et
une aide financière directe pour une période de dix ans, le pactole...
« Il fallait développer un programme agressif de relance pour Mirabel, que l'on considérait alors comme une zone
sinistrée », se souvient Henri Massé, président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ). Il fut l'un des
ardents défenseurs de la défiscalisation de la zone aéroportuaire. À l'heure où Mirabel se prépare à connaître un
autre coup de barre avec le départ d'Air Transat, confirmé pour 2004, Commerce est allée voir ce qu'il
advient de ce parc industriel doté du plus généreux programme d'aide gouvernementale jamais consenti au Québec, « le
plus costaud du genre », aux dires du président de la FTQ.
D'abord, si l'on se fie aux seules indications des gens du coin, cette zone reste un secret bien gardé.
« La zone de quoi ?», répond, incrédule, la caissière du restaurant L'Étoile de Mirabel, à qui je demande mon
chemin.
« Ce sont ceux qui réparent les trains d'atterrissage...» Renchérit son patron, guère mieux informé que cet autre
client, qui, les sourcils froncés, dit savoir vaguement ce que c'est sans trop savoir où c'est. « À côté de
l'aéroport, je crois... »
Dans ce restaurant de Saint-Janvier, où l'on sert autant les motoneigistes de passage que les gens d'affaires du
coin, on discute projets. Le maire de Mirabel, Hubert Meilleur, y vend le dynamisme de sa ville à qui veut l'entendre,
et on l'a même vu donner le numéro de téléphone de la Zone mythique. Car lui sait très bien de quoi il s'agit, et il
se sert allègrement de ce "bonus".
C'est bien d'un bonus qu'il s'agit; Mirabel a finalement été peu touchée par les pertes d'emploi survenues à son
aéroport. Son taux de chômage a même diminué ! Il tourne autour de 6 %, comparativement à 8 % pour la moyenne
régionale des Laurentides. Sa population continue de croître à un rythme effréné (64 % en 15 ans). À Saint-Janvier et
à Saint-Augustin, les secteurs les plus populeux, les maisons poussent comme des champignons, et les parcs industriels
sont pleins.
« Les gens choisissent Mirabel parce qu'ils recherchent de plus en plus une certaine qualité de vie. La
construction résidentielle crée déjà beaucoup d'emplois, et nous manquons de terrains dans les parcs industriels pour
créer d'autres emplois dans l'industrie locale. Nous aurions besoin de 79 hectares de plus pour une trentaine de
nouvelles entreprises qui ne peuvent pas prendre d'expansion actuellement », soutient le maire de Mirabel.
Bref, Mirabel explose. La 117 est bordée d'hôtels, de restaurants et de commerces qui n'ont visiblement pas de mal
à boucler leurs fins de mois. Selon le maire, la Zone de commerce international a encore peu à voir avec cette
euphorie.
« Il est difficile de déterminer quel est l'apport de la Zone à cette croissance économique, car les Laurentides se
portent bien », renchérit Patrice Doré, entrepreneur et président de la Chambre de commerce de Mirabel. La mine d'or
viendra des investissements annoncés, s'ils se réalisent. Les milliers d'emplois créés feront en sorte que des gens
seront susceptibles de s'acheter des maisons dans la région. Il y aura des effets bénéfiques, mais on a hâte de couper
des rubans... »
Car jusqu'à présent, seul le tiers des investissements annoncés dans la Zone s'est concrétisé. Et sur les 15
entreprises accréditées pour la Zone, la moitié n'ont pas encore demandé de permis de construction.
« La volonté est là, les projets sont annoncés, mais on attend les premières pelletées de terre. Dans certains cas,
le financement n'est même pas bouclé. On a fait des annonces prématurées, qui laissent entendre un développement à
court terme; or, ce n'est pas le cas », constate Hubert Meilleur, qui dit recevoir des dizaines d'appels de chercheurs
d'emploi après chaque annonce.
