Revue de Presse
Société

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L’histoire
est-elle condamnée à se répéter ?
Est-ce parce
que les hommes n’ont pas de mémoire ?
Est-ce parce
qu’ils n’ont pas conscience de leurs erreurs ?
Est-ce par
ignorance ? Par lâcheté ?
Par
incompétence que les mêmes événements, plus ou moins tragiques,
recommencent ?
L’histoire
va-t-elle finir par boucler sa boucle… ?
Les années 80 ont
été les témoins d’événements qui sont encore et toujours d’actualité
aujourd’hui. Il semble que les 90 aient constitué, selon les cas, une trêve ou
au contraire une rampe de lancement à ces phénomènes !
C’est en
épluchant quelques articles de la presse des 80[1] que l’on s’est
replongé quelque peu abruptement dans le monde d’il y a 20 ans. Et ô grand
dam ! Les mêmes phénomènes de société étaient déjà en vigueur…
Comment se fait-il que des bêtises aient
été commises, oubliées (ou occultées) puis recommencées ? Ne pouvait-on
pas tirer des leçons des déboires passés ?!
Il semble que non.
Polémiques
scientifiques, sportives ou médiatiques, petits travers ou grands drames… quand
et comment le « serpent de mer »[2] ressurgit-il ?

Le clonage
La brebis Dolly
n’était pas le premier animal cloné. Dans les années 80, John Gordon, un
spécialiste anglais de la biologie moléculaire « engendre » deux
grenouilles parfaitement identiques, et dont le code génétique est exactement
conforme. Mais la pratique du clonage n’en était pas à ses balbutiements.
Depuis un certain temps déjà, les spécialistes de microbiologie étaient
capables de modifier le code génétique de petits animaux et de végétaux en
greffant le noyau cellulaire d’un specimen. Le but de ces travaux était
d’arriver à produire de nouvelles espèces, et notamment dans le domaine
agricole, à produire la race ou l’espèce « parfaite ». Pour exemple
de travaux efficients, les chercheurs ont manipulé des hormones de croissance
de sorte que des gènes de rat permettent à une souris de devenir géante.
Ça fait froid
dans le dos !…

Le
clonage est toujours sujet d’actualité, pour ne pas dire de mode. Le cinéma
s’empare de cette pratique à la limite de la science-fiction, pour enrichir ses
scénarios et proposer des angles de réflexion sur l’éthique scientifique et le
devenir d’un monde dont on peut tout faire. « A l’aube de 6ème
jour », actuellement sur les écrans français « surfent » sur la
vague. Schwarzie y campe le rôle d’un
homme qui sait mais qui ne peut rien dire. Il sait que les règles éthiques du
clonage justement ne sont pas respectées, mais dans un « monde
pourri », les bons ne peuvent rien faire (en accord avec l’éthique) sans
risquer leur vie !
Il
n’est pas encore question de cloner les hommes, même si l’on sait que pour des
raisons médicales, le clonage des cellules sera sûrement source de nouvelles
évolutions dans le domaine de la santé. Le clonage animal est encore un sujet
tabou et polémique, même s’il anime les véhémences scientifiques depuis
longtemps.
Autre
sujet servant l’actualité (brûlante) : les problèmes de la viande
contaminée par l’Encéphalopathie Spongiforme Bovine (ESB). Les événements
concernant les risques alimentaires font légion, notamment depuis que les
contrôles dans le secteur agroalimentaire sont plus nombreux et drastiques.
Depuis quelques années, on ne compte plus les alertes pour les salmonelles, la
listeria, les legionelles (dans l’eau), les marchandises enlevées en grande
hâte des étalages commerciaux, etc.
Mais
jamais psychose ne semblait avoir été si fervente et si durable que celle de la
vache folle. Comparativement aux risques « d’empoisonnement » à la
salmonelle, la vie de tout « omnivore » peut être inquiétée, ne
serait-ce qu’en raison de la traçabilité restée trop longtemps aléatoire. A l’inverse,
quand un cas de salmonellose est déclarée, la destruction du stock contaminé
est immédiate. Comment remonter à la source d’un cheptel exposé à la maladie ?
C’est justement la question polémique du moment. Faut-il détruire tout un
troupeau de manière systématique ou vaut-il mieux contrôler chaque carcasse de
bête mise sur le marché ? La loi a tranché : malgré les coûts élevés
que représentent les autopsies, la sécurité de l’omnivore a le droit d’être
respectée. Désormais, toute vache ou génisse ou veau mise sur le marché depuis
le 1er janvier 2001 est certifié avoir été contrôlé négatif au test
de l’ESB. Mais cette sage résolution sera-t-elle suffisante pour rassurer la
population ?
Il semble qu’il y a encore de quoi s’inquiéter, eu égard au passé chargé de l’agroalimentaire. Chaque jour, on nous annonce que quelques bêtes malades ont encore été découvertes. La psychose est d’autant plus grandes que les nouvelles concernant la maladie de Creutzfeldt-Jakob (forme humaine de l’ESB) ne sont pas rassurantes. Déjà 4 cas mortels de la variante humaine de l’ESB en France, et une soixantaine de personnes contaminées en Angleterre. Y’a de quoi filer la psychose à tout omnivore !

