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DOSSIER SPECIAL
 
< POURQUOI LA REAL TV CARTONNE ? >
 

On la voit partout, elle se faufile dans notre quotidien de manière insidieuse, on ne peut plus y échapper... la télé "voyeuse" ! Qu'on soit pour ou contre, qu'on la regarde ou qu'on l'évite, qu'on l'apprécie à petites doses ou qu'on en soit complètement baba, l'essentiel n'est pas tant de se rincer l'oeil que de comprendre le fonctionnement d'une société qui évolue. Qu'est-ce qui pousse 11 jeunes à s'enfermer dans un loft pendant 70 jours ? Entre la version "boys-band-the-return" française et la version plus trash "metallica-the-big-return" des Pays Bas, il y a un énorme pas !

C'en est pas fini de la Real TV !!!!

1. Les nouveautés à découvrir (ou la relève de Loft Story)...

2. DOSSIER SPECIAL LOFT STORY :

  • Les motivations réelles des participants à la Real TV

    3. La télé-spectacle ("real TV") aux Etats-Unis et au Canada en train de déraper,
    un signe avant-coureur de ce qui nous attend ?

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    Les nouveautés à découvrir
    Les bébés de la Real TV...

    Le 10 septembre 2001
    Par Virginie Hérail
     

    On croyait qu'avec la fin de Loft Story et la sourde médiatisation de Koh Lanta (en comparaison), le phénomène Real TV s'essouflait déjà... Un break, peut-être ? Un petit passage à vide, possible ? Le calme avant la tempête, probable !


    Ne parions pas tout de suite sur le succès des petites soeurs du Loft qui s'apprêtent à débarquer (Star Academy pour TF1 ; Popstars pour M6...). Une chose est sûre : les responsables de chaîne ne nous épargneront pas dès la rentrée. Deux raisons à ça : 1) la guerre des chaînes est déclarée ! Puisque la recette a pris une fois (voire deux, si Koh Lanta pique un sprinte à la fin !), ils auraient tort de ne pas essayer de surfer eux aussi sur la vague médiatique du moment (avec, qui plus est, un public attrayant : les enfants, les ados et les femmes au foyer principalement). 2) D'un point de vue commercial n'oublions pas que la fin de l'année est propice aux grosses ventes d'espaces publicitaires. Les fêtes de fin d'année pointant à l'horizon, l'inflation hivernale des tarifications de la transmission des spots TV n'est pas sans intéresser les dirigeants de chaîne qui s'en mettent plein les... fouilles. Et les annonceurs ne sont pas non plus en reste puisqu'ils sont assurés de toucher la cible parfaite pour cette période. Noël intéresse les jeunes et les mères en priorité. Les espaces se vendent plus chers, donc sont un revenu non négligeable pour la chaîne, qui de fait s'assure la fidélité de son public. C'est normal : si la chaîne donne au public ce qu'il demande, il n'a aucune raison d'aller voir ailleurs... Et comme c'est un cercle vicieux, plus les points d'audience sont élevés, plus ça rapporte. Bref, la montée en puissance des spectacles de Real TV, et par-là même de l'attention des publics, se révèle on-ne-peut-plus lucratif. Et voilà comment imposer le genre dans les cases stratégiques de la grille (week-end et soir) !

    La France n'est évidemment pas créateur du genre : Big Brother (Loft Story international) s'est d'abord imposé en Angleterre, en Hollande et aux Etats-Unis. Pour en savoir plus, cliquez ici. Survivor a été adapté en "Koh-Lanta". Temptation Island (des couples sur une île testent leur fidélité) ne va peut-être pas tarder à arriver en France... On a vu aussi "Aventure sur le net", sur TF6, jeu où des petits groupes de trois personnes sont enfermés dans des pièces closes, dont la seule communication avec l'extérieur repose sur l'internet. Un programme sans intérêt, quoi. Débarqueront incessamment sous peu Pop Stars, où il faudra élire LE potentiel star du moment, à l'instar de graîne de stars. Et Star Academy, sur TF1, dont les présélections sont en cours... Sur France 2, "Le Groupe" donne dans le Hélène et les Garçons avec 3 filles et 3 garçons débutant dans la comédie... Bref, un intérêt incertain. Faudra voir pour juger... A jeter ou à garder ? Vous le saurez dans le prochain épisode...

