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. La victoire de Ste-Foy 1760 auteur:Douville Charlie Bonjour Un archiviste/historien Canadien m'a fait le plaisir de m'envoyer un expos� extr�mement complet et int�ressant sur la bataille de Ste-Foy, qui est une victoire Franco-Canadienne et la revanche sur la d�faite des Plaines d'Abraham . Les miliciens Canadiens se sont particuli�rement bien battus, ils avaient quelques comtes � r�gler avec les Britanniques puisque Wolf ( voulant venger une d�faite subie en 1759 sur les plages de Montmorency ) s'�tait ing�ni� � br�ler des familles enti�res de Canadiens . Il se trouve que justement les victimes n'�taient autre que les femmes et les enfants des soldats Canadiens qui combattirent � Ste-Foy . Le chevalier de L�vis sauve l'honneur du drapeau Fran�ais. _ Les pr�paratifs de L�vis : D�s le d�but de d�cembre, L�vis avait dans l'id�e pour reprendre la ville de Qu�bec d'une campagne surprise l'hiver, mais malgr� cela, il n'y avait pas assez de vivres et d'�quipements pour entreprendre une telle campagne. Entre-temps, L�vis s'effor�ait de raffermir le moral de ses troupes en leur exposant clairement la situation et leur expliquant clairement ce qu'il attendait d'elle au cours de la campagne du printemps. Dans une circulaire dat�e de 29 mars, il �crivait aux officiers : � Je vous prie de les [soldats et miliciens] pr�venir qu'ils doivent s';attendre � une campagne dure. Malgr� les efforts de l'Intendance, Je ne vois bien assur� qu'en pain et, lorsque nous serons devant Qu�bec, nous ne mangerons, soit en cheval ou en boeuf, la viande que nous pourrons avoir. � Il leur confirmait qu'il n'y avait pas de v�tements disponibles, pas plus que de capotes d'hiver ou de soldats, de fusils suppl�mentaires, de gibernes, de culottes et de cale�ons. Quant au bidons, gamelles et cuill�res, il faudrait s'en fabriquer en bois. Il n'y avait pas non plus beaucoup de fils ou de tissus pour raccommoder les v�tements. Les troupes r�guli�res comme celles de la Marine �taient v�tues d'uniformes d�lav�s, rapi�c�s et d�chir�s. Le d�vouement des bonnes dames de Montr�al rapporta un peu de confort � cette arm�e en pi�ces. ` Les miliciens quant � eux, �taient habill�s avec leurs habits de tous les jours et ils n'avaient pour armes que leurs fusils de chasse. Ils fixaient sur les canons des couteaux de chasse en guise de ba�onnette. Quant au munitions, elles �taient � l'avenant. Une grande partie des canons avaient �t� perdue lors de l'�vacuation du camp de Beauport et de Cap-Rouge. Un relev� de Vaudreuil ne trouva que 169 canons et 21 mortiers avec seulement 15 950 boulets, 312 bombes et 200 300 livres de poudres. Une grande partie de cette armement se trouvait dispers�e dans divers forts et ne pouvaient �tre utilis� en campagne. C'est donc avec une arm�e de loqueteux, une � [] une arm�e de gueux � selon les termes de L�vis, que la campagne de printemps est entreprise pour r�parer la d�faite du 13 septembre dernier et ainsi reprendre la ville. � d�faut d'�quipements, de bonnes armes et de munitions en quantit�s suffisantes, cette arm�e �taient anim�s d'une farouche d�cision, d'une volont� de r�sister et d'un v�ritable h�ro�sme qui allait leur inspirer une des plus brillantes actions de cette guerre. La colonie voulait continuer � vivre. _ La route vers Qu�bec : D�s Montr�al, le 15 avril 1760, on mit � flot deux navires avec le major g�n�ral des logis, le chevalier de La Pause, et l'ing�nieur Desandrouins qui se rendent � la Pointe-aux-Trembles pour pr�parer les cantonnements. Qui se rendaient � la Pointe-aux-Trembles pour pr�parer les cantonnements. Le 17, les chefs de bataillons re�urent les ordres de marche pour leur embarquements fix� au 20. La premi�re partie du trajet s'effectua rapidement mais, au lac Saint-Pierre, il fallut faire halte par suite d'un vent fort de nord-est qui emp�chait l'�coulement de la glace. Le 22, le temps se mit au beau et la flottille traversa le lac en s'adjoignant au passage les troupes de la r�gions de Trois-Rivi�res. L'arm�e Fran�aise vint camper antre La P�rade et Deschambeault pour y attendre l'ouverture du chenal. Elle y essuya une nouvelle temp�te qui eut pour effet de disloquer le pont de glace qui tenait encore de l'�le d'Orl�ans � Cap-Rouge. Le 24, les fr�gates et une dizaine de transports partirent en t�te du convoi, qui aborda � la Pointe-aux-trembles au coucher du soleil. Les battures de glaces tenaient toujours le long de la terre ferme et on eut beaucoup de difficult�s pour hisser les embarcations pour les amener sur la terre ferme afin d'�viter qu'elles soient emport�s avec les glaces lors d'une prochaine mar�e. On d�barqua trois canons qui devaient compl�ter le trajet par voie de terre. Les troupes se repos�rent durant toute la journ�e du 25, tandis que des �claireurs allaient reconna�tre les positions ennemies. Le lendemain, les embarcations furent remises � l'eau, pour se rendre � Saint-Augustin. Vers midi, on cessa la route car � ce moment, les falaises emp�chaient toute nouvelle