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Sur le plan historique, géographique et politique.
Liban, officiellement République libanaise (en arabe, al-Lubnaniya), pays du Proche-Orient, bordé à l’ouest par la mer Méditerranée, au nord et à l’est par la Syrie et au sud par Israël. Sa superficie est de 10 452 km2!; sa capitale est Beyrouth.
Milieu naturel
Relief et hydrographie
Le Liban s’étend sur environ 210 km du nord au sud, et sur 25 à 80 km d’est en ouest. Une étroite plaine côtière s’étire en bordure de la Méditerranée et s’élargit à ses extrémités — à partir de Saïda au sud, au-delà de Tripoli au nord où s’étend la plaine du Akkar. L’intérieur du pays est dominé par deux massifs calcaires, qui encadrent la plaine d’effondrement de la Bekaa, prolongement du fossé du Jourdain, parcourue par l’Oronte et le Litani. La chaîne du mont Liban (djebel Lubnan, montagne blanche, dont le pays tire son nom) dresse sa barrière entre la plaine littorale et la Bekaa, et culmine au Kornet el-Saouda (3 090 m). Elle est entaillée de gorges profondes (jusqu’à 1 000 m de profondeur dans la vallée de la Qadisha), creusées d’est en ouest par les rivières, et abrite de hauts plateaux karstiques. À l’est de la Bekaa, l’Anti-Liban s’étend le long de la frontière syrienne et se prolonge au sud par le mont Hermon (2 814 m).
Les sols les plus fertiles du pays se trouvent dans la plaine côtière. L’érosion touche davantage la plaine de la Bekaa, semi-désertique dans le Nord. Les hautes montagnes sont rocailleuses et stériles.
Climat
Le Liban jouit d’un climat méditerranéen, tempéré par l’altitude. Dans les plaines, les températures moyennes varient de 10!°C en janvier à 26,7!°C en août. Elles sont plus fraîches dans les montagnes. Les précipitations, plus abondantes en hiver, sont très contrastées selon les régions : elles ne dépassent pas 635 mm dans la plaine de la Bekaa, mais atteignent 889 mm le long de la côte et 1 270 mm sur le versant occidental du mont Liban. La saison sèche s’étend entre le mois d’avril et le mois d’octobre.
Végétation et faune

Une grande partie de la forêt libanaise a aujourd’hui disparu. Les cèdres, arbres emblématiques du pays, qui fournissaient le bois précieux des sarcophages égyptiens de l’Antiquité et des palais mésopotamiens, se sont raréfiés. Une forêt de chênes verts et de pins couvre encore la partie supérieure du versant occidental du Mont-Liban. Ailleurs prédomine une végétation de type méditerranéen, constituée principalement de broussailles. Les principales espèces animales qui subsistent à l’état sauvage sont le chacal, le loup et la gazelle.
Population et société
Démographie
En 1995, la population libanaise était estimée à 3,1 millions d’habitants, soit une densité moyenne de 289 habitants au kilomètre carré. La croissance annuelle de la population s’élevait, sur la période 1990-1995, à 3,3 p. 100 par an!; l’indice moyen de fécondité était d’environ 3 enfants par femme, mais les chiffres varient beaucoup selon les communautés. Pour la période 1995-2000, la part des moins de 15 ans dans la population totale est estimée à 34 p. 100, celle des individus âgés de 65 ans et plus, à 6 p. 100. L’espérance moyenne de vie est de 70 ans.
Les données chiffrées concernant la population sont à manier avec beaucoup de précautions : le dernier recensement remonte en effet à 1932, à l’époque du mandat français. C’est sur la base des résultats de ce recensement que fut effectué le partage du pouvoir entre les différentes communautés en 1943 et que furent distribués les postes dans la fonction publique. La distorsion croissante, au fil des décennies, entre la réalité démographique et la répartition des rôles au sein du système politique fut l’un des facteurs fondamentaux du conflit libanais. La prépondérance accordée aux communautés chrétienne maronite (qui détient, depuis 1943, la présidence de la République) et musulmane sunnite (qui détient le poste de Premier ministre) ne correspondait plus à la composition de la population libanaise au sein de laquelle les musulmans chiites connaissaient le plus fort accroissement démographique.
La part des différentes communautés demeure inconnue et prête à des estimations très diverses. Les origines du peuple libanais sont également l’objet de débats. Les maronites revendiquent ainsi une filiation directe avec les Phéniciens de l’Antiquité, les communautés musulmanes affirmant, quant à elles, leur identité arabe. D’après des estimations datant de 1993, outre la majorité de Libanais, le territoire abriterait 12 p. 100 de Palestiniens, 5 p. 100 d’Arméniens et une minorité de Syriens et de Kurdes.
Découpage administratif et villes principales
 

En théorie, le Liban est découpé en six gouvernorats (les Mohafazats), divisés en vingt-six districts. Mais dans ce pays en reconstruction, cette division n’a plus guère de sens d’autant que l’autorité du gouvernement libanais ne s’étend toujours pas sur l’ensemble du territoire. Depuis 1985, date du retrait de ses troupes, Israël a gardé le contrôle sur la zone frontalière du Sud, où est présente l’Armée du Liban-Sud (ALS), pro-israélienne. Une grande partie de la région méridionale, au-delà de cette «!zone de sécurité!», est contrôlée par le Hezbollah, organisation islamiste radicale.
Environ 87 p. 100 de la population est urbaine. Traditionnellement, les villes situées dans les plaines sont dominées par les sunnites et les chrétiens grecs orthodoxes. L’essor urbain et la diversification du peuplement qui l’accompagna, commencèrent en 1860, lorsque les maronites quittèrent en masse la montagne libanaise, ensanglantée par des affrontements entre chrétiens et druzes, pour s’accélérer au XXe siècle, avec l’arrivée des immigrants arméniens et l’ouverture économique du pays.
