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Forum Histoire du Québec

RE; Les Plaines d'Abraham, une histoire à reviser

Envoyé par: claudius
Date: Vendredi, 3 Novembre 2000, at 5:40 p.m.

Bonjour à tous,

Sujet: Les Plaines d'Abraham, une histoire à reviser.

I- LA CAPITULATION;

À la suite du siège de Québec, qui dura du 26 juin au 18 septembre 1759. La ville capitula ce jour-là faisant suite à des tractations bizarres dans lesquelles le nouveau commandant
en chef le Chevalier de Lévis et son second de Bougainville ont été tenus étonnamment à l'écart.
(François Gaston duc de Lévis, chevalier, maréchal de France 1783)
(1720-1787)

On ignore tout des éléments à l'origine de cette décision prise dans le sens d'une capitulation et ce sans prendre avis et même à l'insu des officiers supérieurs de l'armée.

Les deux officiers français à qui l'on avait demandé de hisser le drapeau blanc refusèrent. Ils ne pouvaient livrer la place forte sans les ordres formels de leurs supérieurs hiérarchiques, ces derniers n'ayant pas été prévenus.

Cette capitulation fit bondir le Chevalier de Lévis: "Il est inouï que l'on rende une place forte sans qu'elle soit attaquée ni investie."

C'est sur un affrontement qui avait précédé de cinq jours la capitulation de Québec, que l'on a bâti un drame épique, avec entrée en scène des deux généraux
ennemis tués dans l'action. L'écrivain américain Francis Parkman avait qualifié cet engagement de moins d'une demi-heure, d'escarmourche.

Dans ce drame épique, pour notre part, nous avons eu droit à des "je meurs content, je ne verrai pas les Anglais dans Québec" fait-on dire à Montcalm, expirant

Nous avons eu droit également à toute une panoplie de discours de réconciliations sur les Plaines d'Abraham, et aussi à des rencontres entre les descendants de Wolfe et de Montcalm. Il ne faudrait pas oublier les stèles et plaques commémoratives disposées ici et là sur le Parc des champs de bataille indiquantla position des différentes unités des armées.

On a relégué au second plan la Bataille de Ste-Foy, au printemps suivant (avril 1760)cette fois-ci il s'agit d'un affrontement majeur, òu sous les ordres de Lévis, les forces françaises dans une action concertée avec les miliciens, sont venus à un cheveu près d'encercler les troupes anglaises qui s'étaient aventurées imprudemment à l'extérieur des murs, et de reprendre Québec.

Les troupes régulières et les miliciens, malgré tout ce qu'on nous avait raconté, n'avaient rien perdu de leur fougue.

II LES DEUX GÉNÉRAUX MEURENT CONTENTS.

Dans ce drame épique nous avons eu droit à des "je meurs content, je ne verrai pas les Anglais à Québec fait-on dire à Montcalm mourant.

Du côté anglais, dans notre manuel scolaires on a eu droit à une scénette, dans laquelle on représentait Wolfe agonisant et ses seconds: .- Un ils fuient, Wolfe demandant.- qui? Un second.- Les Français: Wolfe:.- Ah, je meurs content.

Il y a aussi ce fameux tableau de Benjamin West (1772) exposé à la galerie nationale d'Ottawa et représentant Wolfe agonisant sur les Plaines d'Abraham.

C'est ce tableau qui fut proposé à notre admiration dans le manuel d'histoire de notre enfance: ce jeune général de 32 ans qui a conquis un empire, etc.

Sir Thomas Chapais, sénateur et historien, dont le loyalisme ne peut être mis en doute faisait un brillant exposé sur la ceritique en histoire devant la Société Royale du CAnada en 1926.

Ddans son edposé, il mentionne:

Voici un extrait d'une analyse qui a été faite de ce tableau:

"Les natifs américains avaient perdu leur dernière et meilleure chance de survivre:
-Ils ne pouvaient plus faire jouer l'une contre l'autre les deux grandes puissances européennes, et comme en plus un mauvais présage pour eux, les barrières à l'expansion anglo-américaine à l'intérieur du continent venaient de tomber.

[Cela mettait fin à une situation humiliante pour les anglo-américains, pendant près d'un siècle ils furent contenus sur la côte Atlantique en deça des
Apalaches par une population dispersée de moins de 70 000 personnes, en regard du million et demi de population qu'ils étaient.]

Il fut rapporté que Wolfe mourut de ses blesssures, dans les broussailles, sur les Plaines, presqu'abandonné.

Mais ici, l'américain Benjamin West, s'activant dans son studio à Londres, transforma cette mort misérable en une passion impériale: une icône à la gloire
de l'Empire. Il reproduisit cette scène pour donner un des plus célèbres tableaux de l'époque et sûrement dans toute l'histoire anglo-américaine de l'art.

