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R�f�rence:
Ce tableau de Benjamin West (1772) repr�sentant Wolfe agonisant sur les Plaines d'Abraham est expos� � la galerie nationale d'Ottawa. Voici un extrait d'une analyse qui a �t� faite de ce tableau par Simon Schama. Les natifs am�ricains avaient perdu leur derni�re et meilleure chance de survivre: --Ils ne pouvaient plus faire jouer l'une contre l'autre les deux grandes puissances europ�ennes, et comme en plus un mauvais pr�sage pour eux, les barri�res � l'expansion anglo-am�ricaine � l'int�rieur du continent venaient de tomber." [Cela mettait fin � une situation humiliante pour les anglo- am�ricains, pendant trois quarts de si�cle ils furent conte- nus sur la c�te Atlantique en de�a des Apalaches par une population de moins de 70000 personnes, en regard du million et demi qu'ils �taient.] Il �tait rapport� que Wolfe mourut de ses blessures, dans les broussailles de Sillery, presque abandonn� sans que personne ne vienne � son aide. Mais ici, l'am�ricain Benjamin West, s'activant dans son studio � Londres, transforma cette mort mis�rable en une passion imp�riale: une ic�ne � la gloire de l'Empire. Il reproduisit cette sc�ne pour donner un des plus c�l�bres tableaux de l'�poque et s�rement dans toute l'histoire anglo-am�ricaine de l'art. La sc�ne repr�sent�e, �tait-elle r�aliste? Non, la mort mis�rable et en solitaire de Wolfe a �t� revue et corrig�e. Des officiers survivants apprenant que West travaillait au tableau illustrant la mort de Wolfe, offrirent � West 100 livres chacun pour figurer dans le tableau, voulant �tre ainsi immortalis�. Ce qui explique le grand nombre de figurants au tableau, (l'artiste encaissant) Quand le tableau fut expos�, en 1772, quelque treize ans apr�s les �v�nements, il fit sensation. C'�tait le "The Jurassic Park" de cette �poque, de longues files se form�rent pour admirer cet oeuvre. Un historien r�put� de Harvard publiait un livre intitul� "Dead Certainties," traitant en partie de ce tableau dans lequel il formule les commentaires suivants: "Ce fut le jeu de lumi�re qui transcende, illuminant le visage du martyr, et baignant l'expression de chagrin de ses camarades officiers, laquelle lumi�re r�fl�tait un impossible �tat de saintet�." Schama explique: "un nuage sombre sur un fond de ciel bleu c�leste, montre un espace � travers lequel le soleil brille; une lumi�re d'une puret� sacr�e qui semble embraser le visage du h�ros agonisant." . . . . "C'est une pi�ce stup�fiante d'un drame: rayonnement et tristesse, victoire et mort, un saint sacrifice et un chagrin inconsolable mis c�te � c�te, le ciel ensoleill� d'un futur imp�rial bannissant les nuages sinistres d'un pass� fait de d�ceptions." Poursuivant son analyse Schama: "la plus �tonnante fiction de
toute fut cet indien posant sous une antique forme de
contemplation po�tique, pr�cis�ment une qualit� d�ni�e aux
"sauvages" appel�s invariablement ainsi par les Anglais de la
g�n�ration de Wolfe. D'autant plus que le g�n�ral lui-m�me les
consid�rait comme des barbares irr�cup�rables, cruels et d�prav�s;
de surcro�t � Qu�bec, ils ont combattu pour l'autre c�t�."
"Est transpos� dans Wolfe agonisant l'agonie du Christ dans la sc�ne traditionnelle de la crucifixion, par sa mort assurant la r�demption de l'Am�rique du Nord face � la menace du papisme fran�ais. Cette transposition de l'iconographie de la passion du Christ en un portrait s�culaire relatant la mort d'un soldat h�ro�que est un geste artistique audacieux." "Le visage de Wolfe comme celui du Christ en est une d'agonie et l'expression traditionnelle d'une beaut� extatique, les l�vres semblaient remercier Dieu pour la nouvelle de la victoire." La critique la plus s�v�re pour l'oeuvre de Benjamin West vint de George III lui-m�me, il trouvait ridicule d'exhiber des h�ros en grande et impeccable tenues sur un champ de bataille. . . . . |