ou La pêche industrielle et la croissance de l'économie Sénégalaise

LA PECHE INDUSTRIELLE ET LA CROISSANCE DE L'ECONOMIE SENEGALAISE

Le Sénégal pays de l'Afrique de l'Ouest, dispose de 718 km de côtes de Saint Louis au Cap-Skiring. Son espace maritime est de 198.000 km2 avec un large plateau continental de 23.800 km21.

Les activités de pêche s'exercent au Sénégal dans les eaux maritimes et dans les eaux continentales. Lesquelles font parties de celles réputées les plus poissonneuses de la côte Ouest - africaine. Par saison, sous l'effet des alizés, le domaine maritime connaît une remontée d'eaux froides appelées (upwelling). Ces eaux riches en sels nutritifs favorisent le développement d'une flore et d'une faune abondantes et diversifiées2.

Le développement de la pêche au Sénégal est intimement lié à son évolution économique et sociale, ainsi, la pratique de la pêche a t- elle subi de profondes mutations au fur et à mesure que le pays s'ouvrait aux technologiques modernes. Actuellement elle se pratique essentiellement de deux façons : la pêche artisanale et la pêche industrielle. Cependant, la ligne de partage entre ces deux types n'est pas des plus claires. Car l'évolution technologique n'est pas la même au sein des diverses pêcheries. Au Sénégal, on rassemble sous l'étiquette industrielle des pêcheries qui ne présentent pas les mêmes caractéristiques selon qu'elles sont basées à Saint Louis, à Dakar ou en Casamance. Le contenu du concept " pêche industrielle " n'est pas toujours très précis. Une pêcherie est définie par T.S RASS et F. CARRE 3 comme un complexe biologique de production caractérisé par des assemblages d'espèces commercialement intéressantes et effectivement utilisées sur lesquelles interviennent des unités techniques et économiques d'exploitation.

Toute pêcherie doit donc être considérée comme un ensemble composite de stocks d'engins de flottilles et de communautés de pêcheurs.

Notre étude porte essentiellement sur celles de Dakar qui représentent à elles seules 95% de la pêche industrielle Sénégalaise qui joue un rôle important dans la vie économique nationale.

L'importance de la pêche au Sénégal en terme d'activités économique et de source de devises a fait l'objet de l'attention des investisseurs comme des autorités politiques et administratives.

Diverses études ont été ainsi réalisées notamment celles de Moustapha DEME du centre de recherche océanographique de Dakar Thiaroy (CRODT) sur la pêche sardinière, celles de F. Foucault de C. Chaboud et R. Brendel sur le bilan économique du secteur de la pêche au Sénégal ; de P. FREON sur ses divers aspects spécifiques. Et ce en particulier depuis que des signes de malaise sont apparus, dont les difficultés, voire les faillites de bon nombre d'entreprises.

La pêche est un domaine générateur d'emploi et de revenu ; 600.0004 personnes travaillent à terre et en mer. Elle occupe une place centrale dans les exportations et la fourniture de protéines animales à une population à une population en croissance rapide. Elle n'est pas liée aux aléas, climatiques comme les autres exploitations du secteur primaire.

La valeur des exportations atteint 160 milliards de francs C.F.A en 1996. C'est un secteur qui contribue de façon déterminante au rééquilibrage de la balance commerciale. La pêche procure d'importantes recettes à l'Etat notamment à travers les divers accords et licence de pêche. Elle représente 12%5 du PIB du secteur primaire et 2.5% du PIB total6. Plus de 75% des besoins en protéines animales des populations Sénégalaises sont couvertes par le poisson à des prix relativement accessibles.

L'accroissement de la production pondérale est l'objectif prioritaire des différents acteurs. Dans la plupart des pays en développement les conditions différent significativement de celles qui avaient permis cent ans pus tôt le développement de la grande pêche dans les pays industrialisés. De façon générale les administrations et les agences de développement voyaient la pêche comme l'exploitation d'une ressource dont la productivité naturelle pourrait être à l'image de ressources agricoles ou forestières repoussée par la technique. Cette vision les conduisit à donner la priorité à la mécanisation, aux innovations techniques et aux aides à l'investissement en accordant moins d'attention aux contraintes exogènes imposées par la nature finie des ressources7.9.

La pêche pouvait bien jouer un rôle de moteur du développement au Sénégal au regard des ressources halieutiques disponibles et des conditions maritimes. Tel n'est cependant pas encore le cas. Quelques obstacles majeurs s'y opposent, dont le délabrement et l'armement, la chute des cours. Dans la pêche industrielle, cette situation transparaît par le nombre important d'entreprises en difficulté qui souffrent presque toutes des mêmes maux à savoir :