Jibun Kakumei > Chapitre 2 : Le dévouement


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*******************************************first step****

L'aube encore naissante, ce moment où la nuit devient plus froide alors que le soleil va bientôt se lever, tout était paisible dans ce quartier. Quelques lumières s'allumaient déjà, révélant des visages endormis de familles entières qui allaient se préparer pour leur journée. Quelques chanceux restaient encore dans la chaleur moelleuse de leurs lits. La rosée qui se posait, gouttait de la cage des buts d'un terrain de football où quelques oiseaux étaient déjà à l'affut de nourriture. Tout était encore silencieux et paisible, la nature s'éveillait à peine.

Cela faisait déjà une semaine que l'équipe Seigaku avait gagné son premier match depuis près de 7 mois, et pas n'importe lequel, celui-ci les avait qualifié pour le tournoi interlycée qui se jouait sur presque toute l'année et qui permettait à ceux qui brillaient le plus de se faire remarquer par des entraineurs d'équipes régionales. C'était une porte ouverte vers le championnat national et la carrière professionnelle. Beaucoup d'élèves misaient tout ce qu'ils avaient là dessus pour leur avenir. Cette fois-ci ils étaient passés près de l'élimination à cause d'un trop grand nombre de blessés. Ils avaient trouvé un remplaçant de fortune par chance et pensaient que celui-ci ne pouvait que continuer à jouer avec eux. Pourtant il était loin d'être prêt pour ça. Il pensait qu'il n'avait joué qu'une fois pour dépanner et qu'il ne remettrait plus les pieds sur la pelouse.

Loin de tous ces soucis un jeune homme dormait encore profondément alors que le pensionnat s'animait et se préparait pour le petit déjeuner. Il profitait de cette matinée de libre pour rattraper tout le sommeil et la fatigue accumulés pendant la semaine. Pourtant la douleur à sa cheville le tenaillait trop et finalement le réveilla, lui laissant un gout d'inachevé et le rendant grognon.
Il avait pensé qu'au moins ce matin il aurait pu être tranquille mais il devait se lever pour changer son pansement. Les cheveux en bataille il s'assit au bord de son lit pour prendre soin de sa blessure. Il pensait qu'elle guérirait plus vite et rester coincé pour un problème aussi stupide l'irritait fortement. Lui qui était patient avec tout le monde ne l'était pas du tout avec lui-même. Il maudit sa bêtise et son état avant de se lever pour s'habiller. La journée allait être difficile et tout ce qu'il avait envie de faire c'était se recoucher.
Mais tous les autres pensionnaires étaient déjà installés dans la salle commune et commençaient le petit déjeuner lorsqu'il les rejoignit. Il fut accueillit joyeusement et tout le monde se poussa pour lui laisser plus de place.
Il jetta un coup d'oeil tout autour de la table pour voir qui était présent et voyant que Miroku était bien assis en train de déjeuner copieusement il se sentit rassuré et put entamer son repas tranquillement.

"On pensait que tu serais en train de te reposer Sano !
-j'aurai bien voulu mais j'arrivais plus à dormir =_=
-c'est toujours comme ça, dès qu'on a besoin de dormir on n'y arrive pas...
- j'suis sur c'est à cause de Taro qu'a fait un boucan du diable ce matin :p
- tu m'étonnes il s'est payé la porte de la salle de bain dans la tête et a fait tomber toutes ses affaires par terre en jurant comme c'est pas permis
- c'est pas de ma faute j'voulais être discret mais j'y voyais rien
- il sait même pas allumer la lumière du couloir le pauvre va falloir lui acheter une canne d'aveugle :p
- c'est pas mieux que Kosugi l'autre fois qui..."

La conversation s'animait alors que tous les pensionnaires se passaient les plats d'un bout à l'autre de la table. Quand l'agitation fut un peu retombée et après quelques anecdotes bien salées, les conversations devinrent plus calmes et plus isolées.

Tezuka entama alors une constatation sur l'état du club avec Sano. De tous les joueurs c'étaient les deux seuls à vraiment s'occuper de la partie administrative et de l'organisation du club. Les deux seuls à travailler avec l'entraineur au bon déroulement des entrainements. Mais cette semaine comme Sano était blessé il n'avait pas pu apprendre les dernières nouvelles et maintenant il rattrapait son retard.

"Comment ça l'entraineur est inquiet ?
- Je ne sais pas... ces derniers temps il a l'air de beaucoup réfléchir et puis il reçoit des coups de téléphones assez fréquemment... j'ai l'impression que ça se passe mal avec l'administration et l'école...
- Pourtant il me semblait que les pontes étaient déjà passés au début de l'année et qu'ils avaient été entièrement satisfaits !
- Ils ont l'air de changer très vite d'avis... pour eux on n'est pas grand chose étant donné qu'on gagne jamais rien et que pour eux c'est un investissement à perte...
- Mais c'est normal on est des étudiants on rapporte rien encore !
- Voui mais apparemment le club de gym des filles marche tellement bien qu'ils voudraient tout miser là dessus...
- Ils peuvent pas nous laisser en plan ! on a besoin des équipements pour s'entrainer !
- Il faut qu'on aille voir l'entraineur il a dit qu'il voulait nous parler de ça... franchement qu'il nous demande de venir l'aider ça augure rien de bon...
- Quand est-ce qu'il faut y aller ?
- A 11 heures au local, avant il a des rendez-vous.
- La journée commence bien -_-"

