Brocéliande, forêt de légende

par Brocéliande

 




“Quel endroit magnifique” dit Sinbad en se tournant vers Maeve.

“Oui, ce calme, cette forêt qui s’étend à perte de vue, c’est féerique” répondit cette dernière en souriant.

“D’après Firouz, nous nous trouvons sur une partie de terre appelée Breizh”

A ce nom Maeve sursauta.

“Tu connais cet endroit ?” l’interrogea Sinbad.

“Oui, plus ou moins. C’est un pays celte avec lequel nous faisons de nombreux échanges. Un même peuple sur des terres différentes : « six pays, une âme »” dit distraitement Maeve, se remémorant ce, qu’un jour son père lui avait dit.

“Qu’est-ce que cela signifie ?” demanda Sinbad curieux d’en savoir davantage sur les origines de Maeve.

“Les Celtes ont beaucoup voyagé, et conquis de nombreux territoires, mon peuple est aujourd’hui présent sur de nombreux continent. Malgré la distance, tous ont en communs les même Dieux, les même traditions.” Lui expliqua Maeve.

“Et bien, j’ai très envie de découvrir cet endroit de plus près. Que dirais-tu d’une petite promenade en forêt ?” demanda Sinbad amusé.

“Je suis partante. Je n’ai encore jamais eut l’occasion de visiter la partie sud de cette terre.”

“Tu étais déjà venue ici avant !”

“Oui, mais nous avions accosté au Nord et nous n’étions pas restés très longtemps. J’étais très jeune, nous venions rendre visite à un vieil ami de mon père qui s’était établit dans ce pays peu après y être venu avec tant d’autre, pour aider ce pays à se défendre lors d’une invasion barbare.” expliqua-t-elle tout en marchant, en voyant que cette histoire intéressait Sinbad.

Ils s’engagèrent dans un petit sentier bordé d’ajoncs et de bruyère. Bientôt les arbres majestueux leurs cachèrent le soleil de par leurs branchages épais et verdoyant. Ils continuèrent à marcher tout en discutant, traversant de magnifiques clairières, rencontrant de paisibles ruisseaux dont le doux murmure semblait raconter une histoire.

Chaque endroit de cette forêt était un poème à lui tout seul. Maeve y sentait comme une présence magique, tantôt apaisante et bienveillante, tantôt plus tumultueuse et ombragée.

Maeve s’arrêta un instant devant un menhir, une pierre qui s’élevait à plus de deux mètres du sol, portant une inscription gravée.

Diwall, c’hwi montit e-barzh ar bevenn traonienn anez distro, tachennad korrigan Morgane, den gour donta.

“Qu’est-ce que c’est ?”

“C’est un texte écrit en brezhoneg, la langue de ce pays.”

“Tu peux le traduire ?”

“Oui ! C’est un peu similaire au gaélique, attends ! Voilà : Prenez garde, vous franchissez la limite du val sans retour, territoire de la fée Morgane, dont personne ne reviens.”

“Il s’agit donc d’un avertissement !”

“Oui, et je pense que l’on devrait le prendre au sérieux. J’ai déjà entendu parler de ce val. Dans les annales de la magie, il est surnommé le «miroir aux fées », et aucun homme qui y ait pénétré n’en est jamais ressortit.”

“Bon et bien, je propose que l’on fasse demi-tour alors.”



Sinbad…Sinbad…

“Maeve, tu as entendu ?”

“Quoi ?”

“Une voix”.

“Non, je n’ai rien entendu de tel, c’était peut-être le vent dans les branches.”

“Oui, tu as sûrement raison.”

Sinbad…Sinbad, vient vers moi, je t’attends…

Sinbad s’arrêta brusquement, non il ne rêvait pas, la voix était bien réelle, et c’était son nom qu’elle prononçait. Il se retourna et regarda le petit val.

“Sinbad, qu’y a-t-il ?”

Sinbad ne répondit pas, il semblait hypnotisé par cette voix féminine si mélodieuse. D’un bond il courut vers la vallée, laissant Maeve perplexe au milieu de la clairière. En le voyant se précipité vers le rocher, Maeve comprit ce que Sinbad allait faire.