Dans les faits, la Zone a créé un peu plus de 2 000 emplois sur les 3 700 annoncés. Bombardier emplit à elle seule
1 600 personnes dans son usine d'assemblage de jets régionaux. Huit entreprises sont présentement implantées. Parmi
celles-ci, cinq sont des prolongements d'entreprises déjà existantes à Mirabel, qui ont profité des congés fiscaux
pour prendre de l'expansion. Les trois autres entreprises sont de nouvelles venues.
Au terme de quelques détours, je finis par trouver l'une d'elles, Turbomeca, une entreprise française spécialisée
dans l'entretien de moteurs d'hélicoptère. Un peu plus loin se trouve GE Elano, un fabricant américain de tubes de
moteurs pour avions et hélicoptères, et le laboratoire de reproduction de films de Technicolor.
Turbomeca appartient au groupe Snecma, tout comme Messier Dowty, un fabricant de trains d'atterrissage déjà
installé à Mirabel. Ses dirigeant ont clairement choisi la Zone pour réaliser des économies d'échelle. L'entreprise
emploie 19 personnes et compte augmenter ce nom à 50 d'ici quatre ans.
« Il y avait eu des discussions avec l'Ile-du-Prince-Édouard, qui offrait les mêmes possibilités, mais nous avions
une volonté de regrouper nos entreprises du même groupe pour diminuer les coûts. Les crédits d'impôt incitent aussi à
investir. Cela nous permettra d'accompagner notre croissance pendant dix ans et de rentabiliser notre investissement
en quatre ou cinq ans », explique Hélène Siguinotte, président et chef de la direction de Turbomeca.
Les démarcheurs de la Zone ont séduit les dirigeants de Turbomeca lors du Salon du Bourget de 2001. Une annonce a
été faite en janvier de l'année suivante et, dès le mois de mai 2002, les grues s'activaient. En ce début de novembre,
les murs de Turbomeca sentent encore la peinture fraîche et les grandes fenêtres du hall d'entrée donnent toujours
sur... les arbres. « Vous avez peu de voisins », fais-je remarquer à Hélène Siguinotte. « Ça s'en vient. Enfin, je
l'espère, pour la Zone ». Le groupe Snecma, dit-elle, a d'autres projets, dont une société qui offre des services
reliés aux avions; mais il lui faudrait un accès aux pistes à partir de cette partie de la Zone, qui est plutôt à
l'écart.
« Ce n'est pas Disneyland, ici !» Lance, furieux, Jean Teasdale, ex-directeur de la Société de développement de la
Zone de commerce international, lorsque Commerce lui fait part de la méconnaissance des lieux de la part des
citoyens de Mirabel. « C'est un parc industriel ! C'est sûr que le commun des mortels ne sait pas ce que c'est !»
Perdue dans un coin de l'aérogare presque vide de l'Aéroport international de Mirabel, la Société de développement
de la Zone gère les activités de celle-ci. L'homme aux commandes, Jean Teasdale, est l'ex-dirigeant du Technoparc
Saint-Laurent, qui a connu un franc succès. Au moment d le'entretien avec Commerce, il s'apprêtait à quitter
la Zone, six mois avant la fin de son mandat, pour un poste de vice-président à la société Aéroports de Montréal (ADM).
Il n'apprécie pas que l'on soulève des doutes sur le succès de la Zone et sur son impact sur l'économie de la région.
« Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En deux ans, c'est plus qu'il n'y a jamais eu ici en 25 ans ! Allez voir le
gars de Shell, près de l'aéroport, et demandez-lui s'il vent plus de gaz. Il va vous le dire. Allez voir la
petite pizzeria au coin de la 158, en entrant à Saint-Canut, elle en vend plus, des pizzas !», proteste le directeur
sortant.