Les gars avaient profité du repas du matin pour harceler Miroku de questions personnelles. Sano le zieutait de temps en temps le sentant de plus en plus crispé et tendu d'être au centre de cette conversation mais il ne pouvait pas faire grand chose, le problème du club l'inquiétait beaucoup et toute son attention était tournée vers Tezuka.
Plusieurs fois le jeune homme timide avait lancé des regards désespérés vers son sempai mais il n'arrivait pas à croiser son regard. Il dût supporter tout seul les nombreuses questions que ses camarades n'arrêtaient pas de lui poser ne lui laissant aucun répis. Ils s'enquirent de son passé et ne réussirent qu'à apprendre qu'il avait déjà joué au foot, il se refusa d'en parler plus et ils se rabattirent sur les histoires d'amour, prenant pour modèle Sato dit "le tombeur" et ses aventures avec Kana. L'attention de tous changea de personne et les rires reprirent de plus belles. Enfin laissé tranquille Miroku put reprendre le cours de son petit déjeuner mais cela ne dura pas longtemps, un de ses voisins ayant lancé la question de savoir s'il avait une petite amie. D'après la couleur rouge vive que prirent les joues du jeune homme tout le monde compris qu'il avait effectivement des relations avec une jeune fille et s'intéressèrent encore plus à lui. Il commença à bégayer et ne put pas leur mentir et dévoila l'existence de Saya. Malgré tous ses efforts personne ne crut un seul instant que ce n'était que sa meilleure amie et tout le monde voulu savoir à quoi elle ressemblait pour avoir réussit à devenir amie avec la nouvelle mascotte de l'équipe. Félicité et choyé il ne savait plus où se mettre et rougissait de plus belle faisant encore plus rire ceux qui l'entouraient.

Enfin l'un des pensionnaires remarqua l'heure et en un rien de temps tout fut débarassé et Miroku fut enfin laissé tranquille. Il se fit encore plus petit et aida tout le monde à ranger le désordre de la cuisine. Fatigué par ces conversations incessantes dont il n'avait pas l'habitude tout ce qu'il voulait maintenant c'était se reposer tout seul dans sa chambre, là où il se sentait le plus en sécurité, là où personne ne pouvait s'inquiéter de lui.

Sano, dont la conversation avec Tezuka l'avait empêché de bien manger, quitta néanmoins la table sans éprouver de faim et le retint avant qu'il ne s'éclipse comme il savait si bien le faire... Il était toujours aussi pressé de quitter les autres et rester seul. Il fuyait encore alors qu'apparemment il appréciait quand même la compagnie des autres résidants.

"Euh... j'voulais savoir... les gars t'ont pas trop embêté pendant le repas, ils ont été corrects ?
-... euh...
-na parce que j'parlais avec Tezuka et j'pouvais pas suivre ce qui s'disait... j'espère ils ont rien dit de méchant... ils t'ont pas trop gêné ?
-oh non ! non, ils sont juste curieux..."

Si Sano voulait essayer de lire dans les pensées de Miroku c'était raté parce que celui-ci n'affichait qu'un air paisible à tendance heureux, typique de ce qu'il faisait pour que les gens ne s'inquiètent pas pour lui. Mais ce n'était pas le moment de poser d'autres questions, ça l'aurait plus embarrassé qu'autre chose. Quand il le voulait Miroku pouvait être une vraie tête de mule et ne rien dire du tout. Ce n'était pas en le forçant à parler que ça lui ferait du bien. Et de toutes manières Sano n'avait jamais aimé forcer les gens. Il appliquait aux autres ce qu'il voulait qu'on applique à lui-même, c'est-à-dire une grande liberté d'action et de pensée. Et surtout pour Miroku qui semblait si renfermé et fragile à la fois ça aurait été pire de le brusquer. Oh il ne pensait pas à toutes ces choses mais cela lui venait intuitivement, il savait juste qu'il ne devait pas presser Miroku, que s'il devait parler il le ferait de son propre chef et non sous la contrainte. Et quand il le ferait il voulait être à ses côtés.

Il soupira devant l'air impassible du jeune garçon.
"J'dois aller voir le doc pour qu'il zieute ma blessure... on s'voit plus tard...
-euh... est-ce que je peux venir avec vous ?
-ben... c'est pas qu'c'est très passionnant hein... qu'est-ce tu viendrais faire là-bas ?
-je.. oh c'est juste pour vous accompagner, je ne voudrais pas vous gêner.
-ah ben faudrait que tu te lèves de bonne heure pour me gêner toi ! allez viens on y va...
-o.. oui !"

Quand il le voulait Miroku pouvait avoir de ses expressions suppliantes auxquelles même un coeur de pierre ne pourrait résister. Et un véritable coeur d'or comme celui de Sano était balayé sous la force des sentiments qui transparaissaient dans l'attitude du jeune garçon.

****************************************second step******

Il se retrouvèrent vite chez le docteur où Sano s'installa sur la table d'examination alors qu'il subissait le même interrogatoire depuis qu'il s'était blessé. C'était devenu une routine pour lui et le doc. Par contre tout cela impressionnait beaucoup Miroku qui ne s'était jamais blessé et découvrait littéralement le jargon médical et le déroulement d'une visite. Que le doc puisse faire prendre des angles aussi bizarres à la cheville de Sano le perturbait beaucoup. Il avait déjà vu l'étendue des dégats mais cela le mettait quand même mal à l'aise de voir que quelqu'un pouvait se faire mal à ce point.
Il fut coupé dans ses pensées par le doc qui le pris par l'épaule et gentiment le fit sortir dans le couloir en lui affirmant qu'il devait parler à Sano seul à seul juste pour un petit moment, que ça ne durerait pas longtemps. Miroku ne put qu'acquiescer et se retrouva le regard perdu, à peine conscient de ce qui s'était passé, adossé au mur du couloir, fixant bêtement la porte de l'infirmerie.

