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Saez
 
à l'aurore de nos rêves...
 
L'avenir du Rock français a un nom...
 
La fuite pour la musique...
 

L'avenir du rock français a un nom. L'affaire est classée, sauvée et on applaudit l'entrée en force du soleil montant : Damien Saez. L'histoire débute grâce à un savant mélange entre une mère algérienne et un père andalou. Son enfance, Damien l'affectionne dans le vrai Marseille, entre pastis, poisson et torpeur sous le ciel méridional. Puis, sa famille quitte le midi radieux pour Dijon. Et c'est déjà le temps de l'adolescence, des découvertes musicales et des rêves de carrière. Il écoule son lycée, couronné d'un bac S, se lance en fac d'histoire puis il s'enfuit vers Paris pour s'accomplir en tant que musicien professionnel.

 
Des jours étranges
 

C'est alors que tout s'accélère. Une manageuse du coin le prend sous son aile et l'aide à signer chez Island. Et pour faire croire un peu plus à la consistance de son rêve, il va même jusqu'à présenter ses textes à William Sheller, à la fin d'un concert de ce dernier. Emballé par ce nouveau jeune visage aux textes déchirés, ce dernier finance une partie du projet d'album de Damien. Aux studios, c'est une autre histoire. Le petit prince est servi par un homme du métier, Marcus Bell, lequel assure toutes les parties de guitare ainsi que l'intégralité des arrangements de cordes...

Finalement, un groupe se forme. C'est à ce moment précis que Damien décide de paternaliser l'œuvre sous le nom sobre de "Saez". Il explique, par la suite, que le choix de ce nom symbolise simplement l'équilibre entre son travail et celui de ses musiciens accompagnant. Les journaux racontent que Saez aurait atterri cinq fois aux urgences pour cause de surangoisse lors des sessions d'enregistrement. Mais il parvient au terme de ses créations et c'est en septembre 1999 qu'éclate à la lumière l'album "Jours étranges".

Jeune et con...

Saez, le groupe, entame une tournée dans tout le pays pendant que le premier single, "Jeune et con", apparaît. Une chanson en forme de cri d'alarme rock n' roll, dans laquelle Damien crie qu'on est jeune et con et que peut-être un jour, on gagnera à devenir fous... Le morceau plaît ! C'est gagné pour Saez...
Il tourne le clip à Berlin et la caméra se promène dans des cours de récréation grises pendant que lui chante devant une grande étoile jaune à ampoule. Damien a également interprété de nombreuses fois ce titre dans une version acoustique magnifique. Il s'ensuit plutôt rapidement un autre single "Sauver cette étoile" où là, vraiment, Saez crie qu'il a peur de notre monde et qu'il nous est impossible de le sauver.

Le morceau s'enterre un peu sous un amas de trop lourdes paroles saturées par le poids des guitares mais l'appel au secours est beau. Le clip ressemble plutôt au précédent avec ses images qui défilent comme une succession épuisante d'étoiles filantes. Saez y est devenu un chanteur aux mains derrière le dos, seul devant son micro, entouré de piles d'enceintes. Damien Saez semble donc savoir où il a envie d'aller. Toutes les interviews que j'ai pu lire à son sujet se rejoignent en, au moins, un point, évident : Saez est sincère. Dans ce qu'il dit et dans ce qu'il écrit. Ses textes sont simples et beaux, toujours réalistes et poétiques. Le morceau "Crépuscule", par exemple, s'enferme à merveille dans son propre lyrisme. C'est l'histoire de la fumée d'une cigarette qui grimpe en l'air pendant que le fumeur se consume, se change en cendres et se noie mélancoliquement en enfer.

Mais sacrément doué !
C'est une musique qui grésille, pesante et prenante, en fait, difficilement descriptible avec les mots. Finalement, le disque "Jours étranges" se glisse doucement dans les chaînes Hi-Fi et s'écoute avec délice. Chaque morceau semble inachevé, toujours suivi de mixages étranges, entre sonneries de téléphone et petites pièces de piano sur lesquelles Damien semble chantonner les bras vers les étoiles. Les chansons sont belles, la voix de Saez sonne et raisonne et l'orchestration amplifie l'œuvre. Entre violons emportés, "Soleil 2000", et guitares déjantées, notamment sur la magnifique pièce "Hallelujah", le disque nous envole au plus haut et lorsque le tout se clôt sur "Petit prince", on reste là, satisfaits, tout simplement heureux d'y croire. Saez est sans doute fier de ce qu'il joue et nous, contents de le partager. Alors, le bouche à bouche fait son effet, le jeune garçon fait ses preuves sur scène et l'album dépasse le cap des 60.000 exemplaires vendus en France. Damien Saez, comme tout le monde le répète, semble définitivement être la valeur sûre et montante du rock français. Un beau gosse qui allie les allures de Jonny Deep et de Jeff Buckley passe forcément à la lumière. Et celle qu'il nous offre dans sa musique témoigne d'une chaude générosité d'âme.
David GUZMAN

Date de mise à jour 23-Sep-2001- Maloso © Copyright
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