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Jean dans la Lune ?
Quand j'étais petit, comme tout le monde, j'ai gobé
les histoires des grands. De Jules Verne à Tintin, tous me
disaient que je marcherais sur la Lune en l'an 2000. Aujourd'hui,
an novembre 2001, je n'y ai toujours pas mis un pied et c'est toujours
la même élite qui s'envoie an l'air : Grand bien lui
fasse ? Ce n'est pas par jalousie que je prends la plume, mais par
souci d'équité, de vérité et de bon
sens.
Le principal argument pour la réouverture du pôle chimique
sud toulousain et particulièrement la réouverture
de la Société Nationale des Poudres et Explosifs,
porte sur la nécessité de rétablir au plus
vite la production du carburant pour les fusées, an particulier
encore la fusée Ariane. Je ne vais pas entrer dans un débat
scientifique sur la dangerosité de tel ou tel produit fabriqué
ici, comme l'hydrazine ou le dioxyde d'azote, certains savants le
feront beaucoup mieux que moi.
Je voudrais simplement dire aux enfants de ne pas se laisser abuser
par des histoires abracadabrantes sur nos voyages intergalactiques.
Ils ne marcheront certainement pas, eux non plus sur la Lune, et
ceux qui le feront, ne produiront que souillures, exploitation et
destruction. On veut nous faire croire vue l'Humanité ne
peut évoluer que dans un sens parallèle aux sciences
et a leurs applications technologiques. C'est un mensonge pour vous
exploiter, pour exploiter votre énergie et votre force de
travail au profit des maîtres politico-économiques
du monde.
Petits, il faut que vous sachiez que la principale utilité
de ces fusées est aujourd'hui de transporter des armes explosives
de destruction massive. Que satellites et autres bidules n'ont pour
fonction principale que l'activité humaine militaire. Soit
pour les guerres actuelles (guerre économique incluse), soit
en prévision des guerres des étoiles à venir.
Le carburant qui serait refabriqué à la SNPE à
Toulouse servirait entre autres à faire décoller des
fusées de la base de Kourou en Guyane (colonie française).
Pour la population locale qui vit régulièrement le
risque d'explosion d'une de ces fusées et de son carburant
hautement toxique, les pouvoirs publics ont prévu le coup
du confinement
Comme à Toulouse, sans portes ni fenêtres, a la différence
que là-bas la plupart des gens vivent à l'air livre,
sans vitres, du fait du climat. Population sacrifiée a sur
l'autel du progrès ?
Assez de mensonges, nous n'irons jamais dans la lune et nous ne
voulons pas y aller que ceux qui le veulent se démerdent
sans mettre nos vies en danger. La SNPE est toujours inutile et
dangereuse. Quant aux autres industries du pôle chimique,
quant au phosgène, au chlore pour les piscines... il existe
des solutions de remplacement qui nécessitent la reconversion
du site, de la production et des travailleurs qui veulent encore
travailler.
Au bout de l'impasse : le mur. Nous sommes de plus en plus nombreux
à prendre conscience des risques
Qu'impose le rêve de développement outrancier et nous
ne voulons plus les prendre. Fermeture définitive des usines
de mort, pas de transfert à l'étranger, reconversion
de la production.
Que les histoires redeviennent belles.
Jean de la lune, couillon sinistré du 21 septembre,
à Toulouse, le 7 novembre 2001
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