Ayant refermé la porte le doc se tourna alors vers Sano l'air grave
"Tu peux me dire maintenant... tu as des vertiges encore ?
-... oui
-hum c'est mauvais...
-mais ça dure jamais longtemps...
-c'est pas ça le problème Sano... tu aurais déjà dû recouvrer ton équilibre depuis une semaine... ta blessure te fait toujours mal ?
-ça me lance le matin...
-pas de changements avec le temps ?
-oh ça j'ai pas regardé hein, z'avez de ces questions des fois !
-Sano, c'est important que je sache tout...
-ok, ok, j'ferai gaffe au temps et j'vous dirai ça la prochaine fois...
-fais attention à ne pas rester trop longtemps debout et à ne pas faire d'effort trop brusque ok ? je sais que tu vas vouloir reprendre un entrainement assez rapidement
-et comment !
-je t'en prie, je veux autant que toi que tu guérisses, mais s'il te plait attend que je te dise que tu peux recommencer... je t'aiderai dans ta rééducation et on verra ensemble comment tout ça évolue ok ?
-oui oui ça va j'ai compris, je fais pas l'idiot et je me tiens tranquille jusqu'à votre feu vert...
-ça serait bien oui.
-je sais pas si je vais résister longtemps doc... alors si vous avez des médicaments miracles j'suis prêt à les prendre...
-ah j'aimerai bien mais le seul véritable remède c'est le repos, y'a que ça de vrai.
-je sais pas pourquoi mais j'étais sur vous alliez me sortir ça -_-
-tu es mon souffre douleur Sano !
-et moi je moufte rien j'suis fou...
-bon allez va rejoindre Miroku avant qu'il ne se fasse vraiment du mourron
-hein ?
-il avait pas l'air bien à te voir si mal en point... je l'ai fait sortir pour que l'entretien soit privé mais aussi pour qu'il ne tourne pas de l'oeil à la vue de ta blessure...
-...
-ne fait pas l'étonné, Miroku n'est pas un garçon aussi fort qu'il semble le montrer... d'ailleurs tu t'en es rendu compte... on dirait vraiment que tu le chaperonnes comme un grand frère...
-ben faut dire il a l'air tellement perdu et empoté des fois j'sais pas comment il ferait pour se débrouiller tout seul -_-
-et pourtant tu es assez patient pour t'occuper de lui et ça toujours avec le sourire... je sais que tu t'occupes de beaucoup de gens et de choses Sano mais il faudrait songer à te reposer de temps en temps aussi... laisse Miroku t'aider de temps en temps ok ?
-pourquoi j'aurai besoin de son aide ?
-j'ai le regret de te dire sano que maintenant tu es handicapé et tu as besoin du soutient d'un ami... tu as de la chance d'être tombé sur lui il ne te laissera pas tomber ! ... Allez dépêches-toi de vider les lieux j'ai des consultations à faire en ville.
-ok ok c'est bon j'y vais !
-prends soin de toi.
-pas de problème."

Alors que la porte claquait le doc reposa le dossier qu'il avait fait semblant d'étudier, déposa ses lunette sur son bureau et se passa la main sur le visage. Comment Sano faisait-il pour avoir un moral en béton après tout ce qui lui arrivait ? Ca, il ne pouvait pas le comprendre. Une blessure de ce type aurait du exiger une hospitalisation en urgence et pourtant Sano le lui avait interdit. C'était déjà un exploit qu'il ait accepté de se faire soigner. Un jeune homme si sympathique, il se donnait tellement pour les autres, comment faisait-il pour tenir le coup ? Même alors qu'il était blessé il ne voulait pas se reposer, malgré tous les avertissements qu'il lui donnait il savait pertinemment qu'il n'en suivait presque aucun. Sa force d'esprit était phénoménale mais est-ce que son corps allait suivre ? Pour une raison obscure qu'il ne pouvait s'expliquer, il sentait que malgré le caractère buté de Sano et son inconscience par rapport à sa blessure, tant que Miroku serait là il éviterait le pire.

***************************************third step*******

Celui-ci s'était un peu remis de sa courte visite de l'infirmerie et avait repris quelques couleurs lorsque Sano le rejoignit enfin, s'appuyant le moins possible sur sa jambe blessée. Il le dévisagea et constata que le doc avait eu raison, Miroku avait du avoir sacrément peur pour que 10 minutes après être sortit de la pièce il ait un regard si vide et perdu. Néanmoins il lui sourit pour essayer de le rassurer et obtint en retour un haussement timide des joues du garçon. Pour changer complètement de sujet et vite lui faire oublier tout ça il se lança dans une requête assez étrange.