Beyrouth, la capitale et port principal, compte approximativement 1,5 millions d’habitants estimation 1992). Tripoli (350 000 habitants) et Saïda (200 000 habitants), l’antique Sidon, sont à la fois des ports importants et des terminaux d’oléoducs. Sour, l’ancienne cité phénicienne de Tyr (100 000 habitants) est un marché agricole.
Gouvernement et vie politique
Organisation des pouvoirs
La Constitution du 23 mai 1926, inspirée des lois constitutionnelles françaises de 1875 fondant la IIIe République, transforma le Liban en république et officialisa le système du partage du pouvoir entre les communautés, qui fut effectué par le Pacte national de 1943, date de l’indépendance effective du Liban.
Cette Constitution est toujours en vigueur, mais elle fut amendée à plusieurs reprises et notamment en 1990, après la signature des accords de Taëf, qui mirent fin à la guerre du Liban. Ceux-ci prévoyaient le rééquilibrage du pouvoir au profit du Conseil des ministres, la parité de représentation au Parlement entre chrétiens et musulmans, et l’abolition à terme du confessionnalisme.
Le président du Liban — maronite, aux termes du pacte national — est élu par l’Assemblée nationale!; ses attributions sont désormais très limitées. En 1995, un amendement constitutionnel prolongea la durée de son mandat, qui passa de six à neuf ans. La réalité du pouvoir exécutif appartient au Premier ministre, sunnite.
En septembre 1992 ont eu lieu les premières élections législatives organisées depuis 1972. Cent vingt-huit députés furent élus au suffrage universel pour un mandat de quatre ans. Toutefois, ce scrutin fut marqué par une forte abstention : près de 70 p. 100 des électeurs inscrits ne votèrent pas, parmi lesquels une majorité de chrétiens déniant toute légitimité à un régime placé sous influence syrienne. Les élections législatives de septembre 1996 se sont caractérisées par la participation de plus de 50 p. 100 des inscrits et, pour la première fois, l’opposition à la présence syrienne s’est manifestée autour de huit députés.
Partis politiques
La communautarisation de la vie politique a empêché le développement de partis politiques de type occidental, il existe cependant plusieurs mouvements de type clanique tels que : Kataëb, le Bloc national libanais, le Parti national libéral, le Parti socialiste-nationaliste syrien, le Parti Baas, Ae-Najjades, Al-Harakiyines al-Arab, le Parti socialiste-progressiste, le Destour, le Parti communiste libanais, la Fédération révolutionnaire arménienne et le Parti démocrate.
Défense nationale
En 1995, les forces armées libanaises comptaient 45 000 hommes, dont 43 000 dans l’armée de terre, 800 dans l’armée de l’air et 500 dans la marine. S’y ajoutaient environ 13 000 hommes dans les forces de sécurité intérieure, qui dépendent du ministère de l’Intérieur. Les milices ont été désarmées et une partie de leurs membres intégrée à l’armée nationale, à l’exception du Hezbollah chiite (3 000 hommes) et de l’Armée du Liban-Sud (ALS, 2 500 hommes). Environ 35 000 militaires syriens sont présents au Liban. En 1994, l’État a consacré 4,4 p. 100 du produit intérieur brut (PIB) aux dépenses de défense nationale.
Langues et religions
L’arabe est la langue officielle du Liban. L’utilisation du français demeure courante, notamment dans la communauté maronite, de même que celle de l’anglais, privilégiée dans les échanges commerciaux. Les Arméniens (voir Arménien, langue) et les Kurdes ont conservé leurs langues.
Dix-sept communautés confessionnelles ont une existence officielle au Liban, chacune relevant d’un droit privé spécifique appliqué par des tribunaux religieux. En dépit des difficultés à établir des statistiques fiables, il est certain que l’islam est devenu la religion du plus grand nombre : on estime que plus de 60 p. 100 des Libanais sont musulmans!; 35 p. 100 de la population totale est chiite, 23 p. 100 sunnite et 5 p. 100 druze. Le rattachement de ces derniers au groupe musulman est cependant abusif tant ils se sont éloignés de l’islam depuis presque un millénaire. Les chrétiens représenteraient près de 30 p. 100 de la population : parmi eux, les maronites sont les plus nombreux, puis viennent les Grecs orthodoxes. Les Arméniens sont orthodoxes, catholiques ou protestants. Il existe encore une petite communauté juive.
Éducation
L’enseignement primaire est gratuit, mais il n’est pas obligatoire au Liban. Le taux d’alphabétisation (92,4 p. 100 en 1995) est l’un des plus élevés du monde arabe. En 1990, 73 p. 100 des jeunes de 12 à 17 ans étaient scolarisés dans le secondaire, 29 p. 100 de la classe d’âge concernée poursuivaient leurs études dans le troisième degré. En 1993, l’État a consacré 1,9 p. 100 du PIB aux dépenses d’éducation.
La tradition universitaire du Liban est ancienne. Durant la période romaine, Beyrouth était déjà célèbre pour son école de droit. À la fin du XIXe siècle, les missionnaires chrétiens fondèrent les premières universités modernes : l’université jésuite de Saint-Joseph demeure l’un des établissements les plus prestigieux. L’université américaine de Beyrouth fut fondée à la même époque. Les autres universités libanaises se trouvent également dans la capitale : l’université libanaise nationale fut fondée en 1951, l’université arabe, en 1960.
Société
Le Liban fut et demeure un pays d’immigration et d’émigration. On estime à 5 millions le nombre de Libanais établis à l’étranger. L’émigration fut surtout le fait des maronites qui quittèrent le pays par vagues successives : vers les cités égyptiennes au XIXe siècle, où ils participèrent au mouvement de réflexion qui touchait l’ensemble du monde arabe confronté au défi de la modernité européenne!; vers l’Afrique noire à la fin du XIXe siècle et vers le continent américain. Depuis 1975, de nombreux Libanais ont fui la guerre, trouvant refuge dans les pays occidentaux ou dans les pays pétroliers du Golfe. La diaspora libanaise a constamment témoigné d’un dynamisme remarquable : commerçants, hommes d’affaires et intellectuels ont joué un rôle important dans les pays d’accueil.
