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Lyne Bessette |
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V�lo mag Printemps 2000
PAR LYNE BESSETTE

V�rone, Italie. Pour �tre � la hauteur en octobre, je devais commencer ma pr�paration par une semaine d'arr�t. �ric Van Den Eynde, mon entra�neur, m'a propos� d'accrocher mon v�lo � la mi-ao�t au retour des Jeux Pan-Am. La derni�re partie de la saison commen�ait. J'ai enfil� le Grand Prix cycliste international f�minin, une course par �tapes � Killington et des entra�nements avec �ric. Puis, j'ai pris la direction de la Suisse avec l'�quipe canadienne.
Le 20 septembre, je me suis retrouv�e dans la ville suisse d'Embrach, un joli village situ� � une dizaine de kilom�tres de Zurich. Avec l'�quipe nationale, je participais � une course par �tapes de quatre jours qui pr�c�dait la derni�re �preuve de la Coupe du monde sur route ; une tr�s bonne pr�paration pour les Championnats du monde. L'an dernier, je n'avais pas beaucoup aim� mon exp�rience � cette course. La pluie, une grippe et, en boni, une gastro �taient venues g�cher mon plaisir. Mais bon, 1998, c'est du pass�.
De tous les projets avec l'�quipe nationale, celui-ci est l'un des meilleurs sur le plan de l'esprit d'�quipe. Les filles sont en forme et motiv�es. Bref, c'est un tr�s bon tour qui donne confiance � l'�quipe : deux podiums, le maillot de meilleure grimpeuse et une septi�me position au classement g�n�ral. J'ai de bonnes jambes. Lundi 27 septembre. D�part pour l'Italie, le pays des nouilles ! Clara (Hughes), Yuri (Kashirin) et moi partons � Treviso pour le contre-la-montre individuel qui a lieu dans sept jours. Il est pr�vu que nous rejoindrons les autres plus tard. Nous sommes � Biancarde di Roncarde, un petit village situ� � 1 5 km de Treviso. � notre arriv�e, on apprend que nous n'avons pas de r�servations. Oups ! Heureusement, Yuri a r�ussi � tout r�gler mais non sans argumenter. Nous avons de la chance : les gens de l'h�tel sont tr�s sympathiques. Ils nous pr�parent d'excellents repas et sont � l'�coute de nos petits caprices d'athl�tes.
Vendredi Il est tard, je viens de rentrer d'une petite marche... avec Marc, mon copain, qui est arriv� comme un cheveu sur la soupe avec son sac � dos. Une surprise vous dites ? J'avais les larmes aux yeux.
Samedi En revenant de l'entra�nement tout � l'heure, un jeune homme me suivait. Il s'est approch�, m'a dit quelques mots en italien et m'a pogn� une fesse. J'ai mis le grand plateau assez vite !
Lundi Veille du contre-la-montre. Je ne me suis jamais sentie aussi d�boussol�e. Pourtant, la forme est l�, la sant� aussi, Marc est l�... Je me r�p�te constamment que je dois respirer et trouver le moyen de me d�tendre. La tension monte. Contr�ler mes �motions devient de plus en plus difficile. Je suis � fleur de peau. C'est dr�le comment une course de � 10 vitesses � peut faire perdre le contr�le de soi-m�me. Il est 22 h 15, je n'ai pas sommeil, mais comme le grand manitou le disait : � L'important, c'est d'�tre � l'horizontale. �
Mercredi En ouvrant la fen�tre ce matin, un paysage magnifique est apparu. Le lac de Garde, les montagnes, le soleil. C'est vraiment beau. Hier, je n'ai pas pu �crire. J'avais la gorge serr�e et le corps endolori par le stress. Assise dans mon lit, je repense � tout �a. Mon r�sultat (20e, moyenne de 45 km/h) ne refl�te pas tout � fait ma r�elle valeur. Mais hier, durant 34 minutes, Lyne Bessette, humaine comme elle est a donn� le meilleur d'elle-m�me. Ah, j'oubliais de vous dire : pendant l'�chauffement, Miguel Indurain �tait � cinq m�tres de moi. Marc a pris une photo.
