| Océans Pourpres
La langue de l'écume, douce comme caresses,
Sur mes chevilles frêles, fait danser ses cheveux
Et je sens son ivresse bousculer la paresse
De mes sens endormis.
Je m'enroule à ses bras, fragile, démunie.
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Océans pourpres
Je vois des océans nimbés de songes
Où l'eau est écarlate sous le soleil luisant,
Je vois une pâleur jetée comme un mensonge,
S'installer dans l'eau tiède et danser sous le vent.
Et je compte les jours découpés en lambeaux
De voies lactées éparses sous des volutes bleues
Puis je vois ton visage au sourire radieux,
Se fondre sous l'orage de la voûte des cieux.
Des éclairs dans les yeux martèlent ton silence
À chaque cri lancé dans l'ombre d'un appel,
Une lourdeur sans fond se dessine, s'avance,
Entrelacs cisaillés, pour découper le ciel.
Cependant qu'au travers de toutes ces menaces,
Subtil, délicat, s'approche pas à pas,
Un bonheur audacieux qui s'approprie l'espace
En serrant dans ses bras deux curs purs d'ici bas.
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Chevaux de bois
Le retour à la vie est un détournement
Fait aux quatre chemins des malheurs endormis.
Il s'éloigne le temps entravé par la haine,
Pas, à pas de géant non ! Mais s'éloigne quand même.
Et les chevaux de bois, au péril de leur vie,
Courent sur le manège, volent à l'infini.
Des clochettes sans voix jouent à faire semblant
De les accompagner, dansant, chemin faisant.
Je voudrais oublier ce fatras plein de peine
Contre mes jours portés, en mal, en déveine.
Je voudrais pardonner aux temps chargés de pleurs,
Ce souvenir échoué, ces larmes de douleur.
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Griffonner le
temps
Griffonner quelques " maux "
Le simple temps d'un soupir,
Rabattre sur les mots
Leurs parfums, leur ressentir.
Bousculer un instant
Cette rime qui vient de vous,
Écorcher sur le temps,
L'envie de fuir qui est en nous.
Devenir réceptacle
Juste une pause d'un quart d'heure,
Se déjouer de l'obstacle
Qui noue les sentiments du cur.
Revenir en arrière
Puis re niveler le passé
Sans tomber dans l'ornière
De tout ce qui nous a blessés
Pour vivre solitaire,
L'envie de plaire, de donner ;
Car chacun son chemin
Qui essuie une part de nous,
Car chacun son destin
Sans jamais tomber à genoux.
Vivre, vivre d'eau claire
Mais sans se noyer pour autant
Puis s'ébattre dans l'air
Tout en sachant où va le vent.
Être comblés dans le présent,
Savoir s'aimer, tout simplement.
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Le silence et la
chance
Il a dit au silence : Arrête de mentir !
Cesse de t'amuser de moi, de me punir !
Il a dit à la chance : Je ne veux plus pleurer
Je ne veux plus voiler mes mots, c'est impudent !
Je veux tout révéler,
Laisse-moi lui parler !
Or le silence a dit :
Patience s'il te plaît, tu dois être poli, lui montrer du respect ;
Ton absence est blessure infligée à toi même,
Semblable à cette injure insensée que tu sèmes.
La chance elle, a reprit :
Patience mon ami, les temps sont avec toi,
Ils dorment dans ta vie mais tu ne les vois pas.
Ce que tu ne savais hier, tu l'as appris
À tes dépens c'est vrai, donc cela est acquis.
Désormais, tu n'auras qu'à lui tendre le bras
Pour que l'oiseau blessé vienne s'y reposer.
Si tu te manifestes, ce sera pour offrir
Tous les mots que ton cur n'a jamais su lui dire.
Des portails s'ouvriront alors et vous pourrez
Reprendre votre vie d'amoureux d'autrefois.
Il ne restera rien des blessures passées qui seront effacées,
Tout sera pardonné.
*~~*~~*
LP
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