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    DOSSIER Loft Story

    Fenêtre ouverte sur le voyeurisme ?

     
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    Les motivations réelles des participants à Loft Story
    Par Virginie Hérail
     

    Sommes-nous tous des voyeurs en puissance ? Question légitime que les gens un tant soit peu lucides se sont posés pendant l'explosion Loft Story et vont sans doute recommencer à se poser d'ici quelques temps. Quel phénomène étrange pousse des jeunes plutôt équilibrés à se donner en spectacle pendant plus de deux mois ? Quel vent incite d'autres personnes à suivre avec intérêt et avidité leur exhibition ? Et qu'est-ce qui fait que d'autres encore en viennent à épier les moments les plus croustillants de la vie intime des premiers ? Que de questions sans vraie réponse… La fin du Loft ne nous a rien révélé sur ces nombreuses interrogations. Chacun a sa réponse, mais surtout chacun fait ce qu'il veut : suivre ou ignorer, le libre choix est de mise... Y compris pour ceux qui s'y engagent !

    Petit flash-back sur les motivations premières des comédiens... euh ! des lofteurs...

     
    Des histoires d'appât...
     

    Ils étaient 13 à s'engager dans ce jeu. 1 par semaine devait sortir du loft, pendant 10 semaines, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que 4, les finalistes : 2 garçons (pour info, Christophe et Jean-Edouard) et deux filles (Laure et Loana). L'élimination -toujours par le public- de deux des rescapés du loft devait déterminer, en outre, les deux vainqueurs ! Voilà le concept de l'émission : on nous disait que c'était nous qui manipulions le destin des pantins du loft. Alors qu'en réalité, c'était peut-être nous qui étions manipulés ! Qui étaient ces inconnus célèbres ? Que voulaient-ils ? Pourquoi en ont-ils fait autant pour nous en mettre plein les mirettes ? (enfin, façon de parler, car la plupart du temps, c'était très banal...).

    En une phrase, je dirais : l'appât du gain... Quel gain ? Maison ? Ou popularité ? La deuxième solution pour des personnes qui dès le départ se sentaient une âme d'artiste : présentateur télé, animateur radio, chanteur, acteur, comique... Le seul a l'avoir dit franchement c'est David. D'ailleurs pour le moment, c'est le seul de la pub "MMA" à avoir un vrai profil de comédien...

    Et puis, n'oublions pas Philippe, qui lui aussi a fait son show ! Mais pour quoi ? Pour qu'on lui fasse croire une belle place d'animateur l'attendait sur la chaîne "Comédie !" (dans la Grosse Emission). Verdict : le seul qui tirait son épingle du jeu dans le loft se trouve speakrin 3 minutes par jour. Un peu frustrant quand même ; d'autant qu'on ne peut nier que celui-là il cherchait bel et bien à se faire repérer... Dans le loft ou à l'extérieur ? Encore une fois, la deuxième solution est la plus plausible. Et pis bon, s'il ne l'a pas avoué, tous ces rôles exécutés les dernières semaines, ce n'était pas juste pour l'ambiance. Il jouait bien avec les caméras... Celui-là c'est une vraie graîne d'acteur ! Pour le moment mis en vitrine. A croire que Steevy ou Kenza ont plus de talent. Non, mais ils ont une plus grande popularité, et les dents longues ! On verra bien à l'usure qui y arrivera le mieux : le gentil bouffon qui arrive lentement mais sûrement (sans doute conscient qu'on a essayé de lui jeter de la poudre aux yeux) ou les avides arrivistes sans don particulier (si ce n'est le look ou le franc parler), mais assez bon gestionnaire de leur carrière de "star". (sauf que...)