approche vers Qu�bec. On allait donc passer sur terre et attaquer par Sainte-Foy et la for�t de Sillery.. L�vis avait compl�tement r�organis�s les cadres de son arm�e en incorporant les unit�s de milice dans les bataillons de r�guliers au sein desquels elle formaient des compagnies distinctes et homog�nes. Cette nouvelle arm�e Fran�aise comprenait cinq brigades form�es de deux bataillons chacune, auxquelles s'ajoutaient des troupes hors lignes. Pensant que les troupes de Murray occupaient Cap-Rouge, L�vis d�cide de contourner le terrain. Il passa par la route de Lorette pour traverser la rivi�re. Il envoya une compagnie de grenadiers sous les ordres de Bourlamaque pour r�tablir les ponts d�truits par les Anglais. Ce fut fait vers 2 heures de l'apr�s-midi et les troupes de L�vis s'avanc�rent sur les ponts. l'avant-poste Anglais fut imm�diatement �vacu� par les soldats anglais en place qui visiblement n'auraient pas fait le poids. Ils fonc�rent sur Sainte-Foy pour pr�venir les unit�s anglaises en place pour pr�venir de la menace. L'arm�e Fran�aise reprit la route qui devint extr�mement p�nible car il fallait traverser les marais gel�s de la Su�te. Murray apprend l,approche de L�vis : Le g�n�ral Anglais Murray se doutait de quelques chose, mais il croyait que l'attaque se ferait par le fleuve une fois les glaces disparues. Le 21 avril, il assiste � la lente d�b�cle sur le fleuve et fait afficher une proclamation sur les murs de la ville qui ordonnait aux civil d'�vacuer la ville dans les trois jours. Cela se fit pour �viter tout soul�vement. Jusqu'� la nuit du 26 et 27, la garnison ignorait tout du d�barquement des troupes Fran�aises � Saint-Augustin et de sa progression. C'est vraiment par le hasard d'un rescap� Fran�ais. Une sentinelle anglaise avait entendu des cris d'un homme qui appelait � l'aide. Une chaloupe parti pour trouver un marin Fran�ais presque mort de froid sur les glaces. Ses propos furent si important qu'on le mena imm�diatement au quartier g�n�ral de Murray. Il r�v�la que son embarcation s’�tait retourn� et qu'il faisait partie d'une exp�dition dans le but de reprendre Qu�bec. Avant de rendre le dernier soupir, il r�v�la que L�vis �tait proche de Qu�bec avec une puissante arm�e. _ Les deux arm�es se pr�parent : Murray fait sonner le r�veil et pr�pare son arm�e � une marche vers l'arm�e de L�vis. Au petit jour, avec les grenadiers, cinq r�giments et 10 pi�ces d'artillerie, il s'avance sur Sainte-Foy o� il installa ses hommes dans l'�glise et dans les maisons avoisinantes. L'arm�e Anglaise tenait une superbe position et attendait les hommes de L�vis. Ce dernier s'aper�u de la bonne position de Murray et n��,attaqua pas tout de suite une si bonne position et surtout pas avec des hommes ext�nu�s par trente heures de marche dans le mauvais temps. Une for�t d'un demi-mille de distance s�parait les deux arm�es. L�vis profita de cette couverture pour contourner les Anglais sur la droite. Murray crut avoir � faire � une arm�e sup�rieur en nombre et d�cida de se retirer. L�vis venait � peine de mettre son arm�e en marche que l'�glise de Sainte-Foy vola en �clat et s'enflammer. C'�tait Murray qui, ne pouvant retirer toutes minutions, avait d�cid� de les d�truire pour �viter de les laisser entre les mains de Fran�ais. L'arm�e Fran�aise continue son avance. Ce fut d'ailleurs assez p�nible car elle doit avancer dans la � slush �, un m�lange de neige � moiti� fondu et de boue �paisse. Un officier note : � Cette marche a �t� aussi dure que p�nible. Tous les officiers l'ont faite � pied et on eu � souffrir, aussi bien que les soldats, de la pluie, de la neige, aussi bien que de l'incommodit� de marcher dans l'eau et dans certains endroits jusqu'� mi-jambe. � D'ailleurs, le lieu de la bataille �tait justement en totalit� de la slush. � 6 heures du soir, L�vis est en possession de Sainte-Foy. Sa cavalerie et ses grenadiers avaient suivi la retraite de Murray jusqu'aux �tablissement du moulin Dumont (actuel Parc des braves). D'autres avant-gardes se dispos�rent un peu en avant des plaines. Sur la gauche, d'autres unit�s (cinq compagnies de grenadiers) prirent deux petites redoutes Anglaises inachev�es. _ Murray se pr�pare : L'effet de surprise est maintenant impossible pour L�vis. Il prendra la journ�e du 28 pour pr�parer un assaut en r�gle sur la ville le 29. Murray en d�cidera autrement. Lors d'un conseil de guerre, il d�cide de prendre les devants. Si la situation de l'arm�e Fran�aise est assez mauvaise, celle de l'arm�e anglaise n'est gu�re brillante. Pr�s de la moiti� de la garnison �tait malade et presque incapable de porter les armes. En bref, Murray avait plus 3 600 hommes encore disponibles. Se tenir sur la d�fensive en s'enfermant dans les murs qui pr�sentaient des faiblesses, ou se retrancher devant elles et y rentrer si la situation devenait trop grave. Murray adopte la deuxi�me situation. Il a une tr�s mauvaise opinion de l'arm�e Fran�aise et d�cide de se porter � sa rencontre. Tr�s ambitieux, il prend l'offensive et d�cide d'attaquer L�vis