Aujourd'hui, petite randonn�e d�contract. De superbes routes sinueuses, �troites, les vignobles, des champs de kiwis. � 17 h, je re�ois un massage des plus r�parateurs. Raymond, un homme dans la soixantaine, est soigneur et tripe v�lo. Il a fait plusieurs projets avec l'�quipe nationale. Il est tellement m�re poule qu'il s'est port� volontaire pour nous masser. Je l'ai rencontr� au Tour de l'Aude 1998. Apr�s chaque course, on avait droit � ses petites attentions : un petit sandwich pr�par� avec soin, des fruits et une barre Mars. Je mangeais toujours le chocolat avant le sandwich !

Vendredi La course sur route, c'est demain. Je suis pr�te. Une bonne nuit de sommeil.
Samedi Le stress s'est fait sentir seulement ce matin (une chance pour Marc). Petit d�jeuner � 6 h 30 et collation vers 10 h 45. Nous partons de l'h�tel deux heures avant le signal de d�part. � cause de toutes les barricades et de la circulation, ce fut assez difficile de se rendre au point de rendez-vous.
Yuri, Ren�, Raymond, Jacques, Karine, le m�cano et les fans de v�lo sont d�j� l�. Une heure avant le d�part, petite s�ance de massage avant de faire quelques tourniquets sur le rouleau � c�t� d'Alison Sydor, une athl�te que j'admire. Un dernier pipi et hop, l'appel des athl�tes : � Du Canada, les num�ros 32, 33, 34, 35... �
Au meeting d'�quipe ce matin, on a parl� strat�gie. Clara et Anne (Samplonius) doivent faire partie des �chapp�es en tout d�but de course. Quant � Annie (Gari�py) et Leigh (Hobson), elles ont pour mandat de rester le plus longtemps possible dans la course. Mon travail : demeurer � l'abri du vent, parmi les 15 premi�res, et suivre les meilleures. Bref, �tre patiente. Au signal de d�part, les 121 participantes entreprennent la derni�re course de la saison. Toutes veulent gagner, mais une seule y parviendra.
Notre strat�gie fonctionne tr�s bien. Je reste dans les roues et laisse mes co�quipi�res faire leur travail. Je leur fais confiance. Au quatri�me tour, une �chapp�e se forme. Je suis dans le petit groupe de chasse. Nous revenons au bas de la descente. La course est commenc�e. Nous avons d�j� une minute d'avance sur le peloton et l'�cart ne cesse d'augmenter. A chaque mont�e, c'est le m�me sc�nario. Les trois ou quatre meilleures se d�tachent, je suis toujours dans le petit groupe de chasse et nous revenons dans la descente.
Au dernier tour, Edita (Pucinskaite) part seule. C'est sa journ�e. Avec une priorit� d'une vingtaine de secondes en haut de la mont�e, elle file seule vers l'arriv�e. Il ne reste que 5 km, et les jumelles lituaniennes attaquent � tour de r�le. J'essaie de rester calme. Je sais exactement quoi faire : il faut que je demeure dans la roue de l'Australienne Anna Wilson et essayer de la d�border au sprint. Puis, � un kilom�tre de l'arriv�e, une faiblesse, un manque d'exp�rience, un manque de confiance. Je ne sais pas. J'attaque, mais je me fais rejoindre. J'aurais d� lever le pied et me remettre dans les roues, mais je ne l'ai pas fait. Je me suis fait d�border de tous les c�t�s. Je termine treizi�me, mais je ne suis pas d��ue.
Une ann�e qui se termine et une autre ann�e commence qui commence bient�t. Le 4 janvier, je suis partie pour la Californie au camp d'entra�nement de mon �quipe (Saturn). La sant� est excellente et le moral aussi. On se revoit sur le mont Royal ?
page d'accueil de la saison 1999 de Lyne Bessette
Cette page du site www de Lyne Bessette (une section de V�LOPTIMUM), a �t� mise en ligne le
5 mars 2000 par