“NON”, cria-t-elle, “Tu ne dois pas y entrer. SINBAD, ARRETES TOI ! !”

Trop tard, déjà il avait rejoint la pierre, et franchissez la limite. Maeve arriva à son tour devant le rocher, mais elle se heurta à un mur invisible alors qu’elle tentait de suivre Sinbad à l’intérieur.

“SINBAD” son cri se répercuta à travers toute la forêt, brisant pour un temps la tranquillité des lieux.

Elle tenta alors de fendre le mur à l’aide de ses boules de feu, mais vainement. Le mur se dressait devant elle, insensible à ses efforts.

“Je dois aller chercher de l’aide. Il y a sûrement quelque chose d’écrit sur «miroir aux fées » quelque part dans un de mes livres.”

Sans perdre une minute de plus Maeve se précipita vers le sentier qu’ils avaient suivi quelque instant plus tôt, Sinbad et elle, pour arriver jusqu’ici.

Au bout de quelque instant Maeve ne reconnu plus l’endroit. Elle avait dû oublier de tourner quelque part. Cherchant désespérément le moindre indice qui pourrait l’aider à retourner au village dans lequel les autres étaient restés, Maeve commença à s’inquiéter. Elle était perdue ! Ne perdant pas l’espoir elle continua à marcher, suivant de nouveaux un petit sentier. Mais au lieu de regagner le village, elle s’enfonça encore davantage dans cette vaste forêt.

Au détour d’un chemin elle aperçut alors une petite clairière d’où provenait une force étrange, qui semblait l’attirer en ce lieu. Bientôt elle put voir une forme humaine allongée sur un autel en pierre. S’approchant Maeve découvrit qu’il s’agissait d’un vieillard, dont les traits paisibles de son visage portaient à croire qu’il dormait simplement. Maeve approcha davantage comme envoûtée. Elle s’arrêta au chevet de l’inconnu et posa sa main sur sa poitrine. Son corps était froid comme de la glace.

Tout à coup sa poitrine se souleva brusquement, et un cri étouffé s’échappa de la bouche de l’homme. Maeve stupéfaite, vit le corps de l’homme se secoué de spasmes, tandis que le sang irriguait de nouveaux tous ses membres. Son visage se teinta de couleur, et il revint à lui.

Lentement il se redressa et promena son regard autour de lui. Il vit alors Maeve et se levant, lui sourit. Maeve recula d’un pas afin de permettre au vieil homme de se mettre debout. Instinctivement elle sut qu’il ne lui voulait aucun mal. Il se dégageait de son être une aura douce et chaude à la fois. Maeve sentit alors les pouvoirs de cet homme. Il semblait très puissant.

“Merci,” dit-il tout à coup. “Je vous dois la vie, qui que vous soyez sachez que je serais vous en récompenser grandement.”

“Mon nom est Maeve. Qui êtes-vous ?”

“On m’appelle Merlin. Je suis un enchanteur,” ajouta-t-il en percevant également la magie qui émanait de Maeve. “Je vous remercie de m’avoir libérer de cette prison d’air qui me retenait depuis très longtemps. Je savais qu’un jour quelqu’un viendrait, mais je ne savais pas que ce serait une femme. Et qui plus est une magicienne.”

Maeve ne s’étonna pas qu’il sache pour ses pouvoirs, après tout elle-même avait ressentit les siens. Cependant elle voulait en savoir plus sur cet homme étrange, qui lui était d’ores et déjà si sympathique.

“J’ai été victime d’un sortilège qui m’a emprisonné dans un état de demi mort, jusqu’à ce qu’enfin quelqu’un vienne me libérer. Quelqu’un dont le cœur pur serait briser le maléfice. Je souhaiterais vous remercier particulièrement en vous offrant quelque chose de précieux.”

Il sortit alors une petite fiole de la poche droite de son manteau et la tendit avec beaucoup de précaution à Maeve.

“Cette fiole contient de l’eau de la Fontaine de Jouvence, elle a le pouvoir de rendre à n’importe qui sa jeunesse et sa force. Je suis sûre que vous en ferez un bon usage.”

“Je vous remercie pour ce magnifique présent, mais je dois avouer que j’aurais besoin de votre aide pour autre chose.”

