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Durant le mois d’août 1755, le colonel John Winslow arrivait à Grand Pré avec 300 hommes de troupes, résolus à exécuter les ordres de déportation. La population par l’expérience de ce qui s’était passé ailleurs, s’attendait au pire. Ainsi le 5 septembre suivant, devant tout le monde présent, il annonce la déportation de la population en ces termes: "Ainsi, sans autres hésitations, je vais vous faire connaître les instructions et les ordres de sa Majesté, qui sont que vos terres et vos maisons et votre bétail et vos troupeaux de toutes sortes, sont confisqués au profit de la couronne, avec tous vos autres effets, exceptés votre argent et vos mobiliers, et que vous-mêmes vous devez être transportés hors de cette province"
Entretemps, les 446 personnes mâles restent confinées dans l’église et placées sous bonne garde. Il fut permis à 20 personnes à la fois de retourner à la maison pour préparer le départ. La déportation n’eut lieu qu’en décembre, la population restant confinées à l’église pendant toute cette période. Pendant six jours consécutifs, flambaient toutes les maisons et les bâtiments. Les Acadiens devaient être dirigés en Caroline du Sud. Violemment secoués par l’ouragan, qui les avaient assaillis au départ, ils furent forcés de faire escale à Boston, où on les fit débarquer. La vie au Massachussets, dépouillés de tout, réduits à la mendicité, les exilés de Grand Pré et d’ailleurs en Acadie ne furent pas au bout de leurs peines. Ils furent dispersés dans les différentes localités de cette colonie anglo--américaine et "liés par contrat à des maîtres anglais". Il en résultat un perpétuel va-et-vient de "pères, de mères d’enfants en quête de leurs fils et de leurs filles, car lettres, notes et circulaires parcouraient en vain le pays Afin de mettre un terme à "cette agitation angoissante", le gouvernement du Massachusetts édicta des peines sévères pour les Acadiens qui, étant à la recherche des membres de leurs familles, avaient le malheur de sortir du territoire qui leur avait été assigné: "S’ils sont appréhendés sans passeports en dehors de ces limites, lit-on dans une proclamation datée du 20 avril 1756, "ils seront, pour une première offense passibles d’emprisonnement. S’ils sont pris en faute une seconde fois, ils paieront une amende pouvant s’élever à dix shillings ou recevront en public, qu’ils soient hommes ou femmes, jusqu’à dix coups de fouets chacun." Les enfants de ces exilés acadiens avaient été arrachés de leurs familles pour être distribués chez les colons anglais des divers régions du Massachusetts où ils avaient été placés en service. D’innombrables protestations s’élevèrent de la part des exilés acadiens, sous forme de requêtes adressées au gouvernement du Massachusetts et à son conseil: En voici une provenance des archives du Massachusetts: "Nous avons pris la liberté de vous présenter cette requête, vu que nous sommes en chagrin par rapport à nos enfants. La perte que nous avons soufferte de nos habitations et amenés ici, nos séparations les unes des autres, ne sont rien à comparer au malheur de voir prendre nos enfants par la force devant nos yeux. La nature ne peut souffrir cela, s’il était en notre pouvoir d’avoir notre choix, nous choisirions plutôt de rendre nos corps et nos âmes, que d’être séparés d’eux." "C’est pourquoi nous vous prions en grâce, que vous ayiez la bonté d’apaiser cette cruauté." Suivent les signatures de neuf personnes dont cinq citoyens établis par la suite à Yamachiche: Jean Landry, Claude Benoit, Augustin Leblanc, Jacques Hébert, Joseph Vincent. Les 1500 exilés acadiens furent libérés en 1767, et furent rapatriés au Québec, dans la région de Trois-Rivières, les principaux endroits sont Bécancour, St-Grégoire et Yamachiche. Ils reçurent en concessions des terres et avec le support de la population ils réussirent à mettre en valeur ces terres d’une superficie d’environ 80 arpents. (26 hectares) Ils sont à l’origine de l’essor que prit cette région dans les années qui allaient suivre. Cependant on notera l’absence du seigneur Conrad Gugy, dans l’octroi de ces concessions aux Acadiens. Sources: "Histoire des Acadiens"
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