François Rivals

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Le regard de l'ami, la toile du poète,
l'observation du peintre animent ses orages.
Entre val et sentier il dresse son espace
traversé par les sables et le vent de la mer ,
flâne sur les hauteurs aux parfums délicats
en croisant les chemins des hordes en furie.
Il affine du doigt pour modeler les formes,
le contour d'un portrait que l'œil ne perçoit guère,
puise dans le cœur même d'une quintessence
extirpant ce nectar qu'on appelle : Harmonie,
telle la douce abeille qui glane sur les fleurs
le pollen délicat pour nous donner son miel. 



 


abeille.jpg (9165 octets)


Fin de l'aube
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L'aube file dans le vent de nuit…

Quand je te vois, tu me rends aveugle.
Est - ce la raison que tes cheveux d'or
Tombent en rideaux devant tes yeux,
Double miroir clos sur un autre monde
Et cachent l'aube pâle de tes lèvres ?
Ou es - tu un mirage qui m'exile ?

Je ne sais plus
Je ne sais rien.

Viens - tu de ces lointains rivages
Où se parle un autre langage ?
Du paradis dont tu serais la fleur rare
Disséminée entre les herbes pauvres ?

Je ne sais à cet instant, rien de toi
Je n'arrive même pas à te figurer
Je contemple une étoile qui expire
Sous des ailes de mousseline blanche
S'abandonnant au vent décoloré.
Tes phrases échouées sur la grève
Au décroissant des marées
Ne me viennent qu'en sourdine
Et autant que je les comprenne
Elles s'éternisent sur le rivage.

Je ne sais plus
Je ne saurai d'ailleurs

Sauf que tu es un ange
Marchandant son sourire,
Une aube consumée sur la terre

Où la nuit n'est que l'œuvre du soir.
 

~~..

Voyage vers la lumière.

..Perdus du levant au couchant,
Serrés sous les voûtes où il fait noir,
Les hommes ne disposaient plus du temps
Qui sournoisement oeuvrait
Contre toute espérance et toute joie.
La lumière du monde
ne leur était perçue qu'en rêve
Leurs yeux clos cherchaient le ciel.

Ils sont partis loin ailleurs,
Là où tout peut commencer
Il ont marché vers de vieilles terres.

Leurs pas se sont heurtés au granit noir
Ont glissé
le long de puissants fleuves de sable.
Passé l'enfer des pierres sèches,
Ils ont buté sur une planète à peine refroidie
Ils en avaient rêvé dans les images
Et ils en rêvaient encore davantage
Dans les combes de montagnes de lumière
Aussi lisses que le dos des baleines
Offrant leurs vastes flancs au soleil
Ou aux ailes bleues de l'ombre.
Ils allaient de berceaux en berceaux
Portés par les vagues de sable.
L'impensable naissait entre le ciel et les dunes
Là où les mots se nouent dans la gorge
De ceux qui ne savent pas exprimer
Ce qu'ils cherchent dans le désert du temps...

Le silence mystique de blancs arbustes
Qui se nourrissent de sable éternel,
Les animalcules qui rayent l'étoffe de sable
Et savent vivre en s'offrant le feu du ciel,
La démarche saccadée des gazelles célestes
Attentives sur la tranche dorée des crêtes
Pareilles à une suite d'éclats solaires.

Ils se laissaient prendre aux pièges de sable
A la recherche du désir le plus dépouillé
Oubliant les armes, les villes défaites
,
Pour atteindre l'immense
Au pied de pyramides illuminées

Connaissance d'une autre rive
A recomposer l'azur...

~~

.
Regard sans voix.

 
Muette est ton âme

Muet ton poème
qui ne rime plus guère
que du bout des lèvres

Muets tes yeux penchés
sur des jardins défaits
aux enclos suspendus
à la courbe de tes pensées

Muette est ton écoute
aux vagues rumeurs
les sons la transpercent
sans aucune blessure

Muets sont tes doigts
alourdis par les choses

Muets voyagent tes pas
sans l'ombre d'une trace

Muette ta présence

Sans - doute frôles-tu
l'orée du bois sacré
aux fausses révérences
sous le poids du givre ?
.
~~

François Rivals

Pour retrouver François sur son site
Poésie et aquarelles

 

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