Répondre | Revenir à l'index | Message précédent | Message suivant
Date: Mardi, 10 Avril 2001, at 4:46 a.m.
Bonjour à tous,
"Le Canada, une histoire populaire" 2ième partie
Frédérick Haldimand (1718-1791) connaît pas.
LES LOYALISTES
Dans l'ouvrage ou la télésérie en titre, la seule mention que l'on fasse de Haldimand, est lorsqu'il doit exécuter un soi-disant ordre de son prédécesseur Carleton, relativement à l'accueil des Loyalistes (page 155).
Aussi pour combler cette lacune pour cette partie oubliée de l'histoire, la période se déroulant sous le mandat de Haldimand, soit celle entre 1778 et 1784, nous ferons le récit des évènements qui s'y sont déroulés.
Voici une biographie de Frederick Haldimand:
Il est né le 11 août 1718, à Yverdon, Suisse. Il fit carrière dans le régiment du Margrave appartenant à l'armée prussienne. Il y fit son entrée en 1740, comme officier, et devint commandant avec le grade de lieutenant-colonel en 1750. Il passa à l'armée britannique en mars 1756. Il joignit le régiment Royal American en mars 1756, avec le grade de lieutenant colonel.
Par la suite, Haldimand remplit une série de fonctions occupant différents postes de la Floride à New-York, gravissant les échelons passant de colonel en titre à celui général. En 1778, il est nommé gouverneur de la "Province de Québec" en remplacement de Guy Carleton. Il occupa ce poste jusqu'en 1784, remplacé par Guy Carleton revenu sous le nom de Lord Dorchester.
Dans la télésérie, la période de la guerre d'Indépendance américaine se termine avec le récit de hordes de femmes et d'enfants misérables se dirigeant vers le nord. Aussi, nous reprenons cet épisode à ce point avec l'arrivée de Haldimand.
Dès son arrivée en fonction, Haldimand suite à l'afflux des réfugiés loyalistes en provenance des états "rebelles" dut s'occuper de les loger. À cet effet des camps furent érigés et des corvées furent apppelées pour les travaux de construction.
C'est dû à l'initiative du seigneur Conrad Gugy qui suggéra au gouverneur Haldimand l'aménagement de camps sur sa seigneurie pour recevoir les Loyalistes. C'était pour les avoir à l'oeil, dit-il. C'était probablement pour se dépanner aussi auprès du gouverneur en raison de son attitude ambigüe lors du séjour de l'armée américaine de Richard Montgomery et de James Livingston dans la région lors de l'invasion américaine en décembre 1775.
Conrad Gugy, ancien subalterne de Haldimand, juge de paix, membre du conseil législatif, seigneur de Yamachiche, était demeuré sur les lieux lors du passage de l'armée américaine venue à Trois-Rivières à l'invitation des notables de la place. Elle était en route pour Québec. La milice pro-américaine s'empressa de cueillir Gugy et de le traduire devant le colonel James Livingston. Il était accusé d'avoir menacé de fouet des partisans de la cause américaine, en majorité dans la région.
On ignorait semble-t-il que Gugy et le colonel Livingston sont associés dans le commerce de céréales destinées au marché de la Nouvelle-Angleterre. À tout évènement, Gugy fut relâché muni d'un encombrant sauf-conduit écrit et signé de la main du colonel Livingston. Un sauf-conduit que Gugy eut l'imprudence de déposer au greffe du notaire Benoit Leroy.
voir le LIEN
Le premier contingent de réfugiés arrivés sur place à l'automne 1778, est composé de 110 enfants, 47 femmes et 32 hommes. La présence de nombreux enfants dans le camp a dû mettre à l'épreuve la patience des cultivateurs oeuvrant aux environs de ce camp. Ces enfants ont eu droit quand même à une école et un instituteur payés par la couronne, un privilège que n'avait pas la population locale.
Quant au comportement de ces régugiés, de ceux qui allaient suivre, il ressort de la correspondance entre Gugy et Haldimand, que l'attitude de ces réfugiés est qualifiée par le Colonel Mathiews, responsable de ces camps, d'insolente et ceux-ci sont jugés peu enclins au travail. Haldimand de renchérir en affirmant que la source de leur malheur est leur paresse. On refusait entre autres d'assumer les corvées relativement à l'approvisionnement du camp et à l'entretien des lieux.
Au début de mai 1784, au grand soulagement de la population, des arrangements furent pris pour diriger les loyalistes sur des terres situées dans la Baie des Chaleurs, et surtout à Cataraqoui (Kingston), sur des terres qu'on dit avoir acheté des Indiens. Comme on était encore dans la "Province de Québec, on a créé à cet endroit un district autonome, pour les soustraire à l'application des lois françaises dont ils avaient horreur.
Le déménagement des derniers contingents prit rapidement l'allure d'une expulsion comme en témoigne le document suivant:
Le 6 mai 1784: Document d'archives: B.63, page 464
-Colonel Mathiews à Conrad Gugy:
Reçu la liste des Loyalistes pour la Baie des Chaleurs et Cataraqoui et de ceux qui ne sont pas disposés à se rendre ni à l'un ni à l'autre de ces endroits;
"Avis devra être donné aux loyalistes à Machiche de s'embarquer à une minute d'avis, et l'on avertira ceux qui ne désirent pas prendre ces terres que la distribution des provisions cessera aux départ des colons."
Dans les prochains articles, parmi les sujets traités:il sera question de:
--Hébergement des soldats prussiens chez l'habitant,
--Désertions chez les soldats,
--Arrestation massive chez les habitants soupçonnés de sympathie proaméricaine
--et autres sujets;
Références:
"Dictionnaire biographique du Canada"
"Archives nationales du Québec,
"Collection Haldimand,"
"Histoire populaire du Québec."