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Le pouls de la population en cette p�riode 1775-1783. Quels �taient au juste les sentiments de cette population alors sans complexes pendant cette p�riode? Les complexes sont apparus avec les ann�es 1840. � premi�re vue l�Acte de Qu�bec (Quebec Act 1774), compor- tait des avantages qui paraissaient consid�rables.Les ancien- nes fronti�res de la Nouvelle-France �taient r�tablies dans leur plus grande partie, entre autres la gestion du bassin des Grands lacs �tait rapatri�e � Qu�bec. La gestion directe de ces territoires faite par Londres depuis 1763, s�est av�r�e d�sastreuse. Ce faisant, on reconnaissait l�expertise des gestionnaires de Qu�bec ou de Montr�al dans l�administration de ces immenses territoires. Le code fran�ais garantissant le droit de propri�t� depuis la conqu�te, est maintenant officiellement reconnu dans l'Acte de Qu�bec. Cependant, il y a un mais. L�Acte de Qu�bec relativement au droit de propri�t�; �tait rédigé de façön très ambigüe, et pouvait donner lieu à diverses interprétations, comme celle formulée dans la lettre de Conrad Gugy à Haldimand, et datée du 18 janvier 1782: "Cette année (1775) fut une époque dans la Province, il me paraît que les acquisitions faites antérieurement à ce temps pourraient et devraient être confirmées par une ordonnance pour ceux qui auraient payé des droits dus à sa Majesté" Est-ce à dire que les propriétaires de biens fonciers et acquis avant cette année de 1775, devraient faire confirmer les titres de propriétés par ordonnances moyennement le paiement de droits dus à sa Majesté? Pour ce qui est du libre exercice de la religion catholique, on n�a pas tenu compte des nombreuses restrictions mentales. La constitution britannique continuait d�être aussi rigide sous ces rapports. On a fait une lecture trop rapide.
Pour revenir au droit de propri�t�, quand même, les suspicions n�ont pas tardé à apparaître dans la population. Les nombreux Acadiens implantés dans toute la région, les Pellerin, Les Trahan, les Leblanc, les Landry, dont ceux demeurant dans les rangs de Grande et Petite Acadies, à Yamachiche, témoins et victimes de récentes et douloureuses spoliations, ne pouvaient que soulever le spectre de la dépossession. Les Acadiens venus s�établir dans cette région du Lac St-Pierre venaient du Massachusetts où ils furent déportés en 1755. Avant d�être rapatriés au Québec, en 1767, ils avaient été pendant plus de 10 ans réduits à l�état d�esclavage, (avec le fouet au menu.) Les familles ayant �t� dispers�es, il en r�sultat un perp�tuel va-et-vient de p�res et de m�res � la recherche de leurs fils et de leurs filles. Le gouvernement du Massachusetts �dicta des peines s�v�res pour les Acadiens, qui, � la recherche des membres de leurs familles, avaient le malheur de sortir du territoire qui leur avait �t� assign�: "S'ils sont appr�hend�s sans passeports lit-on dans une proclamation dat�e du 20 avril 1756, "ils seront passibles d'emprisonnement. S'ils sont pris en faute une deuxi�me fois, ils pourront recevoir en public qu'ils soient hommes ou femmes, jusqu'� dix coups de fouets chacun. Une motion fut présentée récemment à la chambre des Communes d�Ottawa, par un député de souche acadienne demandant à la couronne britannique de reconnaître les préjudices subis par plus de 10000 Acadiens suite à leur déportation massive en Angleterre et dans les colonies nord-américaines. Cette motion fut rejetée avec dédain par une majorité parlementaire suite à un vote de 182 voix contre 59 Or, l�arrivée de nombreux loyalistes dans la région à la recherche de nouvelles terres, lorsque l�on sait que la pluplart des bonnes terres sont déjà occupées, ne pouvait qu�accentuer ces appréhensions. En fait, des plans étaient prévus pour l�Installation de 200 familles de Loyalistes à Maskinongé et Sorel.(collection Haldimand: le 13 septembre 1779, B.54; B.M, 21714) Pour ce qui est du conflit en cours, on peut considérer que dans l�ensemble, la population restait neutre, mais que la sympathie dans une forte majorité allait à la cause américaine. Mais considérant au début de la guerre l�état d�inorganisation de l�armée américaine, en plus de son incroyable degré d� amateurisme, on n�était pas disposé à tirer les marrons du feu. Question de neutralité, pouvait-il en être autrement? Lorsque l'arm�e allemande �tait omnipr�sente sur le territoire alors que 12000 soldats prussiens y "pensionnaient". Il faut rappeler que la population totale du Québec était à cette époque au plus de 110000 habitants. Il fallait contenir l�ennemi autant à l�intérieur qu�à l�extérieur, de sorte que chaque famille avait ses Prussiens dans la maison. C�est ce qu�on pourrait appeler un régime d�occupation intégré. On comprend maintenant l�insistance de Londres de loger les soldats chez l�habitant. Habituellement on laissait ces détails aux autorités en place. Il n�y a jamais eu de mouvements importants dans la population pour se joindre aux colonies rebelles. Il y avait certe une minorité d�activistes pro-américains, dont plusieurs prirent les armes du côté américain, et d�autres qui s�employaient à favoriser ou aider systématiquement les déserteurs de l�armée allemande ou encore de la milice.
Quant à ceux qui prirent les armes du côté américain, voici ce qu�en dit l�historien Gustave Lanctôt, sur lequel se base généralement l�histoire officielle.:"éléments ambitieux ou remuants qui virent dans l�invasion une occcasion de profits et d�aventures et qui ne constituent qu�une fraction hostile, agressive et souvent peu scrupuleuse dans ses comportements.." Le rédacteur de cet article dans le " Dictionnaire biographique du Canada" s�inscrit en faux contre cette affirmation:"Une telle interprétation ne résiste guère à l�analyse des faits: "Elle semble plutôt tributaire d�un certain courant de pensée nationaliste canadien, qui après la conquête a constamment cherché à mettre en lumière la loyauté des Canadiens-français envers la couronne britannique." De sorte que tous les faits qui allaient à l�encontre de cette ligne de pensée étaient écartés. C�est ainsi que l�on fabriquait l�histoire.
Quelle était l�opinion des autorités britanniques relativement à l�état d�esprit et la loyauté de la population; Le 21 septembre 1775: Carleton à Darthmouth. A quelques exceptions près les Canadiens n�ont pas voulu marché, malgré les efforts du clergé*, de la noblesse et des notables. Le 25 juillet 1777: Carleton à Lord Germaine: On ne peut compter sur les Canadiens sauf sur le clergé*, la noblesse et quelques membres de la bourgeoisie. Le 25 octobre 1780: Haldimand à Germaine: Le peu de confiance à reposer sur les habitants. Pourrait défendre la province avec de moindres forces si les Canadiens restaient neutres, mais on a tout lieu de douter de leur loyauté. Le 23 novembre 1781: Haldimand à lord Germaine . (annotée très secrète) "Si les rebelles envahissent la province avec quelques centaines de soldats français, les Canadiens vont prendre les armes en leur faveur vont servir de guides et fournir des vivres. On ne peut leur confier des armes pour la défense de la province, car ce serait dangereux. Ils servent déjà avec répugnance comme matelots sur les lacs." Pour terminer, voici ce que nous disaient nos manuels scolaires; (ceux de mon temps) "La Grande-Bretagne a pu conserver le Canada, grâce au loyalisme des Canadiens-français envers la couronne britannique." Nous étions alors réconfortés. *Ce ne fut pas g�n�ralement le cas du clerg� sur le terrain. ��ACCUEIL�� |