L’immigration fut, jusqu’en 1975, supérieure à l’émigration. Quatre vagues peuvent être identifiées : à partir de la Première Guerre mondiale et jusqu’à la fin des années 1920, les Arméniens vinrent massivement s’installer à Beyrouth, fuyant les persécutions en Turquie. Les Kurdes s’établirent de manière plus progressive. Les uns et les autres se sont intégrés dans la société libanaise.
Il en est allé différemment pour les immigrants de la troisième vague, les Palestiniens chassés de leurs terres par la première guerre israélo-arabe qui suivit la création de l’État d’Israël. Le nombre des immigrés palestiniens a grossi après chaque conflit israélo-arabe. La présence de ces réfugiés apatrides, vivant en marge de la société libanaise dans des camps miséreux à la périphérie de Beyrouth, et l’arrivée de combattants armés — dirigeants et militants actifs de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) expulsés de Jordanie — en 1970 eurent leur part dans le déclenchement du conflit libanais.
Une quatrième vague d’immigration concerne les Syriens, qui furent nombreux, entre 1958 et 1975, à quitter leur pays, dirigé depuis 1971 par Hafez al-Assad. En 1995, le nombre d’immigrés syriens était estimé à quelque 800 000 personnes.
Arts et vie culturelle
Culture

La culture du Liban contemporain plonge ses racines dans une histoire ancienne particulièrement riche et complexe, dont les traces sont aujourd’hui encore visibles sur le territoire libanais — à Baalbek notamment, réputée pour ses ruines de temples antiques. Jusqu’en 1920, deux cultures cohabitaient : celle de la montagne et celle des villes. La première se structurait autour de la famille, du clan et de la terre!; elle était partagée par les maronites et les druzes, qui coexistèrent sans heurts jusqu’en 1845. Les maronites, dont l’Église se rattacha à Rome au XIIe siècle, étaient, pour cette raison, plus enclins à s’ouvrir aux influences occidentales. À partir de 1860, beaucoup s’établirent dans les villes, où s’était épanouie, depuis le VIIe siècle, la culture arabe, et où cohabitaient sunnites et Grecs orthodoxes, qui furent les fonctionnaires de l’Empire ottoman. Le rapprochement géographique des communautés libanaises favorisa le développement d’une culture urbaine cosmopolite et tolérante, enrichie des apports de l’immigration, des influences française et américaine.
Les œuvres de deux des plus grands auteurs de la littérature libanaise portent témoignage de ce pluralisme fécond. Khalil Gibran, qui étudia la peinture à Paris, écrivit ses poèmes en arabe et en anglais. Plus proche de nous, Amin Maalouf porte à la connaissance d’un public international l’histoire des communautés du Liban et du Proche-Orient dans une langue française aux résonances orientales. Citons également l’auteur de l’Émigré de Brisbane, Georges Schehadé, francophone, qui écrivit des poèmes et des pièces de théâtre. (Voir aussi Arabe, littérature!; Arabe, musique!; Islam, art et architecture de l’!; Islamique, musique).
Institutions culturelles
L’imprimerie pénétra au Liban plus tôt que dans la plupart des pays du Proche-Orient : l’une des premières presses de la région — utilisant des polices arabes et grecques — est présentée dans la bibliothèque (datant de 1696) du monastère Saint-Jean à Kincharah. Le musée de l’Université américaine et le Musée national, tous deux à Beyrouth, possèdent de remarquables collections d’antiquités.
Économie
Généralités
En 1991, selon les derniers chiffres disponibles, le PIB du Liban s’élevait à 3,62 milliards de dollars. Ravagé par plus de quinze années de guerre, le Liban, prospère jusqu’en 1975, demeure un pays relativement riche. Sa reconstruction (6 milliards de dollars en dix ans avec le plan «!Horizon 2000!») alimente une forte croissance économique (7 p. 100 annuellement en 1993 et 1994, 9 p. 100 en 1995). Les investissements étrangers ont repris, et l’aide internationale s’ajoute aux apports en devises de la communauté libanaise expatriée. La balance des paiements est excédentaire, elle atteignait 322 millions de dollars en 1996. Le chiffre du chômage est inconnu!; l’inflation, en régression, s’élevait à 6 p. 100 en 1995.
Pourtant la situation des Libanais demeure fragile puisqu’en 1996 environ 28 p. 100 de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté. En outre, la reconstruction coûte cher et le déficit public atteignait 10 milliards de dollars en 1996. La majeure partie des services publics ont été restaurés, mais leurs tarifs demeurent élevés pour la plupart des usagers.
Agriculture, forêts, pêche

En 1991, le secteur primaire occupait 11 p. 100 de la population active et constituait 9 p. 100 du PIB.
Les surfaces cultivées couvrent environ 30 p. 100 du pays et la balance agricole demeure extrêmement déficitaire. La plaine côtière, cultivée de façon intensive, produit du tabac, de la vigne et des fruits (oranges, raisin, figues et melons). Les céréales (blé, orge), les légumes et les fruits (pommes de terre, cerises, prunes, pommes), sont cultivés sur les portions irriguées de la vallée de la Bekaa. En 1994, la production d’agrumes a atteint 469 000 tonnes!; celle de pommes de terre, 294 000 tonnes!; de tomates, 246 000 tonnes!; de pommes, 165 000 tonnes. Le pavot et la marijuana, cultivés dans la plaine de la Bekaa, ont constitué une source de revenus importante pendant la guerre civile : la Syrie tente à présent de mettre fin à ces cultures.
Les moutons, les chèvres et le bétail, qui paissent sur les hauteurs, ont contribué à l’érosion des sols et à la déforestation. En 1994, le cheptel libanais comprenait 465 000 caprins, 258 000 ovins, 70 000 bovins et plus de 20 millions de volailles.