"Euh Miroku... j'aurai un service à te demander...
-oui sempai ?
-voilà avec tout c'qui s'est passé avec ma blessure et tout j'ai pas beaucoup ouvert mes bouquins ces temps-ci... faut voir que j'ai beaucoup de mal avec les derniers exos de maths qu'on a à faire... je sais pas si ça te gêne pas si t'as du temps libre tu pourrais peut-être... m'aider ?"
Rien que ce simple mot était plus dur à dire que toute sa demande. Il n'avait jamais rien demandé à personne et ça lui était assez difficile d'avouer ses faiblesses même si, et il le savait pertinemment, ce n'était vraiment pas un sujet d'état. Bien qu'il sache que Miroku ne soit pas du genre à refuser de l'aide à quelqu'un, il avait quelques appréhensions en attendant sa réponse.
Il ne savait pas que Miroku était vraiment surpris et flatté que le garçon qu'il considérait comme son sempai puisse avoir besoin de lui alors qu'il pensait que Sano pouvait parfaitement se débrouiller sans lui.

"Vous voulez que je vous aide à faire vos devoirs de maths ?
-euh oui, si t'as le temps et si ça t'embête pas... j'veux pas que ça te prenne du temps de révisions ou sur tes loisirs...
-d'accord !
-euh...
-c'est d'accord ! ne vous en faites pas, si je peux vous aider en quoi que ce soit ça sera avec joie !"

Toutes les paroles que Sano préparait pour persuader son ami furent réduites à néant par cet acceptation si soudaine du jeune garçon. Pris un peu au dépourvu il sourit un peu, épaté devant la force de conviction que pouvait avoir Miroku quand il le voulait.

"ok... merci !
-de rien ^^
-euh là je dois aller voir l'entraineur avec Tezuka
-ah ?
-oué on doit régler quelques problèmes t'en fait pas... on se voit plus tard ?
-d'accord..."

Ca c'était passé si vite que Miroku s'en était à peine aperçu. Lui si timide avait accepté si facilement d'aider son sempai. Sur le moment il avait trouvé ça juste et normal. Mais maintenant il se demandait s'il serait vraiment à la hauteur. C'est sous les affres du doute qu'il retourna dans sa chambre, jeta plusieurs livres de mathématiques sur son bureau et se lança dans des révisions qui dépassaient largement le niveau de ce qu'on lui enseignait en cours. Cette entreprise lui semblait bien futile mais il ne pouvait s'empêcher de l'accomplir, de peur de décevoir Sano.

**************************************fourth step******

Pendant ce temps-là Sano avait rejoint Tezuka devant le local du club de foot pour apprendre que son camarade ne pouvait pas rester avec lui à attendre l'entraineur à cause d'un rendez-vous important pour ses études qui venait juste de se décider. Dépité et inquiet il s'assit dans un coin reposant sa cheville du mieux qu'il le put, assaillit par des pensées pessimistes quant à l'avenir du club et par là même, de son propre avenir.
Malgré ce qu'il pensait Sano ne patienta pas plus de 5 minutes avant que l'entraineur n'arrive. Celui-ci paraissait pressé et tendu, des rides d'inquiétude marquant son visage et le vieillissant. Il ne devait pas se reposer beaucoup ces derniers temps. Il ouvrit rapidement le local minuscule qui faisait office d'administration du club et laissa la porte ouverte pour que Sano le suive. Ce qu'il fit après s'être relevé non sans mal. Il semblait que les visites chez le médecin n'arrangeaient pas beaucoup son état et au contraire que la douleur en profitait pour se rappeler à son bon souvenir. Néanmoins il serra les dents et entra dans la pièce, les ennuis à venir l'inquiétant bien plus que sa jambe.
L'entraineur ne passa pas par quatre chemins, il n'en avait pas l'habitude d'ailleurs.

"Bon Sano nous sommes mal barrés... déjà deux joueurs se préparent à quitter le club parce qu'ils vont étudier autre part... on a tellement de blessés qu'on peut même pas former une équipe simple... on n'a pas assez de joueurs en ce moment et les résultats s'en ressentent... et c'est ce moment là que choisissent les pontes pour faire le bilan des clubs et là on est les bons derniers..."
Après une courte pause et un soupir, fatigué il reprit. "On n'a pas de sous et on a du matériel vétuste, dans ces conditions on peut vraiment rien faire ! Et pourtant ils me disent que je dois me débrouiller avec ça... Si les résultats continuent d'être aussi mauvais on est bon pour fermer le club et le pensionnat !
-KOA ??? Qu'est-ce que le pensionnat a à faire là dedans ?
-Le club de foot et le pensionnat sont dans la même section pour l'école... si le club de foot ferme il n'y a aucune raison pour héberger les joueurs...
-Mais ça n'a aucun rapport !
-Je suis d'accord avec toi mais les dirigeants pensent autrement et ne nous laissent pas le choix... soit on remonte la pente en gagnant tous nos prochains matchs soit on met la clé sous la porte.
-C'est pas possible !"

L'air livide Sano chercha à tatons le bout d'une chaise et s'y assit, abattu. Tout son monde s'écroulait. Il avait toujours cru que le club existerait même des années après qu'il soit partit. C'était toute sa vie et ses perspectives d'avenir qui étaient mises en danger à ce stade là. Ce club c'était la base du pilier qui soutenait tous ses projets et elle commençait à s'effriter sans qu'il puisse rien y faire.
L'entraineur laissa passer un petit moment histoire que Sano accuse le coup. Il détestait devoir annoncer ça à ce gosse qui était si impliqué dans le club et si dévoué. Malgré tout il pensait que c'était grâce à lui qu'il pourrait remettre les choses en bon ordre... mais ça n'allait pas être facile de le convaincre... il avait de sacrés principes et tous les arguments utilisables ne seraient pas de trop.