Le monde pris en otage
Malgré
tout ce grabuge autour de la viande bovine, toutes les précautions et remises
en question dont on nous rabâche les oreilles, ce n’est pas la première fois
que le bœuf est jeté sur le devant de la scène polémique. Déjà incriminée dans
les années 80, la viande avait été retirée de la circulation en certains lieux,
et personne ne semble s’en souvenir. Sûrement parce que depuis 20 ans, tout
danger avait été écarté… en apparence !
Remontons
à l’année 1988 : en Allemagne un scandale explose ! Après analyse de
la viande bovine (notamment des jeunes veaux élevés en batteries) par les
services vétérinaires allemands, l’engraissement aux hormones est fortement
dénoncé. En effet, malgré l’interdiction rigoureuse concernant l’utilisation de
substances hormonales dans l’alimentation des animaux, un réseau important
nourrissant son bétail dans la plus totale illégalité est démantelé. L’effet se
fait vite ressentir en France… En tout, « des milliers de têtes de bétail
seront ainsi retirées du commerce et abattues. Il s’ensuit, chez nos voisins
allemands, un effondrement du marché du veau : les consommateurs le
boycottent, protestant non seulement contre l’engraissage aux hormones, mais
également contre le traitement infligé aux animaux ». Ceux-ci, élevés en
batteries, sont gavés d’une nourriture maigre et d’antibiotiques sensés
prévenir les maladies éventuelles. Pour finir, l’abattage après 6 mois en
batteries est l’épilogue de cette courte vie…
[Le mois prochain, ne manquez pas l’article
« spéciale Vache Folle : le point sur ce qui est dit ! »,
en Cadeau Bonus. La
revue de presse s’intéressera aux contradictions scientifiques
sur l’évolution de l’ESB en Creutzfeldt-Jakob.
Et il y aura à dire !]
Les Médias
Les Guignols
1984. ITV, chaîne privée britannique, lance la première émission satirique européenne uniquement animée par des marionnettes en plastique, imitant à merveille les grands de ce monde (Ronald Reagan et sa femme ; Gorbatchev ; Queen Elisabeth II…). Le concept de l’émission est signée Peter Fluck et Roger Law. Les voix ont été recrutées pour imiter de façon étonnante leurs modèles.

Plus qu’une simple caricature du monde politique et du milieu médiatique en général, « Spitting Image » (qu’on pourrait traduire par « comme deux gouttes d’eau ») est d’une causticité et d’une acidité typiquement anglaises. Pour exemple, dans les premières diffusions, on a pu voir l’étonnement de M. Reagan, alors ex-président US, quand il sut que les Noirs américains bénéficiaient du droit de vote. On a pu assister aussi au décernement du grand prix du « Terroriste de l’année » au colonel lybien Kadhafi.
Dans
l’article, nous pouvons lire en épilogue : « les chaînes de
télévision américaines et européennes ne tarderont pas à acheter les droits de
cette émission dont l’humour corrosif témoigne de la liberté dont jouit la
télévision en Angleterre ».
Les
droits ont en effet été rachetés, notamment par la France depuis une bonne
dizaine d’années, et la verve des Guignols de l’Info a fait couler beaucoup
d’encre. Surtout depuis 3 ans où l’émission semblait ne plus connaître de
limites. En Février 2000, la tempête battait son plein dans les bureaux de
Canal+. Certains journaux, porte-parole du public, scandaient « les
Guignols ras-le-bol ». La barque a bien failli chavirer, avec à ses
commandes le seul rescapé de ce terrible tangage, Bruno Gaccio. Il en est sorti
presque indemne, et a aidé ses nouveaux acolytes à mettre le pied à l’étrier.
Avec eux de nouvelles marionnettes ont fait leur entrée dans le monde des
guignols. Ce sont, entre autres, Laurent Boyer, José Bové et Claude Chirac…
La société serait-elle, au même titre que la mode, un éternel recommencement ? C’est une question légitime. Pour avoir peut-être une réponse, rendez-vous dans 20 ans. On verra bien comment tout ça aura évolué…
[Et si vous n’avez pas le courage d’attendre 20 ans, RDV le
mois prochain sur Maloso pour la deuxième partie de cette revue de presse
sur les faits marquants de l’actualité d’hier et d’aujourd’hui.
L’article sera consacré au Sport et aux
« déséquilibres » de la Société moderne…
De « touche pas à mon pote » à « stop la
violence ! », du fanatisme sportif aux folies meurtrières,
vous saurez tout sur les analogies qui lient passé et
présent…]