Les yeux du dragon - Stephen King
Résumé
L'ombre de Flagg plane depuis quatre siècles sur le royaume de Delain...
Le jour où la silhouette du sinistre magicien se glisse derrière le trône du roi Roland, c'est en vue d'accomplir son noir dessein : assurer le triomphe du mal.
La machination se met en marche, vénéneuse comme le poison.
Mais c'est compter sans une antique maison de poupée, quelques milliers de serviettes de table, les yeux d'un vieux dragon empaillé et, bien sûr, le courage de ceux qui refusent la tyranie.
Pourquoi ?
On pourrait croire que je ne lis que du Stephen King (ce qui est pas tout à fait faux) mais pour l'instant je n'ai pas eu de lectures plus passionnantes, et pourtant j'essaie d'autres genres plus classiques ou même de la fantasy mais pour l'instant c'est lui qui arrive à me surprendre le plus.
Ce petit bouquin n'est pas une perle ni un livre révolutionnant le genre mais tout de même ça doit être la première aventure dans le monde de la fantasy que King ait écrit. Le livre est court, l'histoire tout de même classique et prend la forme d'un conte. Et pourtant King arrive à s'amuser de sa propre écriture, à parler directement au lecteur, à le prendre à partie pour bien montrer que s'il raconte une histoire il n'en maîtrise pas tous les tenants et aboutissants.
Les personnages sont classiques, dans un royaume où une conspiration amène à la mort du roi et à la mise en prison du prince héritier. Et malgré tout le déroulement de l'histoire qui est assez prévisible dans l'ensemble je n'ai pu m'empêcher de m'amuser à voir King lancer des petites phrases révélatrices de ce qui allait peut-être se passer plus tard dans l'histoire. Des gros "ça va mal finir" ou "ceci est terriblement important". Et malgré tout il arrive à bien soutenir le rythme de son récit qui est déjà au second degré et il arrive à nous tenir en haleine durant tout le dénouement final.
Par contre la catégorie d'édition est fort mal choisie, ce n'est certainement pas un livre à classer dans "horreur" mais plutôt dans "fantasy".
Extrait
1
Il était une fois un roi qui vivait dans le royaume de Delain avec ses deux enfants. Delain était un vieux royaume qui avait déjà connu des centaines, voire des milliers de rois. Quand les choses durent si longtemps, même les historiens ne se souviennent pas de tout. Roland le Bon n'était ni le meilleur ni le pire des rois à régner sur le pays. Il s'efforçait tant qu'il pouvait de ne pas faire trop de mal, et, la plupart du temps, il y parvenait. Il tentait aussi de toutes ses forces de faire le bien, mais, hélas, il rencontrait moins de succès en ce domaine. Il doutait qu'on se souvienne de lui longtemps après sa mort. Et sa mort pouvait venir d'un moment à l'autre, car il était vieux et son coeur s'affaiblissait. Il lui restait peut-être une année à vivre, peut-être trois. Tous ceux qui le connaissaient et qui avaient remarqué son teint gris et ses mains tremblantes s'accrodaient à penser que dans cinq and au maximum un nouveau roi serait couronné sur la Grand-Place, au pied de l'Aiguille... Effectivement, par la grâce de Dieu, cela ne fut que cinq ans plus tard. Dans le royaume, du plus riche baron, du courtisan le plus enrubanné au plus pauvre serf et à sa femme en haillons, tout le monde parlait de Peter, le futur roi, le fils aîné de Roland. Mais un homme réfléchissait, ruminait, faisait de tout autres projets : il se demandait comment s'assurer que Thomas, le cadet, soit couronné à la place de son frère. Cet homme, c'était Flagg, le magicien du roi.