La scène présentée, était-elle réaliste? Non, la mort misérable, et seule de Wolfe a été revue et corrigée. Des officiers survivants apprenant que West travaillait au taleau illustrant cette scène, offrirent à West 100 livres chacun pour figurer dans le taleau, voulant être ainsi immortalisé. (Ce qui explique le gand nombre de figurants au tableau, l'artiste encaissant)

Quand le tableau fut exposé, en 1772 quelque treize ans après les évènements, il fit sensation. C'était le "The Jurassic Park" de cette époque, de longues filées se formèrent pour admirer cet oeuvre

Un historien renommé de Harvard, Simon Schama, publiait récemment un livre intitulé "Dead Certainties," traitant en partie de ce tableau dans lequel il formulait les commentaires suivants:

"Ce fut le jeu de lumière qui transcende, illuminant le visage du martyr, et baignant l'expression de chagrin de ses frères officiers, laquelle lumière réflétait un impossible état de sainteté. Schama explique: un nuage sombre sur un fond de ciel bleu céleste montre un espace à travers lequel le soleil brille: une lumière d'une pureté sacrée qui semble embraser le visage du héros agonisant.

C'est une pièce stupéfiante d'un drame: rayonnement et tristesse, victoire et mort,un saint sacrifice et un chagrin inconsolable mis côte à côte, le ciel ensoleillé d'un futur impérial bannissant les nuages sinistres d'un passé fait de déceptions."

Poursuivant son analyse Schama:"La plus étonnante fiction de toute fut cet Indien posant sous une antique forme de contemplation poétique, précisément une qualité déniée aux "sauvages" appelé invariablement ainsi par les Anglais de la génération de Wolfe. D'autant plus que le général lui-même les considérait comme des barbares irrécupérables, cruels et dépravés; de surcroît à Québec, il combattèrent pour l'autre côté."

Schama poursuit toujours:

"Est transposé dans Wolfe agonisant l'agonie du Christ dans la scène traditionnelle de la crucifixtion, par sa mort assurant la rédemption de l'Amérique du nord sur la menace du papisme français. Cette transposition de l'iconographie de la passion du Christ en un portrait séculaire relatant la mort d'un soldat héroïque fut un geste artistique audacieux.

Le visage de Wolfe comme celle du Christ en est une d'agonie et l'expression traditionnelle d'une beauté extatique, les lèvres semlaient remercier Dieu pour la nouvelle de la victoire."

La critique la plus sévère pour l'oeuvre de Benjamin West vint de George III lui-même. Il trouvait ridicule d'exhiber des héros en grande et impeccable tenue sur un champ de bataille.

Cordiales salutations,
Claudius.

Références:

Http://www.blupete.com/Hist/BiosNS/1700-63/Portraits/Wolfe/DeathWest.htm

-Simon Schama: "Dead Certainties"
-A soldier's account:
(Journal d'un sergent-major de l'armée
de Wolfe de mai 1759 à septembre 1760)
-Le Dictionnaire biographie du Canada,
-Les Archives nationales du Québec,
-L'Histoire populaire du Québec par Jacques Lacoursière.

La bataille des Plaines d'Abraham:
Il faut reconnaître que c'est le meilleur
bateau historique jamais monté.

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LA MORT DE WOLFE, 1759

Messages sur ce sujet

RE; Les Plaines d'Abraham, une histoire à reviser (vues: 66)
claudius -- Vendredi, 3 Novembre 2000, at 5:40 p.m.
Re: RE; Les Plaines d'Abraham, une histoire à revi (vues: 17)
Michel -- Mercredi, 17 Janvier 2001, at 4:45 p.m.
Re: RE; Les Plaines d'Abraham, une histoire à revi (vues: 10)
claudius -- Dimanche, 11 Février 2001, at 3:32 a.m.
Les Plaines d'Abraham, un bateau historique? (vues: 21)
Philippe M. -- Samedi, 4 Novembre 2000, at 5:25 a.m.
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claudius -- Lundi, 6 Novembre 2000, at 7:16 p.m.
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Benoit -- Lundi, 13 Novembre 2000, at 10:18 p.m.
j aurrais besoin d un coup de main svp (vues: 13)
josiane perreault -- Mercredi, 3 Janvier 2001, at 11:01 p.m.
Re: Les Plaines d'Abraham, un bateau historique? (vues: 11)
claudius -- Mercredi, 15 Novembre 2000, at 4:27 a.m.
Re: Les Plaines d'Abraham, un bateau historique? (vues: 9)
Gervais Tremblay -- Mardi, 14 Novembre 2000, at 1:06 p.m.
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René Michaud -- Samedi, 2 Décembre 2000, at 3:36 a.m.
Re: Les Plaines d'Abraham, un bateau historique? (vues: 9)
Benoit -- Mercredi, 15 Novembre 2000, at 12:58 a.m.
Re: Les Plaines d'Abraham, un bateau historique? (vues: 12)
Gervais -- Mercredi, 15 Novembre 2000, at 1:20 p.m.

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