“Je vous écoute, que puis-je faire pour vous ?”

“Voilà mon ami est entré dans le val sans retour, et a disparut. Malheureusement même à l’aide de ma magie je n’ai pas pu ouvrir un passage dans le mur invincible. Pourriez-vous…”

“Ouvrir un passage. Je pense que cela devrais pouvoir ce faire. En alliant nos pouvoirs je crois que nous parviendrions à y faire une brèche. Nous devons nous dépêcher avant qu’il ne soit trop tard pour votre ami.”

“Le problème c’est que j’ignore comment retourner à cet endroit.”

“Rassurez-vous, j’ai vécut assez longtemps dans la forêt de Brocéliande que j’en connais chaques arbres et ruisseaux. Je vais vous conduire jusque là.”

“Merci.”

“C’est tout à fait naturel entre personne du même peuple il faut s’entraider.”

Maeve fut encore une fois surprise de la remarque de l’enchanteur, comment savait-il qui elle était ? Cependant elle n’avait pas le temps pour poser des questions. Elle devait agir, et vite.


Ils arrivèrent enfin devant la pierre qui contenait l’inscription. Maeve avança le bras et senti la présence du mur. Comment Sinbad avait-il put passer ?

Sans perdre une minute Merlin commença à réciter une incantation qui devait affaiblir les pouvoirs du mur. Alors Maeve forma une boule de feu, concentrant son énergie au maximum et la jeta sur le mur au signal de Merlin.
La boule s’écrasa dans un vacarme assourdissant contre le mur, créant par la même une épaisse fumée. Quand celle-ci se dissipa enfin Maeve s’avança et constata qu’une ouverture s’était formée dans le mur.

“Allez-y ! Dépêchez-vous d’aller libérer votre ami, pendant ce temps je maintiendrais le passage ouvert.”

Maeve acquiesça et pénétra à travers la brèche.



*
“C’est très dangereux maîtresse de garder cet homme ici, il pourrait vous détruire !”

“Je sais qu’il en a le moyen, mais il n’en a aucune idée. Il n’est donc pas l’homme de la prophétie. Je n’ai donc rien à craindre. De plus il est si séduisant, et l’envoûtement semble résister, je tiens donc à le garder pour le moment.”

Morgane se tourna vers sa ‘dernière acquisition’, et lui sourit. Vraiment les yeux du marin étaient si beaux, si enjôleurs, comment pouvait décider de le tuer avant d’avoir obtenu quelque plaisir avec lui.



*
Maeve déambulait à travers les longs couloirs de cet étrange palais à la recherche de Sinbad. Mais elle marchait au hasard depuis déjà quelque temps, et elle était toujours au même point. Puis elle arriva enfin devant une porte légèrement entrouverte de derrière laquelle lui parvenait le son d’une voix familière :

“Sinbad”, murmura-t-elle.

Maeve s’approcha discrètement afin de s’assurer de la présence de Sinbad. Il n’était pas seul. Une femme était debout près du lit dans lequel il se trouvait allongé, et l’éventait lentement à l’aide d’un majestueux éventail en plume. Puis soudain la femme s’arrêta et sortit, le laissant seul. C’était le moment !

Maeve pénétra dans la pièce et se dirigea vers Sinbad.

“Sinbad, comment te sens tu ?” demanda Maeve en se penchant au-dessus de lui.

“Maeve ?” s’étonna Sinbad en ouvrant les yeux. “Que fais-tu ici ?”

“Je suis venue te sortir de ce pétrin dans lequel tu t’es encore plongé.” Répondit-elle en plaisantant.

“Quoi ? Mais de quoi tu parles ?”

“De cet endroit, bien sûr ! Sinbad nous devons quitter ce palais avant qu’il ne soit trop tard. Viens vite !”

“Non !”

Maeve qui avait déjà rejoint la porte, s’arrêta brusquement et se tourna pour lui faire face, le visage incrédule.

“Sinbad, mais qu’est-ce qui te prends ?”

“Pars, mais je ne viens pas avec toi.”

“Sinbad tu déraisonnes, reprends-toi. Tu ne sais plus ce que tu dis !”

“Oh mais si je sais ! Je reste ici, c’est mon choix !”

