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Coldplay
contre vents et marées

   
2001, l'heure des calculs. Floraison des bilans, éclosion des classements musicaux toutes catégories confondues
et déploiements des passions élogieuses/dévastatrices. De tous ces vents et marées, souvent sculptés en forme
de conclusions hâtives, je m'attarderai personnellement, l'instant d'un article, sur un nouveau groupe de jeunes
musiciens anglais : Coldplay. Révélation incontestée de l'année 2000 pour leur pop romantico-rock anglaise,
ce tout nouveau groupe se dessine un début de carrière aux allures de premiers de la classe...
   

Lors d'une très jolie prestation sur le plateau de Nulle Part Ailleurs, les quatre Londoniens se sont entendus qualifiés de "très mignons" par Emmanuelle Gaume, alors en préparation pour son auto-éjection imminente, et de plus "très talentueux" par Philippe Vandel, qui lui, est resté fermement accroché à son confortable siège lors de l'épuration de fin d'année sur ladite chaîne. Après tout, 2001 peut aussi se présenter comme la revue radicale de la culture selon Canal +, assez nulle par ailleurs… Qu'importe, voilà les anges anglais de Coldplay lancés en plein conte de fée. C'est dans l'enceinte d'une Université londonienne qu'ils en écrivent les premières lignes. Planchant sur des domaines très différents, Chris Martin, Jonny Buckland, Guy Berryman et Will Champion s'éloignent progressivement de leurs études respectives dans un seul objectif commun.

Si les contraintes universitaires sont soigneusement mises de côté, les quatre petits fumistes laissent encore leurs chambres de campus éclairées la nuit. C'est là leur lieu de prédilection musicale. Ils passent ainsi environ une année à jouer ensemble, travailler leur style, répéter leur son, faire vivre leur musique.
   
   

Lorsque les premiers embryons de mélodies exhibent leurs meilleurs signes de vie jamais entendus, Coldplay encore tout bambin, parvient à faire paraître ses premiers essais sur quelques disques. L'auditorium restreint est unanime et toutes les copies se vendent. Le groupe se voit offrir la possibilité d'entrer à Abbey Road pour y enregistrer un album. Les quatre exultent.

Ils confient par la suite qu'ils ont saisi l'importance de leur projet en voyant affichés en permanence des disques tels que "Dark side of the moon", "Rubber Soul" ou plusieurs des Stones affichés au-dessus de leurs têtes. Les sessions d'enregistrement sont très significatives, les meilleurs morceaux sont rodés, polis puis mis en boîte. La magie fait son effet. Il faut quelque mois à Coldplay pour graver son premier album, intitulé "Parachutes", déjà en excès de demande par correspondance ! C'est peu avant l'été 2000 qu'éclate le disque au grand jour. Immédiatement, les radios sont bercées par la douceur des mélodies du single "Yellow". A la rentrée, c'est au festival des Inrockuptibles que l'on peut voir Coldplay s'épanouir sur scène le temps de quelques trop brèves chansons.

 
   
Enfin, pour le début de l'hiver, Ouï FM ressasse du "Trouble" en boucle, second single extrait du disque. Les quatre miraculés profitent de leur quart d'heure de gloire commerciale pour réenregistrer et publier leurs tous premiers morceaux. Enfin, je pense qu'une description des chansons les unes après les autres tuerait magistralement ce flottant "Parachutes".
Trop souvent, les critiques de disques se contentent de décortiquer un album morceau par morceau puis passent à un autre disque. Pour ma part, je préfère essayer de mettre en ligne ce que cet album a pu me procurer comme sensation. Le mouvement d'ouverture, par exemple, "Don't panic", m'a accroché uniquement par le petit chant jovial de son refrain qui répète "we live in a beautiful world…" Chaque chanson semble s'ajouter à un puzzle délicieux, comme un édifice mielleux dont on ne veut vraiment plus se dépatauger. Il y a "Spies" pour l'envolée soudaine qu'on n'attendait pas du tout, "High speed" pour faire le vide à l'intérieur de sa bulle et "Everything's not lost" pour la fin en chœur. Alors on se relève mais encore une musique cachée de la fin nous rattache pour mieux nous quitter. Coldplay aurait pu ajouter des milliers de morceaux. Mais l'album dont la pochette nous montre un globe éclairé qui tourne, fait progressivement son tour du monde. En dix chansons. En dix chapitres qui racontent tout.
   
 
David Guzman
Date de mise à jour 18-Nov-2001- Maloso © Copyright
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