En 1993, les forêts ont fourni 500 000 m3 de bois. La pêche reste peu importante : les prises totalisaient 2 420 tonnes en 1994.
Mines et industries
En 1991, le secteur secondaire occupait 20 p. 100 de la population active et constituait 22 p. 100 du PIB. Le raffinage du pétrole, la seule industrie lourde au Liban, fut paralysé par la guerre!; les grandes manufactures ont été remplacées par des unités de production de taille plus réduite. Les principales productions industrielles concernent l’agroalimentaire, le ciment, l’aluminium et l’habillement (soie, coton).
Secteur tertiaire
En 1991, le secteur tertiaire occupait 69 p. 100 de la population active et constituait 69 p. 100 du PIB.
Secteurs traditionnellement dominants de l’économie libanaise, la banque et les assurances, le tourisme et le commerce ont beaucoup souffert de la guerre et se redressent lentement.
L’unité monétaire, émise par la Banque du Liban, est la livre libanaise divisible en 100 piastres.
La plupart des réseaux de communication ont été restaurés depuis la fin du conflit. Le réseau routier représente quelque 7 100 km, le parc automobile est très développé. Les infrastructures ferroviaires ont été gravement endommagées par la guerre : 415 km de voies ferrées étaient en service en 1995. L’aéroport de Beyrouth, fermé durant de longues périodes entre 1975 et 1990, dessert de nombreux pays. Le Liban dispose d’une importante flotte de commerce.
Lieu de villégiature privilégié du Proche-Orient des années 1950 aux années 1970, le Liban accueillait, dans ses stations balnéaires à la mode, de nombreux visiteurs en provenance de la région mais aussi d’Europe. Très touché par la guerre, le tourisme a légèrement repris depuis le début des années 1990. Le pays a accueilli 400 000 visiteurs en 1995 (contre plus de 3 millions en 1974), ce qui représente un revenu de 710 millions de dollars.
Commerce extérieur
Le commerce joue un rôle prépondérant dans l’économie libanaise. Jusqu’au milieu des années 1970, de nombreuses firmes étrangères possédaient des succursales à Beyrouth, véritable plaque tournante de la région pour les affaires.
En 1995, la balance du commerce extérieur était fortement déficitaire avec 982  millions de dollars d’exportations et 7 393 millions de dollars d’importations.
L’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, la Syrie, ainsi que la France, l’Allemagne, l’Italie et les États-Unis sont les principaux partenaires commerciaux du Liban.
Histoire
L’Antiquité
L’histoire ancienne du Liban est celle de la Phénicie. Après avoir atteint leur apogée au Xe siècle av. J.-C., les cités phéniciennes comme Byblos, Sidon (voir Saïda) ou Tyr (voir Sour), qui connurent la domination des Assyriens puis des Babyloniens, s’hellénisèrent durant l’ère séleucide (à partir du IVe siècle av. J.-C). En 64 av. J.-C., Pompée conquit la Phénicie et l’annexa à l’Empire romain, dans la province de Syrie. Durant cette période, les cités renouèrent avec la prospérité, le commerce reprit son essor. Les temples de Baalbek témoignent aujourd’hui d’une culture brillante. L’araméen se diffusa parmi la population. La christianisation progressa après le partage de l’Empire romain, en 395 apr. J.-C, lorsque la région échut à Byzance.
La conquête musulmane
En 635, les troupes arabo-musulmanes des Omeyades conquirent le pays. Le Mont-Liban fut intégré à la région militaire arabe de Damas. Au XIe siècle, les druzes trouvèrent refuge dans le sud de la montagne libanaise, dont la partie nord était habitée par les maronites!; dès lors, une mosaïque de communautés religieuses habita la région. De 1099 à 1291, les croisés dominèrent le pays et établirent des royaumes chrétiens divisés entre le comté de Tripoli, au nord, et le royaume latin de Jérusalem, au sud. Les mamelouks d’Égypte menèrent la reconquête musulmane du Liban à la fin du XIIIe siècle!; Beyrouth, définitivement reprise en 1291, devint un port de commerce actif.
La domination ottomane
La mise en place d’une administration mixte
En 1516, les Turcs ottomans ravirent aux Mamelouks toute la côte de la Méditerranée orientale. Tandis que les élites urbaines devenaient les fonctionnaires de l’Empire ottoman, les «!émirs de la montagne druze!» régnaient sur le Mont-Liban, largement autonome par rapport à la Sublime Porte. Cette autonomie fut rendue possible par le processus d’intégration socio-économique des communautés druzes, maronites et chiites. La grande féodalité druze donnait sa structure à l’entité libanaise tandis que la paysannerie maronite, qui connaissait une forte croissance démographique, assurait sa prospérité. Le XVIe siècle fut aussi celui de l’ouverture du clergé maronite sur l’Europe de la Renaissance. La première dynastie de l’émirat libanais fut druze : elle débuta avec les Banu Maan. Le règne de Fakhr al-Din (1585-1635) fut le plus brillant : la montagne libanaise sortait de son isolement!; une alliance fut même conclue avec le duché italien de Toscane.
Le pouvoir passa ensuite aux mains d’une dynastie sunnite, celle des Chehabides (1697-1842), qui se convertit au christianisme maronite au début du XVIIIe siècle. Cette conversion illustre la remarquable perméabilité des communautés libanaises — pratiquement inexistante dans les autres territoires du Proche-Orient ottoman.
Pourtant, le règne de Béchir II Chehab (1788-1840) devait être le prélude à la première crise intercommunautaire. Ce dernier, en effet, mena une politique d’abaissement de la féodalité druze (qui visait notamment la famille des Joumblatt). En 1831, il s’allia avec le vice-roi d’Égypte Méhémet Ali qui s’était lancé dans la conquête du territoire syrien et menaçait la puissance ottomane. Les entreprises militaires de Béchir II étaient financées par l’impôt, dont le poids accablait les paysans maronites et chiites. Les druzes mirent à profit le mécontentement des populations de la montagne pour obtenir, en 1840, la déposition de l’émir, avec l’appui de la Sublime Porte et des puissances européennes, dont l’influence locale grandissait.