"Il y aurait un moyen de nous en sortir..." Il attendit que le jeune homme relève la tête et soit attentif pour poursuivre. "Si on est optimiste et que les joueurs blessés guérissent vite avec l'aide du doc, on pourrait y arriver...
-c'est vrai ?!
-seulement on a besoin d'un autre joueur... un joueur assez talentueux et motivé pour relever le niveau et le moral de ses coéquipiers...
-ne me dites pas... j'vous vois venir là !" Il se releva d'un coup, l'air énervé. "Vous l'avez remarqué vous-même non ?! Il ne peut pas jouer !
-je sais je sais Sano. Mais peut-être voudrait-il nous aider et nous avons terriblement besoin d'un joueur comme lui !
-non c'est hors de question ! on peut se débrouiller sans lui !
-peut-être pour un temps mais ça ne durera pas... dans un mois grand maximum on ne pourra plus se maintenir... nous avons besoin de mettre toutes les chances de notre côté pour relever le niveau !
-ce n'est pas une raison pour vouloir l'utiliser ! vous avez vu aussi bien que moi comme il lui était pénible de jouer, ça dépasse tout ce que nous pouvons imaginer ! et vous voulez quand même le faire entrer au club juste pour relever le niveau ? et par dessus le marché je parierai qu'il vous aiderait sans penser à lui-même. Etes-vous prêt à vous servir de lui aussi bassement ?
-jamais je ne voudrai l'utiliser comme ça mais il faut bien que tu comprennes que ce n'est pas l'avenir du club qui me préoccupe mais bien l'avenir de tous ces gars qui se démènent tous les jours pour s'en sortir ! Ils se jettent dans les études et font de leur mieux pour que le club survive et à cause de la malchance toutes leurs perpectives d'avenir devraient tomber à l'eau ? c'est injuste ! toi-même tu es concerné par ça ! si le club tombe c'est tous les élèves qui tombent et leur avenir avec. je sais que tu es un garçon qui pourrait se tirer de toutes les situations. mais les autres qui ignorent tout de ces problèmes, ils n'ont que ça dans leur vie, ils ne pourront pas s'en remettre, c'est comme les jeter à la rue. si je peux faire quelque chose pour éviter ça je le ferai ! même si Miroku doit être utilisé.
-... n'y-a-t'il vraiment aucune autre alternative ?
-crois-moi j'ai tourné le problème dans tous les sens... c'est la solution la plus simple et la plus efficace..."

Sano ne pouvait que constater que l'entraineur disait vrai, ses yeux trahissaient une fatigue immense. Il avait du passer des nuits entières éveillé à y penser. Il s'était toujours démené pour les élèves, on pouvait vraiment compter sur lui. Et cette fois il avait partagé ses problèmes avec lui car il avait toute confiance en lui. Il ne pouvait pas refuser maintenant, bien que la perspective de devoir forcer Miroku à les rejoindre ne le satisfaisait pas du tout. Non il ne pourrait pas s'y résoudre.

"Je ne suis pas d'accord.. je veux bien faire beaucoup de choses pour le club mais ça c'est au dessus de mes forces...
-Sano... ce n'est pas le seul problème... il va falloir qu'on trouve des sponsors pour nous donner des sous... on n'a plus rien pour s'entrainer et organiser des rencontres... c'est à peine s'il nous reste des maillots... je comprends que tu soies réticent à propos de Miroku mais au moins il faudrait que tu lui en parles... même s'il refuse ce n'est pas grave au moins nous aurons essayé...
-koa ? en plus c'est moi qui doit aller lui demander ? vous vous rendez compte de ce que vous me demandez ?
-oui, tu ne voudrais pas que j'aille le voir et que je le convainc à ma manière ? je sais que c'est moche mais s'il le faut je peux le culpabiliser. j'l'aime bien ce petit et je préfèrerai que ça se passe autrement... t'as l'air de bien t'en occuper et de le connaitre assez bien, tu seras plus amical que moi pour lui demander ça..."

Sano se rassit sur la chaise et se plongea dans ses réflexions, l'entraineur restant debout en attente de sa décision. Cette situation était bien ironique. maintenant c'était le professeur qui attendait le verdict de son élève. Toute la tension accumulée ces dernières semaines l'aurait terrassé s'il ne pensait pas que la réponse du jeune homme pourrait résoudre tous ses problèmes en un instant. Et il n'avait pas tort. Sano était bien plus impliqué dans le club qu'il ne s'en rendait compte. Il était vraiment prêt à tout. Et il était encore plus résolu à tout faire pour éviter que Miroku soit obligé de rejoindre l'équipe. Il se redressa enfin, on pouvait lire une nouvelle résolution dans ses yeux, son ton se fit beaucoup plus sur qu'auparavant, formant un soutient pour son entraineur qui se reposa entièrement sur lui à ce moment là.

