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t.A.T.u., pour les quelques
mauvais élèves qui n'ont pas encore retenu leur leçon,
ce sont ces deux filles de 17 et 18 ans, qui font
plus parler d'elles pour leurs comportements fantasques
(homosexualité, impudeur, érotisme…) que pour leur
musique ! Attention, nous sommes prévenus : t.A.T.u.,
on va nous le vendre à coup de polémiques et de détraquages
!
Et pourtant, t.A.T.u., c'est
plus que ça, me semble-t-il ! C'est avant tout un
groupe qui a conquis l'Europe de l'Est (Russie, Allemagne,
Bulgarie, République Tchèque…) il y a deux et demi,
et qui sévit depuis janvier 2002 aux States et en
Angleterre. #1 des ventes dans plusieurs pays européens,
elles ont débarqué chez nous en septembre dernier
avec l'aujourd'hui incontournable : " All the things
she said ", qui s'est vraiment fait remarquer grâce
à son clip. Le 6 janvier dernier, l'album des t.A.T.u.
sort en France. C'est le début d'un phénomène qui
ne fait (peut-être) que commencer. Diffusée en boucle
sur certaines radios (le Mouv', par exemple), la chanson
titre de l'album connaît le même engouement qu'elle
a connu dans les autres pays européens un an + tôt
! (non, non, je n'insinue pas qu'on a quelques métros
de retard…. Hum ! ;)

Il faut dire que l'album a
quelques raisons d'attirer les foules : il a été produit
par Trevor Horn, lequel a collaboré entre autres avec
Madonna, Tina Turner, Seal, Massive Attack… Le " talent
" des t.A.T.u. ne peut, pour l'heure, se juger qu'au
travers des 12 chansons de leur premier et unique
album : " 200 KM/H IN THE WRONG LANE ". Parmi celles-ci,
8 originales et 4 remix. Les musiques sont mi-rock,
mi-pop, avec une petite partie rap sur le titre :
" Stars ". Le tout rassemble des morceaux assez peu
empreints de leurs origines slaves. La voix de Lena
(la rousse), sage et mélodique, se mêle harmonieusement
à celle de Yulia (la brune), enfant rebelle aux intonations
rock, ajoutant ainsi de la mélodie à des rythmes souvent
effrénés. A moins que ça ne soit le contraire…. ;)
Bon, disons-le franchement
: t.A.T.u., on aime ou on n'aime pas. C'est un composite
musical intéressant. Certains airs, certaines rythmiques,
certains axes de chant rappelleront à quelques-uns
Mylène Farmer (30 minutes), Zazie (rythmes de Clowns
et Malchik Gay), Shania Twain version actuelle (How
soon is now ?), parfois un peu Cindy Lauper ou Nathalie
Cardone (Show me love).
Actuellement, la première chanson
de l'album " Not gonna get us " détrône " All the
things she said " et commence à s'approprier les plages
musicales des radios. Si t.A.T.u. est vraiment le
phénomène que l'on est en droit d'escompter, gageons
que d'ici la fin 2003, les titres " Clowns ", " 30
minutes " et " How soon is now ? " se seront aussi
faits connaître.

Dans ce tableau quasi-idyllique,
une ombre s'esquisse : on ne peut que déplorer des
paroles vides et répétitives ! Les thèmes de prédilection
sont hélas un peu limités : l'amour, la liberté, l'évasion
et le sexe, on en fait le tour… Heureusement qu'on
ne comprend pas tout !;) Le titre " All the things…
", version anglaise de l'originale " Ia soshla s ouma
" (Je deviens folle), ne reflète pas la moralité dérangeante
des paroles russes : la démence, la honte et
le pardon. Grossièrement, la version russe dit : "
Je deviens folle, j'ai tant besoin d'elle… C'est un
poison lent qui est venu avec l'égarement.
Ils disent que je suis coupable. Ils disent que je
délire... Ils disent qu'il faut nous soigner très
vite… Maman, papa, je vous demande pardon… " " All
the things... ", plus tolérante dans les termes utilisés,
est aussi tellement édulcorée qu'elle en devient quasiment
insipide dans son sens… Heureusement que l'album nous
livre deux intégralités russes et un titre mi-anglais,
mi-russe (Stars)… ça a un charme incomparable !
Pour conclure, la seule chose
réellement significative qui pourrait exaspérer à
la longue, c'est le bouillonnement médiatique autour
des deux filles, qui en jouent souvent à outrance
! Sinon, c'est un genre musical " frais " et plutôt
bien construit. On est quand même bien loin de ceux
qui gagnent leur entrée à l'Olympia parce qu'ils ont
fait les pitres dans un château. Et je vais terminer
sur cette bonne parole, reprise nonchalamment à une
contemporaine radiophonique : " enfin, c'est juste
mon avis… "
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