     
    A la recherche de l'amour ?
     

    Bon, allez, on va être gentil, on va dire que la deuxième des motivations animant les joueurs lofteurs, c'était de trouver la femme ou l'homme de leur vie et de partager son quotidien pendant 70 jours... Leur goût de la nouveauté, de l'aventure les a poussé à s'enfermer et à se laisser filmer. Tout comme le goût de l'extrême a convaincu quelques individus fans de Robinson Crusoë de s'exiler sur une petite île au large de la Thaïlande (Koh Lanta). Finalement, ils ne sont pas aussi fautifs qu'on veut bien le faire croire. Le succès phénomènal de Loft Story ne vient pas d'eux... mais de vous ! Parce que vous en parliez tous les jours entre vous, pour démonter le concept ou au contraire, pour parler de leurs histoires, comme vous parliez de la vie de vos voisins... Non ?! Avouez quand même qu'il y avait un peu de ça ! Koh Lanta ne bénéficie pas de la même popularité, pour la bonne raison que le public n'était déjà pas tout à fait le même, et que tout était déjà joué. C'est tellement plus intense en direct !

    Loft Story, l'appât du confort. Souvenez-vous : à la clé du jeu, on promettait une splendide maison de 3 millions de francs. Ça avait de quoi motiver les troupes !
    D'ailleurs, notons qu'au bout de 3 semaines, la maison n'était plus donnée mais louée pendant 3 mois (au lieu de 6), et à la condition que nos deux lofteurs vainqueurs aient réussi à se supporter mutuellement pendant toute la période d'essai, ils touchaient 1 million et demi chacun. Ce qu'on ignorait c'était les conditions : ils ont donc passé un été entourés de leurs amis. Rien de bien méchant ! Pour 3 millions, on fait le sacrifice de vivre quelques semaines à St Tropez. C'aurait pu être pire comme "Epreuve finale" ! ;)

    Mais pourquoi ces revirements des règles du jeu et des gains ? Deux possibilités : soit M6 a retourné sa veste pour des raisons plus économiques qu'autre chose, soit ils ont compris que les deux candidats finalistes ne garderaient sûrement pas le patrimoine. Peut-être parce que la maison n'était pas si bien placée pour ceux ne vivant pas dans le Sud (aux dires des lofteurs dans le confessional)... Peu importe, l'essentiel c'était de ne pas les laisser repartir dans la nature comme ça. On entendra encore parler un peu des lofteurs et de leurs projets, dans des spéciales programmées sur M6.

    L'aventure avant tout ? Lors de la présentation initiale des 11 futurs lofteurs, certains ont tout de même avoué qu'ils venaient plus par goût du défi que pour se mettre en couple. On en arrivait à douter que l'amour soit de la partie.
    Et pourtant… Dès le deuxième jour, qui ignore encore que le feu a pris Jean-Edouard et Loana dans la piscine ? Polémiques, déceptions, critiques allaient condamner le comportement ô combien irresponsable du garçon. Rien à voir avec l'Amour qu'il disait pourtant venir chercher ! Le naturel revenait-il déjà au galop ?