Au coin de la 158, en entrant à Saint-Canut, le restaurant Le Rendez-vous est bondé. La serveuse, Lisette
Pinet, elle-même ex-employée de l'aéroport de Mirabel, prend une pause bien méritée entre deux services. Elle
confirme. « C'est vrai. On les voit arriver avec leur carte au cou, surtout au début de semaine », dit-elle en parlant
des employés de Bombardier, qui débarquent à l'heure du lunch. « Il paraît que leur cafétéria va peut-être fermer
bientôt, ça va être bon pour nous autres .» Le restaurant livre maintenant jusqu'à l'aéroport, ce qu'il ne faisait pas
avant. « Les commerçants commencent à voir l'impact, mais ce n'est pas encore le Pérou », nuance Patrice Doré, de la
Chambre de commerce.
C'est que les employés de Bombardier iront peut-être dîner à Saint-Canut, mais il ne faudrait pas trop les attendre
pour souper, car la plupart ne demeurent pas à Mirabel. Seule une poignée de travailleurs de la Zone, surtout dans les
petites entreprises, sont de la région. Et la plupart des haut salariés, comme Hélène Siguinotte, habitent Montréal
pour la proximité de l'aéroport de Dorval ! Plus pratique, dit-elle, quand on doit prendre un vol à six heures du
matin.
La Zone a donc permis de remplacer des emplois peu spécialisés à 12 dollars de l'heure - ceux de l'aéroport de
Mirabel -, occupés par des gens de la région, par des emplois hautement spécialisés à 25 dollars de l'heure occupés
par des gens de l'extérieur. Des habitants de Mirabel sont partis travailler à Dorval - le tiers des employés de
l'aéroport ont été transférés - et on espère maintenant que les travailleurs de la Zone éliront domicile dans les
environs. « Technicolor est là depuis un an, les employés vont commencer à être fatigués de faire le trajet... » croit
Jean-Luc Riopel, directeur général du Centre local de développement (CLD) de Mirabel.
Dans on bureau, les plans des parcs industriels de Mirabel sont épinglés au mur. Ils affichent complet. « Ça prend
des années pour développer ça ! Regardez mes cheveux gris ! Il n'y a rien d'automatique en développement économique »,
dit ce dernier, faisant référence à la Zone de commerce international, qu'il ne faudrait pas condamner trop vite. « Le
Klondike peut arriver, il faut juste lui laisser le temps », dit-il.
Le CLD se souviendra toutefois longtemps des premiers pas de la Zone. Joykhan, la toute première entreprise à avoir
obtenu son accréditation, a fait faillite. Cette entreprise d'import-export de vêtements devait créer 400 emplois; en
fait, elle a créé un trou de 60 000 dollars dans le budget du CLD alloué au démarrage d'entreprise.
« Ce n'est pas non plus une cage de verre, ici. Nous ne sommes pas à l'abri de ça », se défend Jean Teasdale,
soulignant que l'aventure n'a pas coûté un sou au gouvernement. Ce dernier, ajoute-t-il, a dépensé jusqu'maintenant
100 millions de dollars en crédits d'impôt remboursables pour les entreprises de la Zone, sans compter les congés
fiscaux. Et selon lui, ce n'est pas fini.
« Il y a encore des choses à faire. Il faut continuer le développement de la Zone, augmenter le transport cargo et
rester à l'affût du secteur de l'aéronautique. Le pôle Montréal-Mirabel-Longueuil reste le seul endroit au monde où,
dans un rayon de 100 km, on peut réunir les composantes d'un avion. Il y a de l'action, ici », souligne Jean Teasdale.
Mais les affaires dans la Zone subissent aussi les contrecoups du ralentissement présent dans le secteur de
l'aéronautique. Sans compter que l'industrie se restructure : de plus en plus de gros acteurs, de moins en moins de
petits sous-traitants. Rien pour aider la Zone à décoller. Messier Dowty, qui avait annoncé un projet d'expansion de
70 millions de dollars, a tout annulé depuis les attentats terroristes de New-York.
