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ARB : 15 ans ! AZF : Combien ? Gaël Roblin, prisonnier politique breton

Les huit militants indépendantistes Bretons incarcérés dans les prisons de
la gauche plurielle française ont effectué à eux tous de façon cumulée plus
de 15 ans de prison, et ce sans aucun jugement pour leur appartenance
supposée à l'Armée Révolutionnaire Bretonne.

Les dirigeants de l'usine AZF de Toulouse qui travaillaient pour le compte
du groupe ELFTOTALFINA, n'ont eux pas effectué une minute de garde à vue
pourleur gestion rentabiliste de ce site, malgré le décès de nombreuses
personnes, pas plus d'ailleurs que les actionnaires de ce groupe.

Certains des militants indépendantistes bretons incarcérés ont commencé leur
troisième année de détention. Trois d'entre eux sont gravement malades; les
soins qui leurs sont dispensés sont insuffisants, au point que le Comité
Européen de Prévention de la Torture s'est saisi du cas de l'un d'entre eux,
car il estime que son cas relève des traitements inhumains et dégradants.

Les avocats de ces prisonniers politiques considèrent que les instructions
sont uniquement menées à charge, et que certaines détentions sont motivées
officiellement par l'appartenance de prisonniers à un mouvement politique
indépendantiste public. Ils sont tous les huit dispersés sur trois
établissements pénitentiaires en région parisienne, ce qui occasionne ennuis
et tracas et frais énormes pourles visites qui nécessitent près de 1000km
aller-retour pour 30 à 45 minutes de parloir. Il en est de même pour les
avocats.
Cette dispersion est une discrimination de plus car les prisonniers
politiques corses et basques en région parisienne sont incarcérés par petits
groupes.

Bien que la Cour européenne des Droits de l'Homme considère qu'une durée de
prison « provisoire » ne doit pas excéder deux ans, les huit
indépendantistesbretons subissent l'arbitraire des décisions des juges
anti-terroristes qui les maintiennent en détention OFFICIELLEMENT en raison
de leurs engagement etpersonnalité, en rappelant cyniquement que la
législation française en matière antiterroriste (mise en place sous un
modèle de vertu républicaine française, Pasqua, et jamais remise en cause
par la « gauche plurielle ») leur permet de garder à l'ombre sans jugement
quelqu'un pendant quatre ans !

La Ligue française des Droits de l'Homme a d'ailleurs récemment dénoncé le
traitement réservé aux indépendantistes bretons, et fustigé une fois deplus
les lois anti-terroristes. La présence de ces huit Bretons dans les prisons
françaises est une conséquence directe de la situation politique en Bretagne
(partition du territoirebreton, non-reconnaissance officielle du Peuple
Breton par l'Etat français, non-officialisation de la langue bretonne,
absence de pouvoir politique bretonpermettant au peuple et aux travailleurs
bretons de faire face à la mondialisation libérale), et ce au-delà des faits
qu'on leur reproche.

Le sort qui leur est réservé montre bien que c'est un emprisonnement de type
politique et arbitraire qui leur est infligé par une juridiction
d'exception, particulièrement s'il est comparé à celui réservé aux
responsables de l'explosion de l'usine AZF.

C'est pourquoi nous demandons, outre, bien sûr, la libération des huit
prisonniers politiques bretons, l'application d'un statut de prisonnier
politique qui sous entend :
- le regroupement des prisonniers politiques bretons,
- le rapatriement en Bretagne
- la libération immédiate des trois prisonniers malades
- le droit pour eux de s'exprimer en langue bretonne lors de l'instruction
et des procès.
Nous réclamons également l'abolition de la législation d'exception
anti-terroriste qui se révèle, à terme, être un instrument d'oppression
politico-judiciaire contre les dissidents de tous poils.

Gaël Roblin, prisonnier politique breton


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