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Bonjour � tous, Altercation entre un habitant et des soldats prussiens. Nous sommes en 1780, � l'�poque de la guerre d'ind�pendance am�ricaine. La Grande-Bretagne manquant de soldats, fit appel � des r�giments prussiens pour mater l'insurrection am�ricaine. 30000 soldats prussiens furent envoy�s � la rescousse dont quelque 10 000 ou 12000 s�journ�rent dans la "Province de Qu�bec" Or, un incident s'est produit dans lequel un Habitant du nom de Morin, qui tardait semble-t-il � d�griser, eut maille � partir avec des soldats prussiens, ou plut�t l'inverse selon le rapport du lieutenant Horn du corps des Chasseurs. Voici les documents relatant cet �v�nement: En premier lieu le rapport du Colonel Greutzbourg � son Excellence le g�n�ral Haldimand, gouverneur: La Pointe L�vy, le 1er septembre 1780. "J'ai l'honneur de vous envoyer le rapport touchant les trois d�serteurs que l'officier de mon corps � pris � St-Charles; comme aussi la r�ponse � la plainte du capitaine Morin de St-Roc. Votre excellence verra par la derni�re que les choses ont �t� particuli�rement exag�r�es par le Capitaine de milice qui n'�coutant que son Beaufils." Je suis avec profond respect: Voici le texte int�gral du rapport du lieutenant C. Horn du Corps des Chasseurs Hesse-Hanau: "Je fus command� le 17i�me du mois d'ao�t, d'aller avec deux bas officiers et 21 chasseurs, jusqu'� Yamaska pour attraper des d�serteurs des troupes de Brunswic. Pour faire ce chemin, avec d'autant plus de promptitude, et � cause de la chaleur, je marchais la nuit, et me fit commander par le capitaine de milice � St-Roc, une charrette pour transporter le bagage et la provision qui me suivait de loin, jusqu'� Ste-Anne. L'habitant qui menait �tait tellement enivr� qu'il versait deux fois la charrette, ce qui perdre de g�ter la provision des troupes. Le gourmander lui reprochant sa n�gligence et le mena�ant s'il n'�tait pas pr�voyant � l'avenir, mais l'habitant r�pliqua insolemment: "Vous ne m'avez rien � commander, je me fous aussi bien de votre officier que de vous. Je fais ce qui me plait." Le chasseur C. Land se trouvera offens� et par un homme � qui la boisson faisant parler, continuaient tranquillement leur chemin, et lorsqu'ils arriv�rent � St-Roc, ils lui disaient de mener le bagage devant la maison o� je voulais passer le reste de la nuit; quoique cette maison �tait bien proche, l'habitant refusait nettement de passer la porte du capitaine de milice, et recommen�ait d'insulter les Chasseurs. La dessus un des Chasseurs lui donna un coup du plat de couteau de chasse, mais l'habitant prit un b�ton de la charrette, et en frappa la t�te de ce Chasseur, alors les autres Chasseurs, pour le mettre � la raison et pour leur propre d�fense, lui donnaient quelques coups de sabre plat. L'habitant ayant quit� la charrette, me rencontra en chemin pouvant � peine se faire entendre, qu'il avait �t� maltrait�. Je t�chai de le tranquiliser, en lui disant de punir sur le champ ces Chasseurs, ce que je fis aussi en donnant � chacun, quelques coups de sabre plat; mais l'habitant non content de cel�, commen�a � m'insulter moi-m�me, en disant;" Je me fous de vous" Voyant, que la boisson l'avait priv� de la raison, je le chassais en lui disant seulement, qu'il avait bien m�rit� d'�tre maltait� par les Chasseurs � cause de sa mauvaise conduite, et je fis renvoy� la charrette avec son cheval par le sergent de milice de Ste-Anne. A mon retour, je le fis chercher dans l'intention de le mener devant le capitaine de milice, pour en avoir satisfaction, mais le capitaine de milice � St-Roc �tait son beau-p�re, il me fit dire par le caporal, qu'il �tait all� � Qu�bec, et me fit voir des larmes aux yeux de ne pas faire de rapport de l'impertinence que son fils m'avait faite dans le cours de son voyage." Fait � la Pointe L�vy, le 30i�me d'ao�t 1780. --Le Corps libre des Chasseurs Hesse-Hanau: Recrut� dans les for�ts europ�ennes, ce corps d'�lite jouit d'un statut particulier en raison d'une forte demande. D�j� mieux pay�s que la plupart des soldats allemands, les Chasseurs de Hanau sont exempts de t�ches paramilitaires. Le corps de 4 compagnies arrive au pays � la fin du printemps 1777, suivi d'une 5i�me compagnie en 1779. Leur r�gime de vie s'apparente si bien � celui des Habitants, que pr�s de la moiti� de ces hommes se sont install�s au pays au terme des hostilit�s et se sont int�gr�s rapidement dans la majorit� francophone. Malgr� le caractere loufoque que peut paraitre cette scene, elle illustre bien les relations difficiles parfois entre les milices canadiennes et les troupes allemandes. Les miliciens n'entendaient pas se faire mener a la prussienne, c'est a dire a coups de baguettes et de sabres plats. Ces activit�s avaient lieu dans le cadre de la guerre d'ind�pendance am�ricaine. On s'interroge sur le fait que l'on a occult� les manuels d'Histoire de la pr�sence de soldats prussiens de 1776 � 1783 sur le territoire de la Province de Qu�bec. Il y a encore cette r�cente s�rie t�l�vis�e, portant sur "le Canada, une histoire populaire" dans laquelle on ne fait aucune mention de cette participation de 30000 mercenaires allemands pendant la guerre d'ind�pendance am�ricaine. : . Sources: |