avant que l'arm�e Fran�aise ai eu le temps de se mettre en place et ainsi acqu�rir la m�me gloire que Wolf. Il �crit : � Je r�solus donc d’engager la bataille. � six heures et demie du matin, nous nous m�mes en marches avec toutes les forces qu’il �tait possible de r�unir, 3200 hommes, 20 canons et 2 obusiers. Chaque soldat, portait, en plus de ses armes, un pic et une b�che qui devaient servir aux travaux de retranchement. � L’arm�e Britannique gagne les m�mes buttes que Wolf occupaient l’ann�e pr�c�dente. Murray dispose ses troupes sur une bonne ligne d’attaque. Sur la gauche, il dispose, le 87eme, le 28eme et 47eme avec une troupe de Rangers. Sur la droite, le 48eme , le 15eeme et la moiti� du 60eeme . Au centre, il dispose le reste du 60eme, le 35eme , le 43eme et le 58eme . Il laisse le 35eme et le Royal Am�rican en r�serve. _ Les pr�paratifs de L�vis : D�s son arriv�, Murray constate que L�vis avait d�j� pris les devant. Ce dernier n’avait pas attendu Murray. Il voit que les Anglais s’avance pour le combat. Ce ne sera pas sous les murs, mais sur les lieux de la bataille des plaines d’Abraham que le combat sera livr�. Sur l’aile droite, L�vis y installe le Royal-Rousillon et Guyenne. Au centre, les bataillons des r�giments de Berry, de la Marine devant le bois de Sillery et sur la gauche B�arn et Lasarre qui prennent un certain temps pour s’installer, alors que La Reine et Languedoc. La gauche n’�tait pas organis�e et c’est � ce moment que Murray d�cide lancer son attaque. _ La bataille de Sainte-Foy est engag�e!…: Il ordonna � l’artillerie Britannique d’ouvrir le feu � mitraille et � petits boulets contre Berry et la Marine. Comme le feu commen�ait � devenir meurtrier, L�vis ordonna de les mettre � l’abri sous le couvert de la for�t de Sillery. Double avantage car il met ses hommes � l’abri qui �taient maintenant hors de port�e des canons et il raccourci le trajet des troupes qui arriveront en renfort. Murray se m�prend compl�tement sur cette manœuvre et pense qu’il s’agit d’un d�but de fuite. Il lance ses troupes � l’assaut du centre tout en augmentant le tir sur le moulin Dumont. C’est justement au centre que se trouve la premi�re surprise de L�vis. Parmi les troupes dissimul�s dans les bois, il s’y trouvent des Canadiens et des coureurs des bois dont leur survie d�pend de leur tir. Comme ils tirent et rechargent couch�s, ils sont donc tr�s bien prot�g�s du feu Anglais. Ils abattent donc un par un les officiers sup�rieurs. Quant aux r�guliers Fran�ais, ils lancent salves sur salves et les Anglais qui ne sont pas touch�s par les salves sont imm�diatement abattus par les miliciens Canadiens . C’est un mur de feu qui immobilise la ligne du centre Anglais et les clouent sur place. La situation au centre est devenue stable. C’est au moulin Dumont que la lutte sera la plus acharn� et la plus meurtri�re de la bataille. _ La lutte pour le moulin Dumont : La tentative du centre ayant �chou�, Murray voulait se reprendre en s’emparant du moulin Dumont. Cela lui aurait permis de bloquer toutes tentatives de renforts Fran�ais et de permettre de les contourner. De ce fait, il commet la m�me erreur que Montcalm l’ann�e pr�c�dente. Il quitte une position dominante pour se retrouver en contrebas. L’infanterie l�g�re Anglaise de Dalling engagea imm�diatement l’action les grenadiers fran�ais qui se trouvaient au moulin Dumont. D�s le d�part, le combat pris un combat acharn�. Les deux partis s’inflig�rent mutuellement de s�rieuses pertes. Finalement, la brigade Anglaise du g�n�rale Burton donne l’assaut sur le moulin. L�vis voit venir la menace et donne l’ordre de ne pas insister et de revenir en arri�re pour se mettre � l’abri dans le petit bois situ� � l’arri�re. Au m�me instant, l’aile gauche Fran�aise prend enfin position et l’arm�e Fran�aise compte d�sormais 3 600 hommes. Le commandant Bourlamaque, qui commandait ce secteur, eu son cheval tu� sous lui et une partie du mollet emport� par un boulet. Quelques instants plus tard, L�vis sur son cheval, passa devant les hommes et donna finalement l’ordre de charger le moulin Dumont. Il mit son tricorne au bout de son �p�e et donna le signal convenu. Le colonel d’Alquier lan�a tout ses hommes du r�giment de La Sarre contre le moulin Dumont accompagn� de nombreux miliciens Canadiens haches � la main et couteaux � la main en poussant un grand cri de charge. L’attaque des Fran�ais fut si puissante qu’en un seul �lan, l’infanterie l�g�re Britannique fut �cras�e sur place et se retira avec tellement de pertes qu’elle fut retir�e du combat d�finitivement. Le g�n�ral Burton envoya imm�diatement les Highlanders contre le moulin Dumont. Le combat sera des plus acharn�e et comptera parmi les plus violents de la guerre de la conqu�te. Le colonel Anglais nous laisse de t�moignage : � Antagonistes dignes les une des autres! Les grenadiers Fran�ais, la ba�onnette au poing, for�aient les Highlanders de sauter par les fen�tres de la maison et ceux-ci �taient massacr�s par les miliciens Canadiens � coup de haches indiennes