“Sinbad, c’est cet endroit, il est ensorcelé, tu n’es plus toi même.”

“Vas-t’en, laisses-moi.”

“Sinbad, je t’en pris regardes-moi. Ne vois tu pas que tu es sous le charme de cette fée.”

“Morgane est beaucoup plus qu’une simple fée, c’est la femme que j’aime.”

“Oh, non ! Tu ne l’aimes pas, c’est cet enchantement.”

“Cela suffit, laisses-moi maintenant.”

“Désolé Sinbad, mais je ne peux pas te regarder te détruire sans rien faire. Regardes-moi. Rappelles-toi qui tu es ! Souviens-toi de Doubar, de Firouz, et de Rongar. Ils t’attendent, ils nous attendent, près du Nomad. Tu ne peux pas les abandonner.”

Sinbad sembla hésiter. Il était partagé entre son pseudo-amour pour Morgane d’une part, et son équipage, sa famille de l’autre. Maeve crut qu’il n’arriverait jamais à prendre sa décision. Puis soudain comme sortit d’un cauchemar, Sinbad se leva et regardant autour de lui, posa sur Maeve un regard stupéfait.

“Qu’est-ce que l’on fait ici ? Et où sommes-nous ?” demanda-t-il vaguement conscient de ce qui les entouraient.

Maeve sourit, il semblait vouloir reprendre ses esprits et lutter contre l’envoûtement dont il était victime.

“C’est une longue histoire,” dit-elle,“ mais dans l’immédiat nous n’avons pas le temps, il faut partir tout de suite. Je t’expliquerais une fois que l’on sera en sécurité.”

Sinbad suivit donc Maeve à travers les couloirs dans le sens contraire. Bientôt ils furent dehors, et Maeve le conduisit jusqu’à l’ouverture où les attendait Merlin.


“Vite, il faut que vous quittiez la forêt de Brocéliande avant que Morgane ne s’aperçoive de votre disparition. Si cela se produisait sa vengeance serait terrible. Je vais vous conduire jusqu’au sentier, ensuite il vous faudra continuer seuls.”

Arrivés à l’embranchement du chemin, Merlin posa sa main sur l’épaule de Maeve.

“Je dois vous laisser maintenant, il me faut retrouver quelqu’un. Continuer votre route et ne vous retournez pas. Dépêchez vous Morgane ne devrait plus tarder à s’apercevoir de votre disparition.”

“Merci pour votre aide, Merlin l’enchanteur !”dit Maeve avec un profond respect pour le vieil homme. “Je ne vous oublierai jamais.”

“Moi non plus, vous m’avez libéré du sortilège et je vous en serai éternellement reconnaissant.”

Puis alors qu’il leur souriait, l’enchanteur disparut tout à coup dans un nuage blanc.

Maeve et Sinbad s’engagèrent sur le chemin, marchant le plus vite possible, courant parfois, mais le sentier était hasardeux et glissant, ce qui ralentissait leur progression.



*
“Enfuit ? Il s’est enfuit ! Comment est-ce possible ?”

Le cri de rage de la fée résonna dans tout le palais, faisant trembler les murs, ainsi que tous les malheureux amants de cette dernière, encore prisonnier de cet univers parallèle.

“Tu as refusé la vie que je t’avais réservé Sinbad, aussi je vais te priver de toute autre vie.”

“Vous allez le tuer maîtresse ?”

“Non ! La mort est un châtiment trop doux ! Je veux qu’il paye pour cet affront !
A partir de cet instant, le temps s’accéléra pour toi. Tu ne connaîtras plus la vie que tu aurais dû avoir. Telle sera ta punition pour avoir rejeté celle que je t’offrais.”


*
“Maeve, attends ! Je ne me sens pas très bien…”

“Sinbad, qu’y a-t-il ?”

Quand Maeve se retourna pour faire face à Sinbad, celui-ci s’était écroulé au sol. Elle se précipita vers lui sans perdre une seconde.

“SINBAD”

Tout à coup son corps se crispa, sa peau commença à se friper, ses cheveux blanchirent, son visage semblait vieillir à grande vitesse.

“Qu’est-ce qui m’arrive ?” demanda Sinbad avec une voix chevrotante.