Les prémices de la partition communautaire
De 1840 à 1860, la montagne libanaise fut ensanglantée par les affrontements entre druzes et maronites. C’en était fini de la symbiose entre communautés, et, par voie de conséquence, de l’autonomie libanaise. Les Ottomans jouaient désormais un rôle plus direct, mais les réformes inspirées du modèle européen (Tanzimat) venaient trop tard. La rupture entre les communautés avait été favorisée par la politique de Béchir II. La rivalité entre les puissances européennes, française et britannique, qui convoitaient les territoires ottomans, joua également un rôle dans les massacres intercommunautaires : la première soutenait la communauté maronite — Napoléon III envoya 6 000 hommes pour protéger les chrétiens — tandis que la seconde appuyait la féodalité druze.
Pour la première fois, en 1841, le Mont-Liban fut divisé en deux territoires, sur une base confessionnelle : les maronites étaient concentrés au nord, les druzes, au sud. Les affrontements prirent fin, en 1864, avec la signature d’un accord mettant en place une nouvelle administration. Celle-ci fut imposée aux Ottomans par les puissances européennes concernées par la question d’Orient (la France, la Grande-Bretagne, l’Autriche-Hongrie, la Russie). Selon ce protocole, un Petit-Liban fut constitué, tandis que les périphéries nord et sud du Mont-Liban et de la Bekaa furent rattachées à la province ottomane de Syrie. Le statut du Petit-Liban jetait les bases de la partition confessionnelle de la vie politique : sa gestion en était confiée à un gouverneur ottoman, nécessairement chrétien, placé sous le contrôle des consuls européens. Une assemblée délibérante siégeait auprès du gouverneur!; les membres en étaient des représentants des communautés religieuses. Le nouveau système politique était donc fondé sur la représentation des diverses communautés.
Le mandat français
Les Ottomans, entraînés par le jeu des alliances dans la Première Guerre mondiale aux côtés des Empires centraux, suspendirent l’autonomie du Liban dès 1914. Les mouvements réclamant l’indépendance se développèrent et une première révolte arabe, soutenue par les Britanniques, éclata. À l’issue du conflit mondial, le traité de Sèvres (1920) régla le sort de l’Empire ottoman défait et définit les frontières actuelles du Liban. Les accords secrets Sykes-Picot, conclus entre Français et Britanniques dès 1916, avaient placé le pays dans la zone d’influence française au Proche-Orient.
Ainsi, en avril 1920, la France se vit confier un mandat de la Société des Nations (SDN) sur le Liban. Les maronites obtinrent d’elle le rattachement des plaines demeurées sous contrôle direct de l’Empire ottoman. Pour la première fois étaient réunies les deux entités géographiques et culturelles qui avaient eu jusqu’alors des trajectoires différentes. Cette unification n’alla pas sans tensions. La création du Grand-Liban, le 1er septembre, s’opposait au projet des nationalistes arabes syriens d’une Grande-Syrie, auquel était favorable les sunnites. Cette question territoriale et politique devait ressurgir après l’arrivée au pouvoir à Damas d’Hafez al-Assad et déterminer en grande partie la politique syrienne durant le conflit libanais, à partir de 1975.
Le Grand-Liban fut doté, en 1926, d’une Constitution qui instaurait une République et consacrait la partition sur une base confessionnelle : le chef de l’État serait un chrétien maronite, le chef du gouvernement, un musulman sunnite, le président de la Chambre, un musulman chiite. Sous le mandat français, les villes se modernisèrent et Beyrouth, capitale et siège du haut-commissaire français, s’étendit, sous la pression démographique due à l’immigration arménienne et kurde. La domination, politique et économique, des maronites s’affirma, favorisée par les Français. Le mandat fut confirmé par l’Acte de Londres, le 24 juillet 1922, mais il n’allait pas résister aux volontés indépendantistes.
Reconnue en 1936, l’indépendance du pays, proclamée en 1941 par le général Catroux, ne fut effective qu’en novembre 1943!; cependant les dernières troupes françaises ne quittèrent le Liban qu’en 1946.
Les années prospères
Le Pacte national

L’existence du nouvel État fut scellée par la conclusion du Pacte national, le 7 octobre 1947 : les maronites renonçaient à se placer sous protection occidentale tandis que les sunnites abandonnaient tout projet d’intégration au sein d’une entité arabe ou musulmane plus large. Mais le Pacte national figeait également le système politique. Druzes, chiites et communautés chrétiennes minoritaires étaient marginalisés, le partage du pouvoir profitant aux seuls maronites et sunnites. Sur le plan de la politique extérieure, le consensus prévalut également : le Liban adhéra à la Ligue arabe dès 1949 mais maintint ses liens privilégiés avec l’Occident, et affirma toujours sa spécificité au Proche-Orient.
Démocratie parlementaire moderne, le Liban n’en demeurait pas moins dominé par les élites, issues des grandes familles qui pratiquaient le népotisme et, parfois, la corruption. Les partis politiques qui se constituèrent étaient davantage des réseaux clientélistes, formés sous l’autorité d’un chef de clan. Les rivalités politiques n’opposaient pas seulement les communautés : elles dressaient, au gré des alliances claniques, les grandes familles les unes contre les autres, chacune contrôlant un territoire, une ville. De 1943 à 1952, le président Bichara el-Khoury dirigea le pays avec son Premier ministre, Ryad Solh.
Pourtant, durant plus de trente ans, le Liban connut une période de grande prospérité, qui ne profita cependant pas à toutes les communautés. Les chiites et les Palestiniens, qui avaient afflué sur le territoire libanais depuis 1948, n’en retirèrent guère d’avantages.