et de couteaux. Ceux qui en r�chappait en se d�gageant des miliciens Canadiens revenaient � l’assaut avec leurs dagues et obligeaient les grenadiers Fran�ais � sortir par le m�me chemin. La maison fut prise et reprise plusieurs fois avant de revenir finalement aux Fran�ais. La lutte aurait continu� tant qu’il y aurait eu grenadiers Fran�ais ou un Highlanders encore en vie si les deux g�n�raux n’avaient pas abandonn�s un certain temps la maison pour en faire comme une sorte de terrain neutre. Les grenadiers Fran�ais �taient r�duits � 20 ou plus par compagnie et les Highlanders �taient d�cim�s dans les m�me proportions. � Un capitaine de milice Canadienne raconte aussi : � La rage �tait dans le cœur et l’�me de chacun de mes hommes. Ils avaient tout perdu et ils �taient d�cid�s � faire pay� cher les larmes et le sang de leurs famille que les Anglais avaient fait coul�s. Ils furent sans piti�. Ils ne perdirent pas de temps et un des plus violents corps � corps s’�tait engag�. Un d�nomm� Pierre Grandmaison, dit � Pierrot � avait tu� � lui seul une dizaine de soldats Ecossais et c’est de justesse que je l’ai retenu de ne pas fendre le cr�ne d’un officier Anglais. Un autre trancha litt�ralement la jambe d’un �cossais plus grand que lui et se jeta pour lui ass�ner un coup mortel sur la t�te. Mon second, un milicien nomm� � Picot �, re�u trois projectiles et cinq coup de ba�onnettes avant de tomber face contre terre, non sans avoir tu� au moins six Anglais. […] Quand finalement, le terrain fut � nous d�finitivement, j’avais perdu plus de la moiti� de mes hommes et j’eu grand peine de les emp�cher de poursuivre les fuyards. Les choses en rest�rent l�. […] Grandmaison revint vers moi avec le tricorne d’un officier et son manteau gris compl�tement rouge de sang. Il venait de tuer 15 soldats Anglais et avait re�u plus de 5 blessures. � Le grenadier Pouliotte, originaire de Montr�al et engag� dans le r�giment de La Sare, nous laisse ce t�moignage saisissant : � Nous avons re�us l’ordre de charger les Anglais qui �tait dans la grande maison du moulin Dumont. Nous avons tous pouss� un grand cri avec nos ba�onnettes an avant avec une fureur que je n’avais jamais senti auparavant. J’avais d�j� combattu dans une compagnie de milice Canadienne, mais jamais je n’avais senti une telle rage dans mon cœur.[…] Je vis un grand Ecossais qui s’appr�tait � tuer un soldat �tendu sur le sol. J’ai fonc� sur lui en enfon�ant ma ba�onnette dans son flanc. Il s’agitait pour se d�gager, mais ma ba�onnette �tait coinc�. Le soldat �tendu sur le sol put se relever et lui enfoncer � son tour sa ba�onnette dans le cou. L’�cossais s’effondra, mais je ne put r�cup�rer ma ba�onnette qui �tait trop coinc�. Je pris celle d’un soldat mort et je fon�ais t�te baiss� dans la m�l�e.[…] Quand la bataille cessa, je soufflais et vis un v�ritable massacre autour de moi. Mes gu�tres �taient rouges, pleine de sang. La neige �tait aussi rouge plein de morts gisaient autour de nous. Peu de bless�s chez les Anglais car nous n’avions eu aucune piti� pour ceux qui avaient br�l�s nos fermes et massacr�s nos familles. […] Je pleurais de rage en moi-m�me devant cette boucherie. D’autres miliciens Canadiens criaient de joie, mais aussi de rage en voyant les Anglais se retirer. Si il en avaient eu la possibilit�, ils les auraient tous massacr�s jusqu’au dernier et moi aussi. On nous donna l’ordre de nous retirer tranquillement pour nous regrouper. � Cependant, l’aile gauche command�e par l’Alquier et Malartic, continuait sa progression. Apr�s avoir travers� un ruisseau et un vallon encore plein de neige, elle se trouva expos� au feu des Anglais. Devant le danger, L�vis fit envoyer un messager pour donner l’ordre aux hommes de prendre une position plus confortable. Malheureusement, les ordres furent mal re�us et, en s’y conformant tel que re�us, ont eu amorc� un mouvement de retraite. Malartic n’osait contrevenir aux ordres et se pr�parait � faire changer de direction � son r�giment, lorsque d’Alquier, soup�onnant quelque m�prise, s’approcha pour conf�rer. Il dit � son coll�gue : � Je prends sur moi de contrevenir aux ordres du g�n�ral. Profitons de l’ardeur de nos soldats. Ne tirons pas! Chargeons! Tombons sur l’ennemi � la ba�onnette! � Au soldats et aux miliciens, il d�clara : � Mes enfants, ce n’est pas le temps de se retirer quand l’ennemi est � vingt pas. Fon�ons � la ba�onnette, c’est ce qu’il y a de mieux � faire. � L’�lan des Fran�ais fut irr�sistible et l’assaut tout aussi meurtrier que dans la grande maison du moulin Dumont. Les grenadiers Fran�ais reprirent le Moulin et s’empar�rent du moulin et de deux monticules situ� au-del� et d’o� les Anglais tent�rent en vain de les en d�loger au prix de lourdes pertes des deux c�t�s. Toute l’aile gauche Fran�aise se porta alors en avant pour reprendre les positions tenues par les avant-gardes au d�but de l’attaque. Le centre Fran�ais, voyant la gauche avancer, se mit � son tour en mouvement sur le centre. La formation Anglaise commen�a � se disloquer