Comité
de Solidarité avec Paris, le 7 janvier 2002.
Euskal Herria de Paris
10 rue de Panama
75018 Paris
[email protected]
Les huit prisonniers politiques bretons actuellement incarcérés
en région parisienne subissent l'application de lois d'exception
qui leur portent préjudice, non seulement à eux mais
aussi à leurs fammilles et proches.
En effet, certains d'entre eux sont maintenant en détention
"provisoire" depuis plus de deux ans et n'ont pas été
entendus par les magistrats instructeurs depuis plus de neuf mois.
Les lois françaises
stipulent que les détenus doivent être incarcérés
dans la prison la plus proche de leur domicile. Si ce n'est pas
le cas pour de nombreux prisonniers, ce n'est jamais le cas pour
les prisonniers politiques qui sont soumis aux lois dites anti-terroristes.
Ils sont donc systématiquement incarcérés en
région parisienne, officiellement pour faciliter l'instruction.
Pourtant, les magistrats ne les interrogent que
très rarement, ce qui montre que les enquêtes piétinent.
Résultat : les familles doivent faire 500 kilomètres
aller-retour (donc 1000 kilomètres), payer l'essence, les
péages autoroutiers ou le train pour pouvoir voir leur proche
30 à 90 minutes à chaque déplacement! C'est
en fait une extorsion arbitraire (extrajudiciaire) de temps et d'argent
qui pénalise indûment les familles et les proches des
personnes en détention "provisoire". Le même
problème financier se pose pour les avocats, ce qui porte
évidemment préjudice à la défense.
Autre fait condamnable : la durée de la détention
provisoire puisque ces huit prisonniers ne sont toujours pas jugés.
Rappelons que la Convention Européenne des Droits de l'Homme
préconise que la détention provisoire ne dépasse
pas deux ans et c'est déjà trop . L'Etat français
pourrait donc être condamné une fois de plus à
ce sujet, comme il l'a déjà été par
le passé, mais cette condamnation n'est que de principe :
elle n'entraîne l'application d'aucune mesure particulière.
Certains de ces prisonniers sont par ailleurs malades et n'ont
pas accès aux soins qui leur sont nécessaires. Ainsi,
Gérard Bernard a appris qu'il devait subir une opération
à la thyroïde à la suite de la découverte
d'un nodule peut-être cancéreux, mais la nature-même
de ce nodule reste mystérieuse, les examens le concernant
n'étant toujours pas effectués, un an après
sa découverte! Paskal Laizé, victime d'un accident
de voiture peu de temps avant son arrestation, ne pourra plus jamais
marcher normalement : les soins de kinésithérapie
que son état imposait ne lui ont jamais été
administrés. Alain Solé, enfin, diabétique,
est devenu insulino-dépendant au cours de sa détention,
et a été victime d'un coma qui aurait pu être
mortel car on ne lui avait pas fourni les doses d'insuline dont
il avait besoin.
Notons enfin que les faits reprochés aux huit prisonniers
politiques bretons sont de nature politique, mais l'Etat français
ne reconnaît plus ce caractère depuis 1981, faisant
de ces militants des "terroristes", appellation fourre-tout
qui sous-entend que leurs actes relèvent d'un pur fanatisme.
Cela est loin d'être le cas, d'autant plus que les dossiers
d'instruction semblent cruellement manquer de preuves (on peut s'en
rendre compte à chaque audience concernant leurs demandes
de remise en liberté).
C'est pour toutes ces raisons que la Coordination Anti-Répressive
de Bretagne demande "un statut de prisonnier politique comprenant
:
-le rapprochement en Bretagne,
-le regroupement dans le même bâtiment,
-la libération des prisonniers malades,
-le droit de s'exprimer en breton ou en gallo au tribunal et devant
les juges,
ainsi que des mesures concernant autant les politiques que les
autres prisonniers :
-l'arrêt de la censure,
-la liberté de la presse,
-la fermeture des quartiers d'isolement et du mitard,
-une nourriture convenable,
-l'obtention des parloirs double durée".
Pour agir en faveur de ces revendications, la CARB appelle à
manifester le 19 janvier 2002 à Gwengamp (Guingamp) à
15 heures, place du Vally.
Nous les soutenons dans cette initiative, car ce qu'ils dénoncent
à propos des prisonniers politiques bretons concerne aussi
les prisonniers politiques basques, corses, kurdes, turcs, ou encore
d'Action Directe et du PCE (r), qui tous souffrent de ces mesures
d'exception.
A l'heure où l'on parle de la construction de nouvelles
prisons soi-disant plus humaines et plus modernes, en fait ultra-sécuritaires
et hyper-rentables financièrement, nous devons réagir
en disant haut et fort que ce ne sont pas de nouvelles prisons que
nous voulons mais une réflexion globale sur les actes dits
de délinquance et sur les réponses à y apporter
pour enfin en finir avec toutes les prisons.
Liberté pour les prisonniers politiques bretons!
Solidarité avec les prisonniers en lutte!
A bas toutes les prisons!
Comité de Solidarité avec Euskal Herria de Paris.
Pour plus d'informations :
CARB : 06 72 35 13 27 - www.prizonidi.org
Comité de soutien Paris : 01 30 43 39 72
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