Personne à Mirabel, du moins parmi ceux qui connaissent la Zone, ne veut voir disparaître ce généreux outils de
développement. Mais un programme aussi onéreux, qui fait l'envie de tous, peut-il être maintenu dans un contexte où
les entreprises du secteur de l'aéronautique sont plus frileuses, et dans une région qui n'en a pas besoin ? Offerte
en "cadeau" à Mirabel par le Parti Québécois, la Zone de commerce international s'envolera-t-elle avec lui dans le cas
d'une défaite aux prochaines élections ? Et si la région, actuellement péquiste, changeait de "bord" ? Le maire de
Mirabel, Hubert Meilleur, se présente pour l'ADQ aux prochaines élections. Il ne veut pas perdre sa Zone, mais il
voudrait surtout revoir des avions remplis de passagers dans le ciel de Mirabel...
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par Kathy Noël, Commerce, janvier 2003
Lac Mirabel et Bombardier :
des retombées majeures pour la ville de Mirabel
Mirabel s'attend à des retombées économiques majeures avec la venue de Bombardier et la construction du complexe
récréo-commercial Lac Mirabel.
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Le maire de Mirabel, Hubert Meilleur, a bien des raisons de se réjouir par le temps qui court. |
« On aime bien avoir des nouvelles comme celles-là. C’est encourageant pour nos jeunes, qui peuvent
espérer travailler dans la région, tant dans l’aérospatiale que dans le tourisme récréatif », a confié hier au Journal de Montréal
le maire de Mirabel, Hubert Meilleur.
Il donnait hier l’impression de flotter sur les nuages. Hier, il a eu la confirmation que Bombardier avait choisi
Mirabel pour y construire et y assembler les nouveaux avions de Série-C.
Il a également participé à la conférence de presse du groupe américain Gordon au cours de laquelle les détails entourant
le projet Lac Mirabel (investissement de 425 M$) ont été dévoilés à Montréal.
Des revenus de 8 M$ par année
« Tout semble bien se dérouler pour ce projet, mais je sera encore plus rassuré quand on lèvera la première pelletée de
terre », a commenté Hubert Meilleur.
La venue de Bombardier à Mirabel pourrait générer pour la ville des retombées fiscales de 2 M$ par année dès 2011, selon
le maire.
Le projet Lac Mirabel, qui pourrait être complété en 2008, pourrait enrichir les coffres de la ville de 6 M$ par année.
« Nous avons besoin de projets comme ceux-là , et ça nous permet de compenser les pertes financières engendrées par la
fermeture de l’aéroport de Mirabel (2 M$ par année) », insiste le maire Meilleur.
Il ne doute plus que Bombardier assemblera ses nouveaux avions de plus de 110 passagers sur des terrains de la zone
aéroportuaire.
« La venue de Bombardier aura un impact considérable pour le développement industriel de l’aéroport, en plus de nous
apporter de la crédibilité et de créer 6 500 emplois (directs et indirects) », précise le maire de Mirabel.
Par Yvon Laprade, Le Journal de Montréal, mardi 14 juin 2005
Hubert Meilleur
«Le ministère devrait s'en mêler»
Le maire de Mirabel ne décolère pas. Il demeure convaincu que les élèves de Saint-Janvier sont inutilement
défavorisés dans le dossier du transfert d'étudiants vers la Polyvalente de Saint-Jérôme. «Ces gens-là devraient démissionner», poursuivait-il, en
parlant des commissaires de la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord.
«Si le maire Meilleur a quelque chose à me dire, il devrait prendre le temps de me téléphoner», rétorque Yves
Sylvain, directeur de la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord et responsable du dossier. «J'ai bien voulu expliquer le projet, j'aurais aimé
que les parents prennent le temps d'écouter», poursuit le directeur, déçu.
«Ce transfert est complètement ridicule», poursuit Meilleur, qui exige depuis longtemps la construction d'une école secondaire dans son secteur.
Selon lui, les élèves servent de «bouche-trou» en étant disséminés dans la région.
«On nous avait promis une école. On avait même dit que s'il y avait une construction, Mirabel serait privilégiée.
Au lieu de cela, on a construit à Lafontaine», fulmine-t-il.
