ARRESTATIONS MASSIVES AU QUÉBEC EN 1781>
Le parlement britannique autorisait au printemps de 1777,
Dans cette perspective, pour occuper les troupes allemandes
Dans une lettre datée du 29 novembre 1781, le colonel Dunbar
dans les colonies nord-américaines, l'arrestation et la
détention sans droit de cautionnement de toutes personnes
autrement inactives, Riedesel avait reçu instruction de pro-
céder à l'arrestation des habitants suspectés ou soupçonnés
d'être des partisans ou des sympathisants à la cause américaine.
C'était après la victoire franco-américaine de Yorktown, alors
qu'une invasion du Québec était appréhendée.
signale à Riedesel que les arrestations sont trop nombreuses et
de s'en tenir seulement aux personnes sur lesquelles les accusa-
tions sont fondées. Et il ajoute qu'il n'y a plus de places dans
les prisons.
Arrestations en 1781: invasion appréhendée. (menace sérieuse)
Arrestations en 1970: insurrection appréhendée.(loufoquerie)
Ces arrestations notamment celles de 1781, furent les premières
d'une série de trois réparties dans l'histoire du Québec, les
deuxièmes remontant à l'insurrection de 1837-38 où tout le monde
était jugé suspect. Le nombre de personnes arrêtées fut de 816 dans
la seule ville de Montréal.
Les dernières arrestations remontent en 1970 et furent ordonnées
par Pierre Elliot Trudeau lors de la crise d'octobre. Le bilan s'éta-
blit comme suit: 502 personnes arrêtées et fichées; relâchées sans
aucunes accusations 467. Il s'agit avant tout d'une manoeuvre d'inti-
midation, alors que seulement 35 personnes figuraient sur les listes
comme suspects.
Alors qu'en 1781, une invasion était appréhendée, cette fois-ci
on a eu recours à la loi des mesures de guerre prétextant une
"insurrection appréhendée"
Par contre les personnes arrêtées ont été dispensées des fers
comme celles de la première vague de 1781. Toutefois, on a obligé
certains groupes à subir les hurlements d'auditeurs hystériques
orchestrés par certains "animateurs-vedettes" de lignes ouvertes
sur les ondes. Progrès technique oblige.
DÉNONCIATIONS:
Pour qu'il y ait eu arrestations, il a bien fallu qu'il y ait
dénonciations. Parmi les délateurs potentiels, un article dans
le "Dictionnaire biographique du Canada", traitant l'affaire
Laterrière cite les noms suivants qualifiés par l'auteur
"d'arrivistes"
-Le Vicaire général Pierre Garreau dit St-Onge,
-Godefroy de Tonnancour,
-René Ovide Hertel.
On pourrait ajouter aussi le nom de François Baby, qui est de
toutes les commissions chargées de fustiger les "mauvais sujets".
Les personnes détenues ainsi sans mandat dont gardées en prisons
plusieurs mois et quelques uns plusieurs années. Il y eut une
commission formée de MM Baby, de Tonnancour et Gugy, dans le but
de dépister les "malintentionnés". Les conclusions de cette
commission datées du 1er mars 1779, n'ont pas été retracées aux
archives.
LES DÉLATEURS POTENTIELS:
GODEFROY DE TONNANCOUR, Louis Joseph (1712-1784)
Trois-Rivières.
>-Garde magasin,
-Procureur du Roi,
-Seigneur et marchand.
On rapporte que personnage important dans la région, il sut
s'adapter au changement de régime et s'attira aussi la sympathie
du gouverneur Haldimand et celle de Mgr. Briand. Il fut un exécu-
teur des hautes et basses oeuvres du pouvoir:
-il assigne les corvées,
-pourchasse les "Rebels" et fait arrêter ceux soupçonnés de
sympathie pour les rebelles,
-pourchasse les déserteurs de l'armée allemande et des milices,
ainsi que ceux qui les avaient aidés.
Malgré tout son zèle et ses 70 ans, il se fait traiter cavaliè-
rement par le gouverneur Guy Carleton.
Le 11 août 1777; B.39 B.M 21699
-Carleton à de Tonnancour; (concernant les corvées)
"Expliquer l'arrivée de 400 Canadiens sur les 800 attendus
pour les corvées."
