|
Le meilleur d'INTERNET et des
TECHNOLOGIES |
Accueil Achats Nouvelles Recherche |
|
|
Ottawa a contourné ses règles publicitaires dès le référendum de 1995
PAR SYLVAIN LAROCQUEOTTAWA (PC) - Le gouvernement fédéral a commencé à contourner ses règles sur la publicité dès le référendum de 1995, parce que les forces fédéralistes étaient "en guerre" contre les souverainistes, a expliqué l'ancien directeur du programme des commandites, Charles Guité dans un témoignage explosif dévoilé vendredi. Derrière des portes closes, en juillet 2002, M. Guité a notamment révélé que pendant le référendum, il a loué, au nom d'Ottawa, tous les panneaux publicitaires extérieurs disponibles au Québec, y compris dans les transports en commun. Une affaire de plus de 8 millions $ qu'il a conclue à l'insu du conseil des ministres. "Nous avons ainsi couvert le Québec d'annonces sur des programmes fédéraux qui étaient légitimes", a-t-il dit au comité parlementaire des comptes publics, qui se réunissait alors à huis clos. "Quelle était la stratégie? Les médias n'étaient pas disponibles pour personne d'autre que nous. Nous les monopolisions." Le témoignage de Charles Guité, un ancien militaire, est celui d'un homme pour qui la fin justifiait les moyens dans la lutte au mouvement souverainiste. Mais ses propos soulèvent aussi la question de la responsabilité des politiciens, y compris celle de Jean Chrétien. Par exemple, M. Guité laisse entendre que le ministère du premier ministre, le Bureau du Conseil privé, l'avait autorisé à relâcher les règles en matière de publicité. "Durant le référendum de 1995, le Bureau des relations fédérales provinciales a demandé à mon bureau d'organiser un concours (...) 'en respectant une partie des lignes directrices énoncées dans les règles, mais (qu') il me faudrait peut-être légèrement les contourner, à défaut de meilleurs conditions"', a déclaré l'ancien haut fonctionnaire lors du témoignage rendu public vendredi, un an et demi plus tôt que prévu. "Car, comme vous pouvez tous le comprendre, nous étions ni plus ni moins en guerre pour tenter de sauver le pays. En collaboration avec le (Conseil privé), nous avons invité une dizaine de sociétés (...) à nous présenter des propositions susceptibles de nous aider à remporter le référendum au Québec, ce qu'elles ont fait." Il n'y a donc pas eu d'appel d'offres en bonne et due forme pour ces lucratifs contrats publicitaires. Le caractère secret des pratiques publicitaires fédérales s'est poursuivi après le référendum de 1995 parce qu'Ottawa ne voulait pas que les souverainistes soient mis au courant de sa stratégie, a précisé Charles Guité. Il a toutefois nié avec virulence que ces pratiques aient pu être frauduleuses ou même illégales. "A la guerre, il faut laisser tomber la théorie et les règlements, et ne pas donner pas votre plan de bataille à l'ennemi", a-t-il dit aux députés pour expliquer le manque de documentation en ce qui a trait aux contrats de commandites. "Pendant le référendum et après, j'avais décidé de verser très peu d'information au dossier pour que personne n'y ait accès." Gagliano contredit Devant les députés, M. Guité s'est montré souvent frondeur et a refusé net de discuter de ses rapports avec ses maître politiques. Il a néanmoins contredit l'ancien ministre responsable des commandites, Alfonso Gagliano, en affirmant qu'il pouvait le rencontrer jusqu'à trois fois par semaine. Récemment, M. Gagliano assurait qu'il n'avait rencontré Charles Guité que quelques fois par année. Mais les libéraux, qui cherchent à désigner les responsables du scandale des commandites avant de déclencher des élections, ce printemps ou à l'automne, se sont probablement réjouis de la responsabilité personnelle que prend M. Guité pour avoir "légèrement contourné" les règles gouvernementales. "C'était ma décision", a-t-il déclaré, en reconnaissant implicitement, plus tard, que sa gestion des commandites avait été un "fouillis". Loin d'avoir honte de ces écarts de conduite, il leur attribue le mérite d'avoir contribué à la sauvegarde du Canada. Il jure qu'il referait la même chose. "La preuve est là: regardez les résultats de ce que nous avons réussi dans la Belle province", a-t-il dit. "Nous les avons tués (les souverainistes)." Conseils verbaux Le témoignage de l'ancien patron des commandites fédérales permet aussi de comprendre le fonctionnement du controversé programme. De son propre chef, Charles Guité signait des contrats avec des firmes telles Groupaction pour non seulement acheter des commandites d'événements, mais aussi pour obtenir des "conseils stratégiques" sur les subventions que versait le gouvernement du Québec à des activités semblables. "Il fallait savoir qui allait être là, quel type de foule allait y assister, si le gouvernement du Québec allait être présent", a-t-il expliqué. Les tarifs étaient tout simplement ceux que les agences réclamaient. Mais dans "bien des cas" des organisateurs d'événements disaient au gouvernement fédéral qu'il "pouvait garder son argent" parce qu'ils "ne voulaient pas nous voir", a confié M. Guité. Le témoignage met aussi en relief les liens étroits qui unissaient
Charles Guité à Jean Brault, dirigeant de Groupaction. Alors qu'il
travaillait encore au gouvernement, M. Guité a vendu sa voiture Mustang
rouge à M. Brault pour la somme de 35 000 $, un geste qui a amené le
député néo-démocrate Pat Martin à s'interroger sur les avantages
personnels qu'a pu tirer l'ex-fonctionnaire de son emploi. Publié le 2004-04-2 Autres manchettes
Québec - Canada
|
|
|
|
![]() Portail Réseau Bulletins Services Entreprise |
Le meilleur d'INTERNET et des TECHNOLOGIES | ||
|
pour rester
branché |
pour votre
bonheur FemmeWeb.com |
pour votre
plaisir Branchez-vous2.com | |
| Bourse - Horoscope - Loteries - Météo | |||