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C'est l'histoire de Marie-Anne Raté. veuve de Paul Vaillancourt, à l'été 1759, à l'Ile d'Orléans. L'Ile d'Orléans à l'été 1759. Observations de l'officier anglais John Knox arrivant avec les troupes de Wolfe le 25 juin 1759. Il se déclare surpris de l'aspect du pays: à l'Ile d'Orléans, nous avons devant nous ue contrée claire et ouverte, parsemée de villages et d'églises innombrables. Vues de nos navires les maisons blanchies à la chaux ont un air propret et élégant. Paul Vaillancourt, le petit fils de l'ancêtre Robert Villencourt, obtint par voie de succession, la terre de 120 arpents (40 hectares) situé à Ste-Famille, de l'Ile d'Orléans. Paul, fils de Paul (1687-1750) et de Marguerite Guillot, (1684-1741) est né le 13 novembre 1709, à Ste-Famille, il épouse Marie-Anne Raté le 20 novembre 1730, à St-Pierre, Ile d'Orléans. Marie-Anne Raté est la fille de Jean-Baptiste Raté (né en 1667) et de Madeleine Blouart (née en 1682) de St-Pierre I.O. Paul meurt le 23 décembre 1751, à l'âge de 42 ans. On ne sait si c'est par maladie ou le résultat d'un accident. Sa femme Marie-Anne Raté, demeurée veuve avec cinq enfants d'âge mineur à sa charge, prend en main l'exploitation familiale. Les enfants: (en 1751)
Marie-Louise, née le 23 août 1735, épouse le 24 février 1756, Prisque Racine. Le frère aîné Jean-Baptiste, sert de témoin au cours de la cérémonie. Puis survient la bataille du Siège de Québec de mai 1759, à presque la fin de septembre 1759. L'Ile d'Orléans se trouve en plein centre de la tourmente. Dès le 24 mai de cette année, ayant été prévenu de la présence de la flotte anglaise vis à vis de Rimouski, le gouvernement de Québec avait ordonné l'évacuation des habitants de la Côte Sud, de l'Ile d'Orléans et de la Côte de Beaupré. Les femmes, les enfants et les bestiaux sont repoussés à l'intérieur des terres, alors que les hommes valides de 16 à 60 ans doivent se rendre à Québec. La famille Vaillancourt dut évacuer l'Ile pour se réfugier selon les directives à Charlesbourg abandonnant maisons, bâtiments, et le bétail qu'il fut alors impossible d'évacuer de l'Ile. Jean-Baptiste et Joseph-Marie étant incorporés à la milice durent se rendre à Québec. Quant à Ignace, malgré son jeune âge, il est bien possible qu'il les ait accompagnés. Dès le 27 juin, les troupes anglaises mettent pied sur l'Ile d'Orléans. Le 31 juillet suivant, Wofe ordonne un débarquement à la rivière Montmorency, qui se solde par une défaite anglaise et la perte de 400 hommes. Pour se venger de cet échec, Wolfe ordonne à Monckton dès le 6 août de tout détruire de Beaumont à la rivière Chaudière. Le 22 août, fut donné l'ordre de brûler les villages de la Côte de Beaupré jusqu'à Baie-St-Paul. Depuis le moulin de Ste-Famille de l'Ile d'Orléans, jusqu'au commencement de St-Pierre, il ne reste qu'une vieille masure. L'habitation et les dépendances de la famille de feu Paul Vaillancourt, situées en cet endroit furent réduites en cendres. Marie-Charlotte Vaillancourt, 70 ans, fille de Robert Vaillancourt et veuve de Jacques Plante, assistant impuissante à la destruction de la ferme familiale, qu'elle put observer des hauteurs de Charlesbourg, ne put supporter cette épreuve et succomba le 10 août 1759. Rares furent les bestiaux qui purent être évacués en raison du manque d'embarcation. Les soldats-pyromanes de Wolfe s'emparèrent alors des quelque 5000 têtes de bétail que comptait l'ile pour satisfaire aux besoins de l'armée d'invasion laquelle fut estimée à plus de 35000 soldats et marins venus à bord de 187 navires. Une fois la fin des hostilités arrivée, les habitants de l'Ile retournèrent à leurs habitations et bâtiments qu'ils trouvèrent détruits de fond en comble. Marie-Anne Raté, avec l'aide des seuls membres de sa famille dut reconstruire son habitation et les bâtiments, reconstituer son cheftel, et ce sans les services de son fils aîné Jean-Baptiste porté disparu au cours du conflit. En outre, elle ne put compter sur aucune aide de l'extérieur, encore moins sur celle des autorités militaires anglaises, bien que responsables de cette dévastation inutile, ne posèrent aucun geste pour soutenir les efforts de reconstruction. Quant à l'aide que les autres résidents de l'Ile pouvaient apporter, elle était forcément limitée, tout le monde se trouvait dans la même situation: c'est-à-dire bien seuls. Aux pertes déjà subies: habitation, bâtiments et bestiaux s'ajoute l'absence de récoltes pour l'année qui s'écoule. Heureusement, que la terre ne peut être détruite. Femme de caractère et énergique, Marie-Anne Raté faisait rédiger en mars 1763, une série d'actes notariés, dans lesquels, elle prit à sa charge la tutelle de ses enfants encore mineurs (subrogation), elle fit dresser l'inventaire de ses biens. Le 15 mars 1763, elle fit donation de la moitié de ses biens à Joseph-Marie Vaillancourt, maintenant son aîné. Malheureusement, la lecture de ces documents d'un grand intérêt est très difficile en raison de la qualité de la calligraphie du notaire Crespin, dont Marie-Anne Raté avait d'ailleurs retenu les services pendant deux jours pour la rédaction de ces actes. Finalement, la vie reprit son cours normal. Le 21 novembre 1766, Marie-Anne Raté mariait sa fille Marie-Rose, née le 1er mai 1739, à Jean-Baptiste Pichet. L'année suivante, elle mariait son fils Joseph-Marie, né le 2 mai 1740, à Thérèse Pichet, la soeur de Jean-Baptiste Pichet. Enfin, le 11 janvier 1768, à St-Jean I.O., elle mariait son fils cadet Ignace à Marie-Anne Turcotte. Marie-Anne Raté, est décédée le 23 octobre 1769, à l'âge de 65 ans. J. Vaillancourt, ** Lors de la mise à sac de l'Ile d'Orléans à l'été 1759 par les troupes de Wolfe, seulement trois habitations sur un total de 350 échappèrent à la destruction. Une des trois maisons épargnées est celle de l'ancêtre Charles Pouliot de St-Laurent, cette dernière ayant servi de quartier général à l'armée de Wolfe. Cette maison a plus de 300 ans d'âge. Que vous choisissiez l'auto ou le vélo,
Félix Leclerc ««ACCUEIL«« |