À la suite d’élections frauduleuses, en 1947, un front d’opposition se développa et contraint Bichara el-Khoury à démissionner en septembre 1952!; un nouveau président, Camille Chamoun, fut porté au pouvoir. Celui-ci, assisté par Sami Solh, chef du gouvernement, entama une politique de réformes (nationalisations, réorganisation de la justice) et rompit avec une politique extérieure équilibrée entre le monde arabe et l’Occident, inscrite dans le Pacte national!; il resserra les liens avec les pays occidentaux et approuva publiquement la doctrine Eisenhower d’endiguement du communisme.
Une situation fragile
Les frustrations et les oppositions intercommunautaires s’exaspérèrent dans les années 1950, dans un contexte régional tendu, marqué par la crise de Suez en 1956. Le nationalisme arabe, qui avait trouvé en Israël un nouveau catalyseur après le retrait des puissances coloniales européennes, était porté à son comble. En 1958, nombreux furent les musulmans libanais à applaudir à la création de la République arabe unie (RAU), rapprochant l’Égypte et la Syrie. En mai 1958, une insurrection éclata parmi les musulmans, menée par le dirigeant sunnite Rachid Karamé et dirigée contre le président Camille Chamoun, accusé d’avoir manipulé les élections législatives de juin 1957. Le soulèvement opposa partisans et adversaires de la RAU, et de fait, musulmans et chrétiens au cours d’affrontements armés. Après que la monarchie irakienne eut été renversée, en juillet 1958, par les progressistes baasistes, le président Chamoun obtint le débarquement de 15 000 marines américains de la VIe flotte. La stabilité du Liban était devenue un enjeu géopolitique majeur pour les grandes puissances.
Le commandant en chef de l’armée libanaise, Fouad Chéhab, très populaire dans le pays, fut élu à la présidence de la République après le départ de Camille Chamoun. La crise de 1958 avait coûté la vie à plus d’un millier de personnes. Le président Chéhab, toutefois, mena une politique de réconciliation en rééquilibrant la répartition des postes dans la fonction publique (au profit, surtout, des sunnites), lança des réformes sociales, promulgua une nouvelle loi électorale et consolida l’État. En politique étrangère, il améliora les relations avec l’Égypte de Nasser. Il fut, durant les six ans de son mandat, constamment en butte à l’hostilité de la classe politique traditionnelle. Lassé des manœuvres des chefs de clan, il renonça, en 1964, à se présenter devant les électeurs pour un nouveau mandat.
La tourmente proche-orientale
Les réfugiés palestiniens
Le Liban, dont deux bataillons de l’armée avaient pris part à la première guerre israélo-palestinienne (1948-1949!; voir Israël), s’en tint à une solidarité diplomatique avec les États arabes durant la guerre des Six-Jours, en 1967, ce qui le plaça dans une situation marginale par rapport aux autres États arabes. Ce conflit, pourtant, devait avoir de profondes répercussions dans le pays. L’occupation par Israël de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de la bande de Gaza provoqua un nouvel afflux de réfugiés palestiniens dont le nombre augmenta encore après la répression, par l’armée jordanienne, des résistants palestiniens en septembre 1970 (voir Septembre noir). En 1949, environ 140 000 Palestiniens s’étaient réfugiés dans le sud du Liban!; à l’été 1971, ils étaient estimés entre 250 000 et 500 000. Or, le 3 novembre 1969, à la suite d’affrontements entre Palestiniens et armée libanaise, le gouvernement libanais avait, par les accords du Caire, reconnu le droit de cité aux fedayin («!combattants!»)de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), ainsi que leur extraterritorialité. Ceux-ci trouvèrent refuge sur le territoire libanais à partir duquel ils multiplièrent les attaques contre Israël qui, à son tour, mena des représailles au-delà de la frontière.
La situation intérieure

La présence des réfugiés palestiniens sur le sol libanais et la lutte entre l’OLP et Israël fut au cœur des débats politiques. Deux tendances se dégagèrent : d’un côté, les libanistes qui souhaitaient la fin des combats menés par les fedayin — leur tendance se regroupa parmi les milices des Kataëb ou Phalanges libanaises —, de l’autre côté, les arabistes qui soutenaient les Palestiniens et constituèrent, en 1972, le Front arabe de participation à la résistance.
En août 1970, Soleiman Frangié fut élu président de la République. Cette période fut marquée par l’émergence de mouvements intellectuels de gauche qui soutenaient la résistance palestinienne et prônaient la laïcisation du régime par la fin de la confessionalisation du système politique. Les années 1970 se caractérisèrent également par une crise économique et sociale. La contestation de la population s’exacerba à travers des mouvements de grève et des manifestations.
La défaite arabe de 1967 avait été celle du nationalisme nassérien. Le projet islamiste d’unification du monde musulman s’en trouvait conforté!; il pouvait se substituer à celui du dirigeant égyptien. Les groupes islamistes radicaux montrèrent dès lors leur force au grand jour. La guerre du Kippour, en 1973, ne fit que confirmer cette évolution. Au cours de ce conflit, le Liban soutint l’Égypte et la Syrie.
Les mouvements palestiniens, chiites et druzes constituèrent progressivement un front objectif contre l’hégémonie politique et économique des chrétiens, et, dans une moindre mesure, des sunnites. Les accrochages se multiplièrent avec les Kataëb, les Phalanges armées maronites fondées en 1936 par Pierre Gemayel.
La guerre du Liban
Un conflit généralisé
Le 13 avril 1975, des accrochages entre phalangistes et membres de l’OLP marquèrent le début d’une guerre longue de quinze années. À partir du mois d’août, le conflit se généralisa, opposant les différentes milices chrétiennes et l’armée libanaise, d’une part, aux combattants palestiniens et aux mouvements islamo-progressistes, d’autre part. Le gouvernement avait perdu toute autorité!; le pouvoir appartenait aux factions, structurées pour une large part autour des clans traditionnels.