"Pour l'argent c'est facile, je vais prendre un job, je suis en convalescence et je ne peux plus suivre les entrainements alors ça me donne du temps libre. Je savais pas quoi en faire je tournais en rond, au moins maintenant j'ai une direction à prendre. Par contre pour Miroku... il n'est pas question que je le convainc de quoi que ce soit... je veux bien lui en parler mais ne comptez pas sur moi pour lui dire qu'il doit obligatoirement se dévouer...
-Sano je ne pense pas que travailler serait le meilleur moyen pour toi de guérir de ta blessure... on peut demander à d'autres personnes de nous aider et...
-non c'est décidé... si on demande de l'aide à trop de gens on ne pourra pas s'en sortir tout seul... il faut qu'on y arrive... on n'a pas le droit de se planter... cela dit si ça ça ne marche pas au bout d'un mois il faudra trouver d'autres solutions...
-tu es bien décidé...
-oui, c'est pas la peine de m'en dissuader... j'ai besoin de bouger et je laisserai pas tomber le club comme ça... j'vais m'en occuper vous en faites pas...
-demande au moins à Tezuka de t'aider !
-non il vaut mieux que personne soit au courant... si vous voulez vraiment que le moral du groupe remonte autant qu'ils ne sachent pas les problèmes qu'on a...
-moui je crois que tu as raison...
-bon si vous avez rien d'autre à me dire j'vais aller chercher un travail dès maintenant histoire que vous puissiez racheter du matos le plus vite possible.
-déjà ? t'es pas obligé de te presser autant Sano, il faut que tu te reposes quand même !
-na je me suis déjà assez reposé pour toute l'année et si je commence pas dès maintenant à m'occuper de ça on y arrivera jamais...
-bon mais tu me tiens au courant ok ? et si t'as besoin d'aide t'hésites pas à m'en parler ok ?
-ouep
-pis fait gaffe à ta jambe hein !
-vous inquiétez pas le doc y veille.
-merci Sano
-prenez soin de vous entraineur.
-..."

Il regarda le jeune homme partir, la tête basse, ne soutenant le poids des problèmes qui pesait sur ses épaules que par la force de sa volonté. Son regard s'était fait plus dur. L'entraineur s'en voulait d'en être responsable. Toute l'innocence et la nonchalance de Sano commençait à s'estomper face aux lourdes responsabilités qu'il endossait. Tout ce que son prof pouvait espérer c'est qu'il s'en remettrait assez vite. Si seulement il n'était pas aussi souvent tout seul. Il n'eut pas plus de temps pour réfléchir à tout ça, l'heure avait bien tourné pendant son entretien, il remballa ses affaires et alors qu'il fermait la porte, il se demanda si ce serait la dernière fois qu'il ferait ce geste. Le doute ne lui convenait pas alors il décida d'accepter tout ce qui pourrait se passer en faisant de son mieux pour sauvegarder le plus de choses possibles. Il s'éloigna d'un pas vif, l'esprit clair.

***********************************fifth step**********

Sano malgré son esprit encombré de tous les problèmes qu'il avait discuté avec l'entraineur se rendit directement au pensionnat régler le problème le plus épineux en premier. De toutes manières il savait déjà ce qu'il allait dire à Miroku, sa décision était irrévocable. C'était pour empêcher l'entraineur de venir voir le jeune joueur lui-même, il connaissait sa force de persuasion, qui plus est Miroku n'étais pas du genre à résister bien longtemps face à un esprit fort.
Il ne vit même pas les gars dans le couloir qui recommençaient leurs pitreries et se rendit directement devant la porte de Miroku qui s'ouvrit bien rapidement.

"Il faut que je te parle"

L'air sérieux et concerné de Sano l'étonna un peu, il était habitué à le voir toujours de bonne humeur même quand il avait des problèmes. Il s'effaça pour lui permettre de rentrer et l'air inquiet il attendit patiemment de savoir ce que lui voulait son sempai.

Celui-ci prit une ou deux inspirations, laissant son regard dériver sur la chambre sans sembler s'arrêter sur quoi que ce soit, il semblait rassembler toutes les phrases qu'il voulait dire et les organiser dans le bon ordre pour qu'elles produisent l'effet qu'il souhaitait sur son interlocuteur.

Il commença à expliquer la situation assez difficile du club de foot avant de se rendre compte que ce type de réflexion allait forcément culpabiliser Miroku et le faire souhaiter les aider et donc se forcer à faire ce qui lui faisait le plus de mal. Il s'arrêta brusquement dans ses explications laissant Miroku perplexe se demander pourquoi Sano lui disait tout ça.

Le visage de celui-ci se ferma de plus en plus alors qu'il annonçait ce pourquoi il était venu.

"Surtout, surtout, tu te laisses pas embobiner par l'entraineur ! Il va te sortir tous les arguements possibles et imaginables comme quoi le club ne peut pas s'en sortir sans toi et que les autres membres de l'équipe ont vraiment besoin de ça pour leur avenir. Mais tu n'as pas à accepter ! Personne ne peut te forcer à quoi que ce soit ! La dernière chose qu'on veut c'est que tu souffres alors il est hors de question que tu rejoues !" Il savait que ces mots étaient sincères et nécessaires pour que Miroku n'accepte pas la proposition mais il détestait donner des ordres comme ça. Malgré tout il ne pouvait combattre cette peur sourde qui lui tenaillait le ventre. S'il ne faisait pas quelque chose maintenant son ami allait se dévouer pour l'équipe et se faire du mal pour les autres. Et ce qu'il détestait encore plus que sa façon d'agir c'était de voir les autres souffrir.