tranquillement. Apr�s avoir f�licit� d’Alquier de son initiative, L�vis se h�ta de gagner son aile droite o� il envisageait d’ass�ner un coup d�cisif � l’ennemi. _ Les redoutes de l’Anse au Foulon : Au d�but de la bataille, cinq compagnies de grenadiers Fran�ais avaient occup�s les deux redoutes situ�es au-dessus de l’Anse au Foulon. Elles furent bient�t contre-attaqu�es par des forces sup�rieures form�es par le 43eme et le Royal American, et se retir�rent momentan�ment. La violence du combat autour du moulin Dumont incita Murray � faire obliquer ses forces vers sa droite. Constatant que son adversaire avait affaiblit sa gauche, L�vis d�cida de tenter un mouvement tournant avec les brigades du Royal-Roussillon et de La Reine, appuy�es par la cavalerie. Il fit ordonner le d�placement de la r�serve sur sa droite avec sa gauche. Montreuil fut charg� de transmettre l’ordre. Il avait l’habitude des erreurs. Cette fois, il semble qu’il confondit sa droite avec sa gauche, ou il transmit le message de fa�on tellement confuse que les deux r�giments qui devaient marcher sur les redoutes all�rent se poster en r�serve derri�re l’aile gauche. Entre-temps, les grenadiers du Royal-Roussillon, soutenus par les miliciens Canadiens et les coureurs des bois de Saint-Luc, re�urent l’ordre de se r�approprier les redoutes. Bien appuy�s par une batterie de trois canons, command�s par le commandant de Louvicourt, qui tirait � la mitraille avec un effet d�vastateur, ils eurent vite fait de mettre l’ennemi en tr�s f�cheuse position. Les principaux officiers Anglais furent bless�s et le commandant du Royal American fut tu�. C’est �tait trop et ce fut la d�bandade sous les salves des grenadiers Fran�ais et de celui des miliciens et des coureurs des bois. Malgr� l’absence des r�giments de La Reine et de Languedoc, L�vis d�cida d’ex�cuter son mouvement tournant avec le Royal-Roussillon et Guyenne. Il en confia la direction au colonel Poulharies. Profitant d’une d�clivit� du terrain, celui-ci fit d�filer ses hommes en contrebas de la falaise, pour les lancer dans une charge � la ba�onnette dans les flancs des 28e et 47e r�giments Britanniques . Murray dut faire appel � ses r�serves � la fois sur son aile gauche et sur son aile droite, mais en vain. Tout �tait consum�. La panique g�n�ral s’�tait empar� de l’arm�e Anglaise. Un t�moin raconte : � L’ennemi prit la fuite avec une telle pr�cipitation et une confusion telle que pas un seul soldat Anglais ne put �tre ralli� par les officiers. � Les Anglais reflu�rent vers la ville en d�sordre. Certains ne s’arr�t�rent que dans la Basse-ville. La confusion �tait telle qu’il ne se trouva personne pour ordonner la fermeture des portes de la ville et de garnir les murailles. Malgr� cela, les troupes Fran�aises �taient trop �puis�s pour faire quoi que ce soit. Il �tait trop tard pour tenter une nouvelle action. La bataille avait dur� plus de trois heures. _ Les pertes des deux arm�es : La bataille de Sainte-Foy avait �t� extr�mement sanglante. Elles sont certainement moindres compar�es aux batailles europ�ennes, mais pour le contexte nord-am�ricain, c’est vraiment sanglant. Les pertes Anglaises s’�levaient � 1424 hommes, dont 383 morts, soir le tiers des effectifs engag�s. Le chiffre des morts allait en augmentant car l’arm�e Anglaise avait laiss� ses bless�s � eux m�me dans leur retraite. Du c�t� Fran�ais, d’apr�s les chiffres donn�s par L�vis et son chef d’�tat-major, La Pause, les pertes sont de 923 hommes, parmi lesquels 203 Canadiens. Le nombre de cadavre s’�levait � 193, dont 33 officiers, mais ce nombre s’accrut durant les jours suivants par suite du d�c�s de nombreux bless�s, de sorte que le cimeti�re de l’H�pital G�n�ral re�ut plus de 300 s�pultures � la suite de la bataille. Les Anglais avaient laiss� sur place leurs morts et leurs bless�s. Autour du Moulin Dumont, les cadavres gisaient les uns sur les autres et, dans les d�pressions o� se trouvaient encore une couche de neige, celle-ci �tait toute rouge. Des bless�s tomb�s dans la boue ou des mares d’eau glac�es, tentaient de se tra�ner sur un terrain plus confortable. Les Am�rindiens qui, durant l’action, comme s’�tait un peu leur habitude, s’�taient tenus � l’�cart, se r�pandirent sur le champs de bataille pour achever les bless�s et les scalper. L�vis fit aussit�t arr�ter cette horreur et ordonna de transporter les bless�s aussi bien anglais que fran�ais � l’H�pital G�n�ral, dont il avait fait prendre possession. Presque tous les jours le drapeau blanc �tait arbor� pour demander une suspension d’armes afin de traiter l’�change des prisonniers ou de faire passer des vivres aux bless�s Anglais hospitalis�s � l’H�pital g�n�ral. On se piquait de courtoisie r�ciproque. L�vis, au courant de l’�pid�mie de scorbut qui frappait les troupes Anglaises, faisait parvenir � Murray des d’anneda (c�dre blanc). Celui-ci lui rendait la politesse en lui envoyant du fromage de Chester. _ Apr�s la victoire : La nouvelle de la victoire se r�pandit tr�s rapidement dans tout le pays, cr�ant une joie intense et