Avec l’approbation de la droite chrétienne, le président Frangié demanda en 1976 l’intervention de la Syrie, qui trouva là l’opportunité d’occuper le pays — les troupes syriennes pénétrèrent dans Beyrouth en novembre — et surtout de lutter contre la montée en puissance des Palestiniens, dont le projet national constituait un obstacle à la formation d’une «!Grande Syrie!». Les Syriens, qui avaient d’abord soutenu le Mouvement national libanais — rassemblant Palestiniens et progressistes musulmans libanais sous la direction du druze Kamal Joumblatt —, se portèrent au secours des chrétiens, alors en position de faiblesse. Ils devaient se retourner à partir de 1978 contre ces derniers.
Beyrouth fut partagée par une «!ligne verte!» séparant l’Est chrétien de l’Ouest musulman. Le pays était lui-même morcelé en unités territoriales tenues par les chefs de guerre.
Le 16 octobre 1976, une conférence se tint à Riyad avec les représentants de l’OLP, du Liban, de l’Arabie Saoudite, de l’Égypte et du Koweït qui entérina la présence des troupes syriennes sur le sol libanais et mit fin aux hostilités. Elle fut suivie, le 25 octobre, d’un sommet de la Ligue arabe au Caire qui créa une Force arabe de dissuasion, composée en majorité de soldats syriens.
L’intervention des Occidentaux
La violence continua néanmoins. En 1977, Kamal Joumblatt fut assassiné. De nouveaux affrontements se déroulèrent entre l’armée syrienne et les milices chrétiennes. En juin 1978, Tony Frangié, le fils de l’ancien président, fut assassiné et de profondes divisions apparurent entre le Front libanais et les phalangistes de Pierre Gemayel allié à Camille Chémoun, d’une part, et la tendance représentée par Soleiman Frangié, d’autre part.
Dès le mois de mars 1978, Israël envahit le sud du Liban pour tenter de détruire les bases palestiniennes. Les Palestiniens furent repoussés au nord du Litani. Les Nations unies envoyèrent une force d’interposition : la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), mais Israël maintint son soutien aux maronites et ses attaques contre les bases de l’OLP au Liban. Le 18 avril 1979, le général Saad Haddad, qui avait rompu avec l’armée libanaise, proclama un «!État du Liban-Sud!».
Cette même année vit le triomphe, à Téhéran, de la révolution chiite menée par l’ayatollah Khomeiny. L’Iran devint alors l’un des acteurs régionaux du conflit libanais. Le régime des mollahs soutint sans discontinuer la milice chiite islamiste du Hezbollah et les groupes terroristes du Djihad islamique, qui multiplièrent les attentats, au Liban mais aussi en Israël.
En 1981, la Force arabe de dissuasion affronta les milices des Kataëb, soutenus par Israël. Les combats se multiplièrent jusqu’à l’établissement d’un cessez-le-feu le 24 juillet 1981. Les forces syriennes contrôlaient le nord et la plaine de la Bekaa, tandis que le sud et Beyrouth-Ouest était aux mains des progressistes et de l’OLP. Sur le plan politique, la situation était également chaotique : la difficulté étant de restaurer l’État. Béchir Gemayel (fils cadet de Pierre Gemayel), à la tête des Phalanges ou Forces libanaises, s’allia à Camille Chamoun et tous deux constituèrent le Front libanais, regroupant les Kataëb et les maronites.
L’intervention israélienne
Le 6 juin 1982, le ministre de la Défense israélienne, Ariel Sharon, lança l’opération «!paix en Galilée!» dans laquelle furent engagés jusqu’à 100 000 soldats, qui traversèrent la ligne d’interposition tenue par la Finul et assiégèrent Beyrouth, où ils rejoignirent les Forces libanaises de Gemayel. Durant douze jours à partir du 1er août, la ville où était retranchée l’OLP, fut soumise à des bombardements intensifs. Le 20 août, un cessez-le-feu était obtenu par les États-Unis!; près de 15 000 combattants de l’OLP furent évacués par les flottes des pays occidentaux.
Après l’assassinat, en septembre, du président Béchir Gemayel, élu quatre mois plus tôt, les phalangistes massacrèrent plus d’un millier de civils palestiniens réfugiés dans les camps de Sabra et de Chatila, dans la zone contrôlée par Israël. Amine Gemayel fut élu en remplacement de son frère. Les massacres de Sabra et Chatila furent à l’origine d’une crise politique en Israël. Au Liban, ils provoquèrent l’intervention d’une Force multinationale de sécurité des Nations unies, composée de troupes françaises, américaines et italiennes.
En mai 1983, un accord prévoyait la fin de l’état de guerre et le retrait des forces israéliennes, conditionné par celui des Palestiniens et des Syriens. Israël conservait cependant un droit de police au Liban-Sud. Pourtant les combats reprirent, les troupes syriennes attaquèrent les fedayin au cours du mois de juin.
L’opération «!paix en Galilée!» avait marqué l’irruption du conflit dans les régions du Chouf (centre du Mont-Liban) et de Saïda, jusqu’alors relativement épargnées. À partir de septembre 1983, éclata la «!guerre de la Montagne!». Les druzes menés par Walid Joumblatt, fils de Kamal Joumblatt, soutenus par des combattants palestiniens et par l’artillerie syrienne, repoussèrent les Forces libanaises.
Une situation de plus en plus confuse

Deux attentats suicides, attribués aux groupes chiites radicaux, causèrent la mort de plus de 300 soldats américains et français le 23 octobre 1983. Avant de se retirer complètement en février 1984, la Force multinationale évacua les derniers combattants palestiniens assiégés dans Tripoli par les Syriens et les dissidents palestiniens opposés à l’al-Fatah de Yasser Arafat.
En mars 1984, après plusieurs mois de négociations, les chefs politiques des principales communautés, réunis sous l’égide de l’Arabie Saoudite et de la Syrie, s’accordèrent sur la formation d’un gouvernement d’union nationale présidé par Rachid Karamé et qui comptait parmi les ministres Camille Chamoun, Walid Joumblatt et Nabih Berri, dirigeant du mouvement chiite «!progressite!» Amal depuis la disparition, en 1978, de son fondateur l’imam Musa Sadr.