Carleton manifeste sa mauvaise humeur à l'endroit de de Tonnan-
cour quand 400 Canadiens destinés aux corvées sont arrivés à
Ticondéroga, alors qui lui avait été ordonné d'en envoyer 800.
Des 400 hommes arrivés à destination, 300 viennent de la région
de Trois-Rivières. Ces hommes de corvées sont destinés au service
de l'armée du général Burgoyne.
Dans le cas de miliciens célibataires qui auraient déserté la
règle était que ces derniers étaient remplacés par: "deux hommes
mariés pour chaque membre de la milice célibataire qui aurait
déserté." Précisons que le fort Ticondéroga était situé en
plein dans les zones de combats.
Autre communication:
Le 3 octobre 1777, B.40 B.M. 21700.
Carleton à de Tonnancour,
Dans cette lettre datée du 3 octobre 1777, Carleton rappelle
à de Tonnancour qu'au lieu de faire rapport sur des gens qui
devraient être arrêtés, ii préférerait qu'il fit des rapports
à l'effet que ces gens ont été mis aux fers, comme il est le
devoir de tout le monde de faire, surtout de la part des offi=
ciers de milice, etc,.
PETIT PATRONAGE:
Le 6 septembre 1778, (Machiche)
Joseph Adam à Haldimand:
M. Adam se plaint que M. de Tonnancour donne des exemptions
de corvées à plusieurs habitants riches.
Haldimand toujours soupçonneux demande à de Tonnancour de
s'expliquer.
Celui-ci prenant tous les saints du ciel à témoins jure qu'il
n'en est rien.
HERTEL DE ROUVILLE., René-Ovide
Commission de gardiens de la paix et nommé juge et commissaire
pour le district de Montréal, Cette nomination de Guy Carleton,
souleva un tollé.
D'après le seigneur de Beauport Antoine Juchereau:
"Serait-il possible que le gouvernement eut jeté les yeux sur
le plus grand scélérat et le plus grand gueux de toute la terre
pour lui faire rendre ce qu'il n'a jamais connu."
PIERRE GARREAU DIT ST-ONGE;
Grand vicaire au diocèse de Trois-Rivières, né le 20 décembre
1722, décédé le 20 septembre 1795. Réputé pour son intransi-
geance vis à vis les fidèles. Très lié à Mgr.Briand.
Les Trifluviens constatèrent que le Grand vicaire était beau-
coup plus conciliant avec les autorités britanniques qu'avec
ceux qu'il avait mission de diriger au point de vue spirituel.
Un évènement vint attiser davantage le feu des rancunes et des
suceptibilités:
l'occcupation de Trois-Rivières par les Américains en 1775-1776.
Les Trifluviens étaient en grand majorité sympathiques aux Bos-
tonnais.
Le Grand vicaire leur était ouvertement hostile et obéissant
à l'évêque de Québec, il ordonne des prières publiques, des pro-
cessions, des saluts et des neuvaines pour la cause britannique.
Le rédacteur de cet article du "Dictionnaire biographique du
Canada," ne précise pas toutefois s'il y eut effectivement des
mises aux fers de paroissiens découlant d'une intervention de
sa part.
En fait le Grand vicaire a entretenu des relations cordiales
et assidues avec le baron von Reidesel et la baronne, lors de
leur séjour à Trois Rivières, toutes trois étant des personnes
de grande culture.
Chose certaine, il en est résulté pour le Grand vicaire, des
soupçons de délation, qui l'ont poursuivi pendant toute sa vie.
Il est regrettable que ce chapitre ait été occulté de notre Histoire.
"Le Canada, une histoire populaire" a complètement ignoré cette période
Le prochain article portera sur les désertions des soldats
allemands et des sanctions encourues.
Sources:
--Histoire populaire du Québec (Jacques Lacoursière)
--Le Dictionnaire biographique du Canada,
--Les Mercenaires allemands au Québec (1776-1783)(Jean-Pierre Wilhelmy)
--La Collection Haldimand (Université Laval)
LE QUÉBEC ET LA RÉVOLUTION AMÉRICAINE
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