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L'épidémie de la mendicité

 
 Ils sont de plus en plus nombreux, dans les trains, dans les couloirs du métro, et même dans la rue, à réclamer de l'argent avec petits papiers de supplique à l'appui. Ils arrivent en général des pays de l'Europe de l'Est (Roumanie, Yougoslavie, Pologne...), ont souvent une ribambelle de gamins à nourrir et comptent sur nous pour les aider...

 

 Donner, toujours donner

 
 C'est vrai qu'ils font pitié, toute la journée assis dans les couloirs, entre deux correspondances de métro (points stratégiques !), ou à remonter les trains et métros à la recherche de quelques malheureuses pièces... Pour la bonne conscience ou par simple charité envers son prochain, tout à chacun souhaiterait aider les miséreux à ne pas rester dans la faim et le froid. Mais comment faire quand ils sont 10 à passer par jour ? Si l'on est ni Crésus ni assistant(e) social(e), notre potentiel à aider d'autres personnes à survivre est largement entamé par les réalités de la vie.
Et si l'on ouvre l'oeil, on s'aperçoit bien vite que certains sont plus nécessiteux que d'autres. Il y a quelques mois encore, les "mendiants" des rames de métro étaient davantage des SDF essayant de vendre leur "Réverbère" ou des accordéonistes avec plus ou moins de talent... Aujourd'hui, et surtout dans les RER, ceux-ci sont supplantés par des familles entières, ne parlant pas un mot de français, dont la technique, sans doute bien au point, consiste à déposer des petits papiers sur les sièges à côté de vous : " Madame, Monsieur, mes parents sont sans emploi, nous n'avons pas d'endroit pour vivre, ni de revenu pour nous nourrir. J'ai 5 frères et soeurs. La plus petite est à l'hôpital. Une pièce s'il-vous-plaît", et à passer quelques minutes plus tard en secouant des pièces de monnaie pour inciter à donner...
Dans un trajet de 30 minutes, il n'est pas rare d'en voir passer 3 ou 4 à la suite les uns des autres. Surtout le samedi après-midi, quand les gens sont plus détendus et surtout plus nombreux (donc plus à même de donner). Leurs méthodes, très répandues, ont sûrement fait leurs preuves... Le risque étant de donner à quelqu'un qui n'en a pas vraiment besoin !
 

 

Une pièce pour mes Nike

 
 Il y a ceux, réfugiés politiques, qui viennent d'arriver de leur pays d'origine, qui n'ont ni argent, ni hébergement, qui ne savent pas parler français, et qui sont contraints pour vivre, de demander de l'aide. Il y a ceux qui ont un toît mais une famille si nombreuse qu'ils doivent faire la manche pour se nourrir convenablement et habiller les enfants (cas de certaines femmes qui mendient avec leurs enfants)... Et puis, il y a ceux qui vivent aux dépens des bonnes âmes, peut-être un peu naïves, qui par bonté, par générosité, vont leur donner quelques euros, qui vont servir finalement à acheter des choses superflues ou à rincer le gosier d'un gamin ou d'un père de famille... Car, il n'y a pas que des bosniaques, des roumains ou des yougo, ayant fui leur pays en difficultés, qui mendient ; il y a des "imposteurs", qui ont compris la combine, des gens qui trouvent ça plus facile de demander des sous que de chercher un travail et de s'enfermer dans une routine... Des jeunes, trop jeunes pour travailler, mais assez pour avoir envie d'être à la mode... quand ce n'est pas l'idée d'entrer dans l'illégalité et la marginalité qui les motive ! Il y a de tout, et il faut se méfier. Toutes les raisons sont bonnes pour mendier, pour réclamer de l'argent indû, pour obtenir rapidement de quoi s'acheter autre chose d'inaccessible... La méthode des petits papiers leur permet alors de faire leurs démarches facilement en se faisant passer pour ce qu'ils ne sont pas : des démunis. La petite histoire veut que trois hommes, plutôt bien habillés, parlant une langue proche du roumain, se trouvent dans le wagon de tête d'un RER presque vide. Ils parlent longuement, rient bruyamment, ils n'ont pas l'air malheureux, ni moralement, ni financièrement. Ils présentent bien même. A une station, une dizaine de personnes prennent place dans ce même wagon. Alors les hommes se dispersent. L'un d'eux sort ses papiers et passe dans l'allée pour réclamer quelques pièces. Un seul jeune homme y répond en lui tendant une petite pièce. Le RER marque l'arrêt à une station. L'homme ayant mendié rejoint en vitesse ses accolytes. Les trois sortent du train, et dans un dernier sursaut se mettent à filer des coups de pied dans la porte du RER...
Alors, à quoi sert-il d'"entretenir" des personnes irrespectueuses, violentes et non nécessiteuses ? A rien ! Le problème vient du fait que ces personnes font en sorte de ne pas se distinguer des vrais pauvres de notre pays. Il y en a tellement qui réclament, et il y en a tellement peu qui peuvent les aider sans se sacrifier soi-même quelque part (ceux qui prennent les transports ne sont en général pas ceux qui gagnent le mieux leur vie)... Y a-t-il une solution ?

 

 

Les vrais problèmes

 
Une chose est sûre : il y a beaucoup de pauvreté en France, beaucoup de nécessiteux, beaucoup de gens contraints à ne pas travailler... Parmi les immigrés, que le France -en terre d'exil- accueille fraternellement (c'est aussi ça la force d'une vraie démocratie), beaucoup sont dans une situation déplorable : problèmes d'intégration, illettrisme, laissés pour compte... Toutes les difficultés que certaines personnes subissent les mènent sur le chemin de la violence, du vol, de l'oisiveté, de la perversité. Dans un cul-de-sac dont elles ne peuvent se sortir qu'aidées par des professionnels ! C'est pourquoi dès leur arrivée en France, certaines associations les prennent en charge, les aident à s'intégrer, à ne pas tomber dans la délinquance. Pour les plus courageux, les plus responsables, les plus motivés d'entre eux, solution est trouvée assez rapidement : ils sont accompagnés vers un métier (de nombreuses fondations proposent des formations aux illettrés ou aux analphabètes), un logement décent (démarches administratives facilitées), vers une vie plus confortable. Car il ne faut pas oublier que d'où ils viennent ces gens étaient déjà en souffrance. La France représente pour la plupart d'entre eux, une chance de recommencer leur vie, de construire leur identité familiale et professionnelle sur des fondement sains. Les aides personnalisées sont les meilleurs moyens de les intégrer. Ce ne sont pas ceux qui vont rester des années durant à faire la manche dans le métro qui vont s'en sortir, ce sont ceux qui vont accepter l'aide des professionnels et bénévoles d'association ! Tout le monde le sait : une pièce ce n'est pas grand chose. Mais pour quelqu'un qui n'a pas un sou, qui n'a pas mangé et qui veut s'en sortir, c'est la preuve que l'humanité ne le rejette pas, qu'il a encore sa place et qu'il peut faire quelque chose de sa vie et de son destin.

 

Vigh4Intel

 
Date de mise à jour 10-Mai-2002 - Maloso © Copyright
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