Israël se retira en 1985, cédant le contrôle de la zone de sécurité à ses alliés chrétiens, l’Armée du Liban-Sud (ALS). De son côté, le Hezbollah chiite, soutenu par l’Iran, prit pour cible l’ALS, mais également Amal et les progressistes laïques. Les enlèvements d’Occidentaux se multiplièrent.
En février 1987, alors que le mouvement Amal affrontait ses anciens alliés progressistes dans Beyrouth-Ouest, la Syrie dépêcha 7 000 hommes en renfort dans le secteur musulman. L’armée syrienne opéra la réunification de la capitale libanaise. Les Syriens menèrent, alors, par l’intermédiaire d’Amal une nouvelle «!guerre des camps!», assiégeant durant trente mois, de juin 1985 à mars 1988, les camps palestiniens de Borj al-Barajneh, de Sabra et Chatila et de Rachidiyé.
Lorsque le mandat présidentiel d’Amine Gemayel expira en septembre 1988, aucun accord n’avait été trouvé pour la désignation de son successeur. Il nomma alors le commandant des armées, le général chrétien Michel Aoun,  à la tête du gouvernement provisoire. En fait, les factions chrétiennes et musulmanes mirent chacune en place leur propre administration!; le gouvernement conduit par le sunnite Selim el-Hoss refusant de démissionner s’installa dans Beyrouth-Ouest. En mars 1989, le général Aoun lançait une «!guerre de libération!» contre la Syrie qui acheva de ruiner le pays et s’accompagna d’affrontements meurtriers avec les Forces libanaises, désormais dirigées par Samir Geagea.
Reprise du contrôle par la Syrie
En octobre 1989, sous l’égide du Maroc, de l’Algérie et de l’Arabie Saoudite, 59 députés libanais (sur 79 encore vivants) s’accordèrent sur un projet de réforme constitutionnelle, prévoyant un rééquilibrage des pouvoirs, et à terme l’abolition du confessionalisme. En novembre, ces accords signés à Taëf, en Arabie Saoudite, furent ratifiés par le Parlement, qui élut René Mouawad à la présidence. Ce dernier fut assassiné dix-sept jours plus tard et le Parlement désigna un autre maronite, Elias Hraoui, pour lui succéder.
En octobre 1990, les troupes syriennes et l’armée libanaise régulière mirent en déroute les forces armées demeurées fidèles à Aoun. Par la suite, l’armée libanaise, soutenue par la Syrie, reprit le contrôle de la majeure partie du pays, désarma les milices et chassa l’OLP de ses bastions dans le Sud-Liban. Le retour progressif à la paix coïncida avec le déplacement des conflits proche-orientaux vers le golfe Arabo-Persique, d’une part (voir Golfe, guerre du), et avec les progrès du processus de paix entre Israël, Palestiniens et pays arabes, d’autre part.
En mai 1991, la Syrie et le Liban signèrent un traité d’amitié et de coopération, confirmant les termes des accords de Taëf qui comportaient un volet sur les relations entre les deux pays : la Syrie pouvait demeurer au Liban jusqu’à la mise en application de toutes les réformes constitutionnelles prévues et jusqu’au retrait israélien du Liban-Sud. Le traité prévoyait également l’harmonisation des politiques économiques, culturelles et extérieures des deux pays.
Le Liban en paix
Le bilan de quinze ans de guerre est difficile à établir. Le conflit libanais aurait fait quelque 150 000 victimes libanaises depuis 1975.
La reconstruction économique du pays a été engagée rapidement, mais l’établissement d’un système politique accepté par tous semble plus difficile, comme en témoigne le boycottage des élections de 1992 par les chrétiens. La tutelle qu’exerce de facto la Syrie sur le Liban, renforcée par la victoire de ses partisans aux législatives de septembre 1996, entame aux yeux d’une partie de la population la légitimité du nouveau pouvoir, composé depuis 1992 d’Elias Hraoui à la présidence de la République, de Rafic Hariri à la tête du gouvernement et de Nabih Berri à la présidence de l’Assemblée.
La présence au Liban-Sud du Hezbollah, soutenu par l’Iran et la Syrie, et de l’ALS — qui n’ont pas été désarmés — de part et d’autre de la zone contrôlée par Israël, fragilise également la paix. L’accord conclu en juillet 1993, prévoyant la fin des attaques à la roquette du Hezbollah contre le nord d’Israël et l’arrêt des bombardements israéliens au Liban-Sud, n’a guère été respecté.
En avril 1996, répondant à des attaques du Hezbollah, Israël lança l’opération «!Raisins de la colère!». L’aviation israélienne bombarda ainsi les bases du Hezbollah, ainsi que des objectifs civils au Liban, jusque dans le sud de Beyrouth. Au moins 100 personnes trouvèrent la mort sous les bombardements, alors qu’elles s’étaient réfugiées dans un camp de la Finul, situé à Cana, près de Sour. Un nouvel accord de cessez-le-feu au Liban-Sud fut négocié, le 26 avril, sous l’égide des États-Unis et de la France, qui reconduisait l’accord de 1993, mais établissait un contrôle d’un comité international. L’évolution de la situation au Liban est étroitement liée à la poursuite des négociations de paix entre Israël, Palestiniens et pays arabes, en particulier la Syrie. Ainsi, en avril 1998, l’offre israélienne de retirer sous condition son armée de la zone qu’il contrôle dans le sud du Liban, comme l’exige la résolution 425 du Conseil de sécurité de l’ONU, a été repoussée par les dirigeants libanais et syriens, ces derniers ne voulant pas dissocier cette question de celle relative à la restitution du Golan annexé en 1981.
Toutes ces informations sont tirées de "Microsoft Encarta 1999".

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