    Quelques jours plus tard, l'effet inverse, comme pour réparer le traumatisme de cette histoire d'amour avortée (ou à peine entamée) : Aziz déclare sa flamme à Kenza. C'est fait avec poésie et un dévouement sans faille. Mais voilà, Aziz est jeté au lion par un public déçu de son comportement lunatique... Kenza le suit de peu. Déjà on s'interroge sur la possibilité de continuer l'histoire hors caméra ! ça n'a pas l'air si bien parti que ça... Et puis, on s'en fout puisque Julie et Christophe commencent à se bécoter sous la couette. Il s'avère que c'est le couple le plus construit et stable du Loft. Tous deux mûrs dans leur relation, bien accordés et surtout attachés, se laissent aller à la loveft story. Mais boom ! ça craque encore : Julie n'est plus désirée dans le Loft. C'est sous les pleurs de Christophe et de ses colocataires qu'elle retrouve la liberté. Christophe avoue même ce soir là qu'il est amoureux pour la première fois, juste avant d'avouer à Kimy (qui lui tire les vers du nez) que finalement c'était peut-être un feu de paille... tandis que Julie l'attend sagement et patiemment dehors ! Oh, ces deux là, moi je dis qu'ils vont nous faire un petit !:)
    Et à ce moment là de l'intrigue, Fabrice et Laure commence une nouvelle histoire (prometteuse ?), pendant que Jean-Edouard essaie d'attirer la petite Kimy pour une histoire de sexe (bah oui, c'est Jean Edouard quand même !), et que Christophe et Loana se regardent en chien de faïence... comme deux bons copains qui se respectent ! Alors l'amour, c'est quoi ? S'aimer, se le dire et se déchirer ? Ou entretenir le rêve secrètement ? C'est tout... et parfois n'importe quoi ! Comme on le verra.

     
    Des amis à partager
     

    Pendant ce temps, les spectateurs attendent avec impatience que les intrigues évoluent encore et toujours. Plus les personnages se révèlent, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs attentes et leurs angoisses, et plus ils nous renvoient des bribes de nous-mêmes. C'est comme si on avait mis en bocal des passages de notre propre vie…Notre meilleure amie de lycée qui s'est fait jeter par son mec au bout de deux jours. Le garçon dont tout le monde sait qu'il est gay sans que lui ne l'annonce jamais franchement. La fille "trop gentille pour être honnête" qu'on a vite rembarée... etc... L'ambiance " colonie " ne va d'ailleurs pas sans rappeler la célèbre série " Friends ". Tous se croisent quotidiennement, partagent les mêmes problèmes, les mêmes prises de tête, les mêmes moments d'euphorie. Ils se connaissent bien dans ce contexte, mais peu dans les situations de la vie extérieure (le boulot, la famille...). En plus, ils en parlent peu. Les projets ne sont pas mis en avant (sujet tabou ?), sauf pour Fabrice qui prévoyait un voyage en Thaïlande... mais pour faire quoi ?!;)

    Bref, on en vient à se poser une question sur l'ampleur médiatique de cette émission aconceptuelle : l'enjeu d'un tel spectacle serait-il de voir des personnes s'attacher et se déchirer, comme dans toute famille ou tout groupe d'amis… ? Cherche-t-on à assister à des scènes que l'on a déjà vues dans les films ou dans la vie ? Veut-on s'identifier aux personnages (comme dans la plupart des séries pour ados) ou au contraire, attend-t-on de ce divertissement quelque chose de différent : ce qui se passe dans le loft est une EXPERIENCE UNIQUE (comme se plaît à le dire Benjamin Castaldi... grrr !) ?

    A moins que le public n'en espèrait plus finalement ! Par exemple, que nos candidats deviennent tous des célébrités et que leurs péripéties détrônent les émissions de potins people dans le cœur des lecteurs de Gala et autre Voici. Au départ, Loft Story était même programmé à la même case horaire qu'Exclusif (TF1) qui nous informait sur les vies de stars.... Alors, le but était-il de faire de ces jeunes adultes très (très !) simples des STARS?
    Eh bien certainement, vu l'ampleur que ça a pris (chanson, labels, objets dérivés...). Mais avant tout, c'est pour voir comme les "futures stars (?)" sont des gens presque ordinaires. Plus qu'un feuilleton à rebondissements, Loft Story offrait la possibilité de bien connaître les mêmes personnes que son voisin, que son collègue, que son professeur… et c'est peut-être ce " grand partage " qui comptait le plus dans l'affaire !