"Compris ? Il ne faut surtout pas que tu acceptes !
-mais... accepter quoi ?
-e...
-je veux bien écouter vos conseils mais je ne sais pas de quoi vous parlez...
-le... l'entraineur veut te prendre dans l'équipe pour redynamiser le groupe et faire remonter les résultats dans la compétition...
-mais j'avais dis que je ne pouvais plus jouer... je...
-je sais ça moi Miroku ! c'est pour ça que je te dis de refuser ! il faut surtout pas que tu te laisses faire ! je sais que l'entraineur va te demander souvent de l'aider mais je t'en prie ne te laisse pas faire !
-je ne sais pas... en même temps s'il a vraiment des problèmes et que je peux faire quelque chose...
-Non Miroku ! Surtout ne pense pas comme ça ! il a d'autres moyens de s'en sortir, j'y travaille alors tu n'as pas besoin d'y penser !
-comment est-ce que...
-t'en occupes pas ! tout ce que t'as à faire c'est de te préoccuper de rien ! mais je t'en prie arrête de penser comme si tu devais aider tout le monde !
-comme si vous ne faisiez pas ça...
-c'est différent !
-en quoi c'est différent ? pourquoi... pourquoi moi je devrais être protégé et faire semblant de ne pas être concerné alors que tout ce que je veux c'est m'intégrer au groupe. j'aime cette équipe et je voudrais l'aider autant que possible.
-mais tu peux l'aider mais pas comme ça !" il leva une main apaisante pour couper aux objections qui étaient sur le point de fuser. Il s'approcha de Miroku et posa ses mains sur ses épaules qui s'étaient mises à trembler sous le coup de la frustration qu'il avait ressentie. Ce simple geste apaisa profondément son agitation et un grand calme se fit dans son esprit autant que dans son corps. Il était apaisé par la présence rassurante de Sano, sa force et sa détermination lui otaient tous ses doutes et ses peurs, il ne pouvait que le regarder et l'écouter attentivement. "Je t'en prie... il faut que tu refuses son offre..." Il semblait beaucoup plus troublé et concerné que ce que Miroku pensait en le voyant entrer dans sa chambre. Pourtant la solution proposée pour sauver le club était des plus raisonnables.
Est-ce que... si le joueur à recruter avait été quelqu'un d'autre... est-ce que son sempai s'en serait inquiété autant que maintenant ?
Il chassa cette pensée égoiste bien vite, honteux de s'être cru si important aux yeux de Sano. Celui-ci attendait apparemment une réponse de sa part... il ne put que baisser la tête, partagé entre l'envie d'aider ses amis ou bien de satisfaire son sempai qui semblait vraiment préoccupé par son bien-être.
Voyant l'indécision du jeune homme, Sano soupira. Il était mécontent de lui même. Malgré toutes ses résolutions et ses précautions il n'avait fait que mettre son ami mal à l'aise. Décidément il n'était pas encore très doué avec l'esprit délicat et fragile que contenait cette petite tête blonde. Sentant que tous ses efforts pour faire pencher l'avis de Miroku de son côté n'avaient mené qu'à un cul de sac il décida qu'il était temps de laisser son ami tranquille. Un peu honteux de l'avoir tant malmené il essaya de lui sourire doucement mais ne fut pas très convaincant, le regard triste et perdu de Miroku le perturbant.
"Ecoute..."
Il voulait absolument rattraper un peu ce qui s'était dit.
"C'est ta décision et je... enfin fait comme tu le sens mais surtout ne te forces pas... c'est la dernière chose que nous voulons tous...
-n..." il avait hoché imperceptiblement la tête. C'était suffisant pour rassurer Sano. Il posa une main sur la tête du jeune homme en un geste qu'il espérait assez doux pour apaiser les doutes et les questions qui devaient se faire la course dans sa tête.

"Je... je dois y aller
-ah ?
-et je... j'pense pas venir pour les maths aujourd'hui... on peut remettre ça à plus tard ?
-o... oui... si vous voulez..."

Il s'en alla sans rien ajouter le laissant dans la perplexité la plus totale. Où était passé son optimiste imperturbable ? C'est vrai qu'il ne le connaissait pas depuis longtemps mais Miroku avait toujours été impressionné par la force et l'assurance de son sempai. Et là un je ne sais quoi lui faisait penser qu'une irrépressible fatigue lui était tombé dessus sans pitié et malgré cela il se préoccupait davantage des autres que de lui-même. Il était partit sans dire "au revoir" ou "à plus tard". Quelle réflexion stupide ! Quelle importance cela avait-il ? Et pourtant c'était peut-être cette absence-là que Miroku ressentit le plus.