une esp�rance tr�s vive. Vaudreuil fut le premier � f�liciter L�vis. Il lui �crivit cette lettre : � Il n’a fallut rien de moins que votre exp�rience et votre coup d’œil militaire pour d�terminer la victoire en votre faveur. Cette journ�e sera m�morable et enti�rement � votre ouvrage. Il me serait difficile de vous exprimer le joie vive que je ressens. Je regrette infiniment les braves officiers, soldats et Canadiens que nous avons perdus; ils ne pouvaient que signaler leur valeur, combattant sous les yeux d’un g�n�ral qu’ils aimaient �galement, et dont la bravoure doit �tre admir�e. � _ Le si�ge de Qu�bec : L�vis fit avancer son arm�e jusqu’au versant des Buttes-�-Neveu, qui fait face � la ville, o� elle campa � plus de 600 toises des fortifications. Les murs laissaient � d�sirer en plusieurs points. C’�tait tout de m�me une entreprise formidable que de tenter d’y pratiquer une br�che avec le peu de moyens dont L�vis disposait. On employa toute la journ�e du 29 avril � d�charger les fr�gates et les transports, qui avait jet� l’ancre au Foulon, du mat�riel de si�ge, de quelques canons, d’une bonne quantit�s de poudre et de fascines apport�es de Montr�al. Le soir m�me, 600 hommes, dirig�s par l’ing�nieur royal Pontleroy, ouvrirent la tranch�e, mais le sol gel� et le roc qui se montrait presque en surface rendaient le travail difficile. Pour remplir les gabions, il fallait transporter de la terre dans des sacs. Vaudreuil avait �mis des ordres enjoignant aux milices de district de Qu�bec de rejoindre l’arm�e de L�vis. Mais elles avaient �t� d�sarm�es par les Anglais. N�anmoins, les habitants de Qu�bec, forc�s de sortir de la ville le 21 avril et consid�rant cette ordonnance comme une violation de la capitulation, furent les premiers � se pr�senter, suivis par de nombreux miliciens de la rive nord et de l’�le d’Orl�ans, qui estimaient que le serment pr�t� sous la contrainte ne les engageait pas. On les employa � des travaux de terrassement. Ce comportement, pourtant brave de la part des habitants, eu malheureusement des cons�quences. Murray pouvait passer difficilement passer l’�ponge sur leur conduite en d�pit du serment d’all�geance. Une fois l’arm�e Fran�aise repartie pour Montr�al, il d�cr�ta des corv�es pour d�molir des travaux d’approche ex�cut�s durant le si�ge. L’�pisode le plus p�nible de cette r�pression fut l’ex�cution de meunier Nadeau, de la Pointe-L�vy. Accus�s d’avoir incit� ses concitoyens � se joindre aux assi�geants et de leur avoir fourni de la farine, il fut sommairement ex�cut�. On le pendit � l’une des vergues de son moulin o� son corps se balan�a au vent durant trois jours. On se rendit compte trop tard de son innocence. Plus chanceux fut le cur� Morisseau, de Charlesbourg, qui avait encourag� ouvertement ses paroissiens � rejoindre L�vis; il en fut quitte de six mois de prison et un solide coup de pied au derri�re lors de sa sortie par l’officier Anglais qui l’avait condamn�. _ Murray et la d�fense de Qu�bec : Apr�s la d�faite de Sainte-Foy, Murray ne dispose plus que d’environ 2 100 hommes, mais d�moralis�s, pour d�fendre Qu�bec et bon nombre d’entre eux ne pensaient qu’� piler et � s’enivrer. Pour les ramener � l’ordre, Murray fit d�foncer les barils de rhum des cantines et fit pendre s�ance tenante les chefs des agitateurs. Il fit sortir les troupes des baraques pour les faire coucher sous la tente. Il employa les convalescents � fabriquer de la bourre pour les canons ou � remplir des sacs de terre destin�s � renforcer les murs passablement amoch�s de la ville. Sur ses ordres, l’ing�nieur Holland entreprit d’am�nager les fortifications en y ajoutant un remblai de fascines et des chevaux de frise. Il fit �galement construire un retranchement avanc� devant la porte Saint-Louis. C’�tait la grande porte d’entr�e pour la ville de Qu�bec. Il entreprit ensuite de garnir les murs d’une puissante artillerie. Faute de b�tes de somme dont plusieurs avaient termin�s en viande de boucherie, la garnison, y compris les officiers, s’attela sur les aff�ts de canons pour y tra�ner vers les remparts qui furent bient�t arm�es de 140 bouches � feu. _ � Enfin! Une voile � l’horizon!... � : Malgr� la sup�riorit� de son artillerie, Murray demeurait tr�s soucieux. Il s’imaginait bien les comptes qu’il aurait � rendre si jamais L�vis reprenait Qu�bec. Ce dernier, de son c�t�, comptait sur les secours demand�s par Le Mercier. On �tait convaincu, de part et d’autre, que l’apparition du premier allait d�cider du vainqueur du si�ge de Qu�bec. Murray esp�rait que le voyage du Racehorse acc�l�rerait l’arriv�e de la flotte Anglaise. L�vis avait aussi ses raisons d’esp�rer : au mois de d�cembre pr�c�dent, un voyageur avait apport� la nouvelle qu’un navire fran�ais arm� de 30 canons avait rel�ch� � Gasp� et, apprenant la capitulation de Qu�bec, avait d�cid� d’y hiverner. Le voyageur avait �t� renvoy� imm�diatement pour avertir le capitaine du navire de faire voile vers Qu�bec, aussit�t que possible. Enfin, dans la matin�e du 9 mai, un navire apparut dans le