    Oh mais, ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Ce n'est pas le fil conducteur des nouvelles real tv ? Popstars, Star Academy et Le Groupe... ? Comment prendre quelques jeunes ordinaires (mais plutôt bien physiquement, faut l'avouer) pour en faire en un rien de temps des "vedettes" ! Ou comment la chenille se transforme en papillon... sous nos yeux ?! Et le public est vraiment un public !

     
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    L'inégalité des spectateurs face aux scènes de Loft Story
     
    Par Céline Berger
     

    Inventée par les Suédois, popularisée par les Hollandais puis copiée sur les Américains, la real TV s'installe (enfin ?) chez nous. M6 en a donné le coup d'envoi jeudi 26 avril 2001, en enfermant 6 gars et 5 nanas dans un loft à la Plaine Saint-Denis… et en battant des records d'audience. 5,2 millions de téléspectateurs ont joué le jeu, ce qui propulsait M6 ce soir-là première chaîne sur les moins de 50 ans. Le principe : obtenir un vrai couple à l'issu de 70 jours d'internement, ponctués d'épreuves dignes des J.O. (comme apprendre la chorégraphie de Grease par exemple) et de l'élimination, un par un, des candidats. Aucun intérêt donc. Sauf qu'ils sont filmés dans toutes les pièces de la maison 24h/24, et que l'on peut se rincer l'œil à tout moment de la journée, surtout quand ils sont sous la douche ou font l'amour dans la piscine… Les couples commencent déjà à se former que les filles doivent déjà proposer 2 garçons à éjecter ; jeudi 3 mai, le public pouvait alors voter pour l'élimination de l'un ou de l'autre. Cependant, au cours des 10 semaines d'émission, chacun des participants était libre de quitter le loft quand il le souhaitait.

    Outre la question des dommages psychologiques causés sur les candidats heureux ou malheureux, et le cas de conscience du téléspectateur qui dure ½ seconde, un certain nombre d'interrogations se posent alors. Qu'ils n'aient pas de lave-vaisselle s'explique par la répartition des tâches ménagères ; mais pourquoi n'y a-t-il pas de machine à laver ? A quoi servent les poules qui pondent à peine un œuf tous les deux jours ? Pourquoi ne font-ils rien de leur journée ? Les prisonniers travaillent bien, eux. Y'a-t-il une caméra dans les toilettes ? Ceux qui ne reçoivent pas TPS l'ignorent. Les spectateurs ne sont donc pas à égalité devant le spectacle. Ils pouvaient suivre un large aperçu de la journée précédente tous les jours sur M6 vers 18h15 (+ un résumé de 7 minutes à 20h40), 2 heures de direct chaque jeudi à 20h50, et le samedi soir un best of de la semaine. Vu l'heure tardive, y a-t-on vu un centimètre carré de fesses ou un petit bout de sein ? C'était certainement le cas sur TF6, qui consacrait une partie de ses programmes à la diffusion en live de cette sitcom nouvelle génération. Pour les accros, il restait le site Internet : http://www.loftstory.fr. Mais les pages étaient longues à télécharger (quand on arrivait à obtenir la connexion), les résumés des événements laissaient un peu à désirer, mais on pouvait télécharger les séquences pour les voir ou les revoir. Et la surprise du kinder est la possibilité de se connecter en direct sur les caméras du loft… en pay-per-view ! Comme il n'y a pas de petits profits, le couple vainqueur ne pouvait être officiellement propriétaire des 3 millions de francs mis en jeu (pas mal pour démarrer dans la vie), que s'il y vivait à l'unisson 3 mois durant. De quoi avoir une suite logique à la série télévisée. Dans le cas d'une séparation brutale, chacun des ex-tourtereaux repartira avec un chèque de 300 000 francs. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

     
     
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    Les dérapages de la télé-spectacle nord-américaine
     
    Par Dominic Samoisette
     

    Dans son film UHF, l'humoriste américain Weird Al Yancovic joue le personnage d'un directeur des programmes d'une petite station communautaire. Son personnage animait également un reality-show, complètement débile où, par exemple, un militant du Klu Klux Klan (KKK) était invité en même temps qu'un militant des Blacks Panthers. Dans une scène du film, on voit le militant du KKK avec son attirail en train de se battre en studio avec le militant des Blacks Panthers à la suite d'une réplique de ce dernier. Le film était bien sûr une satire des émissions américaines dans le style de "Oprah Wimfrey". Mais comment réagir alors lorsque la satire devient réalité?