“Oh, mon dieu ! C’est sûrement Morgane ! Vite nous devons partir d’ici.” dit Maeve en essayant de garder son sang froid, malgré la peur qui s’était emparée d’elle.

“Non il est trop tard ! Je suis trop faible, je n’arrive plus à bouger. Pars sans moi.”

“Il en est hors de question ! Je vais t’aider à te relever, viens !”

“Non, Maeve. C’est inutile désormais. Je suis vieux et je sens la mort arriver.”

“Arrêtes ! Ne dis pas des choses stupides ! Nous allons sortir d’ici, et je trouverais le moyen de te sauver.”

“Maeve, tu ne peux rien faire, malheureusement ! Tu ne peux pas me rendre les années que l’on m’a volé. Tu ne peux pas me rendre ma jeunesse.”

“La jeunesse ! Mais oui ! Merlin, il devait savoir ce qui allait se passer !”

Maeve rechercha dans son gant la petite fiole que l’enchanteur lui avait offerte. Elle la trouva enfin, et la sortit. L’ouvrant elle l’approcha des lèvres de Sinbad.

“Bois cela !”

“Maeve qu’est-ce que c’est ?”

“Cette eau est magique. Elle provient de la Fontaine de Jouvence.”

“Quel est cette fontaine ?”

“Elle a le pouvoir de rendre sa jeunesse à quiconque bois de son eau. Elle est quelque part cachée au fin fond de la forêt de Brocéliande, introuvable. Mais Merlin m’en a donné une petite fiole. Je suis sûre qu’il savait ce que Morgane ferait et c’est pour cela qu’il me l’a donné. Allez maintenant bois vite !”

Sinbad se laissa faire et Maeve versa le liquide frais entre ses lèvres entrouvertes. Aussitôt qu’il eut bu, son corps se mit à scintiller et les rides qui s’étaient formées se retirèrent lentement de son visage, ses cheveux reprirent leur couleur, les battements de son cœur revinrent à une vitesse normale.

Maeve soupira de soulagement : Sinbad était sauvé.

“Merci Merlin” chuchota-t-elle.


Lentement Sinbad se releva et il serra Maeve dans ses bras, heureux de pouvoir le faire. Il avait crut mourir, et c’était encore grâce à Maeve qu’il était toujours en vie. Maeve sentit un soulagement profond l’envahir. Elle avait eut si peur de le perdre.

Le bruit des pas d’un cheval les ramena à la réalité, il s’écartèrent l’un de l’autre au moment où un cavalier portant une armure blanche étincelante arrivait près d’eux.

“Ola ! Que se passe-t-il ici ?” demanda le chevalier en voyant les visages tirés des deux jeunes gens qui semblaient avoir vécut une épreuve difficile.

“Tout va bien, merci.” le remercia Sinbad.

“Dites-moi ce qui vous est arrivé. En tant que Chevalier de la Table Ronde, il est de mon devoir de vous aider.”

“Une fée m’avait jeté un sort, mais désormais je suis libéré, tout va bien maintenant.”

“Morgane !”

“Vous la connaissez !” s’exclamèrent en même temps Maeve et Sinbad.

“Sa réputation n’est plus à faire dans ce pays. Elle hante la beauté de cette forêt. Qui sait combien de malheureux ont été victime de son amour ? Je fais le serment de les libérés tous.”

“Cette promesse est toute à votre honneur chevalier, mais prenez garde de ne pas tomber entre ses mains également.” lui dit Maeve.

“N’ayez crainte mademoiselle, je n’ai jamais succombé face à une épreuve. Maintenant adieu, je dois accomplir mon destin.”

“Au revoir chevalier, et bonne chance.”

Le cavalier entraîna son cheval en direction du val sans retour. Maeve et Sinbad le regardèrent un instant puis reprirent leur route pour rejoindre leurs amis. Maeve savait que le chevalier réussirait à briser le sortilège de Morgane, il était protégé par une force invisible mais puissante à la fois.

Au moment où il allait s’engager dans la vallée qui conduisait au repère de Morgane. Le chevalier entendit une voix familière.

Surtout fait très attention, Morgane est très rusée, méfies-toi d’elle, Lancelot…

Fin

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