Les municipalités réunies
«Ce n'est pas si simple», rétorque M. Sylvain. «Le paradoxe, c'est que pour créer une stabilité à long terme, il a
fallu ce changement. Les élèves de chaque municipalité vont être réunis sous un même toit, on a travaillé fort pour ça. Mais pour en arriver là, il
fallait en déplacer plusieurs.»
Tentant de ramener les pendules à l'heure, Sylvain explique que l'école secondaire de Lafontaine a été construite
en 1999, à un moment où la croissance démographique était beaucoup plus forte au nord et que la totalité des écoles secondaires se trouvait au sud.
L'école de 1000 places accueillera d'ailleurs 1148 élèves en septembre.
Pas tant de contestation
Cinq écoles seulement auraient contesté la décision de la Commission scolaire contre vingt-sept. «Les commissaires
voulaient à tout prix éviter de déplacer les élèves issus de milieux défavorisés qui, d'après les études, ont davantage de difficulté à s'adapter au
changement», explique Sylvain. Les élèves de l'école Jean-Moreau, ceux qui fréquentent Cap-Jeunesse depuis ses tout débuts et ceux de Joli-Bois font
partie de ceux-là.
Grâce aux nombreux programmes spécialisés régionaux mis de l'avant, plusieurs étudiants pourront fréquenter la
même école l'an prochain. Frenette conservera son programme de musique, Cap-Jeunesse, celui de hockey, l'école Lafontaine se spécialisera en
technologie et informatique, Saint-Stanislas en football alors que la Polyvalente assurera tout le programme international. La prochaine réunion du
Conseil des commissaires est prévue le 28 juin prochain et risque de faire encore couler beaucoup d'encre.
Par Nathalie Deraspe, Le Mirabel, St-Jérôme, 18 juin 2005
Le torchon brûle à Mirabel
La campagne électorale n'est pas encore lancée que déjà, les avocats font leurs choux gras des querelles entre l'opposition et
le maire sortant.
Automne chaud en vue à Mirabel. Les accusations fusent de toutes parts. L'aspirant maire Normand Laberge et Hubert Meilleur, en
poste depuis dix-huit ans, ne cessent de se lancer des accusations.
«Je suis totalement prêt à l'affronter sur les mensonges qu'il fait et les faussetés qu'il transmet», clame Laberge à propos de
Meilleur, qui rétorque avec vigueur : «C'est un anarchiste!».
Un camion en cause

L'affaire a commencé à la suite d'une querelle de réglementation concernant l'affichage en période électorale et tourne autour du
camion qui servira à la campagne du seul candidat à l'opposition, Normand Laberge.
Selon un règlement adopté à l'unanimité en 1998, nul n'est disposé à s'afficher politiquement avant le début officiel de la
campagne. Laberge aurait enfreint la règle avec un camion lettré à son nom avant la période prescrite du 23 septembre, ce qui a donné raison au maire
Meilleur, qui a entamé des poursuites judiciaires pour s'assurer de faire respecter la loi.
Le candidat à la mairie affirme avoir rencontré deux fonctionnaires de la Ville le 23 août dernier, maquette à l'appui, pour
vérifier si tout était en règle. Après vérification faite auprès du Directeur général des élections à Québec, la greffière et son adjoint lui auraient
donné le feu vert, admettant par la suite qu'ils n'avait pas mentionné les règlements internes de la Ville.
Entre le 24 et le 31 août, l'aspirant maire a participé à diverses fêtes de quartiers où il mettait son camion lettré bien en
évidence. Le 31 en après-midi, un policier remettait une lettre signée du directeur de l'urbanisme qui faisait mention de l'infraction. «Un timbre
n'aurait-il pas fait l'affaire?», demande Laberge relatant l'histoire.
Vandalisme
Le candidat à la mairie aurait été victime de vandalisme le soir même où il a reçu le constat d'infraction de la Ville. L'incident
se serait produit durant une assemblée informelle avec des partisans. Les dommages sur son camion sont évalués à près de 800 $.