     
    Ils ont des choses à dire !

    Le réseau américain Fox, propriété de Rupert Murdoch, est un bel exemple des dérapages de la télévision spectacle. C'est que Fox diffuse un reality-show des plus controversés sur ses ondes, intitulé simplement "Jerry Springer" - du nom de son animateur. Cette émission se distingue des autres reality-shows par ses nombreux combats, ses scènes salées... et par ses invraisemblances les plus totales. Par exemple, dans une émission dont la thématique était "Chérie, j'ai quelque chose à t'annoncer", un homme invite sa femme à l'émission et avoue devant des millions d'auditeurs qu'il a une maîtresse.

    Et la maîtresse d'entrer en studio. S'ensuit une bataille digne des meilleurs galas de lutte grand prix entre la maîtresse et la femme. Mais ce n'est pas tout : l'homme annonce à sa maîtresse qu'il a quelque chose à lui annoncer, c'est qu'il a un amant... qui est le copain de sa maîtresse! Et la bataille reprend sous les cris de la foule qui s'exalte en encourageant l'animateur de toutes voix: "Jerry! Jerry! Jerry!". Évidemment, inutile de dire que les scénarios abracadabrants de l'émission laisse croire que ce sont des comédiens professionnels (mais inconnus) qui jouent de tels rôles pour arrondir leurs fins de mois.

     
    Des gens pas si ordinaires que ça !
     

    Malgré le caractère ordurier et désinformateur de l'émission, le succès commercial de cet émission a amené Télévision Quatre Saisons, l'une des quatre chaînes de télévision québécoise, à calquer le concept de Jerry Springer pour en faire une version locale : Black-Out au Lion d'Or. Le résultat est tout aussi outrageux. La réalisatrice de l'émission, Geneviève Saint-Germain (une fan avouée des émissions de trash-talk), voulait soi-disant donné la parole "aux gens ordinaires" dans le cadre de cette émission. Pour quiconque d'étranger qui veut prendre le pouls de l'opinion québécoise en se fiant à cette émission, c'est à croire que le Québec ne compte que des émules de Jean-Marie Le Pen. Dans la première émission, les assistés sociaux (communément appelés "les BS") étaient traités de tous les noms et de tous les sacres, encouragés par l'animateur de l'émission. Et c'est à peine si un spectateur ne se proposait pas lui-même pour en passer quelques-uns dans une déchiqueteuse pour en faire du compost !

    Or, Louise Cousineau, journaliste média au quotidien La Presse, a dévoilé l'identité de ses "gens ordinaires" après une enquête: ce sont tous des comédiens et des humoristes inconnus du public, mais néanmoins inscrits dans le bottin de l'Union des Artistes. En fait, ils n'avaient plus qu'à réciter leurs textes écrits d'avance et à les crier devant un public télé qui en redemande. Ce qui est plus choquant, c'est un comédien dûment rémunéré qui avait, lors de l'émission sur les assistés sociaux, interprété le rôle d'un BS en cagoule qui envoyait promener les travailleurs en disant qu'il "aimait se faire vivre par les autres". Eh, oui, la télévision nord-américaine en est rendu à se spécialiser dans la confusion de genre. Quand il n'y a plus d'événement, il ne lui reste plus qu'à le créer.

     
     
    Ce dossier a été réalisé grâce aux écrits de
    Virginie Hérail, Dominic Samoisette et Céline Berger
    Date de mise à jour 23-Sep-2001- Maloso © Copyright
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