chenal du sud de l’�le d’Orl�ans. Tout le monde retint son souffle, Anglais comme Fran�ais et Canadiens. Murray fit aussit�t hisser le drapeau Anglais sur la redoute du Cap-Diamant. D�s qu’il se fut approch�, on constata que le pavillon anglais flottait � son grand m�t. La fr�gate Lowestoff, apr�s avoir salu� la ville de 21 coups de canon, jeta l’ancre. Son capitaine descendit � terre et annon�a qu’il pr�c�dait une escadre consid�rable. Londres avait apprit la prise de Qu�bec, mais que les ressources de l’arm�e Anglaise avaient �t� �puis�. Il fallait donc la ravitailler d’urgence dans la crainte d’une contre-offensive des Fran�ais. C’est � ce moment que Murray lu expliqua la situation et que les Fran�ais se trouvaient juste sous les murs et que l’arriv�e de la flotte allait sauver la situation. Knox rapporte dans son journal : � La joie des troupes est impossible � exprimer, officiers et soldats mont�rent sur les remparts en face de l’ennemi, et remplirent l’air de hourras, en agitant leurs chapeaux pendant plus d’une heure […]. Les canonniers �taient si transport�s qu’ils ne firent que tirer et charger pendant un temps consid�rable. � _ Le si�ge continue : L�vis ne se laissa pas d�courager par cet �v�nement. Le 11 mai, il put enfin ouvrir le feu contre les murs. Montbeillard concentra le feu de ses canons sur le bastion de la Glaci�re, que l’on savait le plus faible, dans l’espoir d’y ouvrir une br�che. Us�es, les bouches � feu se mirent � crever les unes apr�s les autres. On ne disposait que de faibles quantit�s de poudre de mauvaise qualit�. Le bastion r�sista sans difficult�. Chaque jour qui passait rendait L�vis de plus en plus soucieux. Le 13 mai. Il �crivait � Vaudreuil : � Pour peu que nous eussions eu du bonheur, nous n’aurions certainement r�ussi, mais il faut se soumettre au d�crets de la providence. � Le 15, sa confiance �tait presque compl�tement tomb�e. � Nous faisons moralement tout ce qui possible de faire; nous ne sommes point heureux, car si nos pi�ces de canons n’eussent pas crev�, nous n’aurions pu faire br�che. Ils ne nous reste que trois petits canons de cuivre et nous ne nous en servons que sporadiquement pour rappeler notre pr�sence � l’ennemi. Il est temps que cela finisse d’une fa�on ou d’une autre; je crois que cela ne tardera pas. � Le jour m�me, il confiait � l’intendant Bigot : � Notre situation […] est des plus inqui�tantes. Je crains bien que la France nous ait abandonn�s. Nous avons fait et faisons ce que nous pouvons. Je juge la colonie perdue et sans ressources […]. Il n’y a point de notre faute et il me semble que Dieu et le Roy aient abandonn�s cette mis�rable colonie � elle-m�me. � Le soir m�me, la situation qu’il avait jug�e inqui�tante, dans cette lettre au cours de l’apr�s-midi, devint d�sesp�r�e. � la fin du jour, deux autres navires anglais, le Vanguard, un vaisseau de ligne de 74 canons, et la Diana, une fr�gate de 32 canons, jetaient l’ancre devant Qu�bec. Vers 11 heures du soir, un groupe d’am�rindiens se pr�senta chez L�vis avec un prisonnier anglais qui d�clara que toute une escadre suivait ces deux navires. Le sort en �tait jet�. L�vis commen�a imm�diatement � donner des ordres pour la lev�e du si�ge. La premi�re mesure qui s’imposait �tait de mettre hors de la port�e de l’ennemi les approvisionnements qui se trouvaient sur les navires mouill�s au Foulon. L�vis envoya un officier avertir Vauquelin de lever l’ancre imm�diatement avec ses fr�gates et ses transports, et de remonter le fleuve. La nuit �tait imp�tueuse et tr�s obscure, et le messager ne pu ex�cuter sa mission avant le jour. _ Vauquelin : D�s l’aurore, la Lowestoff et la Diana, suivi de pr�s par le Vanguard, arrivaient toutes voiles d�ploy�es sur la flottille de Vauquelin. Celui-ci ordonna de couper les c�bles et d’appareiller en vitesse. Les transports partirent en avant. La Pomone s’abattit du mauvais c�t� et alla s’engraver sur la gr�ve de Sillery. Son commandant y mit le feu et alla rejoindre l’arm�e et son �quipage. L’Atalante rejoignit les transports � Cap-Rouge. Leur lenteur en faisait une proie facile pour les fr�gates Anglaise. Vauquelin leur intima l’ordre d’entrer dans l’estuaire de la rivi�re et de s’y �chouer. Il �tait persuad� que les fr�gates ennemies s’acharneraient � le poursuivre, ce qui permettrait � l’arm�e de r�cup�rer les approvisionnements. C’est ce qui arriva car il poursuivit sa route jusqu’� Pointe-aux-Trembles, o� les deux fr�gates anglaises parvinrent � lui couper le passage. Il �choua son navire et commen�a une vive canonnade contre les vaisseaux ennemis. Comme la mar�e baissait, il fit couper le grand m�t afin que sa fr�gate puisse garder plus longtemps son �quilibre. Des boulets ennemis avaient perfor� le bordage sous la ligne de flottaison, le soute aux poudres fut inond�e. Il dut cesser d’utiliser ses canons et se contenter de tenir l’ennemi �loign� par un solide feu de mousqueterie. Comme se fr�gate donnait de plus en plus de la bande, au point qu’il devenait de plus en plus difficile de se tenir sur le