Dès le lendemain, le Conseil était convoqué à une assemblée extraordinaire où les conseillers votaient à quatre contre trois pour
aller de l'avant dans le dossier.
La réunion a été houleuse et le maire Meilleur, excédé des propos de Laberge, a décidé de quitter avant la clôture officielle de
l'assemblée. Un peu avant, le maire adjoint, Réal Castonguay, était sorti de ses gonds, y allant d'un «Ferme ta...», à l'égard de Laberge.
«Ça fait six mois que ces gens-là viennent embêter le Conseil. Réal Castonguay en avait soupé de ces propos. Le plus vulgaire,
c'est Laberge, qui ne respecte même pas les règles démocratiques, c'est un anarchiste un point c'est tout!», a dit le maire, pour défendre les propos
de son conseiller. Normand Laberge rétorque qu'il n'a pas dit son dernier mot et que ses avocats vont peut-être revenir avec des surprises.
par Nathalie Deraspe, Le Mirabel, 10 septembre 2005
Élection municipales à Mirabel
Hubert Meilleur "l'intouchable"?
Hubert Meilleur roule son stylo entre ses doigts. Il place la liste des comptes à sa gauche, les chèques à sa droite. Et il signe... 300 fois.
Des chèques pour la réfection d'une rue, d'autres pour l'émondage des arbres, celui-ci pour réparer un tuyau et celui-là pour changer des châssis de
fenêtres.
Celui qui règne sur les destinées de Mirabel depuis 18 ans explique que c'est sa façon de garder l'oeil sur les dépenses de son territoire,
qui atteint deux fois la superficie de la ville de Laval. Le fin renard tient mordicus à ce rituel, même si sa population a plus que doublé en
20 ans, passant d'environ 15 000 à près de 35 000 habitants.
Il raconte comment, à ses premiers mois à la mairie, il a épinglé un chef de service. « Je devais signer des
chèques pour le parc automobile. Il y avait des dépenses pour changer les pneus d'un camion de type Jimmy. C'était impossible. J'ai fait mon
enquête, et on a congédié le type qui payait ses pneus sur le bas des contribuables. »
Depuis le début de la campagne électorale à Mirabel, les journaux locaux ont plusieurs fois comparé Hubert Meilleur à un "dictateur". Quatre de
ses conseillers ont quitté son équipe au cours de la dernière année pour des raisons de santé. Seulement l'un d'entre eux se représente mais
dans l'équipe adverse. Puis, l'ancien chef de police a démissionné pour une affaire de conflit d'intérêts qui fait toujours l'objet d'une enquête
par la police de Longueuil. Il n'en fallait pas plus pour alimenter la machine à rumeurs.
Malgré ces critiques, Hubert Meilleur se représente à la mairie pour un sixième mandat. Est-il neveux ? «
Du tout , dit-il, sans brocher d'un cil. C'est comme ça à chaque nouveau mandat depuis 1987. Quand on n'a rien à reprocher à l'administration
on s'attaque à l'homme, à Hubert Meilleur. »
45 résolutions et des flèches
L'équipe Meilleur a terminé sa tournée de conseils municipaux dans les différentes districts cette semaine. La dernière assemblée a eu lieu lundi
soir dans une école de Saint-Benoît, devant une centaine de personne. Le maire a lu les 45 résolutions à l'ordre du jour. Elles ont toutes été
adoptées à l'unanimité.
À la période de questions, quelques citoyens se sont avancés au micro. L'un d'eux se demande pourquoi ses ordures ne sont pas collectées.
L'opposition aux prochaines élections veut savoir si le maire a des liens avec le chef de police qui fait l'objet d'une enquête.
Hubert Meilleur garde son calme. Il somme les citoyens qui auraient des preuves contre lui de contracter la police. Il dit d'attendre les
résultats de l'enquête qui seront dévoilés au mois d'octobre. Et il rappelle à ses détracteurs que la majorité des quelque 15 000 résolutions que
son conseil a passées au cours des 18 dernières années ont été adoptés à l'unanimité.
