Si cette flotte s'en était retournée bredouille
Si cette flotte s'en était retournée bredouille?


QUE SERAIT-IL ARRIVÉ SI CETTE FLOTTE S'EN ÉTAIT RETOURNÉE BREDOUILLE?

On me demande où sont les vrais documents? la réponse est qu'il n'y en a pas. Ce sont des documents dits controuvés. Mais comment en est-on arrivé à fabriquer ces pièces? Non, cette falsification ne découle pas d'une volonté délibérée de marquer un adversaire ou ennemi à tout jamais. Il s'agit avant tout d'un concours de circonstances, même si dans les faits ce but a été atteint.

Citons un extrait d'un article de Jean Pierre Poussou intitulé: «Montcalm et la perte du Canada»: Centre d'études stratégiques

La capitulation de Québec ayant provoqué des manifestations de joie en Grande-Bretagne comme dans les colonies, "le major-général James Wolfe y acquis un prestige énorme, et par voie de conséquence, son adversaire ne pouvait être également qu'un grand général, d'ailleurs victorieux jusque là. Il est tout à fait frappant de voir combien les historiens anglo-américains ont à la fois loué Wolfe et Montcalm même si, bien entendu, le premier, in fine, ressortait comme un très grand général, bien meilleur que son adversaire."

Une fois sur cette lancée, c'est ainsi que l'on gonfle la réputation d'un personnage. Dans un premier article, je montrais dans le LIEN "La mort de Wolfe sur les Plaines" avec analyse de Simon Schama, un historien de grande réputation de Harvard. Ce tableau de Benjamin West, fit sensation lors de sa sortie à Londres et fut salué comme un chef d'oeuvre de l'art anglo-américain. La question fut posée à savoir: le général qui était représenté dans un pareil chef-d'oeuvre devait nécessairement être un grand général. Qu'a-t-il donc fait?

Évidemment, un général de 32 ans n'avait pas une feuille de route bien garnie, Et la perspective d'être cité comme victorieux dans une escarmouche de moins d'une demi-heure n'avait rien d'emballant pour impressionner le public.

Quant au siège de Québec il fut sauvé in extrémis d'un lamentable fiasco. Les témoignages des seconds de Wolfe: Townshend, Monckton, Murray, Saunders ne devaient pas être d'une éloquence assurée. On ne pouvait mettre au compte de Wolfe la dévastation de 4000 fermes des rives Nord et Sud du St-Laurent, en plus du saccage de l'Île d'Orléans. Il fallait bien sûr passer sous silence la tentative de débarquement aux Chutes Montmorency, et de la débandade qui a suivi.

.

Il a donc fallu se rabattre sur l'affrontement du 13 septembre 1759, sur les Plaines d'Abraham, même spectaculaire est considéré sur le plan militaire comme secondaire, mais qui avait coûté la vie à 139 soldats de Montcalm. On a décidé résolument d'en faire l'ÉVÈNEMENT du siège de Québec. Bien sûr on a ignoré l'échec du débarquement au mois de juillet précédent aux Chutes Montmorency dans lequel Wolfe avait perdu quelque 400 hommes.

À cette époque en 1777, à Londres des plaisantins ont publié un ouvrage reproduisant des lettres de différents personnages sous une forme satirique appelant à la dérision. Dans ce document apocryphe cité par Thomas Chapais, se trouvent des lettres attribuées à Montcalm et à Bigot. dont les textes sont reproduits dans l'article précédent. On trouve également des lettres attribuées à d'autres personnages dont le landgrave Frédéric II de la Hesse-Cassel, dans le cadre de la guerre d'indépendance américaine et qui illustrent le ton de cette correspondance. Et ce sont ces lettre de Montcalm et de Bigot qui ont été considérées comme authentiques dans nos manuels d'histoire,

La flotte fut considérée comme un facteur principal de la chute de Québec. Jean Pierre Poussou du centre des Études tratégiques (www.stratisc.org.):

"Il est certain que la maîtrise des mers acquise par l'Angleterre permit à Wolfe d'aller jusqu'à Québec et surtout empêcha Lévis en 1760 de renverser la situation après que fut survenue en novembre 1759, la défaite de notre flotte de l'Atlantique au large de Belle-Ile,

Voici`la description dans l'ouvrage "Le Canada, un ouvrage populaire" de la flotte anglaise:

«Wolfe quitte Londres avec le quart de la marine britannique, qui est sous le commandement de l'amiral Charles Saunders. C'est une flotte extraordinaire qui compte 29 navires de haut bord, chacun portant jusqu'à 800 personnes, 22 frégates, 80 navires de transport et environ 55 petites embarcations. Ils transportent 15000 soldats, en plus des marins, 2000 canons et 40000 boulets, des chirurgiens, des pasteurs, des prostituées, des enfants et du bétail. La flotte s'étend sur 150 km, véritable ville flottante dont la population est plus importante que celle de Québec.»

Cette flotte peut se comparer à celle de l'Armada espagnole en 1588 venue envahir l'Angleterre.

.

«L'Armada espagnole, c'est un formidable rassemblement dee navires. Au total, 130 vaisseaux la composent. Elle transporte une force militaire imposante: près de 30000 hommes dont 19000 soldats, 300 chevaux et mules, l'équipement nécessaire pour assiéger des villes, un hôpital de campagne etc.»

Cette flotte de Wolfe s'est trouvée à quelques jours près de lever l'ancre. Elle fut sauvée in extrémis de ce désastre par la capitulation inopinée de Québec. Cette capitulation dont les circonstances restent à établir. Le seul fait que les chef des armées le Chevalier de Lévis et Bougainville aient été tenus à l'écart rend cette démarche suspecte.

On sait très peu de choses sur les tractations conduisant à cette capitulation précipitée du 18 septembre 1759. Elle laissait trois armées presqu'intactes et invaincues en plan, d'où le cri du coeur du Chevalier de Lévis.

J.W. Eccles dans le Dictionnaire biographique du Canada, avance prudemment qu'il fut question de transferts de fonds dans les délibérations précédant la capitulation.

Quant au retrait de la flotte anglaise prévue pour le 20 septembre par l'amiral Saunders, on peut se poser la question que serait-il arrivé si cette flotte s'en était retournée bredouille?

Chose certaine devant un tel fiasco, les complexes auraient changé de camps.

»»ACCUEIL»»

»»MORT DE WOLFE»»

Sources::

Le Dictionnaire biographique du Canada,

L'Histoire populaire du Québec,

Le Canada, une histoire populaire,

Jean-Pierre Poussou, Études statégiques

Hosted by www.Geocities.ws

1