*********************************final step*****

Il se sentait perdu, il retrouva le chemin de sa chambre sans s'en rendre compte, machinalement. Il rassembla ses papiers et fourra tout dans son sac à dos, une seule chose occupant son esprit, sa discussion avec Miroku. Il espérait malgré tout que le jeune homme allait suivre ses conseils. Il sortit du pensionnat directement et se dirigea rapidement vers la ville avant de réaliser pourquoi il se trouvait là. Il réajusta son sac sur son épaule et repris sa marche d'un pas plus assuré, il avait sa journée pour trouver un petit boulot. Ca ne serait pas trop difficile pour lui, il était connu dans le quartier, il avait toujours aidé les marchands de temps en temps. Mais tous savaient que sa passion première, le football, avait tellement pris d'importance dans sa vie qu'il n'avait plus beaucoup de temps de libre. Ils ne le voyaient plus passer de boutique en boutique à saluer tout le monde et à prendre des nouvelles des familles, avec cet air nonchalant et souriant qui mettait tout le monde à l'aise. Ils ne s'en étaient pas étonnés outre mesure mais ils furent agréablement surpris de le revoir passer dans la rue, ils étaient rassurés en quelque sorte, de voir qu'il allait bien et qu'il n'avait rien perdu de sa bonne humeur. Sano poursuivait son chemin, inconscient de l'attention qui se portait sur lui. Il était déjà passé à la boulangerie et à l'épicerie mais aucun emploi n'était disponible. Cependant on l'envoya chez un marchand qui se situait un peu plus à l'écart des autres commerces. Il n'avait que le nom du propriétaire et l'adresse. Après quelques moments passés à tourner en rond, il demanda de l'aide à un passant qui le mena devant le magasin. Il resta là, bouche bée se demandant s'il ne s'était pas trompé. L'homme qui l'avait accompagné se révéla être le propriétaire du magasin et Sano put s'entretenir avec lui en toute simplicité alors qu'ils rentraient dans la boutique. Rapidement le propriétaire remarqua le sérieux et la détermination du jeune homme et n'hésita pas longtemps avant de lui proposer de le prendre à l'essai pendant un mois afin de voir s'il s'habituait à son travail. Enchanté par cette rencontre Sano ressortit de la boutique le moral regonflé à bloc, sûr maintenant que tout se passerait bien désormais. Il avait affronté cette journée avec beaucoup de courage, il ne s'en rendait pas compte mais malgré tous les problèmes qui lui pesaient sur les épaules il avait réussit à rester calme et s'occuper de chaque chose en son temps. Sans parler de sa jambe qui le lançait atrocement en cette fin de journée, il avait tant marché à travers la ville que la douleur était devenue insupportable. Il se retenait à peine de crier et il n'avait qu'une envie, celle de s'asseoir n'importe où pour soulager sa jambe. Il ne s'accorda pourtant que quelques secondes de pause et rentra le plus vite qu'il put au pensionnat, se mordant la joue intérieure pour s'empêcher de flancher. L'après-midi avait filée plus vite qu'il ne pensait et le jour commençait à céder sa place à la nuit. La pente abrupte qui menait au batiment blanc coincé entre deux grands arbres, le laissa exténué, appuyé devant la porte à essayer de reprendre son souffle. Des éclats de voix joyeux se faisaient entendre de l'intérieur.

Alors qu'il entrait dans la pièce principale il se retrouva happé dans une fête improvisée, tous les gars étant réunis, l'air réjoui et se faisant des blagues d'un bout à l'autre de la salle. Perdu au milieu de tout ce chahut, Sano se laissa entraîner par Tezuka, d'habitude assez lunatique et tranquille, était tout excité et ne cessait de déverses un flot d'explications à l'oreille de son ami. Sano ne compris que quelques bribes de ce qu'il entendit, son regard balayant rapidement le groupe réunit autour de la table. Des mots s'imposèrent à son oreille "Miroku... le club... rejoint... super !" Son regard se bloqua alors sur Miroku, centre de l'attention générale, alors il comprit ce qui s'était passé. Il l'avait craint et il avait eu raison. Mais maintenant il ne pouvait plus rien faire. Il se sentit alors dépossédé, comme si on l'avait trahit. Il avait fait tout son possible pour tout régler et pensait que rien n'aurait changé pendant son absence. Sa conversation avec Miroku avait pourtant été claire. Il aurait du faire plus attention à l'esprit borné de son ami. Une amertume profonde s'abattit sur lui, et toute sa joie s'évapora alors que la fatigue accumulée toute cette journée lui imposait de se coucher sur le champ. Il jetta un dernier regard triste vers Miroku, celui-ci tournant ses yeux vers lui à ce moment là ne comprit pas la détresse de son sempai. Il aurait voulu aller lui demander ce qui lui arrivait, peut-être sa blessure lui faisait trop mal. Mais il était retenu par deux des pensionnaires et joueurs du club qui s'occupaient de l'animation et l'empêchèrent de se défiler. Il ne put que regarder Sano s'en aller la tête basse, plus triste qu'il ne l'avait jamais vu. Sano s'éclipsa sans mal, tout le monde comprenant que sa blessure l'avait surement beaucoup fatigué. Une seule phrase battait à ses oreilles à chaque passage du sang dans ses tempes. "Miroku a rejoint le club" Malgré tous ses efforts et ses recommandations ce qu'ils craignait le plus s'était produit. Maintenant tout ce qu'il souhaitait c'était se coucher et tout oublier, oublier ses souvenirs de Miroku jouant au football, son regard si triste et douloureux, oublier que malgré tout c'était sa faute si l'équipe avait eu besoin d'un remplaçant, oublier sa culpabilité et son remords.

Sa chambre lui sembla bien vide et calme par rapport à l'agitation qui régnait dans la salle commune. Enfin seul il put laisser échapper un soupir lourd de toutes les émotions qui se bousculaient dans son coeur ; soulagement, douleur, frustration et déception. Il n'était plus temps pour lui de penser, ça ne le ménerait à rien sinon à encore plus s'enfoncer dans la tristesse. C'était si rare qu'il éprouve des sentiments négatifs que la seule manière qu'il avait trouvée de s'en débarasser était de les ignorer. Il se changea rapidement, ruminant des pensées colériques contre Miroku et contre lui-même, manquant s'étaler de tout son long par terre quand il prit sa jambe blessée dans l'ourlet de son pantalon. La fatigue et la colère se mélangèrent et il se jeta précipitemment dans son lit après avoir observé son emploi du temps chargé du lendemain. Il souhaita de tout son coeur oublier tout ce qui s'était passé durant cette journée, il s'endormit regroupé sur lui même, le coeur vide et désespéré. Seule la chaleur de son lit lui procura un peu de réconfort.

****************************************the end********

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