Le mot Berbère, emprunté par le français à l’arabe et par ce dernier au latin, a perdu très tôt son sens primitif d’"étranger à la civilisation gréco-romaine". Il désigne aujourd’hui un groupe linguistique nord-africain : les berbérophones, ensemble de tribus qui parlent des dialectes apparentés à la langue berbère.
Les Berbères ont formé à plusieurs reprises des États indépendants (royaumes de Tahert, de Tlemcen, royaume aghlabide de Kairouan, royaume Mérinide de Fès...), voire de grands empires étendus à tout ou partie du Maghreb (empire almoravide et almohade). Ils ont connu divers types d’organisation (aristocratique, théocratique, monarchique).
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AL KAHINA - reine berbère : Surnom de la "reine des Aurès" signifiant "la Prophétesse". Al-Kahina régna sur plusieurs tribus Berbères de l’ Aurès, dont la sienne propre, celle des Djarawa, de 685 environ à 704 ou 705. À la fin du VIIe siècle, l’ Afrique du Nord voit s’affronter trois forces: les Byzantins d’abord, solidement implantés sur les côtes, avec Carthage surtout et Septem (Ceuta) comme points d’appui; les Arabes, ensuite, qui arrivent de l’est et tentent de pénétrer en Ifriqiyya (actuelle Tunisie) et, de là, dans tout le Maghreb (Occident); les Berbères enfin, habitants des lieux, groupe homogène du point de vue ethnique mais profondément divisé selon qu’ils sont nomades ou sédentaires, agriculteurs ou citadins commerçants, chrétiens ou juifs.
Carthage tombe (695) devant Hasan ibn al-Nu’man al-Ghassani, nouveau gouverneur de l’ Ifriqiyya. L’empereur Léontios réussit à reprendre la ville, mais seulement pour trois ans. De son côté la Kahina parvient à refaire l’unité berbère autour de sa personne et de sa tribu. Elle écrase l’armée d’ Ibn al-Nu’mân, sur les bords de la Miskiyâna (près de Tébessa) dans le Constantinois et la repousse en Tripolitaine. En 798, Ibn al-Nu’man reporte ses efforts sur Carthage qu’il enlève, mettant les Byzantins en déroute: la maîtrise des mers dans le bassin occidental de la Méditerranée passe aux Arabes. Ibn al-Nu’man fonde Tunis.
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Ibn al-Nu’man réclame et reçoit des renforts armés que le calife ‘Abd al-Malik vient de lui envoyer (702) et reprend l’offensive. La bataille eut lieu à Tabarqa. La Kahina y fut vaincue et décapitée au lieu dit depuis Bir al-Kahina (le puits de la Kahina). La voie vers l’ Atlantique était ouverte aux Arabes. |
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