pont, il amputa le m�t de misaine et fit d�barquer la plus grande partie de son �quipage. Le commandant de Lowestoff raconte dans son livre de bord : � Il y eu des coups intelligents des deux c�t�s. Nous ne pouvions nous approcher de trop pr�s pour �viter de nous �chouer � notre tour. […] Malgr� la tactique d�sesp�r� du Fran�ais, ils nous on tenus � distance durant plusieurs heures et nous infligea de s�rieux dommages. � un certain moment, un boulet Fran�ais arriva sur le pont et ricocha dans tous les sens fauchant au moins une dizaine de marins. Cela ralentit notre tir pour quelques instants, mais nous repr�mes le tir. � Apr�s six heures de combat, la Diana ayant tir� 500 boulets et la Lowestoff 350, elle cess�rent le feu et envoy�rent des canots prendre possession de ce qui restait de l’Atalante. Vauquelin, cinq de ses officiers et six hommes d’�quipages furent fait prisonniers. Les navires �chou�es furent sauv�s. _ La lev�e du si�ge : Ce brillant fait d’armes cl�tura la s�rie des op�rations militaires autour de Qu�bec. D�s le matin du 16 mai, L�vis donna cong� aux miliciens de Qu�bec et des environs. Il note : � Il me fait grand peine pour eux de les voir partir ainsi. Apr�s tant d’efforts h�ro�ques et de d�vouement de leur part, cela me chagrine. Les Canadiens sont ceux qui ont le plus � perdre dans cette guerre. � Il fit retirer l’artillerie. Les pi�ces de campagnes partirent d’abord; les canons plus lourds furent enclou�s et jet�s en bas de la falaise du Foulon. � 10 heures du soir, l’arm�e Fran�aise se mit en marche et arriva � Cap-Rouge au matin. Tandis que le gros des troupes poursuivait sa marche vers la Pointe-Aux-Trembles, une forte arri�re-garde, command�s par Bourlamaque port� sur un brancard, r�cup�ra les vivres et les munitions des transports �chou�s, et on les chargea sur des barques. On parvint � remettre la Marie � flots et on incendia les autres navires. Profitant d’une nuit pluvieuse et d’une forte bourrasque de nord-est, la Marie et les barques parvinrent � s’�chapper vers le haut du fleuve. _ La retraite : Les troupes en retraite n’ayant rien d’autres � manger que du pain. L�vis licencia presque tous les miliciens Canadiens, les renvoyant � leurs foyers. Il distribua les r�guliers dans les campagnes entre Trois-Rivi�res et Montr�al, ne laissant que des postes d’observation � la Pointe-aux-Trembles, � la Jacques-Cartier et � Deschambault. Le 19 mai, l’amiral Colvill, avec six vaisseaux de ligne et cinq fr�gates, entra dans la rade de Qu�bec, an�antissant du m�me coup tout espoir de secours de la part de la France. C’est finalement durant l’�t� de 1760 que les sort de l’Am�rique fut d�cid� quand une petite flotte de secours se retrouva coinc� dans le fond de la Baie des Chaleurs, � l’embouchure de la rivi�re Ristigouche. Les derniers coups de canons entre Fran�ais et Anglais se soldaient par un match nul. La victoire de Sainte-Foy et les op�rations du si�ge font grandement honneur � l’habilet� strat�gique de L�vis et les ennemis eux-m�mes en convinrent. Malartic, bless� le 28 avril, qui avait �t� laiss� � l’H�pital G�n�ral pour veiller aux int�r�ts de bless�s fran�ais. Cela lui donna l’occasion d’�changer avec un bon nombre d’officiers anglais, entre autres Burton et Murray. C’est ainsi qu’il put �crire � L�vis : � Tous les officiers Anglais conviennent bien que nous avons pris, le 28, une revanche du 13 septembre. Ils rendent justice � la valeur des troupes, et � l’habilit� de vos dispositions et de votre retraite, qui � �t� forc�e par l’arriv�e de la flotte. Ainsi, vous devez bien tranquille sur les relations qui parviendront en Europe; les Anglais disent qu’il n’y a point de gr�ce en France � laquelle vous ne puissiez pr�tendre. � L�vis ne chercha pas � s’accaparer tout le m�rite et c’est ce qui lui rend encore plus honneur. Il a tenu � rendre hommage au courage et � la pers�v�rance des combattants. Dans une lettre au ministre Berryer, il d�clarait : � Les troupes de la colonie, celles de la terre, les habitants m�me, ont fait des prodiges de valeur. Ils ont donn� des preuves r�it�r�es, surtout le 28 avril dernier, que la conservation de la colonie ne pouvait d�pendre ni de leur z�le pour la gloire de Sa Majest�, ni de leur courage � se d�fendre, ni de leur bonne volont� � endurer les plus grandes fatigues et la privation des choses les plus n�cessaires. � Le drapeau de la France ne flottera plus jamais sur Qu�bec. Une garnison anglaise occupera ses casernes et sa citadelle durant plus d’un si�cle, jusqu’au 11 novembre 1871, alors que le 60eme et l’artillerie royal reprendront le chemin de l’Angleterre pour �tre remplac� par une unit� canadienne d’artillerie, command� par un lieutenant-colonel canadien fran�ais Charles de Montizambert, descendant d'un des vainqueur de la bataille de Sainte-Foy. conception du site: olivier lavignortiz�2002 La victoire de Ste-Foy 1760 auteur:Douville Charlie (mardi le 25 mars 2003) (sans titre) auteur:Fg (mercredi le 26 mars 2003) Montcalm auteur:Douville Charlie (mercredi le 26 mars 2003) |