Sir Frederick Haldimand, (1718-1791)
Officier et administrateur colonial, est né le 11 août 1718,
à Yverdon, Suisse. Il est le 2ième des fils de François Louis
Haldimand, receveur municipal et de Marie Madelène de Treytorrens.
Il est décédé célibataire le 5 juin 1791, dans la même ville.
Fredéric Haldimand, venait d'une famille allemande d'assez humble
origine, qui s'était établie à Thorine, en Suisse au cours du 16ième
siècle. Haldimand affirma que son pays natal la Suisse, n'était point
fait pour les ambitieux. Aussi, comme beaucoup de ses compatriotes,
il fit carrière à l'étranger.
Il fit carrière dans le régiment du Margrave appartenant à l'armée
prussienne. Il y fit son entrée en 1740, comme officier, et devint
commandant avec le grade de lieutenant colonel, le 1er juillet 1750.
Après un séjour dans l'armée des Pays Bas, il passe à l'armée britan-
nique en mars 1756, rejoint par d'autres compatriotes dont Conrad Gugy,
lequel deviendra seigneur de Yamachiche. Il entra dans le Royal American
cette même année, avec le grade de lieutenant-colonel au 2ième bataillon.
Arrivé en Amérique du Nord avec le Royal American, il combattit
sous les ordres d'Arbercromby, le 8 juillet 1758, lors de la désas-
treuse attaque des Britanniques contre le fort Carillon, (Ticondéroga)
défendu victorieusement par les Français commandés par Montcalm. Lors
de cet engagement, Haldimand fut légèrement blessé.
Par la suite, Haldimand remplit une série de postes occupant diffé-
rentes fonctions de la Floride à New-York, gravissant les divers
échelons passant de colonel en titre à celui de général.
En 1778, il fut nommé gouverneur du Canada, connu plutôt sous
le nom de "Province de Québec" en remplacement de Guy Carleton.
Il occupa cette fonction jusqu'en 1784, remplacé par le même Car-
leton revenu sous le nom de Lord Dorchester.
Lors de l'arrivée de Haldimand comme gouverneur en 1778, la guerre
d'Indépendance américaine était en cours depuis 1775. Au printemps
1776, l'arrivée de contingents allemands et anglais permettent de
refouler les Américains au delà des frontières.
Comme la plupart de ses collègues, dans l'exercice de ses fonctions,
quand les circonstances le permettaient, il a toujours su pratiquer
un train de vie fastueux. Pendant ses premières années de service
en Amérique du Nord, comme gouverneur après avoir reluqué un certain
temps les Forges du St-Maurice, Haldimand avait acquis une grande
quantité de terres.
À Québec même, il avait acquis un terrain près des Chutes Montmo-
rency, où il y avait fait ériger un manoir. De plus, il avait fait
construire près de la terrasse, voisin du Château St-Louis (Frontenac)
une vaste maison connue souus le nom de Maison Haldimand.
En outre, il était entré en possession de la seigneurie du Grand
Pabos dans la région de Gaspé, un cinquième du Canton de Hopewell,
sur la rivière Petitcodiac; ces derniers domaines constituant ses
deux principales propriétés foncières.
Bref, comme administrateur efficace, dans les deux sens, pendant
les six ans de son mandat (1778-1784), il a su se ménager une retraite
confortable. Par contre, Haldimand estimait son lot inférieur à celui
de ses prédécesseurs et de ses successeurs.
Il ressort de sa corespondance avec Conrad Gugy, membre du conseil
législatif, juge de paix et seigneur de Yamachiche, qu'il fait mont-
re d'un caractère à tout le moins soupçonneux. Furent une constante
préoccupation la chasse aux espions, aux déserteurs de l'armée alle-
mande et de la milice avec ceux qui les ont aidés. sans parler des
sympathisants des "rebelles".
En plus de ce trait de caractère, il exprimait ses opinions à l'avenant:
Parlant des troupes prussiennes de Brunswick, lui-même un ancien
officier prussien, Haldimand affirmait que les lourdes troupes de
Brunswick n'étaient pas indiquées pour faire face aux milices très
mobiles des Américains. C'étaient avant tout des troupes de garnison,
affirme-t-il.
Quant aux Chasseurs Hesse-Hanau, ce corps d'élite, il les quali-
fiait de paresseux et enclins à déserter. D'autant plus que ces
forestiers, ressemblaient physiquement aux habitants, dit-on,
contrairement aux troupes de Brunswick, ils trouvaient le moyen
de se fondre dans la population.
Pour ce qui est des Loyalistes, ces Américains qui voulaient
demeurer sujets britanniques, il mettait en doute les motivations
patriotiques pour certains d'entre eux; c'étaient avant tout des
immigrants a la recherche de bonnes terres. Ces derniers n'étant
pas sans lui avoir causé des problèmes, il estimait que "la source
de leur malheur est leur paresse".
Dans l'administration de la justice, il y allait parfois rondement.
Ainsi dans une lettre datée du 28 février 1780, adressée à Conrad
Gugy:
Haldimand ayant donné l'ordre au lieutenant Howard de se rendre
à Machiche pour comparaître devant Gugy:
"Afin comme magistrat vous puissiez le traiter comme son insolence
le mérite."
Lors de sa nomination comme gouverneur du Canada, la parenté
demeurée en Suisse fondit sur lui comme une nuée de sauterelles.
Il reçut moult demandes de la part de neveux cousins, amis, etc.,
sollicitant des postes à des niveaux variés. Des lettres racon-
taient des souvenirs de jeunesse et autres du genre se rappelant
à sa mémoire. Toutes ces lettres sont conservées aux archives.
Une longue lettre de la part de sa mère, née Treytorrens, lui
demanda en particulier de s'occuper de ses trois neveux:
Anthony Francis Haldimand,
Peter Frédéric ,
Francis Louis Haldimand,
Gaspard Haldimand.
Trois de ceux-ci vinrent en Amérique.
Haldimand veilla consciencieusement à leur obtenir des commis-
sions dans l'armée.
Malheureusement, ils se distinguèrent plutôt par leurs faiblesses,
s'endettant lourdement, manifestant peu de talent pour les tâches
qui leur avaient été confiées, et embarrassant les amis qui accep-
taient de s'occuper d'eux.
Tout ce qu'ils touchaient tournait à la catastrophe.
À Londres en 1786, son petit neveu Frederick Devos fut employé
comme enseigne et montra rapidement les mêmes défauts
d'indifférence.
Au début de 1791, à la suite de plaintes répétées, Haldimand
grommela qu'il renverrait Devos "auprès de sa Mère pour garder
les moutons." Néanmoins, il s'efforça toujours de recommander
les quatre garçons pour des promotions, tout en déplorant que
sa famille ne semblait jamais apprécier ses efforts.
Dans ses mémoires, il estimait qu'il avait été victime de
discrimination de la part des autorités britanniques, en raison
de son statut de non-anglais.
En effet, comme il était étranger, il ne pouvait occuper "aucune
charge ni poste de confiance civil ou militaire." malgré ses états
de service.
Que dirait-il aujourd'hui du sort que la télésérie et l'ouvrage
"Le Canada, une histoire populaire" lui ont réservé?
Sources:
Le Dictionnaire biographique du Canada,
Université Laval:
La collection Haldimand
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