Une école secondaire et un train
Hubert Meilleur est fier de sa "ville à la campagne". Il prévoit que d'ici cinq à 10 ans, la population de Mirabel atteindra 50 000 résidants.
Celui qui se décrit comme "un avant-gardiste" compte s'attaquer à la construction d'une école secondaire et à la mise en marche d'une ligne de
trains de Saint-Janvier à Montréal.
« Le pourcentage de décrochage à Mirabel est de 25 % . Ce n'est pas normal d'envoyer nos jeunes à
Saint-Jérôme ou à Saint-Eustache pour étudier. Ils sont déracinés de leur milieu. Nous allons faire pression sur le gouvernement. S'il ne veut pas
entendre raison, nous allons financer une école privée. »
Intouchable, monsieur le maire ? « Je suis l'ancien président de l'association des camionneurs de la région,
un gars de terrain, qui aime m'impliquer dans tous les dossier. Je suis en tout cas un batailleur, poing à la ligne »,
dit-il.
Une pancarte motorisée pour un aspirant maire
Mirabel en chiffres
Population : près de 34 000
Places d'affaire : 750
Églises : 6
Écoles : 9 (primaire seulement)
Superficie : 477 km 2
Zone agricole : environ 85 % du territoire
Zone résidentielle : environ 5 %
Évaluation foncière : 0,78 $ par 100 $ d'évaluation
Richesse foncière : 640 millions $
Taux de chômage : moins de 5 % |
Le seul rival du maire Mirabel à sorti tout son arsenal pour déloger Hubert Meilleur. Normand Laberge s'est lancé dans la course en
sillonnant le territoire au volant d'une camionnette arborant les couleurs de son parti nouvellement formé, Ralliement Mirabel.
Durant deux semaines, à la mi-août, il a sillonné la ville, s'arrêtant à chaque porte. Puis, le 31 août, un policier lui a remis un avis
d'infraction au règlement d'affichage électoral. Loin d'avoir retiré son camion de la route, M. Laberge continue de parcourir Mirabel, plus
déterminé que jamais à devenir le prochain maire.
« C'est de l'abus de pouvoir de la part d'Hubert Meilleur. Ce sera au juge de trancher », dit-il. Le candidat
affirme qu'il a rencontré deux fonctionnaires de la ville, maquette à l'appui, avant de sortir 2 000 $ des caisses de son parti pour le lettrage de
son camion. Il entend démontrer que les dépenses sont comptabilisées à partir du 23 septembre et que rien n'encadre l'affichage électoral.
L'oeil vif, tiré à quatre épingles dans son complet cravate, Normand Laberge, comptable de profession, en est à
forger ses premiers armes en politique. Il a assisté à tous les conseils municipaux depuis un an. Il a marqué un point en ralliant à son parti
Gérard Therrien, fidèle conseiller d'Hubert Meilleur durant 18 ans, devenu indépendant à la suite de problèmes de santé. M. Therrien explique qu'il
a perdu confiance en son maire. « Meilleur n'est plus à l'écoute de ses citoyens. Il est toujours le seul à décider. Il n'a pas de respect pour
personne », tranche-il.
Ralliement Mirabel a diffusé une trentaine de communiqués depuis le début de sa campagne. Les pratiques du maire
sortant y sont vertement décriées. "Fidèle à sa réputation de dictateur", "le maire continue de favoriser ses amis les camionneurs", "un maire
insensible", "peu de réaction et d'initiative de la part du maire en matière d'environnement", toutes les terminologies sont bonne pour
déloger Meilleur "l'intouchable". « La population est prête pour un changement. Meilleur est en danger », croit Normand Laberge, qui promet une
autre baisse de taxes aux Mirabellois, déjà les moins taxés de la région, voire du Québec.
par Sara Champagne, La Presse, Montréal jeudi 29 septembre 2005
| Recherche par Paul Meilleur de Ste-Adèle Mise à jour le 3 octobre 2005, par Paul Meilleur
de Ste-Adèle
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